Teal Independents

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Les Teal Independents ou plus simplement Teals ou « sarcelles » sont un groupe de candidats politiques australiens, très majoritairement des femmes, qui se présentent comme indépendants et dont la campagne est en partie financée par Climate 200 (en), une plateforme de financement créée par le militant écologiste Simon Holmes à Court. Issues majoritairement du camp du parti libéral, avec un politique économique plutôt libérale mais avec des revendications fortes en matière d'écologie, d'égalité des genres et d'intégrité politique, 19 de ces 22 personnalités se présentent à des sièges détenus par la coalition au pouvoir pour laquelle elles constituent une menace, et 3 se représentent à leur succession dans le cadre des élections fédérales australiennes de 2022. Sept députées rattachées à l'unanimité au mouvement sont élues tandis que trois candidats sortants, plus occasionnellement identifiés comme sarcelles sont réélus.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom du groupe en anglais, qui signifie littéralement « indépendantes bleu sarcelle » ou « indépendants bleu sarcelle », vient de la couleur la plus utilisée, mais sans exclusive, par les différents indépendants composant ce groupe, le teal blue ou bleu sarcelle, appelé plus simplement en anglais sarcelle (Teal)[1].

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Le positionnement commun de ces femmes et hommes politiques est la lutte contre le réchauffement climatique, pour l'intégrité politique et en faveur de l'égalité hommes-femmes, ce qui les place plutôt dans le camp des progressistes ou travaillistes. Ces trois axes sont la condition pour bénéficier d'un financement par Climate 200[1]. Par contre, sur le plan économique et fiscal, les différents programmes soutenus sont plutôt conservateurs ou libéraux.

Membres, objectifs et sièges visés[modifier | modifier le code]

Les membres de ce groupe sont principalement des femmes connues issues de la société civile et sans antécédents politiques, à l'exception des personnalités déjà élues sur des postes de députées ou de sénateurs, à l'instar de Zali Steggall, qui a évincé l'ancien Premier ministre Tony Abbott de son siège parlementaire lors des élections précédentes[2] de Helen Haines (en), elle aussi élue sur le même programme en 2019, ou de Rebekha Sharkie (en)[3]. Leur entrée en politique fait souvent suite à une déception par la politique menée par le gouvernement actuel. C'est le cas de Kate Chaney (en), qui vise la circonscription de Curtin à Perth[4] et d'Allegra Spender à Wentworth qui met surtout en avant l'urgence de mesures en faveur du climat[5], toutes deux issues de familles très liées au Parti libéral[6].

Dans le cadre des élections fédérales australiennes de 2022, ces candidat(e)s visent principalement une élection à un siège déjà détenu par un libéral. Alors que nombre de femmes se sont estimées négligées ou trahies par le pouvoir en place et que la population australienne reproche à ce pouvoir en place son inactivité en matière de lutte contre le réchauffement climatique et son refus de mettre en place une commission fédérale dotée de pouvoirs efficaces en matière de respect de l'intégrité en politique, plusieurs postes sont menacés par ces candidatures dont celui du ministre des Finances Josh Frydenberg[7],[8]. Selon le journal australien The Age et le ministre lui-même, celui-ci « se bat pour sa vie politique » lors de son combat contre Monique Ryan[7],[8].

Réception[modifier | modifier le code]

Passées initialement inaperçues, ces candidatures ont attiré l'attention des médias depuis qu'il est devenu possible qu'elles soient victorieuses[9]. Alors qu'au niveau australien la moyenne des intentions de vote en faveur des indépendants tourne autour de 10 %, dans les sièges visés, les possibilités d'emporter la bataille sont sérieuses.

Résultats électoraux en 2022[modifier | modifier le code]

Les Sarcelles contribuent à la défaite du Parti libéral, qui perd aussi des postes au profit des travaillistes et des écologistes[10], au point que les médias évoquent un « bain de bleu sarcelle ». Parmi les 10 indépendants ayant remporté un siège, sept députées sont rattachées avec certitude par ABC au mouvement : Zali Steggall, Monique Ryan, Allegra Spender , Zoe Daniel , Sophie Scamps , Kylea Tink et Kate Chaney[11]. Les trois autres députés, qui sont députés sortants, Helen Haines , Andrew Wilkie et Rebekha Sharkie, y sont associés occasionnellement[12],[13].


Références

  1. a et b (en) Amy Nethery, « Why teal independents are seeking Liberal voters and spooking Liberal MPs », sur The Conversation (consulté le )
  2. (en) Michael Mazengarb, « Zali Steggall: The independent MP hoping to lead a ‘teal wave’ to Canberra », sur RenewEconomy, (consulté le )
  3. (en) « Climate 200 supported candidates », sur www.climate200.com.au (consulté le )
  4. (en) « The ‘teal’ challenge splintering Perth’s blue-ribbon establishment », sur Australian Financial Review, (consulté le )
  5. (en) Jacqueline Maley, « ‘The real reason is the environment’: Allegra Spender to run as Wentworth independent », sur The Sydney Morning Herald, (consulté le )
  6. (en) Judith Brett, « How the Liberals lost the 'moral middle class' - and now the teal independents may well cash in », sur The Conversation (consulté le )
  7. a et b (en) The Age's View, « Who’s afraid of the independents? », sur The Age, (consulté le )
  8. a et b (en) Elle Marsh, « The Vote: Monique Ryan vs The Treasurer of Australia », sur The Monthly, (consulté le )
  9. (en) « High-calibre independent has Liberals sweating in safe seat of Curtin », sur Australian Financial Review, (consulté le )
  10. (en) « Teal independents punish Liberal moderates for inaction on climate crisis and integrity commission », sur the Guardian, (consulté le )
  11. (en) « The 'teal bath' of independents heading to parliament », ABC News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. « 'Independence day' as Teals pick off key seats in Liberal heartlands », sur www.9news.com.au (consulté le )
  13. (en) Amy Nethery, « The big teal steal: independent candidates rock the Liberal vote », sur The Conversation (consulté le )