Tégénaire des champs

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Eratigena agrestis

image illustrant les araignées
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Eratigena agrestis
Description de cette image, également commentée ci-après

Eratigena agrestis

Classification selon The World Spider Catalog
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Chelicerata
Classe Arachnida
Ordre Araneae
Sous-ordre Araneomorphae
Famille Agelenidae
Genre Eratigena

Nom binominal

Eratigena agrestis
(Walckenaer, 1802)

Synonymes

  • Aranea agrestis Walckenaer, 1802
  • Tegenaria agrestis (Walckenaer, 1802)
  • Tegenaria rhaetica Thorell, 1875
  • Tegenaria magnacava Exline, 1936
  • Tegenaria osellai Brignoli, 1971
  • Tegenaria trinacriae Brignoli, 1971

Eratigena agrestis anciennement Tegenaria agrestis, la Tégénaire des champs[1], est une espèce d'araignées aranéomorphes de la famille des Agelenidae[2].

Distribution[modifier | modifier le code]

Cette espèce se rencontre en Europe et en Asie centrale. Elle a été introduite en Amérique du Nord[2].

Description[modifier | modifier le code]

Eratigena agrestis
Eratigena agrestis

La taille du corps n'excède pas 9,5 à 16,5 mm chez la femelle adulte pour 7 à 13,5 mm chez le mâle[3].

Le sternum de cette espèce est particulièrement caractéristique avec une large bande médiane qui se rétrécit fortement à l'extrémité postérieure. Par ailleurs, ses pattes sont plus claires que celles de sa cousine Tegenaria domestica.

Elle est une proie naturelle de Tegenaria parietina et, dans une moindre mesure, de Tegenaria atrica qui sont courantes dans les foyers d'Europe du Nord. Elle n'est pas une hôte habituelle des maisons.

Venin[modifier | modifier le code]

Considérée comme totalement inoffensive en Europe, cette espèce est pourtant soupçonnée de pouvoir s'attaquer à l'homme aux États-Unis. Dans l'imaginaire collectif, sa morsure provoquerait ainsi des nécroses tissulaires[4]. Cependant, il s'agit bien de la même espèce T. agrestis sur les deux continents ; et si le venin de la femelle est effectivement plus puissant que celui du mâle, il n'y a aucune différence en fonction de la provenance de l'araignée[5]. L'injection sous-cutanée de venin ne provoque d'ailleurs pas de nécrose[6].

Aucun article scientifique ni médical ne recense de morsure directe de tégénaire, l'araignée étant accusée a posteriori du fait de sa simple présence dans la maison du patient[7]. De façon plus surprenante encore, des nécroses de la peau ont parfois été attribuées à des morsures de Tegenaria agrestis dans des zones où l'araignée n'a jamais été observée[8] alors que les causes possibles de dermatites sont nombreuses (virus, champignons, eczéma, maladie de Lyme...) [8],[7]. Un cas suspect a été documenté : une patiente a senti une douleur à la jambe, a retrouvé un cadavre de Tegenaria agrestis dans ses vêtements, et a développé un œdème à la jambe[9]. Mais les analyses médicales ont révélé que la patiente souffrait en fait d'une thrombophlébite[7].

Enfin, Eratigena agrestis ne se montre pas agressive, même menacée ou acculée[10].

Pour ces multiples raisons, cette araignée, comme ses cousines Tegenaria domestica ou Eratigena atrica, est considérée d'un point de vue scientifique comme totalement inoffensive pour l'homme[7].

Systématique et taxinomie[modifier | modifier le code]

En 2013 cette espèce a été déplacée du genre Tegenaria au genre Eratigena avec les tégénaires géantes[11].

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Walckenaer, 1802 : Faune parisienne. Insectes. ou Histoire abrégée des insectes des environs de Paris. Paris, vol. 2, p. 187-250.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F. Gaffiot, Dictionnaire Latin-Français, Hachette, (lire en ligne), agrestis, e (ager) : 1 relatif aux champs, champêtre, agreste
  2. a et b WSC, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  3. Hobo spider
  4. (en) Vest, « Protracted reactions following probable hobo spider (Tegenaria agrestis) envenomation. », American Arachnology, vol. 48,‎ , p. 10
  5. (en) Binford, « An analysis of geographic and intersexual chemical variation in venoms of the spider Tegenaria agrestis (Agelenidae). », Toxicon, no 39,‎ , p. 955-968 (lire en ligne)
  6. (en) Bettini & Brignoli, « Review of the spider families, with notes on the lesser-known poisonous forms. », Arthropod Venoms, vol. 48,‎ , p. 103-118
  7. a, b, c et d Vetter & Isbister, « Do Hobo Spider Bites Cause Dermonecrotic Injuries? », Annals of Emergency Medicine, vol. 44, no 6,‎ , p. 605-607 (lire en ligne)
  8. a et b (en) Bennett & Vetter, « An approach to spider bites: erroneous attribution of dermonecrotic lesions to brown recluse or hobo spiders in Canada. », Canadian Family Physician, vol. 50,‎ , p. 1098–1101 (lire en ligne)
  9. (en) « Necrotic arachnidism - Pacific Northwest, 1988-1996. », Morbidity and Mortality Weekly Report, vol. 45, no 21,‎ , p. 433-436 (lire en ligne)
  10. « Hobo Spider Bite Test »
  11. (en) Bolzern, Burckhardt & Hänggi, « Phylogeny and taxonomy of European funnel-web spiders of the Tegenaria−Malthonica complex (Araneae: Agelenidae) based upon morphological and molecular data », Zoological Journal of the Linnean Society, vol. 168,‎ , p. 723-848 (résumé)