Taulignan

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Taulignan
Ancienne porte de ville de Taulignan.
Ancienne porte de ville de Taulignan.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Nyons
Canton Grignan
Intercommunalité Communauté de communes Enclave des Papes-Pays de Grignan
Maire
Mandat
Jean-Louis Martin
2014-2020
Code postal 26770
Code commune 26348
Démographie
Population
municipale
1 683 hab. (2013)
Densité 49 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 26′ 41″ Nord 4° 58′ 54″ Est / 44.4447222222, 4.98166666667
Altitude Min. 203 m – Max. 760 m
Superficie 34,65 km2
Localisation

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Taulignan est une commune française située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Accès et transports[modifier | modifier le code]

Taulignan est situé à 29 km à l'est de Pierrelatte et à 27 km au sud-est de Montélimar. La commune est accessible par la RD 14, depuis Grignan, à l'ouest, la RD 47 depuis Valréas (Vaucluse), au sud, la RD 24, depuis Montbrison-sur-Lez, à l'est. Les deux aéroports les plus importants sont ceux de Lyon et Avignon. La gare TGV la plus proche est celle de Montélimar, accessible par la ligne de bus n° 71 de la STRADDA raccordant Montélimar à Nyons.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Les communes limitrophes sont Montbrison-sur-Lez, Salles-sous-Bois, Roche-Saint-Secret-Béconne, Valréas, Aleyrac, et Grignan chef-lieu du canton.

Géologie[modifier | modifier le code]

La roche dominante aux alentours de Taulignan est le safre, appellation locale d'un grès calcaréo-marneux friable du Miocène. Ces sédiments du tertiaire, notamment du Burdigalien et du Langhien, se retrouvent dans toute la région[1]. Des dalles calcaires en molasse burdigalienne ont été découpées et érigées au bord des champs[2].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Lez.

Taulignan est arrosée par le Lez, cours d'eau de 73,5 km de long, affluent du Rhône[3], que par la Chalerne, un de ses affluents de 8 km[4] et la Rialle de 6,1 km qui partagent le même bassin. La Berne, coulant dans un bassin qui lui est propre, traverse les bois de Taulignan[5].

Relief[modifier | modifier le code]

La mairie de Taulignan se situe à une altitude de 267 m, au pied de la butte du village historique.

Climat[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

La commune de Taulignan elle-même ne possède pas officiellement de blason. La famille, en revanche, en a connu trois au cours de son histoire[6].


Premier blason des Taulignan

Le premier se blasonne ainsi :

  • De sable, à la croix engrêlée d'or, cantonnée de 18 billettes de même, cinq en sautoir à chaque canton en chef, et quatre à ceux de la pointe.
Taulignan.svg

Le deuxième, à partir de 1426, marque l'héritage des barons de Barre.

  • Écartelé : aux 1 et 4 : de sable, à la croix engrêlée d'or, cantonnée de 18 billettes de même, cinq en sautoir à chaque canton en chef, et quatre à ceux de la pointe (qui est de Taulignan) ; aux 2 et 3 : d'argent, à deux fasces de gueules (qui est de Barre ancien)
Blason ville fr Saint Laurent de Trèves (Lozère).svg

Le troisième blason, de 1666, reprend le deuxième en y brochant sur le tout l'écusson des Blégiers, d'azur au bélier passant d'argent onglé et accorné d'or, surmonté d'une étoile du même. On le retrouve en tant que blason de la commune de Saint-Laurent-de-Trèves en Lozère.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le suffixe toponymique en -gnan provient d'un adjectif latin en -anum désignant le propriétaire d'une villa gallo-romaine. D’après certains auteurs, Taulignan aurait donc eu comme berceau la villa d’un riche patricien romain appelé Taulinanus. Ce nom n'est cependant recensé nulle part dans l'anthroponymie gallo-romaine. On peut en revanche penser à une altération de Taurinus : ce nom est attesté chez les habitants des Alpes Cottiennes au Ier siècle[7], et le nom féminin Taurina se retrouve sur une inscription en gaulois d'un peson de fuseau du IIIe siècle découvert à Autun[8]. Il reste à démontrer la possibilité d'une mutation transformant le r en l, le rhotacisme semblant justement plus fréquent dans la région.

Le premier témoignage écrit du toponyme date d'une charte par laquelle Ismidon, évêque de Die, donne à l'église de Saint-Ruf et à son abbé Letbert les églises de Taulignan et leurs appartenances :

(...)ego Ismido, gratia Dei Diensis episcopus, dano ecclesie Sancti Ruphi et Letberto abbati, et clericis sibi commissis et successoribus suits ecclesias de Thauliniaco, cum omnibus ad eas pertinentibus, ut ordinent eas sicut eis visum fuerit, ad honorem Dei(...)[9]

Cette charte date nécessairement d'avant la mort de Letbert en 1110. Le Th de Thauliniaco peut autant provenir d'un tau gallicum que d'une graphie pseudo-savante.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les restes d'un temple romain retrouvés sur le site de la chapelle Saint-Marcel témoigne d'une présence sédentaire à l'époque gallo-romaine.

La famille de Taulignan y est attestée vers 1110, avec Bertrand, coseigneur de Valréas. Par la vente des terres en 1295 à Aymar IV de Poitiers, elle en perd la seigneurie mais en garde le titre jusqu'en 1666, repris par Joseph-François de Blégiers par son alliance avec Françoise de Taulignan[10]. Toujours par jeux d'alliances, la ville passera ensuite aux Alleman en 1408, aux Monteynard en 1594, aux Grolée de Virville en 1626 et aux Olivier de Senozan en 1711 jusqu'à la Révolution[11].

La résistance qu’opposa en 1395 le bourg de Taulignan aux Compagnies bretonnes est l’un des plus brillants faits d’armes qui se soit produit, au XIVe siècle, dans le bas Dauphiné. Hommes, femmes et enfants firent bonne garde, pendant quatre mois, du haut de leurs remparts. Leur vigilance ne prit fin que lorsqu’ils eurent forcé l’ennemi à évacuer la contrée.

Taulignan devient au XIXe siècle un important centre industriel du moulinage de la soie. Plusieurs usines emploient alors une nombreuse main d'œuvre locale. De 10 fabriques en 1825, ne comprenant en général qu'un ou deux moulins, on passe à 20 en 1862, employant 56 hommes, 362 femmes et 289 enfants. Beaucoup de ces derniers sont alors considérés comme faisant partie d'« orphelinats industriels ». Quelques familles possèdent la plupart des usines : Faujas, Dailhe et surtout Armandy ainsi que leurs cousins Cayranne et Peyrol. Il ne reste que huit usines en 1883 et Victor Peyrol domine le marché jusqu'aux années 1930[12].

Une ligne ferroviaire, le Chemin de fer Taulignan-Grignan-Chamaret, a desservi la ville, de 1906 à 1928. Ce « tramway », comme on l'appelait alors[13], était constitué d'une petite locomotive à vapeur tractant un unique wagon de voyageurs.

Le , Taulignan subit l'assaut d'une colonne allemande qui laissa dix-huit victimes derrière elle, avant de poursuivre sa mortelle randonnée sur Valréas[14].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie de Taulignan.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Martin a été élu au premier tour des élections municipales de 2014 avec 67,52 % des voix et 16 sièges au conseil municipal ; il bat Didier Thevenieau (32,47 %), acquérant les 3 sièges restants. Le taux de participation est de 79,57 %[15].

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants étant de 1 683 en 2013, le nombre de membres du conseil municipal est de 19. Celui formé est composé de 5 adjoints et de 13 conseillers municipaux[16]. Le maire et deux de ses adjoints sont également élus au conseil communautaire[15].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2014 Jean-François Siaud PS Conseiller général
mars 2014 en cours
(au 22 janvier 2015)
Jean-Louis Martin[16] DVG Employé de banque

Jumelages[modifier | modifier le code]

Taulignan n'est jumelée avec aucune autre ville.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 1 683 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 400 1 716 1 859 1 885 2 145 2 202 2 336 2 320 2 349
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 247 2 190 2 167 2 271 2 310 2 280 2 331 2 224 2 221
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 060 2 082 2 017 1 581 1 385 1 419 1 272 1 133 1 046
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 -
1 135 1 199 1 202 1 419 1 586 1 571 1 588 1 683 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2004[18].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

Commerces et artisanat[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

L'hébergement touristique à Taulignan est essentiellement tourné vers les chambres d'hôtes, gîtes ruraux, locations d'appartements, la commune n’abritant pas d'hôtel[19].

Vie Locale[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune de Taulignan dépend de l'académie de Grenoble[20]. Les élèves débutent leurs études sur place, à l'école du Pradou, comportant 6 classes, pour 58 enfants en maternelle et 76 en primaire[21]. Les collégiens et lycéens se rendent à Nyons[22].

Santé[modifier | modifier le code]

Services, équipements[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

La paroisse catholique de Taulignan dépend du diocèse de Valence, doyenné de Taulignan[23].

Les pratiquants de l'église réformée de France disposent d'un temple édifié en 1601, détruit en 1684 puis reconstruit en 1870 et qui témoigne de l'importance historique du protestantisme et des guerres de religion dans la région. Il est toujours actif en tant que lieu de culte[24].

Écologie et recyclage[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Ancien fief de la baronnie de Montauban, le village fut entouré au XIVe siècle de solides remparts percés de plusieurs portes puissamment fortifiées. La principale était celle d’Enguille, actuellement l'un des ouvrages de guerre médiévaux les mieux conservés de la région. On l’appelle communément aujourd’hui la porte du Nord. Ses deux tours rondes sont reliées par une galerie que surmontent des mâchicoulis. À son premier étage, du côté du bourg, était placé le corps de garde. Il reste en tout onze tours sur cette enceinte.

Les ruelles comportent de nombreuses maisons du XVe, XVIe et XVIIe siècles.

Le temple protestant fut construit en 1870 par l'architecte Nicolas Fontanille sur l'emplacement d'un premier temple de 1601[25]. Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis octobre 2010[26].

La chapelle Saint-Marcel a été construite au XIIe siècle sur le site d'un temple romain et sa voûte comme ses arcs-boutants datent du XVIe siècle[27].

Le monastère de la Clarté Notre-Dame, fondé en 1956, accueille une communauté de moniales dominicaines affiliée à la Fédération Notre-Dame des Prêcheurs.

L'ancienne usine du pont est une de celles qui travaillaient au moulinage de la soie au XIXe siècle. Taulignan était alors l'un des centres de cette industrie, ce qui assura la prospérité d'une ville dont la population atteignit 2400 habitants. Le musée de la soie, situé sur la place de la mairie, témoigne de cette époque.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean Patricot, (1865 - 1928), graveur et peintre, Premier Grand Prix de Rome, section gravure, en 1886.
  • Victorin Garaix (1890-1914), dit « Victor », aviateur détenteur de nombreux records d'aviation avant-guerre (41 sur 110 que possédait la France), notamment avec passagers. Ayant cumulé les fonctions de chef d'atelier et de directeur de l'usine de Saint-Dié des Ateliers Vosgiens d'Industrie Aéronautique à l'âge de 18 ans, il conçoit ensuite un monoplan métallique avec Charles Roux en 1911. Mort pour la France avec le lieutenant de Saizieux lors d'une reconnaissance au-dessus des lignes ennemies à Tucquenieux (54)[28].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Association des Onze Tours, Taulignan de A à Z, Empreinte des Onze Tours, (ISBN 978-2-9509338-5-0)
  • Savignac, « Merde à César » - Les Gaulois, leurs écrits retrouvés, Éditions La Différence, (ISBN 978-2-7291-1323-0)
  • Victor-Claude ROSSET, Victor GARAIX l'aviateur, 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. J. Debelmas et al., Notice explicative de la feuille Valréas à 1/50 000, Éditions du BRGM, 2004
  2. Association des Onze Tours 2015, p. 63.
  3. Fiche de Taulignan sur le site du SANDRE
  4. site de la Chalerne sur le site du SANDRE
  5. Association des Onze Tours 2015, p. 198.
  6. Association des Onze Tours 2015, p. 64 pl. 3.
  7. Association des Onze Tours 2015, p. 7.
  8. Savignac 1994, p. 127.
  9. Ulysse Chevalier, Codex diplomaticus ordinis Sancti Rufi, Impr. Céas et fils, (lire en ligne)
  10. La Famille Taulignan
  11. Association des Onze Tours 2015, p. 202.
  12. Association des Onze Tours 2015, p. 83.
  13. Retour dans le passé en « tramway », recueil de cartes postales d'époque, 1983
  14. Taulignan 39-45
  15. a et b Résultats des élections municipales de 2014 sur le site du ministère de l'Intérieur.
  16. a et b Taulignan sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 22 janvier 2015).
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2008, 2013.
  19. hébergement touristique
  20. école à Taulignan, académie de Grenoble
  21. école primaire de Taulignan
  22. collège de Nyons
  23. paroisse de Taulignan
  24. temple protestant
  25. Site du patrimoine de Rhône-Alpes, temple de Taulignan
  26. « Notice no PA26000025 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  27. Site du patrimoine de Rhône-Alpes, chapelle Saint-Vincent
  28. Association des Onze Tours 2015, p. 95.