Gare TGV Haute-Picardie

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TGV Haute-Picardie
Image illustrative de l'article Gare TGV Haute-Picardie
Une rame TGV PBKA du service Thalys
traverse sans arrêt la gare.
Localisation
Pays France
Communes Ablaincourt-Pressoir
Estrées-Deniécourt
Zone d'activité Haute-Picardie
Adresse Pôle Haute Picardie
80200 Péronne
Coordonnées géographiques 49° 51′ 33″ Nord 2° 49′ 56″ Est / 49.859204, 2.832244
Gestion et exploitation
Propriétaire SNCF
Exploitant SNCF
Services TGV intersecteurs
Ouigo
Caractéristiques
Ligne(s) Gonesse à Lille-Frontière (LGV)
Voies 4 (dont 2 à quai)
Quais 2 (latéraux)
Transit annuel 323 826 voyageurs (2014)
Altitude 83 m
Historique
Mise en service
Correspondances
Autocar Navette TGV Haute-Picardie

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
TGV Haute-Picardie

Géolocalisation sur la carte : Nord-Pas-de-Calais-Picardie

(Voir situation sur carte : Nord-Pas-de-Calais-Picardie)
TGV Haute-Picardie

Géolocalisation sur la carte : Somme

(Voir situation sur carte : Somme)
TGV Haute-Picardie

La gare TGV Haute-Picardie est une gare ferroviaire française, située au centre de la zone d'activité Haute-Picardie, sur les territoires des communes d'Estrées-Deniécourt et d'Ablaincourt-Pressoir, dans le département de la Somme, en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Implantée sur la LGV Nord, à mi-distance entre Amiens et Saint-Quentin, elle est inaugurée en 1994, et est desservie par des TGV reliant l'agglomération lilloise et Bruxelles aux grandes métropoles régionales françaises, via les gares TGV de la périphérie de Paris (dont celle de l'aéroport Charles-de-Gaulle).

Situation ferroviaire[modifier | modifier le code]

Vidéo de la traversée de la gare vue depuis un TGV, circulant à près de 300 km/h. Les voies centrales sont séparées des voies latérales par des grillages.

Établie à 83 mètres d'altitude, la gare TGV Haute-Picardie est située au point kilométrique (PK) 110,823[1] de la ligne de Gonesse à Lille-Frontière (LGV Nord – tronc commun).

Les deux voies centrales, parcourables à 300 km/h et dépourvues de quai, servent au passage des trains ne marquant pas d'arrêt (notamment les TGV Nord-Europe, les Thalys et les Eurostar) ; cette configuration est classique des gares sur LGV.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le projet[modifier | modifier le code]

La gare est née dans le contexte d'un conflit entre Lille et Amiens pour être desservies par la LGV Nord, le passage par Lille ayant été préféré à celui par Amiens[2]. Un tracé par Amiens aurait raccourci le trajet Paris – Londres mais aurait rallongé les autres branches (de Paris vers Amsterdam et Cologne, et de Bruxelles vers Londres) et augmenté la longueur de lignes nouvelles à construire. Dans les engagements qui avaient alors été pris, il y avait celui de construire le barreau LGV Nord Amiens – Coquelles, dit aussi LGV Picardie lorsque le tunnel sous la Manche serait achevé. Cette ligne est mentionnée dans le schéma directeur de 1992 qui a été abandonné après le rapport Rouvillois de 1996[3], notamment à cause de la faiblesse du trafic de la LGV Nord, inférieur de 40 % à celui attendu[4]. Lors de l'étude du tracé de la ligne Paris – Lille, des projets d'inflexion pour se rapprocher plus ou moins d'Amiens ont été étudiés. Avec un surcoût compris entre 153 et 263 MF aux conditions économiques de 1986 (soit entre 40 et 70 M€), ils ont été rejetés[5].

Une enquête publique pour la construction de la gare TGV à Ablaincourt-Pressoir s'est déroulée du au . Elle avait abouti à un avis défavorable. Le ministre de l'Équipement a alors demandé à la SNCF d'étudier la réalisation de la gare sur le site de Chaulnes[6]. La région prévoyait en effet de réactiver le raccordement ferroviaire d'origine militaire de Jussy, pour réaliser des TER inter-villes entre Amiens et Saint-Quentin par Chaulnes et sans rebroussement à Tergnier, ce qui aurait assuré aux deux grandes villes picardes un accès à la gare TGV sensiblement plus rapide que par l'autoroute[7]. Pourtant, le , la gare est inaugurée sur le site initial[8] ; quant à la liaison TER, elle a néanmoins été créée avec la desserte de Ham, mais n'a ainsi qu'une vocation purement régionale.

Par ailleurs, depuis la création de l'autoroute A1 dans les années 1960, une large bande de terre était déjà réservée à l'époque pour un futur tracé de train à grande vitesse.

Construction et évolutions du site[modifier | modifier le code]

La gare tire son surnom initial de gare des betteraves[N 1] — expression qui semble être toujours employée localement, « en le prenant pour la plupart avec le sourire[N 2] » — ou gare betteraves, du fait que, lors de sa construction, elle était entourée de champs, située à mi-chemin entre Amiens et Saint-Quentin, et difficile d'accès : l'autoroute A29 n'existait pas encore entre ces deux agglomérations. Elle est aujourd'hui au cœur d'un business park de plusieurs hectares et au carrefour de l'autoroute A1 et de l'autoroute A29[10], ce qui permet aux automobilistes de la rallier rapidement depuis Amiens, Saint-Quentin, Compiègne ou encore Péronne[N 3]. La voie ferrée Amiens – Tergnier / Saint-Quentin – Laon passe six kilomètres plus au sud, mais aucune correspondance n'a été prévue avec la gare la plus proche, celle de Chaulnes ; par ailleurs, le raccordement d'Hattencourt (situé à environ 13 kilomètres, en direction de la capitale) n'a été créé que pour des besoins de service.

Une fresque réalisée par Armand Langlois, à la demande du conseil régional de Picardie et de l'ADES — Association de développement de l'Est Somme —, occupe les 60 mètres de murs du tunnel piétonnier qui relie les deux quais en passant sous les voies. Elle évoque l'histoire, depuis le Haut Moyen Âge, du Santerre[11], cette région de Picardie précisément où se trouve la gare et où s'est notamment déroulée une grande partie de la fameuse bataille de la Somme en 1916.

La gare n'est pas destinée au trafic radial — les gares de Saint-Quentin et d'Amiens étant situées chacune à une heure quinze minutes environ de la gare du Nord à Paris — mais plutôt au trafic province – province, vers la moitié sud de la France, et vers Bruxelles. En effet, l'expérience d'un aller-retour quotidien la reliant à Paris a été tentée, mais fut rapidement abandonnée à cause d'une trop faible fréquentation. Il s'avère en effet que « la gare TGV Haute-Picardie n'a pas pour vocation de desservir Paris[12] ».

En 2006, elle a été choisie par Matt Harding pour « représenter » la France, dans laquelle on le voit sautiller sur le quai, tandis que passe à pleine vitesse un train du service Thalys[13].

Les voyageurs ayant utilisé la gare étaient 364 000 en 2004[14], 430 000 en 2008[12], et un peu moins de 400 000 en 2010[15]. Ce nombre est resté stable en 2012[16], puis en baisse pour atteindre 360 000 en 2013[10] et 323 826 en 2014[17]. Les prévisions de fréquentation de la SNCF ont toujours été, depuis l'ouverture du site, supérieures à la réalité. La fréquentation quotidienne de la gare ne dépasse guère les 1 000 personnes. On observe toutefois que les vastes parkings de voitures situés près de la gare sont la plupart du temps saturés, ce qui occasionne une occupation quasi-totale des places de stationnement gratuites plus éloignées et parfois du stationnement « sauvage » à plus ou moins longue distance, jusque dans des zones non carrossables.

Ces voyageurs viennent pour 63 % d'entre eux de la Somme, pour 30 % de l'Aisne et pour 7 % de l'Oise[15]. Les 10 destinations les plus fréquentées en 2006 ont été Lille (15,08 % du total des voyageurs), Lyon (14,97 %), Roissy (13,48 %), Bordeaux (4,79 %), Marseille (4,08 %), Rennes (4,02 %), Nantes (3,65 %), Montpellier (2,90 %), Avignon (2,84 %), Toulon (2,61 %)[8].

En 2010, la gare a enregistré cinq millions de voyageurs[15] depuis sa mise en service.

Le bâtiment voyageurs a été modernisé en 2011 et l'accessibilité a été améliorée pour les personnes à mobilité réduite[15].

À partir des années 2020, l'activité de cette gare TGV évoluera probablement — éventuellement à la baisse — en fonction des horaires et du trafic du barreau Roissy – Picardie, à créer et à mettre en service[18].

Service des voyageurs[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Voies et bâtiment voyageurs, vus du quai de la voie 4.

La gare dispose d'un bâtiment voyageurs, équipé d'un guichet et d'automates pour l'achat des titres de transport, ainsi que de divers services pratiques, notamment des toilettes[19].

Le service « Accès Plus », ainsi que divers équipements d'accessibilité — notamment des ascenseurs pour atteindre le tunnel piétonnier de liaison entre les quais (en passant sous les voies) —, permettent l'accueil des personnes à mobilité réduite[19].

Desserte[modifier | modifier le code]

Des TGV province – province s'arrêtent en gare ; ils relient des métropoles régionales françaises entre elles, notamment Lille et Lyon, ainsi que la capitale belge (Bruxelles)[20], en transitant tous par l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

En outre, Ouigo dessert TGV Haute-Picardie, sur les liaisons entre Tourcoing, Nantes et Rennes (créées le )[21]. Cependant, il n'est pas possible d'acheter un billet pour se rendre à Tourcoing depuis cette gare ou inversement, car seuls les trajets vers ou depuis une autre gare desservie par ces relations peuvent être effectués[22].

Par ailleurs, l'aller-retour annuel du TGV de pèlerins allant à Lourdes, en provenance de Dunkerque, s'arrête en gare[23].

Intermodalité[modifier | modifier le code]

Deux vastes parkings payants sont situés à proximité immédiate de la gare[24]. Il est également possible de prendre un taxi[25]. De plus, un service de location de voitures est disponible[26].

Par ailleurs, un service de navettes par autocar, en correspondance avec les trains, permet de rallier la gare routière d'Amiens (voisine de sa gare ferroviaire) ou la gare de Saint-Quentin[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette expression, qui date d’avant 2004, serait due à un homme politique socialiste de la Haute-Vienne, Jacques Santrot, expression qui avait alors été reprise par un géographe, Jean-François Troin, lequel citait également les gares TGV de Vendôme, Mâcon, ou Le Creusot[9].
  2. C'est ainsi que le précise le journaliste Mathieu Dehlinger dans son article paru sur le site francetvinfo.fr[10] : « Dans cette région du Santerre, on l'appelle la gare des betteraves, surnommée ainsi car installée au beau milieu des parcelles agricoles » ; lequel journaliste poursuit dans les commentaires associés à l'article : « en le prenant pour la plupart avec le sourire ». Le même journaliste est aussi intervenu dans la page de discussion de cet article où il a employé des termes identiques à ceux des commentaires de l’article de presse.
  3. La gare TGV est aussi au carrefour de deux anciennes routes nationales, désormais départementales, sur le tracé de voies romaines à l'origine : l'ancienne RN29 qui relie Amiens à Saint-Quentin d'ouest en est, et l'ancienne RN17 de Paris à Lille du sud au nord.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Livre : Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français, édité par La Vie du rail en , ISBN 978-2-918758-34-1, vol. 1, p. 89.
  2. Métropolisation et grands équipements structurants (p. 72), Corinne Siino, Florence Laumière, Frédéric Leriche, 2004, Presses Universitaires du Mirail, ISBN 2-85816-741-9.
  3. Les fondements de la remise en cause du Schéma Directeur des liaisons ferroviaires à grande vitesse : des faiblesses avant tout structurelles, pp. 183 – 194, Annales de Géographie no 593 – 594, Pierre Zembrilien, 1997.
  4. [PDF] Évaluation, dévaluation ou réévaluation des lignes à grande vitesse ?, pp. 45 – 55, Les Cahiers Scientifiques du Transport, no 32, Alain Bonnafous, Yves Crozet, 1997.
  5. [PDF] Bilan LOTI de la LGV Nord, p. 12.
  6. « Gare du TGV en Picardie: une nouvelle enquête d'utilité publique », Les Échos, .
  7. T.G.V. – Réseau ferré classique : des rendez-vous manqués ?, p. 288, Pierre Zembrilien, Annales de géographie, année 1993, vol. 102, no 571.
  8. a et b La lettre de l'ORT no 22, .
  9. [PDF] I.S.I.S. Ingénierie, Analyse de l’impact du TGV-Est sur les agglomérations de Metz, Nancy, Épinal et Thionville : rapport de phase 2, , 58 p. (lire en ligne), p. 33.
  10. a, b et c « Vingt ans après, la gare TGV Haute-Picardie reste plantée au milieu des betteraves », sur francetvinfo.fr,‎ (consulté le 4 avril 2015).
  11. Le pays de Santerre, Fresque d'Armand Langlois.
  12. a et b « La desserte de la Haute-Picardie » [PDF], sur cpdp.debatpublic.fr,‎ (consulté le 24 janvier 2015), p. 5.
  13. Vidéo Where the Hell is Matt? 2006 de Matthew Harding, où il sautille sur le quai de la gare : cf. la 2e minute (consultée le ).
  14. [PDF] La conjoncture des transports en Picardie, 2e trimestre 2005, Point d'actualité : Résultats 2004. Consulté le .
  15. a, b, c et d La gare TGV Picardie sur les rails, L'Union, .
  16. BENJAMIN MERIEAU, « Pays et SNCF croient toujours en la gare TGV Haute Picardie », sur courrier-picard.fr,‎ (consulté le 24 janvier 2015).
  17. « SNCF Open Data : Fréquentation en gares », sur data.sncf.com (consulté le 2 mai 2016).
  18. Projet de ligne Roissy-Picardie, Mairie de Creil, (archive consultée le ).
  19. a et b (fr) « Services », sur gares-sncf.com (consulté le ).
  20. (fr) « Transports et horaires », sur gares-sncf.com (consulté le ).
  21. « Horaires OUIGO du 13/12/2015 au 02/07/2016 » [PDF], sur ouigo.com (consulté le 8 décembre 2015).
  22. Laurent Decotte, « Ouigo : des TGV à 10 euros de Tourcoing vers Rennes, Nantes et Lyon », sur lavoixdunord.fr,‎ (consulté le 8 décembre 2015).
  23. [PDF] « Région Flandres – Artois – Picardie : Train MANDARINE », sur rosaire.org (consulté le ).
  24. (fr) « Parking », sur gares-sncf.com (consulté le ).
  25. (fr) « Taxis », sur gares-sncf.com (consulté le ).
  26. (fr) « Location », sur gares-sncf.com (consulté le ).
  27. (fr) « Navettes », sur gares-sncf.com (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Origine Arrêt précédent Train Arrêt suivant Destination
Bruxelles-Midi Lille-Europe TGV Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV Marseille-Saint-Charles
ou Nice-Ville
Bruxelles-Midi
via Lille-Europe
Arras TGV Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV Nice-Ville
Lille-Europe Lille-Europe TGV Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV Rennes
ou Nantes
ou Bordeaux-Saint-Jean
ou Marseille-Saint-Charles
ou Montpellier-Saint-Roch
Lille-Europe Arras TGV Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV Marseille-Saint-Charles
ou Montpellier-Saint-Roch
Lille-Flandres
via Douai
Arras TGV Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV Bordeaux-Saint-Jean
ou Marseille-Saint-Charles
Lille-Europe Lille-Europe TGV
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Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV Bourg-Saint-Maurice
Tourcoing Tourcoing Ouigo Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV Rennes
ou Nantes