Tamar 2

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Tamar 2
Présentation
Coordonnées 33° 04′ 42″ nord, 33° 57′ 05″ est
Pays Drapeau d’Israël Israël/Drapeau de Chypre Chypre
Co-exploitants Noble Energy, Isramco, Delek Group et Avner Oil and Gas LP
Historique
Découverte 2009
Début de la production 2013

Géolocalisation sur la carte : Méditerranée

(Voir situation sur carte : Méditerranée)
Point carte.svg
Champs pétrolifères et gaziers connus dans le Bassin Levantin.

Tamar 2 est un champ gazier israélien dont l'exploitation a commencé en mars 2013[1]. Découvert par Noble Energy en 2009, il est situé à 90 km des côtes israéliennes au large de Haïfa, dans sa Zone économique exclusive.

Le Liban émet des revendications sur une partie de ce gisement[2],[3], mais l’ONU refuse en janvier 2011 de statuer sur la délimitation de la frontière maritime israélo-libanaise[4].

Réserves[modifier | modifier le code]

Selon une estimation en juillet 2009[5], le champ gazier Tamar 2 a une réserve de près de 180 milliards de m3 de gaz naturel. Les revenus de son exploitation sont estimés à 30 milliards de dollars (après des coûts d'exploitation d'environ 1,5 milliard de dollars)[6].

Au moment de sa découverte, Tamar était le plus grand gisement organique trouvé en Méditerranée, et le plus grand qu'ait encore trouvé Noble Energy. Les opérateurs[7] de ce gisement sont Noble Energy avec une participation de 36 % ; Isramco, 28,7 % ; Delek Group (en), 15,63% ; Avner Oil and Gas LP (en), 15,63% ; et Dor Gas Exploration, 4%.

Contexte et importance[modifier | modifier le code]

La découverte et la mise en exploitation de champs gaziers constitue un événement économique important pour Israël, qui était jusqu'alors dépourvu de ressources naturelles majeures (sauf la potasse servant pour les engrais). Selon le ministre de l'énergie en 2017, les quatre champs gaziers devraient rapporter 87,5 milliards d'euros, « soit davantage que toute l'aide accordée au fil des années par les États-Unis à Israël »[8].

Avant sa mise en exploitation, Israël importait principalement son gaz d'Égypte (qui, outre ses réserves déjà exploitées, a également réalisé d'importantes découvertes de gaz naturel, de l'ordre de 100 milliards de m3, en 2009[9]).

Le printemps arabe avait entraîné des arrêts de livraison de gaz égyptien à Israël suite à de multiples attentats dans le Sinaï contre le gazoduc arabe, et pour obtenir une augmentation des prix. En outre Israël restait dans la crainte d'un éventuel boycott de ses fournisseurs arabes.

Selon les prévisions de Noble Energy, son exploitation commerciale ainsi que celle du champ gazier Leviathan, qui ensemble ont un potentiel estimé à 450 milliards de mètre cube, permettrait de garantir l'indépendance énergétique de l'État d'Israël au cours des 20 prochaines années, et d'exporter du gaz naturel, notamment par un gazoduc sous-marin en projet passant par Chypre et la Grèce[10].

Le gisement Tamar 2 est aussi important pour la Jordanie, qui a également souffert des attentas contre le gazoduc arabe dans le Sinaï, alors que 80 % de ses besoins en électricité en dépendait. Un accord avec Israël permet à la Jordanie de recevoir du gaz de Tamar[1], en dépit des critiques qui accusent le gouvernement jordanien de coopérer avec l'“ennemi israélien” [11],[12].

Autres champs gaziers israéliens[modifier | modifier le code]

D'autres champs gaziers ont été découverts en mer au large d'Israël :

  • Mari-B, découvert en 1999[13] et dont l'exploitation a commencé en 2003, contient une ressource estimée à 28 milliards de mètre cube de gaz naturel[14],[15];
  • Noa, découvert en 2010[13], aurait une taille de 5,6 milliards de m3 ; son exploitation n'a pas encore commencé, en raison de ses quantités jugées trop faibles[16];
  • Dalit 1, découvert en 2009[4] au large de Hadera, a révélé un autre champ gazier d'une taille exploitable d'environ 20 milliards de mètre cube. Son exploitation commerciale pouvait commencer, selon les investisseurs, avant celui de Tamar 2.
  • Karish et Tanin, 55 milliards m3, dont le projet d'exploitation dès 2020 en coopération avec la Grêce[17] est présenté rn 2017[17]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Israël/Jordanie: contrat pour le gaz, Le Figaro, 26-09-2016.
  2. (en) Barak Ravid, « U.S. backs Lebanon on maritime border dispute with Israel », sur Haaretz,
  3. (en) Israel-Lebanon Offshore Oil & Gas Dispute – Rules of International Maritime Law Martin Waehlisch, ASIL Insight (American Society of International Law), Vol. 15, Issue 3, 5 décembre 2011.
  4. a et b Israël, nouveau producteur de gaz ?, Moyen-Orient, septembre 2011.
  5. (en) Tamar bigger than thought, GLOBES Online, 8 juillet 2009.
  6. (en) Tamar 2 gas drilling underway, GLOBES Online, 27 avril 2009.
  7. « Tamar », SubSeaIQ.
  8. Israël: feu vert à la vente de deux champs gaziers à un groupe grec, L'OrientLeJour.com, 12 août 2017.
  9. Déclaration du président Barroso et du commissaire Piebalgs à propos de l’accord sur le contrôle du transit de gaz, Europétrole.
  10. M.A. Oraizi, Amérique, pétrole, domination : une stratégie globalisée (T.2): Tome 2 : Hégémonie anglo-saxonne et duels des empires pétroliers, Éditions L'Harmattan, , p. 128.
  11. La Jordanie défend son accord de gaz avec Israël, LeFigaro.fr, 3/10/2016.
  12. (en) David Kashil, « US State Department Brokers Israeli-Arab Gas Deal », sur ibtimes.com, .
  13. a et b Guillaume Huet, La découverte de gaz offshore en Méditerranée orientale : nouveau défit pour la stabilité du Proche-Orient, marine.defense.gouv.fr., 2012.
  14. (en) « Israel`s largest-ever reserve of natural gas discovered off Haifa coast »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 14 août 2017), Haaretz, 18 janvier 2009.
  15. (en) Noble Energy starts natural gas production offshore Israel, CanadaNewsWire, 15 janvier 2004
  16. Noble Energy Begins Production Offshore Israel at Mari-B, Noble Energy, 29 décembre 2003.
  17. a et b 2 champs de gaz naturel seront exploités dès 2020, The TimesOfIsrael.com, 8 août 2017.