J-core

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec le Japanese hardcore, mouvement punk hardcore japonais des années 1980, ni avec la J-pop.
J-core
Origines stylistiques Musique japonaise, otaku, rave, techno hardcore
Origines culturelles Fin des années 1990 ; Japon
Instruments typiques Boîte à rythmes, clavier, échantillonneur, ordinateur, séquenceur, synthétiseur
Popularité Élevée au Japon, faible à moyenne à l'international
Scènes régionales Australie, Amérique du Nord, Japon

Genres associés

Freeform[1], gabber, happy hardcore[1], industrial hardcore, makina, speedcore[1], terrorcore[1], UK hardcore

Le terme de J-core (Jコア?) désigne un sous-genre de la techno hardcore, influencé par la sous-culture Otaku et incorporant des éléments sonores issus de musique japonaise, ayant émergé au Japon à la fin des années 1990. Le terme peut également et simplement désigner des musiques techno hardcore composées par des musiciens japonais.

Au milieu des années 1990, les genres techno hardcore et gabber, alors bien ancré aux Pays-Bas et dans les pays européens frontaliers, s'exportent en parallèle à l'international sur le continent nord-américain et au Japon. Inspirés par la notoriété et l'agressivité de ces genres, des musiciens japonais tentent de s'emparer de ce phénomène. Les instruments et le tempo caractéristiques du J-core s'associent souvent, mais pas obligatoirement, aux échantillons sonores, parfois pitchés, en provenance de séries télévisées d'animation japonaises. Certains morceaux sont des remixes de chansons J-pop. Des jeux de rythme tels que Beatmania IIDX contribuent à sa popularité grâce à de nombreux titres présents dans leurs listes. Internet contribue également à sa popularité.

Ce genre de musique électronique ne doit pas être confondu avec le terme homonyme Japanese hardcore, qui désigne un mouvement punk hardcore ayant émergé dans les années 1980[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'émergence du J-core remonte au milieu ou à la fin des années 1990 au Japon, à l'apogée des scènes techno hardcore et gabber en Europe[3],[4]. Initialement, le terme J-core, construit sur les mots « Japanese » et « hardcore »[5], désigne une variante de ces scènes musicales, influencée par la sous-culture Otaku[4],[6] ; ces variantes se composent habituellement d'échantillons sonores repris à partir d'animes[6].

Au début des années 2000, des artistes japonais pionniers du genre comme, REDALiCE, T+Pazolite, M-Project ou Technorch percent sur la scène japonaise[7]. Leur popularité s'étend au cours des années 2000, grâce à l'intégration de certaines de leurs créations dans les jeux vidéo d'arcade comme Beatmania, Stepmania, Jubeat ou Flash Flash Revolution[8],[9],[10]. Le jeu Beatmania IIDX est même considéré comme la principal source d'initiation des Japonais au son J-core[11]. Certains d'entre ces artistes accroissent leur popularité en composant des musiques pour animes ; c'est le cas pour REDALiCE qui compose un générique de fin pour Nyaruko-san[12],[13]. Dans le même temps, avec la croissance de plus en plus grandissante d'internet, les musiques catégorisées J-core se vendent sous formats CD ou formats .mp3, 192 à 320 kb/s et .wav depuis des sites japonais indépendants. À la fin des années 2000, certaines soirées organisées par des labels tels que Hardcore Tano*C accueillent lors d'événements les fans du genre.

Le terme de « J-core » apparaît vers 2006, pour désigner à l'export la musique de DJ Sharpnel, selon Technorch ; c'est à partir de cette date que le style prend son essor international[11]. À la même période, quelques événements organisent des sessions J-core en dehors du Japon, comme le label canadien Canadian Speedcore Resistance, comme en témoignent des tracts distribués par Rige Records, ainsi qu'une entrevue effectuée en 2010 avec Culture DJ du fondateur du label, DJ Plague, durant laquelle il explique « travailler de plus en plus avec la scène japonaise[14]. »

Au début des années 2010, le J-core connaît une forte popularité en Australie grâce à des soirées telles que Neko Nation, Doujindance, et AFK[6]. Entretemps, le , le disc-jockey et compositeur RoughSketch sort son premier extended play, intitulé Samurai Terrorist, chez l'emblématique label discographique néerlandais Megarave Records, spécialiste des productions techno hardcore[15]. Ceci intervient dans un contexte d'internationalisation du son J-core, et des producteurs provenant d'autres pays que le Japon, comme l'Autrichien DJ Kuro[11]. Le 17 septembre 2012, Kaoru Kimura (connu sous le nom de Betwixt & Between), l'un des notables pionniers de la scène J-core depuis 2002, décède à l'âge de 28 ans[16],[17]. Cependant, les causes de son décès restent méconnues, mais aurait d'après son blog eu des problèmes de droit d'auteurs avec le label Hardcore Tano*C[18]. Des internautes prétendent qu'il se serait donné la mort suite à une dépression majeure[19].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le J-core, ou Japanese hardcore ou Japanese hardcore dance[1], est un sous-genre de musique électronique, dérivé de la techno hardcore européenne et des musiques raves américaine et britannique, qui s'est développé au Japon. D'une manière identique à la techno hardcore, le terme de J-core regroupe un ensemble de sous-genres musicaux plus ou moins liés.

DJ Sharpnel est considéré par la presse spécialisée comme le fondateur du genre, avec la sortie en 1998 du premier EP de son label SharpnelSound, High Speed Music Team, en collaboration avec Project Gabbangelion. Ce morceau comporte les marqueurs du genre alors en gestation, à savoir un tempo aux alentours des  200BPM et des samples d'écolière japonaise issu d'un animé, faisant ressembler le tout à « un Furby possédé par un démon de la rave ». L'usage systématique de voix haut perchées, à la façon d'un gabber mélodique, plaquées sur un rythme industrial ou frenchcore, qui sont des styles où le vocal est quasi absent, font du J-core un sous-genre à part entière[11]. Autre marque de fabrique, les morceaux laissent peu de place aux boucles, vont davantage vers des changements très rapides ; ceci s'explique par le fait que les auditeurs japonais ne dansent pas sur ces morceaux, leur domicile étant très petit, et également par la forte demande de formats très courts (deux minutes par exemple) à destination du jeu vidéo[11].

Certains morceaux sont des remixes de chansons de J-pop (par exemple, le titre Blue Army, composé par le groupe DJ Sharpnel, tire des échantillons de la chanson Separation du groupe angela)[20].

Influences[modifier | modifier le code]

À l'instar de la musique gabber, autrefois le ciment d'une sous-culture gabber très dynamique aux Pays-Bas, la musique J-core est associée à une sous-culture J-core au Japon[11]. Elle est fortement inspirée par la sous-culture otaku. Le centre principal est Tokyo, avec des scènes mineures à Osaka, Sendai et Hokkaïdo.

Les événements J-core sont peu courus, l'un des plus célèbres, Extreme Hard, n'accueillant que 200 personnes, certaines pouvant atteindre les 500 visiteurs. Mais la plus grande partie de la culture j-core se déploie sur internet, au travers des sites de téléchargement illégal, des torrents et de 4chan[11]. Néanmoins, la culture J-core a pu se populariser hors les limites du Japon, au travers d'une génération nourrie d'animes tels que Dragon Ball Z, des morceaux et des clips vidéo reprenant fréquemment samples et esthétique japonaise. Du coup, Les amateurs et les producteurs de J-core, s'internationalisent à la fin des années 2000. Un article de 2015 publiée par la Red Bull Music Academy évalue d'ailleurs le nombre de fans de J-core à l'international entre 20 000 et 30 000[11].

Artistes représentatifs[modifier | modifier le code]

Les artistes et groupes représentatifs du genre incluent notamment : Buzzmasta[1], C-Type[21], DJ Noriken[22], DJ Sharpnel[1], DJ Neodash Zerox (Pays-Bas)[23], JAKAZiD[1], Kenta-v.ez[24], M-Project[7], M1dy[25], Psyba[22], REDALiCE[22], RoughSketch, Shimamura[1], Technorch[7], et T+Pazolite[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) « J-Core », sur Urban Dictionary (consulté le 4 avril 2015).
  2. (en) James Hoare, « Japanese Grindcore », Terrorizer, no 180,‎ , p. 52-53.
  3. (en) « Hardcore Techno », sur AllMusic (consulté le 25 mai 2014).
  4. a et b (en) « J-core History », sur Corehistory (consulté le 27 septembre 2010). Attention, informations parfois approximatives
  5. (en) « What Is J-core », sur jinnai1.tripod.com (consulté le 21 mai 2013).
  6. a, b et c (en) Nyan, « Noc.V Interview », sur nekoplanet.com.au,‎ (consulté le 25 mai 2014).
  7. a, b et c (en) « M-Project - animecons.com », sur Animecons.com (consulté le 25 avril 2014).
  8. (en) « FFR Song List Click column titles to Sort », sur flashflashrevolution.com (consulté le 23 juillet 2014).
  9. skateinmars, « Un nouveau DanceDanceRevolution en arcade », sur Bemani,‎ (consulté le 17 juillet 2014).
  10. (en) « Sound / M-Project », sur Konami (consulté le 25 avril 2014).
  11. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Vivian Host, « A Kick in the Kawaii: Inside the World of J-Core », Red Bull Music Academy - magazine en ligne, Red Bull Music Academy,‎ , p. Like most ’90s breakcore, it’s rife with relentless kicks and breaks at speeds upwards of 200bpm and sounds like a first-person shooter gone out of control; the trenchcoat mafia with a rainbow lining, a Furby possessed by a rave demon (lire en ligne).
  12. (en) Greg Lanson, « "Nyarko-san" TV Anime Ending Theme by REDALiCE and Alstroemeria Producer », sur Crunchyroll,‎ (consulté le 17 juillet 2014).
  13. (en) « Battle Spirits: Heroes », sur Anime News Network (consulté le 17 juillet 2014).
  14. culturedj, « Interview de DJ Plague : de l’avenir du DJing, de l’intérêt des filles et de la gloire du speedcore »,‎ (consulté le 4 avril 2015).
  15. (en) « RoughSketch - Samurai Terrorist (MRV127), [[Megarave Records]] », sur Discogs (consulté le 14 juillet 2010).
  16. (ja) « RIP... Betwixt & Between/ Kaoru Kimura » (consulté le 18 octobre 2012).
  17. (en) « Betwixt & Between », sur Discogs (consulté le 18 octobre 2012).
  18. (ja) Btwbtw, « HARDCORE TANO*Cに置ける楽曲著作権について »,‎ (consulté le 18 octobre 2012).
  19. (en) « Wait what..?… R.I.P Betwixt & Between/ Kaoru Kimura », sur doujincore.com,‎ (consulté le 18 octobre 2012).
  20. (en) « DJ Sharpnel Blue Army », sur WhoSampled (consulté le 21 mai 2013).
  21. (ja) « DJ C-TYPE – INOUE MADNESS 32 », sur jcorebiz.wordpress.com,‎ (consulté le 4 avril 2015).
  22. a, b, c et d Himura95, « Musique du Japon : Ouvrez vos oreilles au monde », sur Himuland,‎ (consulté le 4 avril 2015).
  23. (nl) « DJ Neodash Zerox », sur DJ Guide (consulté le 4 avril 2015).
  24. (ja) « kenta.v-ez », sur jcorebiz.wordpress.com (consulté le 4 avril 2015).
  25. Seb On Fire, « M1DY - Lector In The Sky With Diamorphine (Maddest Chick'ndom) - 01/04/2011 @ 08h16 », sur VS-Webzine,‎ 1er avril 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]