Tazmalt
| Tazmalt | ||||
Siège de la mairie de Tazmalt | ||||
| Noms | ||||
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| Nom arabe | ثزمالت | |||
| Nom amazigh | ⵝⴰⵣⵎⴰⵍⵜ | |||
| Nom kabyle | Tazmalt | |||
| Administration | ||||
| Pays | ||||
| Région | Kabylie | |||
| Wilaya | Béjaïa | |||
| Daïra | Tazmalt (chef-lieu) |
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| Code postal | 06006 | |||
| Code ONS | 0627 | |||
| Indicatif | 034 | |||
| Démographie | ||||
| Gentilé | Tazmaltais, Tazmaltaise | |||
| Population | 28 891 hab. (2008[1]) | |||
| Densité | 859 hab./km2 | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 36° 23′ 04″ nord, 4° 23′ 57″ est | |||
| Altitude | Min. 225 m Max. 450 m |
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| Superficie | 33,64 km2 | |||
| Localisation | ||||
Localisation de la commune dans la wilaya de Béjaïa. | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie (nord)
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Tazmalt (en kabyle : Tazmalt, en tamazight : ⵝⴰⵣⵎⴰⵍⵜ, en arabe : ثازمالت) est une commune algérienne située dans la wilaya de Béjaïa, en Kabylie. Elle est le chef-lieu de la daïra éponyme.
Elle est située à 80 kilomètres au sud-ouest de Béjaïa.
Géographie
[modifier | modifier le code]Situation
[modifier | modifier le code]La commune de Tazmalt se situe géographiquement au sein de la vallée du Sahel, laquelle constitue le réceptacle de toutes les plaines du massif du Djurdjura. Sur le plan topographique, la localité est établie à approximativement 170 km au sud-est de la capitale, Alger – une distance réduite à 145 km par le biais de l'autoroute Est-Ouest. Cette position confère à Tizmalt le statut de commune de la wilaya de Béjaïa la plus proche de la capitale algérienne. Elle se trouve également à une quarantaine de kilomètres seulement de la ville de Bouira. Par ailleurs, la commune est distante d'environ 80 km au sud de Tizi Ouzou et à quelque quatre-vingts kilomètres au sud-ouest du chef-lieu de la wilaya de Béjaïa.
Relief, géologie, hydrographie
[modifier | modifier le code]La commune de Tazmalt est située dans la vallée du « Sahel-Djurdjura », autrement dit la vallée qui englobe toutes les plaines du Djurdjura.
Transports
[modifier | modifier le code]La région est desservie par plusieurs axes de communication terrestres. La Route Nationale 26 et la Route Nationale 7 traversent les localités de Bouira et Tizi Ouzou, desservant plus particulièrement les agglomérations d'Ath Hamdoune, d'Ivahlal et de Beni Mellikeche. Parallèlement, la Route Nationale 106, orientée vers Béjaïa, relie les communes d'Ighil Ali, de Boudjellil et d'Aït R'zine, cette dernière étant atteinte depuis le carrefour d'Allaghane. La commune de Tazmalt est, quant à elle, connectée au réseau ferré national géré par la Société Nationale des Transports Ferroviaires (SNTF). Cette connexion s'effectue via la ligne dite pénétrante, un embranchement ferroviaire qui assure la liaison entre Beni Mansour et la ville portuaire de Béjaïa, sur une distance d'environ 95 kilomètres.
Lieux-dits, quartiers et hameaux
[modifier | modifier le code]Outre son chef-lieu Tazmalt-ville, la commune de Tazmalt est composée des localités suivantes[2] :
- Aït Oukil (famille OUKIL)
- Aït Lhadj (Famille OULEBSIR)
- Aït Lyutna (famille OUYAHIA)
- Aït Mohand Ouali
- Aït Sidi Omar
- Allaghène
- Boubaloui
- Hiruch
- Tineswin Ivehlel
- Ichiqer
- Idhrikène
- Ikherban
- Laâzib
- Laâzib Sidi Ali
- Lbir Leqser
- Mzerzour
- Rruda
- Tabâalt
- Tablazt
- Tazribt
- Tiouririne
- Timedthit
- Tassergante
- Tigounatin
Toponymie
[modifier | modifier le code]L’appellation Tazmalt, d’origine berbère, se voit parfois attribuée, de manière erronée, une étymologie arabe, la rattachant au terme zmala — devenu « smala » en français — qui désigne au Maghreb un campement de tentes groupées autour de celle du chef[3].
Deux principales hypothèses étymologiques sont avancées par la linguistique historique. La première en fait un microtoponyme lié à la configuration topographique ou à une particularité intrinsèque du lieu, lui conférant le sens de « celle qui contraint »[4]. La seconde propose de le faire dériver du pluriel kabyle izumal, signifiant « abondance, multitude ». Parallèlement, en touareg, les formes ahammal ou azammal renvoient à un « petit troupeau de chameaux », tandis qu’en tamazight du Maroc central, tazmmalt désigne un « groupe de guerriers constitué en vue d’une expédition »[3].
Démographie
[modifier | modifier le code]Selon le dernier recensement général de la population d', la commune de Tazmalt compte 28 891 habitants. Son taux d'accroissement est de 1,1 %. La ville de Tazmalt proprement dite compte pour sa part 24 559 habitants[1]. Aujourd'hui, la commune avoisine les 42 000 habitants, dont 35 000 pour la seule agglomération.
Histoire
[modifier | modifier le code]Antérieurement à la mainmise française, le territoire correspondant à l'actuelle Tazmalt relevait de la confédération des At Abbas (Beni Abbès). Cette principauté souveraine fut érigée aux alentours du XVIᵉ siècle, ayant pour siège la citadelle de la Qal'a (l'actuelle Ighil Ali), suite à la de Béjaïa, tombée aux mains des Espagnols en 1510. Les souverains de cette entité politique, issus de la lignée des derniers sultans Hafsides de Béjaïa, exercèrent une emprise politique, militaire et économique prépondérante sur la Kabylie orientale contemporaine et les Hautes Plaines. Les At Abbas se singularisèrent par leur faculté à préserver leur autonomie face aux Régences ottomanes d'Alger, s'appuyant sur une armée structurée et un arsenal indigène. La contrée de Tazmalt, enclavée dans les domaines des At Abbas, constituait ainsi une composante intrinsèque de cette ligue à la fois guerrière et commerçante.
L'hégémonie française en Algérie ne se consolida de manière effective qu'à la suite de la submersion de la grande révolte kabyle de 1871[5]. Le territoire des At Abbas constitua l'un des principaux foyers de cette sédition, menée sous les auspices de Cheikh El Mokrani, ultime détenteur de l'autorité sur cette confédération, et de Cheikh El Haddad. La défaite de ce vaste soulèvement sonna le glas de l'autonomie kabyle et entraîna l'assujettissement définitif de la région, y compris de l'actuel territoire de Tazmalt, à l'administration coloniale. La répression qui s'ensuivit fut impitoyable et recourut, en maints endroits, à la pratique de la terre dévastée. Elle s'accompagna d'une politique systématique de séquestre des terres, venant couronner un décret de 1869 qui avait déjà présidé au regroupement contraint des populations. Pour Tazmalt, cette politique se traduisit par la confiscation de vastes étendues de terres arables, dévolues à la colonisation de peuplement. C'est ainsi que fut érigé le centre de colonisation de Tazmalt, lequel fut octroyé sur un domaine de 1658 hectares, prélevés par voie de séquestre sur les tribus des At Abbas.
Durant la Première Guerre mondiale, en dépit de la sujétion coloniale, une multitude d’hommes issus de la région furent enrôlés sous les drapeaux de l’armée française, prenant part aux hostilités sur le sol européen. Cette mobilisation, fréquemment contrainte, engendra un tribut sanguin considérable et inaugura l’ère d’une émigration de masse vers la France. Dans l’entre-deux-guerres, la contrée s’investit progressivement dans la mouvance nationale, avant que ne survînt le déclenchement de la Guerre de Libération. Dès cette époque, les populations de Tazmalt et de la vallée de la Soummam adhérèrent de manière précoce aux idéaux du nationalisme algérien, notamment sous l’influence doctrinale de l’Étoile Nord-Africaine (ENA), puis du Parti du Peuple Algérien (PPA) fondé par Messali Hadj. L’émigration vers la France constitua un levier essentiel pour l’organisation et le financement de ces formations politiques. Lors de la Seconde Guerre mondiale, de nouveaux conscrits de la région participèrent au conflit. Leur retour s’accompagna d’un espoir, vite déçu par les autorités coloniales, d’une reconnaissance politique et de l’octroi de droits civiques, ce qui aviva davantage le sentiment nationaliste.
Lors du déclenchement de la Guerre d’Algérie, la région de Tazmalt, située au sein de la Wilaya III (Kabylie), revêtit une importance stratégique majeure. Ce territoire se trouve étroitement associé à la figure du moudjahid Abderrahmane Mira, originaire de Taghalat, dans la daïra de Tazmalt. Militaire et commandant charismatique, celui-ci fut surnommé le « Tigre de la Soummam ». Il accomplit une ascension au sein de l’Armée de Libération Nationale (ALN), occupant successivement les fonctions de chef de la Wilaya VI (Sahara), puis de la Wilaya III. Il trouva la mort au combat aux environs d’Akbou, en novembre 1959. Son magistère et son influence opérationnelle s’avérèrent décisifs dans la structuration de la résistance locale. Par ailleurs, le Congrès de la Soummam, tenu en 1956 un peu plus au sud (à Ifri, près d’Ouzellaguen), bien qu’extérieur à la zone, eut une incidence directe sur l’organisation politique et militaire des localités relevant de la juridiction de Tazmalt. Ce conclave, qui donna une assise institutionnelle au FLN et à l’ALN, influença durablement les modalités d’action et l’encadrement des communautés villageoises.
Administration et politique
[modifier | modifier le code]La commune est dirigée par une assemblée populaire communale (APC) de dix-neuf membres et présidée par un président (maire).
Économie
[modifier | modifier le code]L'assise économique de la commune de Tazmalt est prépondérément axée sur les négoce, les prestations, et le secteur informel, bénéficiant d'une vigueur notable étayée en grande partie par le concours pécuniaire de sa diaspora. La prééminence revient au secteur tertiaire, dont l'assise est consolidée par une tradition artisanale opiniâtre. La commune s'impose comme un pole d'échanges considérable pour le pays de la vallée du Sahel (longeant la route nationale 26). Ce segment économique englobe le commerce de gros et de détail, les acheminements, et les services (tels que la restauration, l'hôtellerie et les estaminets)[9].
L'artisanat régional se définit par la pratique d'activités essentielles à l'édification des habitats et au déroulement des occupations journalières[10]. Il englobe principalement les métiers de la menuiserie, œuvrant tant sur l'aluminium que sur le bois, ainsi que les ouvrages de finition. S'y adjoint l'univers de la mécanique, dédié à la réparation des voitures[11]. Parallèlement, un domaine distinct voit une participation féminine des plus marquées : celui des arts textiles. Cette sphère d'activité rassemble la couture, la confection vestimentaire et la production d'ouvrages artisanaux liés au tissu[10].
L'apport économique des émigrés originaires de Tazmalt, majoritairement établis en France, au Canada et aux États-Unis, constitue un pilier fondamental de l'économie de leur région d'origine. Les transferts de fonds réguliers opérés par cette diaspora forment une manne financière prééminente, dont l'impact est particulièrement tangible dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP). Ces capitaux sont massivement injectés dans l'auto-édification de logements et l'embellissement de l'habitat, dynamisant de la sorte l'activité du BTP et des corps de métier afférents. Le retour estival annuel des membres de la diaspora engendre une flambée de la demande, stimulant substantiellement le commerce de détail et de gros, l'hôtellerie ainsi que la panoplie des services connexes. En dépit de la prééminence des activités commerciales, le secteur agricole conserve une place non négligeable, se caractérisant par la polyculture. Le terroir est voué à la polyculture vivrière et à l'oléiculture, une pratique séculaire.
L'activité pastorale se voue principalement à l'élevage des bovins, destinés tant à la laiterie qu'à la boucherie, ainsi qu'à l'essor des ovins et des caprins. La commune tire également sa renommée d'une fromagerie d'importance, laquelle procède à la valorisation des excédents lactés en confectionnant des fromages affinés, dont certaines spécialités s'inspirent des canons fromagers du Camembert, du Bleu et du Brie.
Personnalités liées à la commune
[modifier | modifier le code]- Abdelaziz Yessad, écrivain, né à Tazmalt en 1953[12]
- Malek Houd, poète d'expression kabyle, y est né en 1957 et y vit[13] ;
- Djamel Arezki, écrivain d'expression kabyle et française, y est né en 1966 et y vit. Il a publié Akal d wawal, recueil de nouvelles aux éditions Tira de Béjaia en 2009 et Contes et Légendes de Kabylie[14], Éditions Flies France, Paris 2010[15], Mohand Said Amlikech, (1812-1877) poète et résistant, éditions Tira, Béjaia, 2012 (cosigné avec Bellil Yahia).
- Rachid Oulebsir, romancier, y est né en 1953 et il y vit. Il a publié trois livres : Les Derniers Kabyles, roman, éditions Tira, Béjaia, 2009, Le Rêve des Momies, roman, L’Harmattan, Paris, 2011, L'Olivier kabyle, entre mythes et réalités, essai, L'Harmattan, 2008[16].
- Hamou Amirouche, ancien secrétaire d'Amirouche, y est né en 1937, et a vécu plus de la moitié de sa vie en Algérie. Il a publié un livre intitulé : Akfadou, un an avec le colonel Amirouche en 2009[17] puis un second en anglais "Memoirs of a Mudjahed" [18]en 2014. Comme aussi , il a écrit un livre de dénoncer la torture barbare coloniale intitulé : Le Jardin de la Torture: L’Imposture Centenaire de l’Algérie Française[19]. Il a vécu ensuite aux États-Unis d'abord Cambridge puis San Diego de 1994 jusqu'à son décès en . Il venait de terminer l'écriture de son troisième livre. Il est inhumé au cimetière de Tazmalt où son corps a été rapatrié.
- Abderrahmane Mira, militant de la cause de l'indépendance de l'Algérie, né en 1922, tombé au combat en 1959. Commandant de la wilaya III (Kabylie), surnommé le tigre de la Soummam.
- Atef Lewhama et ABERBOUR Massinissa, créateurs de la troupe théâtrale connue en Kabylie et même en dehors des frontières Algériennes sous le nom de "LEWHAMA", célèbre par ses comédies et sketches.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Rachid Oulebsir, L'Olivier en Kabylie entre mythes et réalités, L'Harmattan, 2008
Références
[modifier | modifier le code]- « Wilaya de Béjaïa : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
- ↑ « Décret no 84-365 du fixant la composition, la consistance et les limites territoriales des communes », Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire, no 67, , p. 1485 (lire en ligne).
- Mohand Akli Haddadou, Glossaire des termes employés dans la toponymie algérienne, Alger, ENAG Éditions, , 87 p. (ISBN 978-9931-00-040-2), p. 507.
- ↑ Foudil Cheriguen, Toponymie algérienne des lieux habités (les noms composés), Alger, Épigraphe, , p. 38.
- ↑ Ahcène Bey, « L’insurrection de 1871 », Revue historique des Armées, vol. 186, no 1, , p. 15–23 (DOI 10.3406/rharm.1992.4100, lire en ligne, consulté le )
- ↑ N. Maouche, « Tazmalt les responsables de l’APC tirent la sonnette d’alarme : Des égouts à ciel ouvert menacent la santé publique », La Dépêche de Kabylie, 13 mars 2011 (Lire en ligne).
- ↑ Lahlou Achiou, « Smaïl Mira, installé à Tazmalt », La Dépêche de Kabylie, 13 décembre 2012 (Lire en ligne).
- ↑ Remplace le maire précédent après sa démission
- ↑ La Rédaction, « Tazmalt / Le commerce de la fripe en vogue : Le commerce de la fripe fait florès à Tazmalt », sur La Dépêche de Kabylie, (consulté le )
- « Annuaire » (consulté le )
- ↑ MLIYI, « Artisanat », sur MLIYI (consulté le )
- ↑ books.google.fr
- ↑ Abdelaziz Yessad, Malek Houd, la poésie comme destin, Le Midi Libre, 31 août 2007.
- ↑ « Les contes et légendes de Kabylie - Djamal Arezki », sur Babelio (consulté le )
- ↑ K. Mejdoub, Café littéraire - Akal d wawal- Un recueil inspiré d'anciens récits, El Watan, 23 septembre 2009.
- ↑ Karim Kherbouche, « Le rêve des momies de Rachid Oulebsir / L’élégie des ancêtres », sur blog.com, Tout sur l'Ecole de la République, (consulté le ).
- ↑ « liberte-algerie.com/entretien/… »(Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?).
- ↑ (en) « Memoirs of a Mujahed: Algeria's Struggle for Freedom, 1… », sur Goodreads (consulté le )
- ↑ (en) « Le Jardin de la Torture: L’Imposture Centenaire de l’Al… », sur Goodreads (consulté le )