Tata sénégalais de Chasselay

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Tata sénégalais de Chasselay
Nécropole nationale de Chasselay
Tata sénégalais de Chasselay.jpg
Vue d'ensemble du tata sénégalais de Chasselay.
Pays
Département
Commune
Personnes
196
Mise en service
Coordonnées

Le tata de Chasselay, officiellement nécropole nationale de Chasselay, est un cimetière militaire de la Seconde Guerre mondiale, située sur le territoire de la commune de Chasselay dans le département du Rhône. Y sont inhumés 194 tirailleurs originaires de différents pays d'Afrique de l'Ouest, ainsi que deux légionnaires, tous massacrés par l'Infanterie Regiment Grossdeutschland[1] et la division de SS allemande Totenkopf (« tête de mort ») en juin 1940. Cette nécropole a été construite selon le style d'architecture de l'Afrique de l'Ouest, où tata signifie « enceinte de terre sacrée » en wolof, dans laquelle on enterre les guerriers morts au combat[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Du 19 au 20 juin 1940, à Chasselay, les troupes coloniales sénégalaises de l'armée française retardent l'entrée des troupes allemandes dans Lyon, déclarée « ville ouverte » le 18 juin.

La défense s'organise, le 17 juin, à Chasselay, village situé à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Lyon. Des barricades sont dressées, grâce aux soldats du 405e RADCA de Sathonay, du 25e régiment de tirailleurs sénégalais, de légionnaires (2 d'entre eux reposent dans le tata) et aussi avec l'aide de civils.

N'ayant rencontré que très peu de résistance depuis Dijon, les Allemands arrivent le 19 juin, près du couvent de Montluzin à Lissieu. De durs et violents combats entre troupes allemandes et françaises se soldent par 51 morts dont une civile du côté français, et plus de 40 blessés pour les Allemands.

Le 20 juin, à l'issue d'une deuxième bataille, au château du Plantin, les prisonniers, au nombre d'environ 70, sont divisés en deux groupes, d'un côté les soldats français blancs et de l'autre les Sénégalais noirs.

Après avoir parcouru deux kilomètres à pied, les soldats français couchés dans l'herbe, le long d'un pré, assistent au massacre des soldats sénégalais par des mitrailleuses et pour certains écrasés par les chars d'assaut de la SS-Totenkopf-Division[3]. Le capitaine Gouzy tente de s'interposer pour protéger ses hommes et reçoit une balle allemande dans le genou. Les Français blancs sont emprisonnés à Lyon. Les habitants de Chasselay, horrifiés par le massacre, enterrent les corps des Sénégalais dans un cimetière. Le tata est inauguré le 8 novembre 1942[4] en présence de son fondateur Jean Marchiani, secrétaire général de l'Office départemental des mutilés, combattants, victimes de la guerre et pupilles de la Nation.

Tous les ans, se tient à Chasselay une cérémonie officielle, où sont présents des représentants sénégalais et français.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a visité le tata le 20 mars 2005[5].

Description[modifier | modifier le code]

L'édifice, entièrement ocre rouge, est constitué de pierres tombales entourées d'une enceinte rectangulaire de 2,8 mètres de hauteur. Son porche et ses quatre angles sont surmontés de pyramides bardées de pieux. Le portail en claire-voie, en chêne massif, est orné de huit masques africains.

On a fait venir de la terre de Dakar par avion, pour la mélanger à la terre française[6].

Films[modifier | modifier le code]

  • Le Tata, Paysage de pierres, documentaire de 60 min de Patrice Robin et Eveline Berruezo (1992). C'est le premier document scientifique sur l'existence du tata[7].
  • Le cimetière Tata, mémoires des tirailleurs sénégalais, documentaire de Rafael Gutierrez et Dario Arce (2007). Le cimetière Tata est le point de départ d'un film qui questionne l'histoire de la France coloniale comme celle des héros oubliés ou instrumentalisés. Une histoire encore problématique aujourd'hui. Il a été produit par la société C Productions Chromatiques, de Lyon.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Julien Fargettas, « « Sind Schwarze da ? » La chasse aux tirailleurs sénégalais. Aspects cynégétiques de violences de guerre et de violences raciales durant la campagne de France, mai 1940-août 1940 », Revue historique des armées, vol. 271 « Les armées coloniales »,‎ , p. 42-50 (lire en ligne)
  2. Andrée Dore-Audibert, Une décolonisation pacifique : Chroniques pour l'histoire, Karthala, , 359 p. (ISBN 2-86537-950-7), p. 49.
  3. Raffael Scheck (trad. Éric Thiébaud), Une saison noire : Les massacres de tirailleurs sénégalais, mai-juin 1940, Paris, Tallandier, , 287 p. (ISBN 978-2-84734-376-2), p. 56-57. Scheck pense également que ces chars ne sont pas forcément ceux de la Totenkopf, mais peuvent être les chars régimentaires de la Grossdeutschland, ou encore de la 10e Panzerdivision, envoyés en renfort du fait de la résistance inattendue des Français (Ibid., p. 245-246).
  4. Scheck, op. cit., p. 181-182.
  5. Moulaye Aïdara, « Le Tata sénégalais de Chasselay, « une présence africaine » », Écarts d'identité, no 115,‎ , p. 51–57 (lire en ligne).
  6. Bakari Kamian, Des tranchées de Verdun à l'église Saint-Bernard : 80 000 combattants maliens au secours de la France, 1914-18 et 1939-45, Karthala, , 468 p. (ISBN 2-84586-138-9), p. 206.
  7. http://tirailleurs-senegalais.fr/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]