Trinquer

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Hip, hip, hourra ! Fête d'artistes à Skagen, du peintre danois P. S. Krøyer (1888, musée des beaux arts de Göteborg)

L'action de trinquer[1] ou porter un toast ou lever un verre, est le fait d'entrechoquer son verre à celui d'une personne avec laquelle on s'apprête à boire[2]. Le mot « trinquer » vient de l'allemand trinken, qui veut dire « boire ». Certains trinquent au moment de formuler un vœu, un souhait, un engagement, un accord ou un hommage. On utilise alors plus volontiers la formule porter un toast. C'est une très ancienne tradition datant du Moyen Âge, voire plus ancienne selon certains. La superstition veut que l'on regarde la personne avec qui l'on trinque dans les yeux.

Au figuré, trinquer signifie subir un dommage ou un désagrément[3].

Origine[modifier | modifier le code]

Trinquer en Haute-Provence : « À la nôtre » (sous-entendu : santé)

L'Encyclopædia Britannica fait remonter cette origine à l'antiquité : « La coutume de boire la « santé » de la vie provient probablement de l'ancien rite religieux de boire en l'honneur des dieux et des morts. Au repas des Grecs et des Romains libations aux dieux, et banquets cérémoniels bu en l'honneur des dieux et des morts, en ajoutant la boisson à la santé de la vie doit avoir été étroitement liée à ces pratiques qui vont essentiellement se sont élevés à libations »[4]. Un travail plus récent (1995) confirme cette hypothèse : « [Trinquer] est probablement un vestige des anciennes religieuses libations sacrificielles dans lequel un liquide sacré a été offert aux dieux: le sang ou le vin en échange d'un souhait, une prière résumée dans les mots longue vie ! ou santé »[5].

Selon Daniel Lacotte, celui qui ne trinque pas devient soudain suspect de vouloir s’écarter du groupe. Symboliquement, il refuse le partage. Comme l’aurait peut-être fait l’un de ses ancêtres du Moyen Âge en s’abstenant de mélanger son breuvage à celui, empoisonné, de ses convives[6]. Au Moyen Âge, trinquer était en effet un signe de confiance : l'empoisonnement étant courant[réf. nécessaire], trinquer consistait à échanger un peu de son breuvage avec la personne avec qui on trinque. Trinquer se faisait en deux temps : l'un des buveurs frappait son verre contre celui de l'autre en y versant un peu de son breuvage, puis le second frappait son verre contre celui du premier faisant ainsi de même. À l'époque, les verres étaient en fait des chopes en bois, en métal ou en terre, beaucoup plus solides que du verre.

Dans le Monde[modifier | modifier le code]

Cette pratique existe dans presque tous les pays du monde. Certaines personnes sont parfois même méfiantes envers celui qui n'a pas respecté la tradition, comportement qui peut être expliqué par l'origine de cette pratique.

En Europe, on trinque généralement avec un verre d'alcool (bière, vin, cidre, vodka, etc.), cependant on peut faire de même avec un verre non alcoolisé.

Dans les pays musulmans, une pratique de ce type est courante entre jeunes.

Équivalents dans quelques langues étrangères[modifier | modifier le code]

  • Allemand : « prosit » (prost). Ce terme généralement prononcé sans le « i » (prost) est la forme conjuguée à la 3e personne du singulier au subjonctif présent actif du verbe latin prodesse (= être utile) et constitue donc un souhait, « que cela puisse être utile ». L'expression a d'abord été utilisée dans les milieux estudiantins au début du XVIIIe siècle avant de passer dans le langage courant. Le terme prost est de plus utilisé dans un sens ironique mêlé de fatalisme, comme par exemple : « Der Krieg ist ausgebrochen? Na dann prost! » (« La guerre est déclarée ? Alors là, on risque de trinquer ! »).
  • Anglais : « Cheers ».
  • Portugais : « Saúde! » C'est-à-dire « Santé ! ».
  • Japonais : « Kanpaï » qui signifie littéralement « vider son verre » (en japonais « Tchin Tchin » signifie "ça va être bon"[7]).
  • Russe : L'expression « Ваше здоровье » (vàche zdaròv'ye) signifie « Votre santé ». La forme plus polie est « за ваше здоровье » (za vache zdaròv'ye) c'est-à-dire « à votre santé. » À noter cependant qu'aucune de ces expressions n'est utilisée par les Russes. À la limite « за здоровье », sans préciser la santé de qui on parle, mais cela reste très rare. L’usage courant est de lever son verre avec un toast spécifique, plus ou moins élaboré, et non de recourir à une formule figée. Cette pratique se retrouve, encore plus développée, chez les peuples du Caucase.
  • Italien : « Salute », parfois accompagné de « cent'anni », littéralement « cent années », signifiant lors de cet usage l'expression « Cent années de bonheur et de santé ».
  • Espagnol : « Salud », ou encore parfois « chin chin ».
  • Chinois : « gānbēi », signifiant littéralement « cul-sec » en français, ou bien « pèngbēi », signifiant « trinquer »
  • Néerlandais : « prost » ou « gezondheid » qui est très proche de l'allemand Gesundheit, qui signifie santé, et est plutôt utilisé à l'adresse de quelqu'un qui vient d'éternuer
  • Sláinte en Écosse et en Irlande.

Tchin-tchin[modifier | modifier le code]

Tchin-tchin en Haute-Provence

Origine[modifier | modifier le code]

Tchin-tchin, prononcé [tʃin.tʃin], est une expression française utilisée pour trinquer, par exemple à l'apéritif[8]. « Tchin ! Tchin ! » symbolise le bruit des verres.[réf. nécessaire]

De nos jours, on ne cogne qu'une seule fois les verres entre eux, mais on continue à dire deux fois « tchin ».

On peut aussi dire « Tchin ! Tchin ! » en trinquant à l'américaine, c’est-à-dire en levant le verre sans les entrechoquer.

L'expression chinoise qing qing (ou tchin tchin, « je vous en prie ») était utilisée pour inviter quelqu'un à boire[8]. Les soldats revenus de la campagne de Chine ont introduit l'expression en France[9].

D'après le Trésor de la langue française informatisé, l'expression viendrait de « tsing tsing », qui signifie « salut » en pidgin de la région de Canton, en Chine[10].

Dérivés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Trinquer » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Trinquer » (sens A1) du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  3. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Trinquer » (sens C1) du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  4. The Encyclopedia Britannica, 1910, vol. 13, p. 121.
  5. (en) Dwight B. Heath, International Handbook on Alcohol and Culture, Greenwood Press. Westport, CT, 1995.
  6. Daniel Lacotte, Le Pourquoi du comment 2, Éditions Albin Michel, 2006
  7. (Wikipédia japonaise), おちんちん
  8. a et b Définitions lexicographiques et étymologiques de « Tchin-tchin » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  9. Jacques Pimpaneau, Célébration de l'ivresse, Philippe Picquier, 2000, p. 58.
  10. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Tchin-tchin » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]