Tables sultaniennes

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Voyages d'Ali Quchtchi avec les Tables sultaniennes après la mort d'Ulugh Beg

Les Tables sultaniennes (zij-e soltâni en persan[1]) ou Tables du gendre impérial (zij-e gurgâni[2]), sont des tables astronomiques réalisées au XVe siècle à la médersa puis à l'observatoire de Samarcande.

Compilation et destin des Tables[modifier | modifier le code]

Les Tables ont été compilées par une équipe de 60–70 savants dirigée par le prince-astronome Ulugh Beg.

Parmi les collaborateurs du prince figuraient les mathématiciens et astronomes Qadi-zadeh Roumi, son professeur, Ali Quchtchi, son élève, et al-Kachi, un mathématicien remarquable dont les propres Khaqani zij (Tables du grand khan) furent intégrées aux Tables sultaniennes.

Les Tables sultaniennes parurent en 1437 mais furent améliorées par Ulugh Beg jusque peu avant sa mort en 1449. L'équipe calcula les positions de plus de 1 000 étoiles ; un certain nombre d'entre elles, non décrites jusque-là, gardent le nom qu'on leur a donné alors.

En 1449, Ulugh Beg, plongé dans des luttes de succession par la mort de son père, fut assassiné par son fils Abd ul-Latif ; des intégristes en profitèrent pour détruire l'observatoire[3]. Ali Quchtchi partit avec une copie des Tables sultaniennes, d'abord à Tabriz chez les Aq Qoyunlu[4], puis à Istanbul chez les Ottomans ; c'est de là qu'elles atteignirent l'Europe. On a ainsi trace d'une copie réalisée vers 1500 probablement près de Venise d'une version en hébreu écrite probablement au XVe siècle[5] . Cet écrit pourrait être un indice d'une connaissance par Nicolas Copernic des modèles planétaires arabes[5]. Une partie de ces tables est ensuite traduite en latin en 1643 par John Greaves, en 1665 par Thomas Hyde[6]. Transcrites par John Wallis, elles furent transmises par lui à Hévélius[7], qui montra beaucoup de considération pour l'astronome de Samarcande. Une traduction complète en français est réalisée en 1839 par Louis-Pierre-Eugène Sédillot.

Description[modifier | modifier le code]

Les Tables sont constituées de 4 livres. Le premier présente les anciens calendriers (calendrier lunaire, calendrier solaire persan, calendrier chinois Uyghur). Le second livre traite la partie mathématiques avec l'astronomie sphérique, les tables de sinus, de sinus verse, de tangente et de cotangente. Le troisième traite du système planétaire avec le mouvement des planètes et les distances du Soleil et de la Lune et d'astrologie. Le dernier livre présente des calculs astronomiques[8].

Edward Stewart Kennedy, résumant l’œuvre, signale la présence de tables de fonctions trigonométriques, de fonctions d'astronomie sphérique, des tables d'ascension, une table d'équation du temps, des tables de mouvement moyen des planètes, une table de la parallaxe solaire, une table des longitudes et latitudes de 240 villes[9].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1839. L. P. E. A. Sédillot, Tables astronomiques d’Oloug Beg, commentées et publiées avec le texte en regard, t. I, 1 fascicule, Paris.
  • 1847. L. P. E. A. Sédillot, Prolégomènes des Tables astronomiques d’Oloug Beg, publiées avec notes et variantes, et précédés d’une introduction, Paris, F. Didot.
  • 1853. L. P. E. A. Sédillot, Prolégomènes des Tables astronomiques d’Oloug Beg, traduction et commentaire. Paris, Didot
  • 2007. Antoine Gautier, « Le recueil de calendriers du prince timouride Ulug Beg (1394–1449) », dans Le Bulletin, n° spécial « Les calendriers », Institut National des Langues et Civilisations Orientales, juin 2007, p. 117–123.
  • 2008. Antoine Gautier, « L'observatoire du prince Ulugh Beg », dans L'Astronomie, 2008, p. 28–29
  • 2014. Gary D. Thompson, The entry of Arabic star names into Europe

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. زیجِ سلطانی, Zidj-i Djadid Sultani
  2. Cf. turco-mongol güregen : gendre d'un khan mongol
  3. S. Frederick Starr, Lost Enlightenment : Central Asia's Golden Age from the Arab Conquest to Tamerlane, p. 498
  4. « Ceux des moutons blancs », en turkmène
  5. a et b Bernard R. Goldstein, « L'héritage de la science arabe en hébreu », dans Roshdi Rashed, Histoire des sciences arabes : Astronomie, théorique et appliquée, Seuil, , p. 301-308, p. 306
  6. George Sarton.  «Reviewed Work: Catalogue of Stars by Ulugh Beg, Edward Ball Knobel», Isis, vol. 2, no. 2, 1919, pp. 413–415. JSTOR, www.jstor.org/stable/223894
  7. (la) John Wallis, Correspondence of John Wallis (1616-1703), vol. III (octobre 1668-1671), p. 76
  8. (en) Boris Rosenfeld, « Ulug Beg », dans Helaine Selin, Encyclopaedia of the History of Science, Technology, and Medecine in non-Western Cultures, Springer-Verlag, , p. 2175
  9. Edward Stewart Kennedy, A Survey of Islamic Astronomical Tables, American Philosophical Society, 1956p.44/45