Taux de refinancement

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Taux directeurs de la BCE (rouge) et de la Fed (bleu).

Le taux de refinancement (ou taux refi pour la BCE, taux repo pour la Fed[1]) est le principal taux directeur des banques centrales ; il permet de réguler l'activité économique par l'apport ou le retrait de liquidités.

Le taux de rémunération des dépôts est le taux d'intérêt au jour le jour fixé par la banque centrale, auquel sont rémunérés les excédents de liquidités des banques et institutions financières placés auprès de la banque centrale, tandis que le taux de refinancement est celui auquel ces mêmes agents économiques peuvent emprunter auprès de la banque centrale.

Le taux de refinancement est un instrument de politique monétaire. Dans l'Eurosystème, il permet via la procédure d'appel d'offre[2] hebdomadaire[3], d'absorber ou de fournir contre garanties des liquidités aux banques au taux minimum décidé par la BCE. Aux États-Unis, une procédure analogue d'achat temporaire de titres en open market repose sur le taux repo de la Fed. Les banques mettent ces liquidités en circulation sur le marché monétaire, permettant de réguler l'investissement économique et ainsi d'encourager l'activité économique dans les périodes de creux, ou de freiner le sur-investissement (dans des projets non rentables) pendant les périodes de surchauffe inflationniste.

Sur les deux continents, il existe des opérations de refinancement complémentaires, qui font intervenir le Taux de facilité de prêt marginal dans l'Eurosystème, et le taux d'escompte de la Fed. Ces taux sont en général égaux aux taux directeurs plus 100 points (soit + 1 %)[4].

Incidences financières du taux de refinancement[modifier | modifier le code]

En zone euro, les banques qui veulent se refinancer à court terme peuvent le faire soit auprès d'autres banques (généralement sur la base du taux Eonia), soit auprès de leur banque centrale nationale en payant un intérêt sur la somme qu'elles empruntent. Jusqu'au 28 juin 2000, ce taux, pour les emprunts à court terme de 15 jours, était égal au taux de refinancement, les banques n'indiquant dans leur soumission que le montant qu'elles souhaitaient emprunter. Depuis 2000, le refi est devenu un taux de soumission minimal, et les banques soumissionnent en indiquant à la fois le montant et le taux auquel elles souhaitent emprunter. Si ce taux d'intérêt est fort les banques vont limiter leurs crédits sachant que le refinancement leur sera coûteux, elles auront le comportement inverse si ce taux d'intérêt est faible. D'autre part, en phase de détente, lorsque le taux refi, qui résulte d'une prévision, a été incorrectement anticipé, et se révèle supérieur au taux Eonia, les banques n'ont généralement pas de raison de recourir à des refinancements auprès de la BCE[5].

Les banques répercutent ensuite, en principe, ce loyer sur les intérêts des crédits qu'elles accordent à leurs propres clients. Plus le taux de la BCE est bas, plus le coût du crédit a des chances d'être bon marché ce qui, en théorie, favorise la croissance.

Le 7 avril 2011 Jean-Claude Trichet, président de la BCE, annonce une hausse du taux de refinancement de 0,25 points, portant ce dernier à 1,25 %[6]. Il est fixé à 0,75 % à compter du 11 juillet 2012.

Le taux directeur délivré par les banques centrales, BCE pour l’Europe, va influencer les taux dans les échanges bancaires.

Les banques se financent entre elles sur le marché interbancaire, la BCE n'a qu'un rôle de régulateur. S'il y a un manque de liquidés entre banques, ou bien un excès, la BCE intervient pour réguler.

En mars 2006, Jean-Claude Trichet, Président de la Banque Centrale Européenne, annonce une nouvelle remontée des taux directeurs dont le but de cette nouvelle hausse serait d'éviter les risques de pression inflationniste pesant sur la reprise économique de l'Europe.

La croissance européenne étant de retour, il est donc à craindre une augmentation de l'inflation et une hausse des taux d'intérêts. En effet, il est prouvé qu'une hausse de la croissance apporte une hausse du prix de la monnaie. En revanche cette hausse de la monnaie se répercute sur une baisse de la demande et des prix. Celle-ci pourrait alors alourdir la reprise de la croissance de la zone euro. Une modification des taux directeurs permettrait de conforter les taux et d'ainsi maîtriser l'inflation et la croissance.

À l'inverse, en juin 2014, devant les risques de déflation, la BCE abaisse ses taux directeurs, et le taux refi atteint un plus bas historique de 0,15 % (tout comme le taux de rémunération des dépôts qui devient négatif), afin de pousser les banques à plus prêter[7].

Les États européens ont décidé d'appliquer une « Policy Mix », c'est-à-dire que les États cherchent à influer sur l'économie nationale par l'action d'une politique budgétaire, tandis que la BCE influe sur l'économie à travers la politique monétaire. Elle a pour but de déterminer un taux d'équilibre qui neutralise l'influence de la monnaie pour permettre aux politiques budgétaires nationales de relancer la croissance.

Le rôle de la BCE[modifier | modifier le code]

Le traité instituant la BCE fixe les objectifs de la BCE à l'article 105 du traité, à savoir « de maintenir la stabilité des prix »[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Diminutif anglais de repurchase agreement.
  2. Taux de refinancement Voir chap. 1B2 et chap. 2
  3. Procédure d'appel d'offre cf 2.2
  4. Frederic Mishkin, Monnaie, banque et marchés financiers, Pearson, , 9e éd., 924 p. (ISBN 9782744074547), p. 580-587
  5. Frederic Mishkin, Monnaie, banque et marchés financiers, Pearson, , 9e éd., 924 p. (ISBN 9782744074547), p. 572-580
  6. http://www.ecb.int/stats/monetary/rates/html/index.en.html
  7. Hollande salue la baisse des taux décidée par la BCE Bfmtv.com, 5 juin 2014
  8. http://www.linternaute.com/argent/banque/actualite/0602-taux-bce.shtml

Liens externes[modifier | modifier le code]