Télévision connectée

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Une télévision connectée est une télévision raccordée, directement ou indirectement, à Internet afin de fournir un ensemble de services aux téléspectateurs. La télévision, depuis son invention, n'a toujours été qu'un terminal de réception. Connecté, le téléviseur devient également émetteur.

Contexte[modifier | modifier le code]

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le terme télévision connectée est la traduction de l'anglais « Connected TV », ou on entend parfois parler de « Smart TV », par analogie avec les smartphones, ou d'interactiveTV du fait de l'interactivité de cette technologie[Informations douteuses].

Une télévision reçoit le signal de l'antenne (terrestre le plus souvent). Elle est connectable lorsqu'elle possède un port IP, c'est-à-dire un connecteur "RJ45", ou une interface Wi-Fi, permettant de la connecter à un réseau internet domestique.

On parle de télévision connectée pour parler de télévision à proprement parler : « La Samsung UE46C9000 est une télé connectée ». Mais également pour parler d'un moyen ou d'un service : « Le Logitech Revue (en) (2010-2011) était un boitier de télé connectée, Apple TV est une offre de télé connectée ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Les principes de la télévision connectée ont été explorés des les années 1970 et 80 par les artistes pionniers de l'art télématique qui, en outre, en ont produit une théorie critique.

La première tentative de télé connectée au sens où on l'entend aujourd'hui date de 2000. Un partenariat entre Thomson et Microsoft avait donné naissance à TAK, un téléviseur connecté à Internet afin de fournir une poignée de widgets, de type météo ou bourse. Le succès n'a pas été au rendez vous[1].

Parallèlement, en septembre 2000, une autre société, WALAWA en collaboration avec Netgem, le fabricant de la Netbox, a également produit un téléviseur connecté à internet. Il proposait une interface pratique et conviviale permettant un accès simple à de nombreux sites et services. Deux reproches, cependant, pouvaient être faits à l'encontre de cet outil. D'abord le choix, contestable, d'une télévision bas de gamme, et l'accès à Internet car utilisant une connexion à bas débit à une époque où la connexion par modem câble était en pleine expansion dans les foyers français et où la technologie ADSL, bien qu'au stade prototypique, faisait, déjà, parler d'elle.

À l'instar du TAK de Thomson, cette expérience a fait long feu et n'a pas trouvé de débouchés commerciaux lui permettant de prendre son envol.

Le premier brevet français[2] date de 1994 et fut étendu à l'Europe et aux États-Unis[3] l'année suivante. Il fut une amélioration conséquente du terminal interactif multimédia (TIM) réalisé en 1993 pour la Française des Jeux sous la présidence de Gérard Colé. Ce terminal sécurisé utilisant déjà la technologie MPEG était relié à un serveur dédié de la FdJ.

Marché[modifier | modifier le code]

Le marché de la télévision (classique) en France est énorme, voici quelques chiffres pour 2009 :

  • 98,5 % de foyers équipés[4]
  • 3 h 25 de durée d'écoute quotidienne par individu[4]
  • 7,3 millions d'unités vendues[5].

3 million de TV connectées ont été vendues entre le 1er trimestre 2009 et fin mai 2012 selon GfK Consumer Choices. Le marché français connaît une évolution croissante depuis mars 2012 (+22 % en avril, et +27 % en mai). Toutefois ces bons résultats demandent néanmoins à être nuancés, par exemple « un tiers des utilisateurs en Europe n'a jamais connecté leurs TV connectées. » ! (mai 2012)[6].

Technologies[modifier | modifier le code]

Différentes solutions permettent de raccorder le téléviseur à Internet.

Intégrée[modifier | modifier le code]

Le téléviseur est déjà équipé au niveau matériel et logiciel pour recevoir Internet. Cela se traduit techniquement par la présence d'un port Ethernet ou d'un adaptateur Wi-Fi.

Pour la partie logiciel, il existe déjà de nombreuses offres différentes. Elles peuvent provenir directement du constructeur, comme Internet@TV de Samsung[7], ou d'un éditeur externe comme les offres Yahoo! Connected TV[8] ou Google TV. On mentionnera également l'offre européenne HbbTV[9] qui émane d'un consortium de constructeurs et de diffuseurs.

En 2011, Samsung estime que 2/3 de ses ventes de téléviseurs seront des modèles connectés[10].

Interface dédiée (Set-top box)[modifier | modifier le code]

Pour ne pas obliger le consommateur à changer de téléviseur pour profiter des services de la télé connectée, il existe deux types de boitiers dédiés: des boitiers de type Apple TV ou Google TV qui ne prennent en charge que la connectivité et se connectent à des environnements propriétaires de type Apple ou Google. C'est un système qui s'intercale entre le boitier de réception télé (TNT, câble, satellite, ADSL...) et le téléviseur.

Il existe depuis 2013 des boitiers hybrides destinés aux services HbbTV diffusés par les chaines nationales des pays ayant choisi ce standard (environ une quinzaine en Mars 2013). Ces boitiers se branchent en entrée sur la réception terrestre (ou satellite dans certains pays comme le Royaume Uni, l'Allemagne, l'Australie) et en sortie sur la sortie HDMI du téléviseur. Ils prennent en charge la réception TV et la connexion internet, et donc l'accès aux services HbbTV).

Les terminaux[modifier | modifier le code]

Les terminaux ou set top box en anglais, sont les boitiers qui nous servent actuellement à recevoir la télévision par des moyens de télédiffusion traditionnels, dont la programmation est linéaire, obéissant à une "grille de programmes". Le signal peut provenir de différentes sources analogiques (en voie de disparition) et numériques : terrestre selon la norme DVB-T ou DVB-T2, câble (DVB-C), satellite (DVB-S ou S2)...

Dans le cas particulier des box (Internet) fournissant des services triple play, les éléments essentiels de la télé connectée sont disponibles : réception télé et accès à internet à haut débit, il ne manque que l'offre logicielle. Par exemple en 2010 la Freebox Revolution de Free[11] commence à fournir des services apparentés télé connectée.

Services[modifier | modifier le code]

La finalité de la télé connectée est de fournir différents types de services aux téléspectateurs. On peut les regrouper en 3 catégories :

Navigation[modifier | modifier le code]

Il s'agit tout simplement de fournir un navigateur Web directement sur le téléviseur pour pouvoir surfer comme on le ferait sur un ordinateur traditionnel. Certaines offres fournissent un clavier, généralement muni d'un dispositif de pointage. Pour d'autres, le clavier sera en supplément. Enfin il existe aussi des claviers virtuels, semblables à ceux que l'on peut trouver sur certains smartphones tactiles : un clavier viendra s'afficher en surimpression sur la page internet et on pourra l'utiliser avec la télécommande du dispositif de télé connectée.

Vidéos[modifier | modifier le code]

L'accès aux vidéos sera certainement un des usages les plus courants de la télé connectée. On pourrait regrouper les vidéos accessibles dans 3 catégories. Tout d'abord, les vidéos courtes type YouTube ou Dailymotion. Ensuite, la catch up TV, la télévision de rattrapage qui permet de revoir gratuitement des programmes déjà diffusés sur les chaines de télé. Enfin, la VOD, la vidéo à la demande, payante, permettra d'accéder à de nombreux catalogues de films, séries, documentaires... le tout éventuellement en HD, 3D...

Applications[modifier | modifier le code]

Certainement le point le plus important de la télé connectée. Le parallèle avec le monde des smartphones et les milliards d'applications téléchargées sur l'App Store d'Apple laisse présager d'une vraie révolution. Le concept de « store », une boutique d'application, risque de s'imposer pour toutes les offres de télé connectée. On pourra y télécharger des applications gratuites ou payantes pour nos téléviseurs. Comme par exemple des jeux ou des adaptations de services Web populaire tel que Facebook ou Picasa. Mais les applications qui seront les plus innovantes et les plus intéressantes seront certainement celles qui exploiteront au mieux le téléviseur, en interagissant avec l'émission en cours par exemple.

Enjeux[modifier | modifier le code]

Les enjeux de la télé connectée sont nombreux car le marché est colossal et les acteurs très nombreux.

Constructeurs[modifier | modifier le code]

Pour les constructeurs, la télé connectée va être tout d'abord un argument de vente puis une spécification indispensable. La question qui se pose est de savoir quelle offre intégrer. Le choix se porte entre les offres existantes et le développement d'une offre spécifique. Samsung, par exemple, propose sa propre solution, Internet@TV[7], mais également les solutions de Yahoo! et de Google.

Diffuseurs[modifier | modifier le code]

Les diffuseurs ont un rôle clé dans la télé connectée. Ils vont devoir faire face à une évolution technologique et comportementale qui peut leur causer préjudice, en particulier sur les revenus publicitaires. Pour le moment la majorité des diffuseurs en Europe et aux États-Unis voient le concept de télé connectée d'un mauvais œil. Le risque dans une situation comme celle-ci est de reproduire le fiasco des majors face au MP3.

Normalisation[modifier | modifier le code]

On peut actuellement[Quand ?] dénombrer une dizaine d'offres de télé connectée sérieuses. C'est trop pour que le concept fonctionne correctement. D'un côté les utilisateurs seront perdus au milieu de la multitude de l'offre. D'un autre côté, les développeurs ne pourront pas assurer le portage informatique de leurs applications sur une dizaine de supports différents.

Nouveaux usages[modifier | modifier le code]

La télévision connectée a bien sûr des conséquences sur la linéarité de l'offre télévisuelle, et sur le lien entre spectateur et programmes. Un site est chargé d'analyser ces différents usages : l'Observatoire des SmartTV.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]