Take Five

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Take Five
Auteur Paul Desmond
Date 1959
 \repeat volta 2 { \time 5/4  e'8 r16 e''16 r8 r16 e'16 e''8 r8 b'4 d''4 }

Take Five est une composition du saxophoniste Paul Desmond écrite en 1959 pour l'album Time Out du quartet de Dave Brubeck.

Le titre vient d'un jeu de mot sur l'expression anglaise « take five », qui peut signifier « pause de cinq minutes »[1] ou encore « cinquième prise (enregistrement) ». Il souligne le rythme à cinq temps (5 noires par mesure, ou 5/4 choisi pour ce morceau), rythme rarissime dans le jazz des années 1950, et dans la musique en général. Plus simplement, il désigne alors cette écriture musicale établie sur une mesure à 5 temps (5 noires par mesure).

Take Five est présent dans la sixième édition du Real Book.

Paul Desmond et le Dave Brubeck Quartet[modifier | modifier le code]

Le Dave Brubeck Quartet en 1962

Le Dave Brubeck Quartet a enregistré ce morceau, devenu l'emblème de sa formation, à de nombreuses reprises. Véritable tube à l'époque malgré sa métrique inhabituelle, le thème est devenu un standard de jazz. La partition originale de Desmond que joue le Dave Brubeck Quartet contient ainsi un thème et deux improvisations bien distinctes, jouées généralement par le saxophoniste, sans oublier le solo de batterie de Joe Morello. Paul Desmond a écrit ultérieurement un autre thème à cinq temps Take Ten. Dave Brubeck, quant à lui, a écrit et joué avec son quartet Far More Blue et Far More Drums (présents sur l'album Time Further Out), toujours à 5/4. Paul Desmond aurait déclaré : « Quand j'ai écrit Take Five, je croyais que c'était un morceau à jeter à la poubelle, et après l'avoir édité, j'ai cru que j'allais recevoir les droits d'auteur de Take Five pour un vieux rasoir électrique de marque Ronson ».[réf. nécessaire]

Paul Desmond a donné tous les droits d'auteur à la Croix-Rouge[2],[3], ce qui représentait plus de six millions de dollars en 2012[4],[5],[6].

Structure[modifier | modifier le code]

Take Five est joué en Mib mineur avec des mesures de 5/4 (4 noires et 2 double-croches entrecoupées de silences). Le morceau est décomposable en 10 parties distinctes[7],[8] :

Partie Descritptif
Partie 1 Intro : Batterie, piano et contre-basse installent le groove 5/4 avec l'ostinato de deux accords : Mibm - Sibm7.
Partie 2 Section A : Mélodie au saxo de deux fois 4 mesures similaires. Mélodie : Ré-Mi-Mi-Si puis Ré-Mi-Si-Mi.
Partie 3 Section B : Pont musical au saxo de deux fois 4 mesures similaires. Mélodie : Do-Si-La-Sol puis Do-Si-La-Fa.
Partie 4 Section A' : Mélodie : Ré-Mi-Mi-Si puis Ré-Mi-Mi-Si.
Partie 5 Section solo 1 : Solo improvisé au saxo.
Partie 6 Section solo 2 : Solo improvisé à la batterie.
Partie 7 Section A (Mélodie : Ré-Mi-Mi-Si puis Ré-Mi-Si-Mi) précédée de l'ostinato d'introduction (Mibm - Sibm7).
Partie 8 Section B : Mélodie : Do-Si-La-Sol puis Do-Si-La-Fa.
Partie 9 Section A : Mélodie : Ré-Mi-Mi-Si puis Ré-Mi-Si-Mi.
Partie 10 Conclusion : Mélodie Si-Si-Mi (Mi persistant comme note finale).

Reprises[modifier | modifier le code]

Take Five a été repris par de nombreux jazzmen tels que George Benson, qui en propose une version jazz-funk, et Quincy Jones, qui en a enregistré une version big band.

Des paroles ont même été écrites sur ce morceau, à l'origine créé pour quartet piano-saxophone-contrebasse-batterie. Elles sont notamment chantées par Al Jarreau et par Carmen McRae, accompagnée de Brubeck lui-même au piano.

Traversant les frontières du style jazz, le thème Take Five se retrouve dans la musique jamaïcaine avec des versions de King Tubby, du saxophoniste Val Bennett en reggae (sous le titre The Russians are Comming, première reprise jamaïcaine), de Derrick Morgan, de Rico Rodriguez, Jacob Miller, ou encore du deejay Dillinger.

Diffusion[modifier | modifier le code]

Take five est considéré comme le standard de jazz le plus diffusé dans le monde[réf. souhaitée].

Liste non-exhaustive des reprises[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En anglais familier : to take five minutes off.
  2. Ted GIOIA, The Jazz Standards: A Guide to the Repertoire, 27/09/2012
  3. Gene LEES, Cats of Any Color: Jazz Black and White, 09/01/2001
  4. Taylor Ho Bynum, « The Brilliance of Dave Brubeck », The New Yorker,‎ .
  5. Croix-Rouge américaine, Paul Desmond – Celebrating a Legacy of Music and Compassion, consulté le 24/03/2015
  6. ArtsJournal.com, (1) Desmond On “Take Five.” (2) A Financial Report, 15/04/2011
  7. Richard J. Lawn, Experiencing Jazz, Routledge, 20 mars 2013
  8. Austin Lee Barnes, Analysis of selected percussion literature: Concerto for vibraphone and orchestra by Ney Rosauro, Surface tension by Dave Hollinden, Urban sketches for percussion trio by Lon W. Chaffin, Take five by Paul Desmond, and DT supreme by Austin Barnes, Université d'État du Kansas, 2012