Tania de Montaigne

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Tania de Montaigne
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Tania de Montaigne au festival Atlantide au Lieu unique à Nantes en mars 2017.
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Tania de Montaigne, née le à Paris (13e), est une écrivaine et femme de lettres française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est issue d'une famille monoparentale très modeste et a passé la plus grande partie de son enfance à Draveil (Essonne)[1]. Sa grand-mère est née en Guadeloupe et sa mère en Martinique et elle est à Draveil une des rares enfants noirs de son école[1]. Son père est un musicien américain et congolais qu'elle ne rencontre qu'en 2014[1].

Après que sa mère l'a inscrite, l’été de ses 17 ans, à une colonie de danse et de théâtre à Avignon, où elle assiste à la représentation marquante d'Hamlet par Patrice Chéreau[1], elle se passionne pour la littérature et les arts, avec des goûts éclectiques : Bel-Ami de Guy de Maupassant, les Pensées de Blaise Pascal, Et tu n'es pas revenu de Marceline Loridan-Ivens ou l’œuvre de l'écrivain américain David Sedaris[2].

Après ses études à l'École des hautes études internationales et politiques, elle est bénévole en accompagnement scolaire au centre social de Draveil (« réinjecter de l’égalité dans la scolarité a toujours été mon[Qui ?] sujet de prédilection »), elle passe avec succès un casting de Canal J en 1995 pour présenter une émission quotidienne destinée aux enfants, puis est approchée par Jérôme Bonaldi et Canal+[1]. Elle assure des chroniques dans diverses émissions comme Nulle part ailleurs ou Héros vinaigrette[3]. Elle quitte Canal+ après un an et travaille à temps dans un centre social tout en se lançant dans l'écriture[1]. Tania de Montaigne est chroniqueuse radio dans Le Fou du roi. Elle dispense également des cours à l'Institut d'études politiques de Paris, dans le cadre d'un atelier d'écriture[4].

En plus de sa carrière littéraire, affirmant « la musique tient une place majeure dans ma vie »[2], elle écrit des chansons qu'elle garde d'abord pour elle puis qu'elle décide d'interpréter, à la suite d'une rencontre avec Benjamin Biolay.[réf. nécessaire] Depuis 2006, elle donne des concerts durant lesquels elle fait découvrir au public ses morceaux teintés de jazz, de soul et de folk.

De à , Tania de Montaigne présente, avec Alexandre Héraud, le magazine culturel Ouvert la nuit, du lundi au vendredi, de 21 h à 23 h sur France Inter, qui donne une large place aux artistes peu promus[5].

En 2015, elle publie Noire, fiction inspirée de la vie de Claudette Colvin jeune américaine qui, à Montgomery en 1955, refusa de céder sa place à un Blanc dans un bus. Après plusieurs romans, Noire est son premier essai[2]. Noire a été adapté à la scène au Centre national de création d'Orléans en [6]. Le texte est repris en septembre 2020 au Théâtre du Rond-Point sur une mise en scène de Stéphane Foenkinos et diffusé sur France télévisions en 2021[7],[8].

En 2016, Tania de Montaigne écrit avec Danielle Mérian Nous n’avons pas fini de nous aimer. Avocate engagée contre la torture, la peine de mort et l'excision, Danielle Mérian connaît une notoriété importante par ses paroles sans esprit de revanche lors d'une interview télévisée au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 qui amène Tania de Montaigne à s'intéresser à son parcours[9].

En , elle publie l'essai L'assignation : les Noirs n'existent pas dans lequel elle s'insurge — en se basant sur son propre parcours comme sur une étude théorique — contre le fait d'être assignée au groupe des Noirs, mais aussi contre les communautaristes : « La découverte des assignations en tant que Noire a été d’autant plus violente qu’elles sont venues percuter quelque chose qui n’est pas mon sujet. Je ne suis pas constamment en train de penser à la couleur de ma peau. […] La réponse des communautaristes a consisté à instaurer que seuls les membres du groupe auraient le droit d’énoncer qui ils sont. Or, je récuse cette réponse, car elle implique que je ne peux pas être un être de culture »[10]. Dans un échange avec Aïssa Maïga, actrice et initiatrice du livre collectif Noire n'est pas mon métier, Tania de Montaigne explique sa divergence avec l'acception militante du concept d'appropriation culturelle : « ceux qui exigent que Nina Simone soit incarnée par une actrice dont la peau répond à des critères de couleur ultra précis détournent le principe de tout art, qui suppose déplacement. D’autre part, ils reprennent tous les critères des racistes. Dans le livre d’Aïssa Maïga, beaucoup d’actrices disent que si elles ont choisi ce métier, c’est que l’art permet de dépasser les limites. Qu’il n’y ait pas eu de Noirs au moment où Shakespeare a écrit Hamlet n’est pas le sujet. »[10]. Elle est membre du Collectif 50/50 qui a pour but de promouvoir l’égalité des femmes et des hommes et la diversité dans le cinéma et l’audiovisuel[11],[12].

Début 2019, l'autrice se fait dramaturge en participant à la nouvelle édition du Paris des Femmes, ayant pour thème « Noces », en compagnie d'Isabelle Carré, Anna Mouglalis, Rebecca Zlotowski, Adélaïde Bon, Catherine Cusset, Anne Berest, Carole Fives et Noëlle Châtelet[13]. Elle signe une courte pièce à deux personnages intitulée Autopsie, interprétée par Olivia Ruiz et Assaâd Bouab dans une mise en scène de Jérémie Lippmann au Théâtre de la Pépinière à Paris[14]. Le texte paraît alors en recueil avec l'ensemble des autres pièces du collectif de l'année dans la Collection des quatre-vents de L'Avant-scène théâtre[15].

En 2020, questionnée par Elle Magazine, Tania de Montaigne choisit Pourquoi être heureux quand on peut être normal? de Jeanette Winterson comme livre qu'elle aimerait transmettre aux générations futures.[16]

En 2021, elle monte à nouveau sur scène pour l'adaptation de son livre L'Assignation. Les Noirs n'existent pas, mise en scène par Stéphane Foenkinos[17],[18].

Publications[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • 2001 : Patch.
  • 2002 : Le Quart d'heure islandais.
  • 2004 : Geneviève et la théorie du cinq.
  • 2006 : Tokyo c'est loin.
  • 2009 : Les Caractères sexuels secondaires.
  • 2014 : Toutes les familles ont un secret.

Biographies[modifier | modifier le code]

  • 2015 : Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin - prix Simone Veil 2015[19], mis en scène en 2019[20], filmé en 2021[21].
  • 2016 : Nous n'avons pas fini de nous aimer, avec Danielle Mérian, Grasset.

Essai[modifier | modifier le code]

  • 2018 : L'Assignation. Les Noirs n'existent pas, Paris, Grasset, 93 p.[22]

Texte dramatique[modifier | modifier le code]

  • 2019 : Autopsie, in Collectif, Noces : neuf pièces courtes, Paris, Collection des quatre-vents, L'avant-scène théâtre (ISBN 978-2-7498-1444-5).

Autres[modifier | modifier le code]

  • 2011 : Weepers Circus, N'importe où, hors du monde. Cette œuvre est un livre-disque auquel participent une quarantaine d'invités à titre d'auteurs ou d'interprètes : Tania de Montaigne y signe un texte inédit (non mis en musique) consacré à sa propre interprétation de ce titre énigmatique de N'importe où, hors du monde.

Actrice[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Sandrine Blanchard, « Tania de Montaigne :« J’ai découvert que j’étais noire à l’école » », sur madinin-art.net (Le Monde), (consulté le ).
  2. a b et c Marie-Eudes Lauriot Prévost, « Tania de Montaigne : « J'ai rencontré la littérature et nous ne nous sommes plus quittées », sur lexpress.fr, (consulté le ).
  3. Notice biographique portée sur l'édition de poche de son roman Le Quart d'heure islandais, décembre 2002.
  4. Interview de Tania de Montaigne de décembre 2005, publiée sur le site evene.fr.
  5. Pascal Mouneyres, « Ouvert la nuit » : une virée hors des ondes balisées », sur lesinrocks.com, (consulté le ).
  6. « Tania de Montaigne », sur Atlantide, les Mots du Monde à Nantes, (consulté le ).
  7. Janine Bailly, « « Noire », de & avec Tania de Montaigne, m.e.s. de Stéphane Foenkinos », sur madinin-art.net, (consulté le ).
  8. « Au théâtre avec Culturebox », sur francetelevisions.fr, (consulté le ).
  9. « Nous n'avons pas fini de nous aimer », sur franceculture.fr (consulté le ).
  10. a et b Anne Diatkine, « Aïssa Maïga et Tania de Montaigne : « Le substantif « Noir » est chargé pour tout le monde », sur liberation.fr, (consulté le ).
  11. « Collectif 50/50/2020 / CNC : assises sur la parité, l'égalité et la diversité du 18 au 20 septembre », sur www.satellifax.com (consulté le )
  12. « Le collectif 5050 », sur collectif5050.com (consulté le )
  13. « Paris des femmes - Édition 2019 », sur www.spectacles-selection.com (consulté le )
  14. « Editions précédentes », sur Paris des Femmes (consulté le )
  15. Collectif, Noces : neuf pièces courtes, Paris, L'avant-scène théâtre, coll. « Collection des quatre-vents », , 175 p. (ISBN 978-2-7498-1444-5 et 2-7498-1444-8, OCLC 1101110558, lire en ligne)
  16. Clémentine Goldszal, « Passeuses de Lumières », Elle,‎ , p. 74 (ISSN 0013-6298)
  17. « Tania de Montaigne : “Tout le monde pense savoir ce qu’est un Noir…” », sur Télérama, (consulté le )
  18. Le JDD, « Tania de Montaigne : "Je me sens noire peut-être, mais pas Noire. L'adjectif oui, le qualificatif non" », sur lejdd.fr (consulté le )
  19. a et b Marie-Christine Imbault, « Tania de Montaigne reçoit le prix Simone Veil 2015 », sur livreshebdo.fr, (consulté le ).
  20. https://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/noire/
  21. https://www.madinin-art.net/a-voir-sur-france-tv-le-spectacle-noire-de-tania-de-montaigne/
  22. Propos recueillis par Clément Pétreault, « Tania de Montaigne : « Il faut pouvoir dire noir, jaune, juif », sur lepoint.fr, Le Point, (consulté le ).
  23. « Tania de Montaigne », sur lireenpaysautunois.fr (consulté le ).
  24. « Prix de la Laïcité 2018. Tania de Montaigne : « Simplement humains », sur laicite-republique.org, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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