Takashi Kōno

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Takashi Kōno
Image dans Infobox.
Takashi Kōno en 1956.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 93 ans)
Tokyo (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
河野 鷹思Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
河野 孝Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Distinction
Royal Designers for Industry honoraire (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Takashi Kōno (河野 鷹思, Kōno Takashi?) est un affichiste japonais né le à Tokyo et mort dans cette même ville le [1] principalement connu pour ses affiches minimalistes et engagées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études à l'université de Beaux-Art de Tokyo d'où il sort diplômé en 1929, il commence par travailler pour le Tsukiji Little Theatre pour lequel il crée des costumes et des décors[2],[3] et le Shōchiku Kinema pour lequel il réalise de nombreuses affiches et des publicités[2]. Il devient directeur artistique de l'agence photographique Nippon-Kobo en 1934 où il travaille notamment sur le magazine Nippon[Notes 1] avec Ayao Yamana et Yusaku Kamekura[4],[5]. Il exerce cette fonction jusqu'en 1939, date de début de la Seconde Guerre mondiale[3].

Après-guerre, il est un des cofondateurs en 1951 du Japan Advertising Artists Club (JAAC) dont la mission est de donner de la visibilité aux art graphiques à travers des expositions[6],[7]. Takashi Kōno devient alors une figure influente du graphisme japonais à travers ses affiches au style minimaliste mais politiquement très engagées[2]. Il réalise notamment l'affiche Sheltered Weaklings – Japan[Notes 2]

icône image Image externe
Takashi Kōno, Sheltered Weaklings, 1953.

pour l'exposition du JAAC de 1953 qui représente un requin arborant les couleurs de l'Amérique tandis qu'un banc de petits poissons aux couleurs du Japon s'abrite derrière lui et que deux gros poissons rouges — évoquant le communisme — prennent une direction opposée, comme effrayés par le requin[7].

Il fonde avec Shigeo Fukuda sa propre agence graphique en 1959 : la DESKA (DESigners Kono Associates)[8],[9]. Il enseigne ensuite à l'université de Musashino, à l'université des Beaux-Arts de Tokyo, l'université d'Art et de design Joshibi et l'université préfectorale des arts d'Aichi [Notes 3],[3]. Il devient président de l'Alliance graphique internationale au Japon à partir de 1961[11] puis conférencier à l'école supérieure de design d'Ulm en 1963[3].

À l'occasion des Jeux olympiques de Tokyo de 1964, Takashi Kōno intègre le groupe[Notes 4] mené par Masaru Katsumi qui a pour mission de créer un logo une identité visuelle cohérente, facilement déclinable, dans la lignée de l'esprit du Bauhaus[12],[5]. Au sein de ce groupe, il est chargé du choix et de la déclinaison des couleurs olympiques[12].

En 1972, il crée le lieu d'exposition Gallery 5610 à Tokyo et réalise la même année des affiches pour les Jeux olympiques d'hiver de Sapporo — toujours sous la direction de Masaru Katsumi — qui lui valent une certaine célébrité[2],[5].

Une exposition posthume intitulée Takashi Kono (1906-1999): Modernist of the Showa Era lui est consacrée à la Galerie Graphique de Ginza (GGG) en 2003 puis au Musée national d'Art moderne de Tokyo en 2005[3],[13].

Style[modifier | modifier le code]

Takashi Kōno se considère comme un « artisan d'Edo »[13]. Dans son art minimaliste, il cherche à recréer les formes et les couleurs japonaises après avoir été secoué par l'irruption de la culture visuelle américaine dans son pays[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agit d'un magazine de propagande visuellement très avant-gardiste qui vise à donner une image positive du Japon aux pays étrangers[4].
  2. Que l'on peut traduire par « Japon – Protection des plus faibles »[2].
  3. Il devient président de l'université en 1983[10].
  4. On retrouve dans ce groupe Hiromu Hara, Yusaku Kamekura, et Ikko Tanaka[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (nl) « Takashi Kono », sur RKD.nl (consulté le )
  2. a b c d et e Lawrence Zeegen et Caroline Roberts (trad. de l'anglais), 50 ans d'illustration, Paris, Éditions Gallimard, , 383 p. (ISBN 978-2-07-255237-3), p. 52
  3. a b c d et e (en) « Takashi Kono, Japan (1961) », sur Alliance graphique internationale (consulté le )
  4. a et b (en) Freya Collie, « Graphic Design — Nippon Kobo — Ayao Yamana 1934 », sur Medium, (consulté le )
  5. a b et c Alan Livingston et Isabella Livingston, Dictionnaire du graphisme, Singapour, Thames & Hudson, , 209 p. (ISBN 2-87811-143-5), p. 106-107
  6. (en) « Japan Advertising Artists Club - oi », sur oxfordindex.oup.com (DOI 10.1093/oi/authority.20110803100017695, consulté le )
  7. a et b (en) Finlay Milne, « ‘Sheltered Weaklings’ by Takashi Kono », sur Medium, (consulté le )
  8. « Design japonais,1950-1995 », Centre Pompidou,‎ (lire en ligne)
  9. (en + ja) « Takashi Kono’s profile », sur Gallery 5610 (consulté le )
  10. « History | Aichi University of the Arts », sur www.aichi-fam-u.ac.jp (consulté le )
  11. « Takashi Kono (1906-1999) », sur data.bnf.fr (consulté le )
  12. a b et c (en) Jilly Traganou, « Olympic design and national history: The cases of Tokyo 1964 and Beijing 2008 », Hitotsubashi Journal of Arts and Sciences,‎ , p. 65-79 (lire en ligne)
  13. a b et c (en) Shigeo Fukuda, « Takashi Kono (1906-1999): Modernist of the Showa Era », sur dnp.co.jp, (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]