Télégramme Riegner

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Photocopie du télégramme reçu par le Foreign Office le .

Le télégramme Riegner est un télégramme adressé par Gerhart Riegner, avocat allemand exilé en Suisse et représentant du Congrès juif mondial dans le pays, le , aux représentants américain (le rabbin Stephen Wise) et britannique (le membre du parlement Sydney Silverman) du Congrès Juif mondial par le biais des légations suisses des deux pays pour les avertir du plan nazi d'extermination des Juifs. Il avait lui-même été mis au courant de la « Solution finale » par un industriel allemand, Eduard Schulte, en contact avec des dirigeants nazis, l'attaché de presse de la communauté juive suisse Benjamin Sagalowitz faisant office d'intermédiaire.

Gerhart Riegner envoie le même télégramme en à la légation britannique à Berne et au consulat américain à Genève.

Texte du télégramme[modifier | modifier le code]

Traduction littérale du message de Riegner tel qu'envoyé le au Foreign Office par le consul général britannique à Genève via son ambassade à Berne[1] :

« (Début). Reçu rapport alarmant affirmant qu'au quartier général du Führer, un plan a été discuté, et est à l'étude, d'après lequel tous les Juifs des pays occupés ou contrôlés par l'Allemagne, au nombre de 3½ à 4 millions, devraient, après déportation et concentration à l'Est, être exterminés d'un coup [at one blow], afin de résoudre, une fois pour toutes, la Question juive en Europe. On rapporte que l'action est planifiée pour cet automne. Les moyens d'exécution sont encore en discussion, y compris l'usage d'acide prussique. Nous transmettons cette information avec toutes les réserves nécessaires, car nous ne pouvons pas confirmer son exactitude. Notre informateur est censé avoir des connexions étroites avec les plus hautes autorités allemandes, et ses rapports sont généralement fiables. Merci d’informer et consulter New York. (Fin). »

Ce télégramme faisait référence à la conférence de Wannsee qui s'était déroulée sept mois plus tôt, en ajoutant deux détails sur sa mise en œuvre.

« Réception » du télégramme et confirmation[modifier | modifier le code]

Le message de Riegner fut accueilli par le département d'État des États-Unis et le Foreign Office avec la plus grande circonspection, et de l'incrédulité même par ses récipiendaires juifs. Gerhardt Riegner a aussi transmis en 1942 ces mêmes informations au Comité international de la Croix-Rouge qui, sur la base de leurs propres sources, les confirma au consul américain à Genève Paul Squire dès [2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la photocopie de l'original dans la vignette. Également disponible aux archives britanniques en ligne [PDF]. – Voir aussi Georges Bensoussan, Histoire de la Shoah, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » (no 3081), , 1re éd., 127 p. (ISBN 978-2-130-47542-2, OCLC 410942398) ; 2e édition revue et corrigée, 1997 (ISBN 978-2-130-47542-2) ; 3e édition refondue février 2006, 127 p. (ISBN 978-2130554660).
  2. Saul Friedländer (trad. Pierre-Emmaneul Dauzat), L'Allemagne nazie et les Juifs, t. 2 : Les années d'extermination, Paris, Éd. du Seuil, coll. « L'univers historique », , 1028 p. (ISBN 978-2-020-20282-4, OCLC 717396196) p. 572.