Taintrux

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Taintrux
Taintrux
Taintrux, vu de la Pierre de Laitre.
Blason de Taintrux
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Vosges
Arrondissement Saint-Dié-des-Vosges
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Saint-Dié-des-Vosges
Maire
Mandat
Pierre CHACHAY
2020-2026
Code postal 88100
Code commune 88463
Démographie
Gentilé Taintrusien(ne)s
Population
municipale
1 535 hab. (2018 en diminution de 2,23 % par rapport à 2013)
Densité 48 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 15′ 01″ nord, 6° 54′ 10″ est
Altitude 395 m
Min. 344 m
Max. 760 m
Superficie 31,69 km2
Type Commune rurale
Unité urbaine Saint-Dié-des-Vosges
(banlieue)
Aire d'attraction Saint-Dié-des-Vosges
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Saint-Dié-des-Vosges-1
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Taintrux

Taintrux ([tɛ̃tʁy]Écouter, en vosgien de la montagne [tɛ̃ːtʁy]) est une commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est.

Ses habitants étaient appelés les notis brôves gens dè Tïnctru[Note 1]. Depuis le scrutin communal et populaire du , ouvert à tous les habitants, enfants compris, les habitants sont désormais appelés les Taintrusiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Taintrux est située à 8 km de Saint-Dié-des-Vosges, à 5 km de Saulcy-sur-Meurthe par le col d'Anozel (450 m) et à 11 km de Corcieux par le col de Vanémont (519 m).

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La commune de Taintrux est l'une des plus vastes du département, où les forêts de sapins et de pins sylvestres dominent. Elle est arrosée par le Taintroué, petit affluent rive gauche de la Meurthe. Le point bas se situe au nord dans l'ancienne prairie du Taintroué, près du hameau de Chaumont, à l'altitude de 344 m. Le point culminant est à l'est, à 760 m, près de la Roche d'Anozel.

L'habitat est très dispersé, il était composé d'une constellation très lâche de hameaux selon la tradition d'habiter de la montagne vosgienne. Beaucoup ont disparu, mais certains ayant maintenu une croissance, tels Rougiville et Chevry, concurrencent le Centre où sont implantées la mairie et l'église.

Roche trois jambes.

Sismicité[modifier | modifier le code]

Commune située dans une zone de sismicité modérée[1].

Hydrographie et les eaux souterraines[modifier | modifier le code]

C'est sur le territoire de la commune que naît la Mortagne qui se dirige vers Brouvelieures, puis arrose Rambervillers[2].

Aires d'alimentation de captages[3] : ressources techniques et réseaux d'acteurs[4].

Climat[modifier | modifier le code]

Climat classé Cfb dans la classification de Köppen et Geiger[5].

Voies de communications et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

Accès par la D 58 depuis Saulcy-sur-Meurthe (5 km[6]) par le col d'Anozel, et par la D 31 depuis Saint-Dié-des Vosges (8 km).

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Hameaux[modifier | modifier le code]

Le hameau de Rougiville est situé entre la rive gauche du ruisseau le Taintroué et les premiers contreforts du col du Haut Jacques (606 m), le hameau de Rougiville est le plus important de la commune de Taintrux. Traversé par la RD 31, Rougiville compte notamment la scierie Mandray (lieu-dit les Trois Scieries), spécialisée dans le sciage de résineux, l'école maternelle et l'auberge du Haut Meix, ainsi qu'une voie de pierre, peut-être antique, la reliant directement au col du Haut Jacques[9].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Anciennes mentions[modifier | modifier le code]

Teintruth (xie siècle), Tentreu (xiiie siècle), Tentrui (1310), Tentruyl (1311), Tentrui et Tentruy (1312), Tentru (xive siècle), Taintru (1561), Teintruz (1594), Tainctru (xvie siècle), Teintrux (1633), Taintrux (1656), Tentrus (xviie siècle), Teintru (1768), Teintreux (1790), Taintreux (an II)[10].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Taintrux ne désigne pas une localité géographique précise, mais un ensemble géographique qui a laissé ensuite son nom à un espace plus vaste sous tutelle politique. L'ancien français Taintru, Teintrux ou le latin médiéval Tinctus rivus selon dom Calmet font probablement référence à une assemblée d'habitants ou à un ancien ban. Une approche triviale peut confondre cet espace avec le bassin versant du modeste Taintroué, limité à sa haute vallée.

Consultons les archives capitulaires de Saint-Dié pour montrer l'évolution du toponyme. Les graphies sont : Teintruth vers 1050, Tentrini en 1188, Tentru en 1380, Taintrux en 1398, Tentrui en 1420.

Taintrux signifierait selon une interprétation érudite « ruisseau teint », le grès donnant une belle couleur rose-rouge au Taintroué lors des pluies. Selon d'autres historiens, le rouge évoque plutôt une limite à ne pas franchir, un terme ou rubrique instaurant l’exclusion officielle des malades lépreux qui hantaient jadis les hauteurs voisines des bois de Mortagne et de La Madeleine. Enfin, une interprétation plus mythologique prend en compte l'extraordinaire continuité de l'homme depuis le Néolithique final dans ces parages montueux. Elle relève la similarité entre pictus - peint à l'huile - et tinctus - teint à l'eau -, qualificatifs qui révèlent les dessins corporels des peuplades non indo-européennes, donc les plus anciennes d'Europe, qu'elles soient d'Écosse (Pictes), d'Etrurie (Tusci) ou de l'Ouest de la France (Poitou jusqu'à la grande Vasconie).

Le paysage a longtemps été très différent de ce qu'il est devenu au siècle dernier. En témoignent la multiplicité de petits troupeaux de chèvres à la Belle Époque, qui broutaient dans les talus, dans les rapailles ou sur les chaumes, exigeant une mise en défense radicale des grands bois ou des nouveaux hagis. La commune était aussi plus peuplée au XIXe siècle.

La toponymie la plus ancienne semble prouver que le Kemberg, les bois de Mortagne, le massif de la Madeleine ainsi que le bois de Champ et les terres qualifiées à son voisinage de « menant à des espaces marécageux ou des prairies humides » ou Anould, ne formaient qu'un seul grand massif peuplé, appelé Agne. Ses habitants dispersés auraient été astreints à un simple tribut annuel, à l'origine du nom générique et communément retrouvé par ses variantes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les hauteurs méridionales de l'actuelle commune de Taintrux présentent un intérêt stratégique d'observation et de signalisation à l'époque antique et médiévale. Le site de hauteur du Chazeté *, proche du Noirmont, est occupé à l'époque du Hallstatt final. Son autre appellation, Chastel, témoignerait de son usage gallo-romain (castellum), puis au moins dans les premiers temps médiévaux (petit château).

L'ancien ban de Taintrux, au sud-ouest de la petite ville de Saint-Dié fondée au XIIIe siècle, est constitué d'une constellation de hameaux. Elle provient d'un morceau découpé sur le grand ban Saint Dié, séparé probablement vers le IXe siècle. La mainmise ducale s'est opérée au XIe siècle à Taintrux comme dans l'ensemble de l'ancien val de Galilée, imposant partout un ban le Duc bien plus vaste que les reliquats du ban saint Dié. Mais la maison de Parroye, originaire de la contrée de Lunéville, qui a fourni les premiers officiers ducaux s'impose alors dans la direction des différentes mairies, dont celle de Taintrux, et cumule les prérogatives administrative étendues.

Le château de Taintrux est alors le chef-lieu d'une vaste terre auquel est imposée une juridiction supérieure, le buffet. En 1188, le grand prévôt Mathieu de triste mémoire en a la charge. Elle comprend les mairies de Taintrux, Laveline, Fraize et Ban-de-Sapt. Les revenus de la seigneurie fiscale reviennent au voué de Galilée (appellation latine du cloître pour désigner le chapitre de Saint-Dié) et de Moyenmoutier. Il est souvent l'apanage des enfants du duc de Lorraine, ainsi Mathieu, fils de Thiébaut II, le reçoit sa vie durant. Pourtant, les historiens s'interrogent sur la localisation de ce vieux château fort, comprenant quatre tours et un pont-levis. Est-il sur la montagne du Chastel ou au hameau de la Bourse ? Il existait aussi une maison, jouxtant une ferme, qui faisait office de chambre de la justice tous les lundis en présence des seigneurs-justiciers (ou de leurs officiers ou représentants). La justice tenue était d'ailleurs appliquée à proximité de la chambre où s'élevait un gibet et un poteau de carcan, visible de loin.

La vallée de Taintrux a longtemps été à l'écart des grands chemins routiers, qui empruntaient les rebords de la vallée de la Meurthe, voire les hauts d'Anould plus au sud pour contourner le grand massif d'Agne et rejoindre la vallée du Neuné, Saint-Jacques du Stat et Champ. La voie ferrée Saint-Dié-Bruyères du XIXe siècle reprend grosso modo cette vieille route pratique.

La vallée du Taintroué dans son ensemble a évolué avec trois forces politiques génératrices de faciès économiques, parfois antagonistes :

  • Au nord et au nord-ouest, la forêt résiduelle d'Agne fait partie à l'origine du ban d'Etival, mais c'est alors un espace marginal et forestier réservé aux lépreux. C'est pourquoi le massif de la Madeleine est gérée dès le XIVe siècle par l'hospital de Saint-Dié, sous la responsabilité du chanoine doyen du chapitre de la collégiale. Usant ou abusant d'ententes ou d'accords avec le pouvoir régalien et religieux, les puissantes familles ont accaparé les bois de Mortagne, en y chassant souvent les habitants, qu'ils soient d'origine lépreuse ou réfugiés d'ailleurs. Accrochés aux premiers reliefs, les réfugiés ont toutefois pu investir dans des cultures productives, telles que la vigne à Rougiville, avec l'accord intéressé des autorités religieuses.
  • Les communautés paysannes ont mieux résisté sur les plateaux et les basses au cœur de l'actuelle commune de Taintrux, qui apparaît comme une antique et précoce clairière de la forêt d'Agne. L'élevage sous des formes souvent modestes et l'agriculture sont attestés de haute antiquité. Le paysage né de cette activité agro-pastorale devait être singulièrement dénudé par contraste avec les cantons forestiers voisins.
  • À l'est et au sud-est, le col d'Anozel et le Kemberg accueillaient une activité minière très ancienne, en particulier productrice de cuivre. La gestion efficace, parfois sans scrupule puisque les ouvriers mineurs étaient souvent des esclaves bagnards et prisonniers de guerre aux temps mérovingiens, carolingiens et othoniens, des autorités minières a favorisé l'extension forestière, de manière à disposer à peu de frais de charbon de bois et surtout de combustibles. Il est toutefois certain que les besoins importants ont été à l'origine de plusieurs dévastations des grands bois proches.

Véritable conservatoire des us et coutumes des civilisations les plus anciennes, elle s'impose très tôt en chef-lieu de ban, attirant l'installation de différentes mairies pour y capter les revenus et redevances. En conséquences d'héritages et de restructurations financières, ce dernier ensemble de mairies repris par l'autorité ducale et capitulaire a fusionné avec celle de Robache à la fin du XIVe siècle.

Les ruines du château en 1831.

La grande seigneurie de type féodale apparaît aussi tardivement, comme un fruit du jeu financier et politique typique du XIVe siècle. À son origine, le duc de Lorraine Ferry IV récompense en 1315 dans son testament son écuyer et vassal Aubert de Parroye avec les terres de Taintrux, Fraize, Ceffalt et Benaismenil, comprenant les biens et appartenance des mêmes lieux. Notons que le père d'Aubert de Parroye avait vendu au duc Ferry III, aïeul de Ferry IV une grande partie des biens cités, dépendant en ce qui concerne les terres sur le ban le Duc de la mairie de Taintrux. Il semble que les prêts généreux du fils au duc à court d'argent lui valent un retour en grâce et cette grande seigneurie que la maison de Parroye conserve au cours des siècles, puis transmet en 1664 à l'époque moderne à la maison cousine de Créhange.

Le ban de Taintrux reste sous l'autorité spirituelle du chapitre de Saint-Dié et de son grand prévôt. Après le XIIIe siècle, la paroisse saint Georges qui pérennise cet espace sur le plan religieux appartient à la collation du vénérable chanoine doyen du chapitre de Saint-Dié. Il faut noter que l'église dépend de la juridiction spirituelle du grand prévôt, qui exige quatre sous pour le benedicte, trois sous huit deniers pour les menues dîmes. Le doyen représente en premier lieu son chapitre qui, par l'intermédiaire de son sonrier, se réserve les dîmes. En 1398, elle s'élève à 28 muids de blé et 7 réseaux 1 bichet de fève. En 1467, à 31 muids de blé et 1 résal de fève.

Le chapitre de Saint-Dié se place aussi parmi les multiples seigneurs de Taintrux. Il a installé une mairie sur le ban, les revenus semblent modestes car le prévôt en perçoit seulement six sous de déodatiens (ou sous de saint-Dié) en 1188. Plus tard, les redevances sont mêlées à celle de Robache par suite de la fusion des mairies. Les revenus capitulaires du ban de Taintrux sont semblables en nature et services à ceux de Mandray et de Provenchères. Mais le nombre et la richesse des possessions capitulaires diffèrent : Mandray apporte bien plus que Provenchères, alors que Taintrux apporte un revenu moyen. Le paiement des cens s'opère à la Saint-Jean. Le chapitre possède de si longtemps qu'il n'est mémoire de communauté un bel espace convoité, le bois de la Bourse. En 1479, un jugement du lieutenant du bailliage de Nancy, concernant à l'origine les abus d'habitants qui y font une folle pâture en profit de leurs porcs, révèle les pariages forcés imposés par les seigneurs de Taintrux, notamment les seigneurs de Parroye et Charles de Haraucourt (AD88, G790).

À l'époque moderne et sans doute aussi à l'époque médiévale, ville du Pré est le chef-lieu du ban. Sans doute bien modeste à l'origine puisqu'il signifie une maison en pierre, centre d'un petit domaine, au milieu d'un pré ou de la prairie irriguée. La gestion administrative a donné naissance à un village et à plusieurs censes, c'est-à-dire terres en acensement. Le droit de village englobe les principaux hameaux ou finages : Chevry, le Paire, la Fosse, Rougiville, Ville du pré, Xainfaing. Les censes encore répertoriées au XVIIIe siècle sont, d'après dom Calmet :

  • les quatre censes à la Basse de la Rougeiau (soit à la vallée près des Rouges-Eaux) ;
  • les deux censes proches de Saint-Dié, La Ménantille et Charmont.

La justice et les forces militaro-policières de l'époque moderne n'ont plus de présence permanente à Taintrux. En 1594, les villages et censes dépendent de la prévôté et de la châtellenie de Saint-Dié. En 1634, le curé de Taintrux obtient de bénéficier d'une part plus importante de la dîme, à l'origine collectée au seul profit du chapitre. Rappelons que le prêtre faisant fonction de curé précaire n'avait souvent ni le titre ni les revenus de cette charge prestigieuse. Les difficultés économiques du moment nécessitent cet accord délicat.

Comme de nombreux villages suffisamment proches des voies de passage de la soldatesque, Taintrux est régulièrement ravagée par des bandes de pillards et de déserteurs après 1635 et bien au-delà de la guerre de Trente Ans. Les habitants se réfugient à la lisière des massifs forestiers. Mais disettes et épidémies, notamment pesteuses, causent bien plus de victimes. Après cette terrible guerre, l'économie redémarre très lentement, l'activité minière périclite et disparaît. La noblesse qui aurait pu investir dans l'économie moribonde réside souvent insouciante au loin. Nous connaissons une lettre au duc de Lorraine, rédigée le par François-Ernest, comte de Créhange, seigneur de Château-Brehain. Il remercie le souverain lorrain pour l'octroi de la chatellenie de Saint-Dié ainsi que la châtellenie d'Einville, dont il a hérité le quart de feue la maison de Parroye. Son cousin quelques années plus tard rédige de même en réponse à son investiture de charge une belle missive.

Avant le XVIIIe siècle, l'essor démographique est reparti. En 1693, Pierre de Cogney devient seigneur de Taintrux, il transmet son patrimoine à François de Cogney qui meurt en 1729 à Taintrux. S'y est construit à son chef-lieu, Ville du Pré le grand château que son héritier Renaud de Metz, le très riche seigneur de Taintrux, habite parfois en saison. Le titre est devenue une baronnie. La grande seigneurie échoit à la maison Bazelaire de Lesseux, qui comptent d'anciens officiers des forêts ducales. Son premier représentant Florent-Joseph Bazelaire, seigneur du comté de Lesseux, est aussi le premier représentant de la subdélégation de Saint-Dié, autrement le chef local des services administratifs français. Il meurt le .

Le ban dépendant du bailliage de Saint-Dié, du doyenné de Salm et du diocèse de Toul, possède trois moulins et trois scieries actives, selon Dom Calmet. En principe, chaque canton forestier possède une scierie, mais pas toujours en fonction.

En 1790, Taintrux fait partie du canton de Saint-Léonard dans le district de Saint-Dié. Le rattachement s'explique par la présence d'une route vicinal au chef-lieu de canton. La commune se développe surtout après les années révolutionnaires et impériales.

Taintrux en 1915.

En 1845, elle est proche d'un apogée démographique. Le service fiscal recense 394 maisons, 530 ménages, 202 électeurs censitaires. La surface agricole compte 3 159 ha, soit 1 125 ha en champs cultivés, 397 ha de prés ou prairies, 1 552 ha de bois et forêts domaniales et 11 ha de jardins et chenevières. Trois moulins à grains, cinq scieries, une fabrique de galoches s'activent avec l'eau du Taintroué ou de ses affluents. La petite rivière est d'ailleurs aménagée et flottable. Le commerce de planches, de bois de chauffage et d'œuvre sont ses principales ressources, avec le bétail et la pomme de terre. Les hameaux, à savoir la Basse Fosse, la Bourse, Chevry, la Haute-Fosse, les Mauvais-Champs, le Paire, Richardville, les Rouges-Eaux, Rougeiville, la Ville-du-Pré et Xainfaing sont remplis d'enfants. Il ne faut oublier les censes : les Journaux, la Molière, le Plat-du-Chêne, les Riviers. La statistique signale en outre deux grandes fermes isolées : Chaumont et Grandrupt.

Des combats violents s'y cristallisèrent en août et septembre 1914 après que Saint-Dié eut été occupée. Les militaires des deux camps réquisitionnèrent et dévorèrent force capridés domestiques. Les stigmates des combats de fin août-début septembre ou parfois ceux des entraînements routiniers étaient autrefois très visibles dans les environs de Rougiville ou au col d'Anozel. C'est en ce dernier endroit qu'une stèle commémore le premier rabbin aumônier mort pour la France, Abraham Bloch.

La commune a été décorée le de la croix de guerre 1914-1918[11].

Le maquis de Taintrux se révolta en juin 1944 à l'instar de celui de Corcieux. La répression fut sanglante : plusieurs maquisards furent fusillés dont le fils du maire de l'époque.

La commune a été décorée, le , de la Croix de guerre 1939-1945[12].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1956 1961 Bataille   Agriculteur
         
mars 1971 mars 1989 Michel Poirel    
mars 1989 mars 2008 Marcel Bataille   Clerc de notaire
mars 2008 mars 2014 Bernard Saint-Dizier   Clerc de notaire
mars 2014 En cours Jean-Luc Dieudonné   Retraité ancien chef de produit

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune est membre de la communauté d'agglomération de Saint-Dié-des-Vosges.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Taintrux est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 2],[13],[14],[15]. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Dié-des-Vosges, une agglomération intra-départementale regroupant 16 communes[16] et 41 161 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue[17],[18].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Dié-des-Vosges dont elle est une commune de la couronne[Note 3]. Cette aire, qui regroupe 47 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[19],[20].

Le Plan local d'urbanisme intercommunal de la Communauté d'Agglomération s'applique à la commune de Taintrux[21].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (81 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (84,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (79,9 %), prairies (12,6 %), zones agricoles hétérogènes (6,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,1 %)[22].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[23].

Finances locales[modifier | modifier le code]

Budget et fiscalité 2017[modifier | modifier le code]

Le centre : église et mairie.

En 2017, le budget de la commune était constitué ainsi[24] :

  • total des produits de fonctionnement : 895 000 , soit 558  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 848 000 , soit 529  par habitant ;
  • total des ressources d'investissement : 272 000 , soit 170  par habitant ;
  • total des emplois d'investissement : 320 000 , soit 200  par habitant ;
  • endettement : 185 000 , soit 115  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d'habitation : 21,88 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 10,11 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 32,76 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2016 : médiane en 2016 du revenu disponible, par unité de consommation : 21 262 [25].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[26]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[27].

En 2018, la commune comptait 1 535 habitants[Note 4], en diminution de 2,23 % par rapport à 2013 (Vosges : −2,43 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
1 2371 3341 6321 8691 8671 9502 0342 0651 973
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 9842 0792 0692 0621 9701 8651 8411 7661 717
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 6431 6411 4721 4231 3031 268978931867
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2018
8631 0561 3831 3841 3671 5531 5731 5511 535
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2006[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Établissements d'enseignements[30] :

  • École maternelle,
  • École primaire[31],
  • Collèges à Saint-Dié-des-Vosges,
  • Lycées à Saint-Dié-des-Vosges.

Santé[modifier | modifier le code]

Professionnels et établissements de santé[32] :

  • Médecins à Saulcy-sur-Meurthe, Anould, Corcieux,
  • Pharmacies à Saulcy-sur-Meurthe, Saint-Michel-sur-Meurthe,
  • Hôpitaux à Fraize, Gerbépal, Bruyères.

Cultes[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

  • Élevage de chèvres[34].

Tourisme[modifier | modifier le code]

  • Gîtes de France[35].

Commerces[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église et monument.

Massif montagneux couvert de résineux et parsemé de roches gréseuses aux formes originales : Pierre de Laitre, dont la roche sommitale, ou pierre, tire son nom d'un vieux cimetière ou aître en ancien français, probablement au pied du monticule.

  • L'ancien château de Taintrux était signalé ruiné au XVIIe siècle. Il a vraisemblablement subi les pillages de la guerre de Trente Ans.
  • L'église Saint-Georges.
    • L'orgue Jean-Nicolas III Jeanpierre (1848) de l'église Saint-Georges[39], [40], restauré en 2005 par Jean-Christian Guerrier[41],[42],[43].
  • La croix-calvaire de Rougiville[44].
  • Monuments commémoratifs[45].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Famille de Parroye, dynastie seigneuriale, dont le premier seigneur de la mairie de Taintrux fut un simple lieutenant du duc de Lorraine[46].
  • Paul George et son épouse, instituteurs à Rougiville dans les années 1930[47], pionniers du mouvement Freinet.
  • Le grand-rabbin Abraham Bloch, tué au col d'Anozel en 1914[48].
  • Paul Grandjean, vainqueur du WSOP 1995 et 2001 à Las Vegas, vainqueur du European Poker Tour 1993 de Vesoul.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Écartelé au 1° d’or au château donjonné de sable ajouré et ouvert du champ, au 2° d’azur à trois quintefeuilles d’argent percées du champ, au 3° d’azur à trois macles d’argent, au 4° d’or à trois têtes de lion arrachées et lampassées de gueules ; sur le tout un filet en croix d'argent chargé d'un filet de gueules.
Commentaires : Le château de Taintrux était le chef-lieu d’une seigneurie très ancienne des Vosges. Les trois autres quartiers évoquent les armes de Pierre Cogney, seigneur du lieu, et de son épouse Elisabeth Reboursel. Le filet en croix de gueules bordé d’argent figure la croix de saint George, du patron de la paroisse[49]. Le blason a été créé en 2001 par Bernard Deforche.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. soient « nos braves gens de Taintrux » en dialecte montagnard ancien-français.
  2. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  3. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Didacticiel de la règlementation parasismique
  2. Données sur le territoire de la commune
  3. Aires d'alimentation de captages : Communes dans le périmètre : Taintrux
  4. Synthèse des principales informations relatives aux eaux souterraines pour la commune de TAINTRUX
  5. Table climatique
  6. Lieux et itinéraires
  7. Taddéo, le transport à la demande
  8. Transports urbains
  9. « Taintrux (88100, Vosges) : la ville Taintrux, sa mairie et son village sur Communes.com », sur www.communes.com (consulté le ).
  10. Paul Marichal, Dictionnaire topographique du département des Vosges : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Paris, Impr. nationale, 1941
  11. Communes décorées de la Croix de guerre 1914-1918
  12. Communes décorées de la Croix de guerre 1939 - 1945
  13. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
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  15. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  16. « Unité urbaine 2020 de Saint-Dié-des-Vosges », sur https://www.insee.fr/ (consulté le ).
  17. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le ).
  18. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  19. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Saint-Dié-des-Vosges », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le ).
  20. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  21. Plan local d'urbanisme intercommunal
  22. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  23. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  24. Les comptes de la commune
  25. Chiffres clés Évolution et structure de la population. Dossier complet
  26. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  27. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  28. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  29. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  30. Établissements d'enseignements
  31. École élémentaire
  32. Professionnels et établissements de santé
  33. Paroisse Notre-Dame-du-Val-de-Meurthe
  34. Le fromage de chèvre trouve sa place à la boulangerie
  35. Gîtes de France
  36. Un clip vidéo pour promouvoir les Bistrots de Pays de la Déodatie et du Grand Est
  37. La charte Bistrot de Pays Bistrot de Pays
  38. Fédération nationale des bistrots de pays
  39. (fr) Site sur les orgues du Département des Vosges : Page sur la reconstruction de l'orgue de l'église de Taintrux
  40. Association d’Étude pour la Coordination des Activités Musicales (ASSECARM), Orgues Lorraine Vosges, Metz, Éditions Serpenoise, , 677 p. (ISBN 2-87692-093-X), p. 585 à 590
    Présentation des orgues de l’église Saint-Georges à Tantrux
    .
  41. Notice no PM88001159, base Palissy, ministère français de la Culture orgue de tribune : buffet d'orgue
  42. Notice no PM88001158, base Palissy, ministère français de la Culture orgue de tribune : partie instrumentale de l'orgue
  43. Notice no PM88001157, base Palissy, ministère français de la Culture orgue de tribune
  44. La croix-calvaire de Rougiville
  45. Monument aux Morts 1914-1918, Monument aux Morts 1939-1945 Algérie OPEX, Monument commémoratif du 54e R.A. de Rougiville, Monument commémoratif de la Résistance, Monument 1914-1918 à Abraham BLOCH, Plaque commémorative 1939-1945, Carré militaire, corps restitués, Stèle commémorative 3rd US Infantry Division
  46. Parroye (Famille de) Biographie vosgienne, Dictionnaire des Vosgiens célèbres
  47. Geoge (Paul) dit Georges Airelle, instituteur, syndicaliste, Biographie vosgienne Dictionnaire des Vosgiens célèbres
  48. Abraham Bloch Biographie vosgienne, Dictionnaire des Vosgiens célèbres
  49. Site des cercles généalogiques lorrains