T-14 Armata

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Objet 148 T-14 Armata
Image illustrative de l’article T-14 Armata
T-14 lors du défilé du 9 mai 2015.
Caractéristiques de service
Service Entrée en service dans l'Armée russe prévue pour 2020[1]
Utilisateurs Drapeau de la Russie Russie
Production
Concepteur Uralvagonzavod, UKBTM et le JSC.
Année de conception 2015-présent
Constructeur Uralvagonzavod
Production 20 exemplaires[2]
Variantes Véhicule de combat d'infanterie lourd T-15, véhicule de dépannage BREM T-16.
Caractéristiques générales
Équipage 3 hommes [3](opérateur de tourelle, conducteur et chef de char)
Longueur 10,8 m (avec le canon)
Largeur 3,5 m
Hauteur 3,3 m
Masse au combat 48-49 tonnes[4]
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type Blindage composite et blindage réactif explosif

Système de protection active Afganit

Armement
Armement principal Un canon à âme lisse 2A82-1M de 125 mm à chargement automatique (32 obus préchargés)
Armement secondaire Une mitrailleuse 6P49 Kord de 12,7 mm (300 cartouches) et une mitrailleuse 6P7К PKTM de 7,62 mm (1000 cartouches).
Mobilité
Moteur Moteur Diesel CTZ A-85-3A à douze cylindre disposés en "X".
Puissance 1200 ch (réglable jusqu'à une puissance de 1500 ch)[5]
Transmission Robotisée à huit rapports.
Suspension Barres de torsion avec amortisseurs rotatifs
Vitesse sur route 75 km/h[6]
Puissance massique 25 ch/tonne
Réservoir 1 615  + 2 bidons largables de 200  chacun.
Autonomie 500 km

Le T-14 Armata (en cyrillique: Т-14 Армаtа, appellation d'usine : Objet 148) est un char de combat russe. Son développement a commencé après l'abandon du programme T-95 (Objet 195). Il a été présenté le 9 mai 2015 lors du défilé militaire célébrant le 70e anniversaire de la victoire dans la Grande Guerre patriotique contre le nazisme.

Historique[modifier | modifier le code]

La dislocation de l'URSS a marqué un coup d'arrêt dans le développement des futurs chars de combat soviétiques, l'abandon de nombreux programmes militaires qui s'est ensuivi a forcé la Russie à adopter une version revalorisée du T-72B, le T-72BU qui prendra l'appellation de T-90 après la guerre du Golfe. Néanmoins, le bureau d'études d'Uralvagonzavod a continué le développement d'un char de combat de nouvelle génération devant un jour succéder au T-90, l'Objet 195. En avril 2010, le ministère de la Défense russe cesse de financer le développement de l'Objet 195, jugeant ce dernier obsolète, obligeant Uralvagonzavod à poursuivre le développement de son futur char de combat sur fonds propres[7].

En octobre 2010, le commandant en chef des forces terrestres de la Fédération de Russie, Alexandre Postnikov annonce lors d'une interview qu'une nouvelle famille de blindés lourds dénommée Armata est en cours de développement[8]. L'agence de presse RIA Novosti annonce en septembre 2013 le début des essais du prototype d'un char de combat basé sur la famille de blindés chenillés Armata[9].

Il a reçu une première commande de 100 exemplaires de série en septembre 2016 et l’armée russe espère avoir 2 300 chars modernes en 2025[10]. Son coût, selon les médias russes en 2016, est de 250 à 400 millions de roubles (4 à 6,5 millions d'euros au taux de février 2017).

Conception[modifier | modifier le code]

Vue de profil d'un T-14.

Armement[modifier | modifier le code]

Le T-14 est armé d'un canon de 125 mm à âme lisse, monté dans une tourelle inhabitée, le 2A82-1M. Celui-ci est un développement ultérieur du canon 2A66 testé à la fin des années 1980 sur l'Objet 187. Le gain de puissance est réalisé grâce à une augmentation du volume de la chambre, lui permettant d'utiliser des charges propulsives plus volumineuses et donc plus puissantes. Le 2A82 peut éventuellement recevoir un tube de 152 mm, il porte alors la dénomination 2A83, ce dernier ayant été testé sur l'Objet 195.

L'alimentation du canon est réalisée par un carrousel automatisé d'une contenance de 32 obus situé dans le panier de la tourelle inhabitée, l'éjection des culots vides se fait par une trappe sur le flanc gauche de la tourelle.

Une mitrailleuse 6P7К PKTM de 7,62 mm (1 000 cartouches) montée sur le viseur Hawkeye et une mitrailleuse coaxiale 6P49 Kord de 12,7 mm (300 cartouches) viennent compléter l'armement principal.

Optiques et conduite de tir[modifier | modifier le code]

Le T-14 utilise la conduite de tir Kalina. Le chef de char dispose d'un viseur panoramique gyrostabilisé Hawkeye monté au sommet de la tourelle. Il intègre une voie jour et nuit (thermique), en l'absence d'oculaire, l'image est observée sur un écran plat. L'opérateur de la tourelle dispose d'une version modifiée du viseur gyrostabilisé SOSNA-U, ce dernier incorpore une voie jour et nuit (thermique) ainsi qu'un télémètre laser. Ces deux viseurs sont conçus et produits par la société biélorusse Peleng. Ces trois systèmes sont aussi présents sur le T-90MS.

Mobilité[modifier | modifier le code]

Gros plan sur le train de roulement du char de combat T-14, on peut apercevoir l'un des deux pots d'échappement sur le déport de caisse à la hauteur du 7e galet de roulement.

Train de roulement[modifier | modifier le code]

Il comporte sept galets de roulement en acier et quatre rouleaux porteur sur lesquels reposent des chenilles à connecteurs à deux demi-corps disposant de semelles en caoutchouc amovibles. Le premier, le deuxième et le septième galet disposent chacun d'un amortisseur rotatifs. Les galets de roulement font 70 cm de diamètre[11] et sont dotés de cerclages en caoutchouc.

Motorisation[modifier | modifier le code]

Le char est propulsé par un moteur diesel turbocompressé A-85-3A à douze cylindres ayant une puissance nominale de 1 500 chevaux à un régime de 2 000 tr/min. Développé par CTZ, il a la particularité d'avoir ses pistons disposés non pas en 'V' mais 'X' afin de limiter l’encombrement du bloc moteur. Le développement de ce moteur avait commencé au début des années 1980 sous le nom de A-85-2 et il avait été testé à la fin de cette décennie sur l'Objet 186 et l'Objet 187. Pour des raisons de fiabilité, le moteur est actuellement réglé à 1 200 chevaux. D'une cylindrée avoisinant les 35 litres[12], le moteur affiche une consommation spécifique de carburant de 160 g/kW.h et son poids à sec, sans la poutre de refroidissement est de 1 550 kg[13].

Transmission[modifier | modifier le code]

Le T-14 reprend une transmission de conception similaire à celle proposée sur le T-90MS, la boîte de vitesses mécanique est désormais robotisée tandis que le système de direction est piloté électroniquement. Pour des raisons de coûts et de complexité, la boîte de vitesses du T-14 n'intègre pas de convertisseur de couple et ne permet donc pas le passage des rapports sous couple[14]. Le T-14 devient le premier char russe à pouvoir enfin effectuer un pivot sur place sans avoir recours au blocage de la chenille intérieure et contrairement à ses prédécesseurs tel que le T-90 et T-72, le groupe motopropulseur peut être enlevé d'un seul tenant à l'aide d'une grue.

Blindage[modifier | modifier le code]

Le char russe fait appel à plusieurs systèmes de protection mêlant un système soft-kill (contre-mesures électromagnétiques), un hard-kill (protection active anti-projectile), les blindages classiques et les dispositifs de survie après impact. L'Armata bénéficie de toute cette expérience technologique et sa tourelle présente une architecture très optimisée pour intégrer plusieurs équipements et systèmes. La détection des menaces fait appel à quatre antennes radar couvrant 360° ainsi que des détecteurs d’alerte laser très visibles sur l’avant de la structure. En fonction de la nature de la menace (vecteur vitesse, distance, altitude), le T-14 peut déclencher soit l'éjection d'une munition tueuse du système Afganit (les gros tubes positionnés en éventail situés à la base de la tourelle) qui détruira le projectile, soit orienter l'un des deux paniers mobiles à grenades fumigènes situés sur le toit pour créer un rideau opaque qui s'interposera entre le char et le lanceur ennemi. Douze lanceurs verticaux sont montés sur la tourelle et sont probablement destinés à l'éjection de leurres infrarouges (ou paillettes) afin de détourner les missiles de type « tire et oublie ».

Marc Chassillan, ingénieur d'armement, écrit dans la revue de Défense Nationale [15]: « Le glacis avant présente une épaisseur de plus de 70 centimètres si l’on en juge par les lignes de rupture entre la partie inclinée et le toit du châssis. Cela forme un bloc composite capable de contrer non seulement les flèches mais aussi les charges creuses de fort diamètre. Il est prolongé par une série de briques réactives horizontales qui protège l’équipage contre les attaques verticales type bombelettes. D’épaisses jupes latérales (composite sur le premier tiers avant, réactive de type Relikt sur le deuxième tiers) couvrent les flancs du châssis et des grilles statistiques anti-RPG (lance-roquettes) prennent le relais à hauteur de la cloison pare-feu du moteur (troisième tiers). La partie inférieure de la pointe avant voit sa protection améliorée grâce à la présence de la lame d’auto-enfouissement en acier classique des chars russes. La tourelle n’a pas, à l’évidence, fait l’objet des mêmes efforts de protection balistique pour les raisons évoquées plus haut. Les photos suggèrent que les capotages qui carènent l’armement et les équipements sont de faible épaisseur, en n’assurant une protection que contre la petite ferraille du champ de bataille. C’est sans doute là une faiblesse potentielle de l’Armata dans sa configuration actuelle dont le système d’arme pourrait être neutralisé au moyen de munitions explosives ou de moyen calibre. »

Versions[modifier | modifier le code]

Le châssis de l'Armata sert de plate-forme pour la production d'autres types de véhicules blindés, tels que canons automoteurs, véhicules de combat d'infanterie (Armata T15) et l'on envisage des versions dronisées.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jack Stubbs, « Russia's T-14 Armata tank breaks down before its parade debut », The Sydney Morning Herald, (consulté le 22 janvier 2016)
  2. (en) « Russian plans to upgrade T-80 and T-90 jeopardise Armata programme », sur http://www.janes.com/ (consulté le 10 mai 2018).
  3. (en) « T-14 Armata Russian main battle tank technical data sheet specifications information description pictures », sur Army recognition, (consulté le 14 novembre 2017)
  4. (ru) « Танк Т-14 "Армата" или Т-99 "Приоритет" », VPK news
  5. (en) « A-85-3A », sur http://www.army-guide.com/eng/ (consulté le 7 mai 2016).
  6. (ru) « Т-14 "Армата", танк », sur http://www.arms-expo.ru (consulté le 15 septembre 2016).
  7. (ru) « Перспективная" бронетехника устарела раньше, чем стала в строй », sur http://www.kommersant.ru/,‎ (consulté le 5 juin 2016).
  8. (ru) « Войска, кующие победу », sur http://old.redstar.ru/,‎ (consulté le 5 juin 2016).
  9. (ru) « Russian Armata Tank to Enter Testing in November », sur http://sputniknews.com, (consulté le 5 juin 2016).
  10. (en) « Pilot batch: Russian military get first T-14 Armata tanks », sur www.rt.com, (consulté le 2 janvier 2016).
  11. (ru) « Ну, я же говорил... 700мм! », sur http://gurkhan.blogspot.be/ (consulté le 11 juin 2016).
  12. (ru) « Двигатель ближайшего будущего », sur http://topwar.ru/ (consulté le 11 juin 2016).
  13. (en) « A-85-3A », sur http://www.army-guide.com/eng/ (consulté le 11 juin 2016).
  14. (ru) « К ВОПРОСУ ВЫБОРА ТРАНСМИССИИ ДЛЯ УНИВЕРСАЛЬНОГО БАЗОВОГО ШАССИ », sur http://gurkhan.blogspot.be/,‎ (consulté le 5 juin 2016).
  15. Marc Chassillan, « L'Armata T-14 ou la rupture dans la conception des chars russes », La Tribune, Revue Défense nationale, no 648,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]