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Tavannes (Berne)

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Tavannes
Tavannes (Berne)
Blason de Tavannes
Armoiries
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton de Berne Berne
Arrondissement administratif Jura bernois
Localité(s) La Tanne
Communes limitrophes Corgémont, Mont-Tramelan, Péry-La Heutte, Reconvilier, Saicourt, Sonceboz-Sombeval, Tramelan
Maire Yann Rindlisbacher
NPA 2710
No OFS 0713
Démographie
Gentilé Tavannois
Population
permanente
3 505 hab. (31 décembre 2024)
Densité 237 hab./km2
Langue Français
Géographie
Coordonnées 47° 13′ 15″ nord, 7° 12′ 05″ est
Altitude 758 m
Superficie 14,76 km2
Localisation
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Tavannes
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Tavannes
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Tavannes
Liens
Site web www.tavannes.ch
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

Tavannes est une commune suisse du canton de Berne, située dans l'arrondissement administratif du Jura bernois.

Géographie

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Tavannes se situe à 15 km à vol d'oiseau de Moutier et à 10 km de Bienne. Elle est la plus grande localité de la vallée de Tavannes, anciennement appelée l'Orval.

La commune se situe entre le plateau de la Tanne, sur la montagne du Droit, le Montoz au sud et la forêt de Chaindon au nord.

La commune culmine à 1 284 m[3] à la limite avec Péry-La Heutte.

Source de la Birse

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La source de la Birse est située à 765 m d'altitude, au pied du flanc nord de Pierre-Pertuis. Elle est de type vauclusienne puisque ses eaux proviennent d’une circulation d’eau souterraine dans les roches calcaires[4]. La source a un débit moyen compris entre 8000 et 10000 l/min avec une température constante de 8°C. Le débit le plus élevé est enregistré en 1975, avec 43000 l/min. Lors de la canicule de 2003[5], la source est quasiment tarie. Une partie de l’eau donne naissance à la rivière. L’autre est épurée grâce à un système d'ultra filtration, puis pompée vers deux réservoirs situés sur les hauts de Tavannes, d'où elle est distribuée à la population[6]. Pour traverser le village de Tavannes, la Birse emprunte un canal souterrain aménagé au début des années 1920[7].

Population et société

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Gentilé et surnoms

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Les habitants de la commune se nomment les Tavannois[8],[9]

Ils sont surnommés les Renards, lé Batche[8] ou Batsches[9], soit les édentés en patois du Jura bernois, et les Tatouillards, soit ceux qui babillent[8].

Évolution de la population

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La commune compte 3 505 habitants au 31 décembre 2024 pour une densité de population de 237 hab/km2[1]. Sur la période 2010-2019, sa population a augmenté de 2,6 % (canton : 6,1 % ; Suisse : 9,4 %)[2].

Évolution de la population de Tavannes entre 1850 et 2020[10],[1]
Hôtel de ville.
Photo aérienne prise à 900 m par Walter Mittelholzer (1930).

Pendant l'époque romaine, une voie menait d'Aventicum à Augusta Raurica en passant par Pierre Pertuis[11].

Appelée route romaine dans la région, la voie à ornières qui subsiste entre Tavannes et le plateau de la Tanne est un chemin médiéval. La datation au radiocarbone fait remonter sa construction au XVe siècle. Elle est creusée dans la roche calcaire avec un écartement de 100 à 110 cm. Elle est flanquée d’une rampe pour piétons entre les ornières, avec des marches taillées dans la roche.

Le village doit son nom au château (en grande partie détruit en 1499, lors de la guerre de Souabe) qui appartenait à la famille des Tavannes. La première mention écrite des Tavannes sous le nom Theisvenna remonte à l'année 866. Le nom a changé à plusieurs reprises : Tehisvenna (884), Tasvenne (967), Tasuenna (1181) ainsi que Thasvanne, Taffennas et Tasueno. Par un héritage, le nom de Tavannes a basculé vers la Bourgogne et la famille de Saulx (cf. l'article Gaspard de Saulx).

De 1797 à 1815, Tavannes fait partie de la France, au sein du département du Mont-Terrible, puis, à partir de 1800, du département du Haut-Rhin, auquel le département du Mont-Terrible fut rattaché. Par décision du congrès de Vienne, le territoire de l'ancien évêché de Bâle est attribué au canton de Berne en 1815.

Vers la fin du XIXe siècle, l'industrie horlogère prend un grand essor et c'est à Henri Frédéric Sandoz que l'on doit la construction de Tavannes Watch Co, qui produisit jusqu'à 4 000 montres par jour, avant de devenir Cyma Watch Co.

Le conseil municipal de Tavannes compte sept membres élus pour quatre ans au suffrage universel. Le maire est élu au système majoritaire et les six autres membres au système proportionnel[12].

Pour la législature 2026-2029, le conseil municipal est composé de deux membres de l'Union démocratique du centre (UDC), deux membres de Tavannes Avenir et un membre des deux partis suivants: Parti socialiste suisse (PSS) et Parti libéral-radical (PLR)[13].

La durée des législatures était de trois ans jusqu'en 1957, année où cette durée est passée à quatre ans. Le nombre de conseillers municipaux a varié au cours des années. S'il est fixé à neuf depuis le , il a oscillé entre neuf et treize auparavant.

Liste des maires de Tavannes

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  • 1921-1947 : Paul Schlup, Parti radical-démocratique (PRD)
  • 1948-1969 : Jules Schlappach, PRD
  • 1970-1977 : Armand Gobat, PSS.
  • 1978-1989 : Franz Ochsenbein, PRD
  • 1990-2001 : René Eicher, UDC
  • 2002-2009 : Jean-Pierre Aellen, PSA
  • 2010-2017 : Pierre-André Geiser, UDC
  • 2018-2025 : Fabien Vorpe, PLR
  • Depuis 2026 : Yann Rindlisbacher, Tavannes Avenir

Législatif

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La commune de Tavannes ne dispose pas d'un parlement élu, mais d'une Assemblée municipale réunissant, au moins deux fois par année, en juin, l'ensemble des citoyens de la commune. Le bureau de l'Assemblée municipale - président, vice-président et secrétaire - est élu tous les quatre ans selon le système majoritaire[14].

Tavannes a disposé brièvement d'un parlement élu, nommé conseil général, dans les années 1950. Des élections ont eu lieu à deux reprises, en 1953 et en 1957. En 1960, les électeurs de Tavannes ont décidé de revenir au système d'Assemblée municipale qui était en vigueur jusqu'en 1953.

Courrier de la Vallée de Tavannes

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Le Courrier de la Vallée de Tavannes est fondé à Malleray par Henri Kramer[15] en 1907[16]. En 1910, l’Imprimerie Kramer déménage de Malleray à Tavannes. En 1912, le journal devient tri-hebdomadaire[17]. En 1917, il est suspendu[18] par le Département fédéral de justice et police à la suite d'un éditorial de Jules Schlappach[19] considéré comme un appel à une intervention étrangère en Suisse. En 1996, il est racheté par les éditions Gassmann à Bienne. En 2003, il fusionne avec le Progrès, édité à Tramelan, pour devenir Le Progrès-Le Courrier[20]. En 2016, l’hebdomadaire Le Progrès/Le Courrier disparait. Ses pages sont dès lors placées au cœur du deuxième cahier du Journal du Jura du vendredi[21].

La Juracime

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La Juracime est une épreuve de course à pied créée en 1986, avec départ et arrivée à Tavannes[22]. Biennale, elle se déroule durant le week-end de la Pentecôte sur les crêtes de l’Arc jurassien. Elle est généralement découpée en cinq étapes, dont l’une contre la montre. Le Bernois Albrecht Moser et la Vaudoise Annick Merot sont les premiers à inscrire leurs noms au palmarès de l’épreuve[23]. La 20e édition se déroule en 2025[24].

Manège d’Orange

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Le Manège a été inauguré en 1986 dans la zone d’utilité publique d’Orange, sur les hauteurs de Belfond, à l’ouest du village[25]. Il est l’œuvre de la Société de cavalerie de la vallée de Tavannes. Il accueille chaque année trois compétitions équestres : un concours d’attelage, un concours de dressage et un concours de saut d’obstacle[26]. Il accueille également d’autres manifestations agricoles sous l’égide de la Fédération d’élevage bovin du Jura bernois.

Motocross international de Pierre-Pertuis

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En 1954, le Moto-Club de Tavannes met sur pied un 1er moto-cross extra-national qui réunit 28 participants. La victoire revient au pilote genevois Albert Courajod[27], auquel le chanteur Sarcloret va consacrer une chanson[28]. L’épreuve prend de l’importance et s’internationalise avec la venue de concurrents étrangers. L’épreuve figure au calendrier du championnat de Suisse. Durant les bonnes années, elle rassemble jusqu'à 10000 spectateurs. Après des éditions perturbées par le mauvais temps, les organisateurs jettent l’éponge en 1980[29]. En 1985, la mise sous protection de l’emplacement du tracé par l’Office de l'économie hydraulique du canton de Berne sonne définitivement le glas de cette compétition.

Paul Haenni

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Paul Haenni nait le 3 octobre 1914, à Tavannes[30]. Il vient à l’athlétisme par hasard, après des débuts sportifs au sein du Football-Club Tavannes. Il excelle rapidement dans les deux disciplines de vitesse pure (100 mètres et 200 mètres) dans lesquelles il décroche de nombreux titres de champion de Suisse et il établit plusieurs records de Suisse. Il est alors sociétaire du Leichtathletik-Club Biel-Bienne[31]. Durant son école de recrues, en 1934, il participe aux championnats d’Europe de Turin où il termine 4e sur la distance de 200 mètres. Lors des Jeux Olympiques de Berlin, en 1936, il obtient un 7e rang sur 100 mètres et un 4e rang sur 200 mètres, manquant la médaille de bronze pour quelques centièmes de seconde. Ces deux courses voient le triomphe du légendaire Jesse Owens. La carrière internationale de Paul Haenni s’interrompt durant la guerre. Il prend encore part à quelques épreuves après la fin des hostilités. En 1954, il fonde la Tennis-Club de Tavannes. Parallèlement, il travaille dans la fabrique d’horlogerie familiale Henex, dont il préside le conseil d’administration de 1969 à 1973[32]. Il décède en août 1996 à Montana-Crans.

Depuis le , l'ancien cinéma Le Royal abrite un centre culturel.

Le fOrum culture est également basé à Tavannes[33].

Personnalités

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Notes et références

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  1. a b et c « Bilan démographique selon le niveau géographique institutionnel » Accès libre, sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
  2. a et b « Portraits régionaux 2021: chiffres-clés de toutes les communes » Accès libre [xls], sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
  3. « Chiffres clés géographiques »
  4. Jean-Marie Moine, « Inauguration de trois panneaux didactiques sur le site de Pierre-Pertuis », Actes de la Société jurassienne d'émulation, no 115,‎ (lire en ligne)
  5. Blaise Droz, « La source de la Birse est à sec... », L'Impartial,‎ (lire en ligne)
  6. Vincent Bourquin, « La Birse, une rivière qui refait surface », Le Temps,‎
  7. « Correction de la Birse - Mise au concours des travaux », Journal du Jura,‎ (lire en ligne)
  8. a b et c Paul Fehlmann, Ethniques, surnoms et sobriquets des villes et villages en Suisse romande, Haute-Savoie et alentour, dans la vallée d'Aoste et au Tessin, Genève, Jullien, , 274 p. (ISBN 2-88412-000-9), p. 130
  9. a et b Gentilé peu usité. Source : Les Armoiries jurassiennes, Delémont, Les fils de Paul Boéchat,
  10. « Évolution de la population des communes 1850-2000 » Accès libre, sur Office fédéral de la statistique, (consulté le ).
  11. « Inauguration de trois panneaux didactiques sur le site de Pierre Pertuis », Actes de la Société jurassienne d'émulation, vol. Année 2012 115e année,‎ , p. 369 (lire en ligne Accès libre)
  12. « Conseil municipal », sur tavannes.ch (consulté le )
  13. « Conseil municipal », sur Tavannes (consulté le )
  14. « Assemblée municipale », sur tavannes.ch (consulté le )
  15. Emma Chatelain, « Kramer, Henri (1883-1945) », sur Dictionnaire du Jura, (consulté le )
  16. « Tavannes », Le Jura,‎ (lire en ligne)
  17. « Tavannes », Le Franc-Montagnard,‎ (lire en ligne)
  18. « La suspension du Courrier de la vallée de Tavannes », Le Jura,‎ (lire en ligne)
  19. Emma Chatelain, « Jules Schlappach », sur Dictionnaire historique suisse, (consulté le )
  20. Emma Chatelain, « Courrier de la Vallée de Tavannes (1907-2003) », sur Dictionnaire du Jura, (consulté le )
  21. « 2016 dans le Jura bernois », sur Chronologie de Bienne, du canton du Jura et du Jura bernois (consulté le )
  22. « Cinq étapes pour 70 kilomètres », Le Journal du Jura,‎ (lire en ligne)
  23. « En champions! », Le Journal du Jura,‎ (lire en ligne)
  24. « La Juracime », sur Le site des organisateurs (consulté le )
  25. « Manège baptisé », Le Journal du Jura,‎ (lire en ligne)
  26. « BIENVENUE », sur Société de cavalerie de la vallée de Tavannes et environs. (consulté le )
  27. « Albert Courajod », sur RTS Archives (consulté le )
  28. « Courajod », sur Letras (consulté le )
  29. « Fin du motocross de Pierre-Pertuis », L'Impartial,‎ (lire en ligne)
  30. Emma Chatelain, « Haenni (Hänni), Paul (1914-1996) », sur Dictionnaire du Jura, (consulté le )
  31. « Paul Haenni, un grand champion de chez nous », Le Journal du Jura,‎ (lire en ligne)
  32. « Tavannes », Feuille officielle suisse du commerce, no 163,‎ , p. 1660
  33. « fOrum culture. Le réseau des arts de la scène » (consulté le )
  34. Emma Chatelain, « Geneviève Aubry », sur DIJU, (consulté le )

Bibliographie

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  • Roger Châtelain, Les Voirol de Tavannes et les terres de Colombier, Porrentruy, 1978.
  • Marius Fallet, Tavannes, Chaindon et Reconvilier, Étude historique et toponymique, Porrentruy, 1951.
  • Christine Gagnebin-Diacon, La fabrique et le village : La Tavannes Watch Co (1890-1918), Porrentruy, 2006.
  • Mémoires d'Ici. Si Tavannes nous était conté. Histoire d’un village en images. Neuchâtel, Editions Alphil 2023.
  • Yves Diacon, Olivier Guerne. Tavannes 866-2016 1150 ans d'histoire. Saint-Imier : Juillerat & Chervet 2016.
  • Un général né à Tavannes : Théophile Voirol. Saint-Imier : Mémoires d'Ici. [1]

Liens externes

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