Tachikawa Ki-54

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Tachikawa Ki-54
Vue de l'avion.
Tachikawa Ki-54 au décollage

Constructeur Drapeau : Japon Tachikawa Hikōki Kabushiki Kaisha
Rôle Avion d'entraînement avancé
avion de transport
avion de liaison
Statut retiré du service
Mise en service
Date de retrait
Nombre construits 1368
Équipage
2
Motorisation
Moteur Hitachi Ha-13a à 9 cylindres
Nombre 2
Type moteur en étoile
Puissance unitaire 510
Dimensions
Envergure 17,90 m
Longueur 11,94 m
Hauteur 3,58 m
Surface alaire 40 m2
Masses
À vide 2 954 kg
Maximale 3 897 kg
Performances
Vitesse de croisière 240 km/h
Vitesse maximale à 2 000 m375 km/h
Plafond 7 180 m
Rayon d'action 960 km
Charge alaire 97,425 kg/m2
Armement
Interne 8 charges de profondeur de 60 kg
Externe 4 mitrailleuses de 7,7 mm

Le Tachikawa Ki-54 est un avion militaire de la Seconde Guerre mondiale construit au Japon. Conçu comme avion d'entraînement pour les équipages de bombardiers et autres appareils multiplaces, cet avion sûr et robuste fut construit durant toute la guerre du Pacifique, de 1941 à 1945. Ses missions allèrent en se diversifiant : il fut utilisé comme avion de transport léger, avion de liaison pour autorités, et même comme avion de patrouille maritime contre les sous-marins ennemis. De nombreux exemplaires survécurent à la guerre et furent utilisés par les Alliés à la fin des années 1940.

Conception[modifier | modifier le code]

Le Ki-54 fut développé en réponse à une demande de l’armée impériale japonaise, émise à la fin de l'année 1939, pour se doter d’un appareil bimoteur d’entraînement avancé pour ses équipages de bombardiers. Le prototype vola pour la première fois à l’été 1940[1],[2]. Six autres exemplaires furent produits en 1940 et servirent à finaliser le développement du nouvel appareil. Après quelques modifications visant à alléger l'avant du fuselage, l’appareil répondait parfaitement aux attentes et fut commandé en série par les autorités militaires. Il fut baptisé Rikugun Ichi-Shiki Sô-hatsu Kôtô Renshû-ki (bimoteur d'instruction avancée type 1) mais est surtout connu sous la désignation Tachikawa Ki-54[3].

Le Ki-54 était un appareil de conception moderne pour son époque : monoplan à aile basse cantilever, de construction entièrement métallique. Son train d'atterrissage était de type classique, avec deux roues principales escamotables[4] dans les nacelles des moteurs, et une roulette de queue non rétractable. Les moteurs étaient des Hitachi Ha-13 Kô, développant une puissance unitaire de 510 ch au décollage, montés près du fuselage. Ils entraînaient deux hélices bipales métalliques à pas variable[3].

Les deux membres d'équipage prenaient place dans un cockpit situé juste avant le bord d'attaque des ailes. Le fuselage était percé de quatre hublots carrés du côté droit, et du côté gauche, seulement trois hublots et la porte d’accès. Huit ou neuf passagers pouvaient prendre place dans la cabine derrière le poste de pilotage. N’étant pas destiné au combat, l’appareil ne disposait en série d’aucun armement défensif, ni de blindage ou de réservoirs auto-obturants[3].

Engagements[modifier | modifier le code]

Le Tachikawa Ki-54 fait partie de ces appareils injustement méconnus, car ils n’ont pas été produits par un constructeur célèbre, n’ont jamais été engagés en première ligne, et n’ont pas accompli d’exploits militaires, mais qui sont pourtant essentiels au bon fonctionnement d'une force aérienne[3]. Le Ki-54 accomplissait à l’arrière des missions variées, mais pas pas spectaculaires. Il eut pourtant un rôle non négligeable durant toute la Seconde Guerre mondiale, et se révéla un des meilleurs avions de sa catégorie dans la force aérienne japonaise[2],[4],[5].

Le Ki-54, exempt de tout défaut de conception, entra en service en unités dès le début de sa production, début 1941. Les Américains lui donnèrent le nom de code « Hickory »[1],[3]. Un autre nom de code, « Joyce », fut donné à sa version bombardier léger dont les Alliés soupçonnaient l'existence. En fait, elle n’exista jamais[4],[5].

La mission première du Ki-54 était l'entraînement avancé des équipages de bombardiers. Il était particulièrement adapté à ce rôle, car ses performances approchaient celles des véritables bombardiers. La première version, le Ki-54a, ne permettait que la formation des pilotes et copilotes[5]. Elle fut très vite remplacée par le Ki-54b, qui permettait de former tous les membres de l'équipage : les pilotes, mais aussi les bombardiers, les mitrailleurs, les navigateurs et les opérateurs radio[1],[3],[5]. Le Ki-54 servit également comme avion de transport léger, assurant les liaisons avec les multiples garnisons japonaises sur le continent et les îles du Pacifique.

La production du Tachikawa Ki-54 ne cessa qu’à la fin de la guerre. Tachikawa avait produit 1 368 exemplaires, toutes versions confondues. Cependant, son emploi opérationnel ne se termina pas en 1945. Les qualités de cet appareil polyvalent, et le grand nombre disponible, le firent adopter par les forces aériennes de plusieurs pays Alliés :

D'autres avions tombèrent entre les mains des communistes chinois. Quatre exemplaires mis en œuvre par l'aviation communiste auraient été utilisés jusqu'en 1952. Enfin, au moins un Ki-54 nord-coréen fut capturé par les forces de l'ONU en Corée[3].

Variantes[modifier | modifier le code]

Ki-54a ou Type 1 modèle A

Cette première version, à l’aménagement sommaire, ne servit qu’à l’entraînement au pilotage et fut peu produite[3],[4].

Ki-54b ou Type 1 modèle B

Cette version, qui permettait une formation opérationnelle de tous les membres des équipages de bombardiers, remplaça rapidement la précédente. Elle fut la plus construite de la série[1],[4],[6]. Elle disposait de quatre tourelles dorsales, chacune armée d'une mitrailleuse légère de calibre 7,7 mm[3],[4]

Ki-54c

Cette version de transport léger et de liaison pouvait accueillir huit ou neuf passagers[1],[3],[4],[6].

Y-59

Version civile du Ki-54c[1],[3],[4].

Ki-54d

Cette version était destinée à la patrouille maritime et la lutte anti-sous-marine[1] dans les eaux territoriales du Japon. Elle était armée de quatre mitrailleuses de 7,7 mm et emportait huit charges de profondeur de 60 kg[3]. Son efficacité dans la chasse aux sous-marins n’étant pas très convaincante, la production fut vite arrêtée[4].

Ki-110

Au fur et à mesure de l’évolution du conflit, l’approvisionnement en matériaux stratégiques comme les alliages légers devint de plus en plus problématique. Leur utilisation fit donc l’objet de sévères restrictions. Le constructeur réalisa un Ki-54c entièrement en bois, sous la désignation de Ki-110. L’unique prototype fut détruit au sol lors d'un bombardement, et le projet fut abandonné[3],[4].

Ki-111 et Ki-114

Ces versions devaient être des avions-citernes pouvant transporter du carburant. Le Ki-114 était plus évolué, et surtout construit en bois comme le Ki-110. Ces variantes ne dépassèrent jamais le stade de l’étude[3],[4].

Survivants[modifier | modifier le code]

Une épave de Ki-54 a été retrouvée en août 2010 dans un lac japonais. Elle est exposée au musée aéronautique de Misawa[3],[7],[8].

Aéronefs comparables

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Enzo Angelucci et Paolo Matricardi, Les avions, t. 4 : La Seconde Guerre mondiale - U.S.A., Japon, U.R.S.S., etc..., Elsevier Sequoia, coll. « Multiguide aviation », (ISBN 2-8003-0277-1), p. 149.
  2. a et b « Tachikawa Ki-54 » (consulté le 1er septembre 2018).
  3. a b c d e f g h i j k l m n o et p d9pouces, « Tachikawa Ki-54 « Hickory » », sur AviationsMilitaires.net, (consulté le 1er septembre 2018).
  4. a b c d e f g h i j k l et m grizzli, « TACHIKAWA KI-54 ‘HICKORY’ », sur avionslegendaires.net, (consulté le 1er septembre 2018).
  5. a b c d et e « Tachikawa Ki 54 », sur Fan d'avions, © 16 mai 2001 (consulté le 1er septembre 2018).
  6. a et b J N Passieux, « Tachikawa Ki-54 » (consulté le 1er septembre 2018).
  7. Shinpachi, « A Tachikawa Ki-54 has been recovered! », sur WW2Aircraft.net, (consulté le 2 septembre 2018).
  8. « Rare Japanese WWII Trainer Designated Important Aviation Heritage. Tachikawa Ki-54 On Display At Misawa Aviation And Science Museum Was Salvaged From Lake Towada », sur Aero Naws Network, (consulté le 2 septembre 2018).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Enzo Angelucci et Paolo Matricardi, Les avions, t. 4 : La Seconde Guerre mondiale - U.S.A., Japon, U.R.S.S., etc..., Elsevier Sequoia, coll. « Multiguide aviation », (ISBN 2-8003-0277-1), p. 149.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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