Tégénaire noire

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Eratigena atrica

image illustrant les araignées
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Eratigena atrica
Description de cette image, également commentée ci-après

Eratigena atrica

Classification selon The World Spider Catalog
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Chelicerata
Classe Arachnida
Ordre Araneae
Sous-ordre Araneomorphae
Famille Agelenidae
Genre Eratigena

Nom binominal

Eratigena atrica
(C. L. Koch, 1843)

Synonymes

  • Tegenaria atrica C. L. Koch, 1843
  • Tegenaria saeva Blackwall, 1844
  • Tegenaria nervosa Simon, 1870
  • Tegenaria duellica Simon, 1875
  • Tegenaria larva Simon, 1875
  • Tegenaria hibernica O. Pickard-Cambridge, 1891
  • Tegenaria gigantea Chamberlin & Ivie, 1935
  • Tegenaria praegrandis Fox, 1937
  • Tegenaria deroueti Dresco, 1957
  • Tegenaria propinqua Locket, 1975

Eratigena atrica anciennement Tegenaria atrica, la Tégénaire noire ou Tégénaire géante, est une espèce d'araignées aranéomorphes de la famille des Agelenidae[1].

Distribution[modifier | modifier le code]

Distribution

Cette espèce se rencontre en Europe, elle a été introduite en Amérique du Nord[1].

Habitat[modifier | modifier le code]

La tégénaire noire vit dans les coins humides. Elle se rencontre souvent dans les maisons dans les salles de bains, contrairement à d'autres espèces que l'on trouve plus dans les garages, caves et greniers, mais on peut néanmoins l'y trouver.

Description[modifier | modifier le code]

Tegenaria atrica
Tegenaria atrica

Tegenaria atrica est généralement de couleur sombre, elle est dotée de huit longues pattes lui assurant une course rapide.

C'est une des plus grandes tégénaires. La taille du corps chez la femelle adulte est de 12 à 18 mm et de 10 à 15 mm chez le mâle[2].

Prédateurs et proies[modifier | modifier le code]

Discrète et souvent protégée par les habitations humaines, la tégénaire noire a peu de prédateurs naturels. Elle se nourrit de tout arthropode ou insectes plus petits qu'elle, et n'ose généralement pas s'attaquer à un animal d'au moins sa taille. En effet, son venin neurotoxique ne lui permet de paralyser que des petites proies : des cas de rémission ont été observées chez des blattes après morsure[3]. Elle consomme, à l'âge adulte l'équivalent d'une mouche toutes les 3 semaines. Si elle a la capacité de plus manger, elle consommera quand même ses proies. La tégénaire ne cherchera pas à chasser si elle est rassasiée, mais si une proie est bloquée dans sa toile, elle la tuera et la gardera dans un garde manger (peut garder des proies env. 3-4 jours). Si la tégénaire est perturbée (par exemple de grandes vibrations perçues) elle préfèrera ne pas attaquer. Si les vibrations émises par la toile sont trop fortes, la tégénaire n'ira pas attaquer, ce qui lui évite de s'attaquer à plus gros qu'elle.

Mœurs[modifier | modifier le code]

La tégénaire noire est solitaire et nocturne. Elle vit sur des toiles en formes de nappe, comportant dans un angle une ouverture en forme d'entonnoir. Il lui arrive parfois de quitter sa toile si celle-ci ne lui convient pas, mais en général elle chasse les proies qui se trouvent sur sa toile : les vibrations qu'elles émettent la font sortir pour les mordre puis les porter à sa cachette pour leur injecter des enzymes (qui servent à les ramollir) et les dévorer. Lorsqu'un mâle cherche à s'accoupler, il touche la toile de la femelle avec une de ses pattes sur un rythme régulier : il indique ainsi à la femelle qu'il n'est pas une proie. Si la femelle sort, il prend la fuite, mais si elle ne sort pas, il la rejoint et lui injecte du sperme à l'aide de ses pédipalpes. Après l'accouplement, il y a 3 possibilités[réf. nécessaire] :

  • la femelle attaque le mâle (rare) ;
  • le mâle part de la toile sans se faire attaquer (assez rare) ;
  • la femelle accepte le mâle quelques jours (le plus fréquent).

Après env. 3 semaine à 1 mois de gestation, la femelle pond des centaines d'œufs blanc cassé mesurant environ 1 mm de diamètre, qu'elle protège [Comment ?]. Lors de l'éclosion, les jeunes restent sur la toile de la mère jusqu'à leur 3e mue.

Une femelle peut vivre deux ans, voire trois pour certaines.

Comportement à l'égard de l'être humain[modifier | modifier le code]

En dépit de sa taille impressionnante et de sa vitesse, cette espèce est sans danger pour l'homme[4].

Il n'existe pas d'article scientifique ni de publication médicale faisant état d'un cas direct de morsure d'une araignée du genre Tegenaria sur l'Homme[5]. Les accusations sont portées a posteriori, à la suite de la découverte d'une tégénaire dans la maison d'un patient souffrant de lésions de la peau ; qui trouvent pourtant d'autres explications médicales bien plus plausibles (virus, champignons, eczéma, maladie de Lyme...)[5],[6].

Particulièrement craintive et docile comme sa cousine Tegenaria domestica, Eratigena atrica cherchera toujours à fuir en cas de dérangement. Eratigena agrestis ne partage pas la même réputation pacifique, mais semble tout aussi inoffensive[7].

Systématique et taxinomie[modifier | modifier le code]

En 2013 cette espèce a été déplacée du genre Tegenaria au genre Eratigena[8]. Dans le même temps, ils placent Tegenaria duellica, la Tégénaire géante, en synonymie avec Eratigena atrica.

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • C. L. Koch, 1843 : Die Arachniden. Getreu nach der Natur abgebildet und beschrieben. C. H. Zeh'schen Buchhandlung, Nürnberg, vol. 10, p. 37-142 (texte intégral).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b WSC, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. Hauswinkelspinne
  3. (en) Friedel & Nentwig, « Immobilizing and lethal effects of spider venoms on the cockroach and the common mealbeetle », Toxicon, no 27 issue 3,‎ , p. 305-316 (lire en ligne)
  4. « La Hulotte : les araignées mordent-elles ? »
  5. a et b Vetter & Isbister, « Do Hobo Spider Bites Cause Dermonecrotic Injuries? », Annals of Emergency Medicine, vol. 44, no 6,‎ , p. 605-607 (lire en ligne)
  6. (en) Bennett & Vetter, « An approach to spider bites: erroneous attribution of dermonecrotic lesions to brown recluse or hobo spiders in Canada. », Canadian Family Physician, vol. 50,‎ , p. 1098–1101 (lire en ligne)
  7. Tégénaire des champs - Dangerosité
  8. (en) Bolzern, Burckhardt & Hänggi, « Phylogeny and taxonomy of European funnel-web spiders of the Tegenaria−Malthonica complex (Araneae: Agelenidae) based upon morphological and molecular data », Zoological Journal of the Linnean Society, vol. 168,‎ , p. 723-848 (résumé)