Taenia saginata

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Tænia saginata est appelé tænia inerme en raison de l'absence de crochets sur son scolex, lequel présente en revanche 4 ventouses. Il est également appelé tænia du bœuf. Vers cestode plat, le corps du parasite adulte est un long ruban qui mesure de 4 à 10 mètres de long et comporte de 500 à 2 000 anneaux. Son hôte intermédiaire est le bœuf. La contamination de l'homme se fait par ingestion de viande pas assez cuite, et est aujourd'hui beaucoup plus fréquente dans les pays industrialisés que la contamination par Taenia solium. T. saginata est en fait cosmopolite.

Les symptômes sont digestifs — nausées, diarrhées… — avec parfois de l'irritabilité. La maladie provoquée est appelée tæniasis.

Les anneaux mûrs se détachent et sont excrétés en traversant activement le sphincter anal, en dehors de l'émission des selles : on ne retrouve pas d'anneaux dans les selles.

L'autoinfestation par les anneaux ou les œufs (souvent des embryophores) est impossible pour l'homme, contrairement à Taenia solium.

Le diagnostic est aisé, le malade ne pouvant ignorer sa parasitose amène spontanément au médecin les proglottis (anneaux) à ramifications utérines fines, nombreuses et caractéristiques (au microscope en tout cas). Les anneaux gravides se détachent isolément de la chaîne et gagnent le milieu extérieur en franchissant activement, entre les selles, le sphincter anal. Les premiers anneaux apparaissent dans les selles 2 à 3 mois après le repas infectant.

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a : Tænia solium - b : Tænia saginata

Morphologie[modifier | modifier le code]

Blanchâtre, précédé d'une minuscule tête ou scolex piriforme, à 4 ventouses de fixation, le corps de l'adulte est un long ruban (4 à 10 mètres[1]) formé de segments successifs, les anneaux ou proglottis, qui portent un pore génital latéral dont la répartition le long de la chaîne est irrégulièrement alterne. En bout de chaine, les anneaux gravides, plus longs que larges, mesurent 18 mm sur 5 mm.

Biologie[modifier | modifier le code]

Presque toujours solitaire (immunité « de préséance »), l'adulte, fixé à la muqueuse duodénale par son scolex, vit étiré dans la lumière du grêle.
La zone germinative antérieure bourgeonne sans cesse de nouveaux anneaux qui mûrissent progressivement, acquièrent des organes reproducteurs hermaphrodites, et, en bout de chaîne (et d'évolution), ne sont plus que des sacs bourrés d'embryophores sphériques de 30 à 40 microns de diamètre, à coque épaisse radiée, contenant l'embryon hexacanthe.
Ces anneaux gravides ou cucurbitains se détachent isolément de la chaîne et gagnent le milieu extérieur en franchissant activement, entre les selles, le sphincter anal. Essaimés par dessiccation de l'anneau, les embryophores infectieux souillent la terre et la pâture des bovidés hôtes intermédiaires. Arrivé dans l'intestin du bœuf, l'embryon hexacanthe, libéré par la digestion, traverse la paroi et, par voie sanguine, gagne le tissu musculaire où il se vésicule et s'enkyste, donnant le cysticerque (Cysticercus bovis).

C'est en consommant la viande de bœuf parasitée insuffisamment cuite que l'homme s'infecte. Libéré dans le duodénum, le cysticerque dévagine son scolex, se fixe à la paroi et commence à bourgeonner sa chaîne. Les premiers anneaux apparaissent dans les selles 2 à 3 mois après le repas infectant.

Clinique[modifier | modifier le code]

Le téniasis à T. saginata est une maladie bénigne, le plus souvent asymptomatique, révélée seulement par la sortie, au troisième ou quatrième mois, des premiers proglottis, et qui cède facilement à un traitement adapté.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Il est aisé, le malade ne pouvant ignorer sa parasitose et amenant spontanément au médecin les proglottis à ramifications utérines fines et nombreuses, caractéristiques de cette infestation. De fait on recherche les anneaux hors des selles car le ver est mobile, à l’inverse de Taenia solium.

Traitement[modifier | modifier le code]

Le niclosamide (Yomesan) est le traitement de premier choix des infestations par vers de type Taenia.


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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. V. Luyasu, X. Dekoninck, J.C. Coche et J.C. Debongnie, « Un Taenia saginata découvert en endoscopie et extrait par la bouche », Bulletin de la Société française de parasitologie, vol. 19, no 1,‎ 2001 (lire en ligne)