Système vasculaire porte hypothalamo-hypophysaire

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Système porte hypophysaire

Le système vasculaire porte hypothalamo-hypophysaire (ou système porte hypophysaire) est le système de vaisseaux sanguins qui relie, dans le cerveau, l'hypothalamus et l'anté-hypophyse, en passant par la tige pituitaire.

Structure[modifier | modifier le code]

Plusieurs veines portes (venae portales hypophysiales) partent du réseau capillaire de l'hypothalamus, situé au niveau de l'éminence médiane, et relié à l'artère hypophysaire supérieure. Elles constituent le rete mirabile (du latin rete, « réseau », et mirabile, « miraculeux »), placé sur toute la longueur de l'infundibulum. Elles alimentent le réseau capillaire de l'adénohypophyse. C'est un des rares systèmes porte de circulation dans l'organisme, c'est-à-dire qui mette en jeu deux réseaux capillaires connectés en série par des veinules. L'anté-hypophyse n'est irriguée que par le système porte[1].

Le système porte hypothalamus-hypophyse
En brun, l'hypothalamus. En jaune, l'anté-hypophyse.
2 : système vasculaire porte.

Rôle[modifier | modifier le code]

Le système vasculaire porte hypothalamo-hypophysaire permet la communication endocrine entre l'hypothalamus et l'anté-hypophyse. Il fait partie de l'axe hypothalamique-hypophysaire-adrénalien. L'anté-hypophyse reçoit du sang des hormones stimulatrices ou inhibitrices. Leur utilisation par l'anté-hypophyse permet à cette dernière de jouer son rôle régulateur des autres glandes endocrines.

Transport hormonal[modifier | modifier le code]

Les cellules régulées par différents noyaux de l'hypothalamus, c'est-à-dire des neurones parvicellulaires, libèrent des neurotransmetteurs qui servent d'hormones dans le lien entre l'hypophyse et le cerveau. Ces hormones peuvent être stimulatrices (libérines, aussi appelées releasing hormones), comme la CRH, l'hormone thyréotrope TRH, la GnRH ou la somatolibérine GHRH, ou inhibitrices (statines, aussi nommées inhibiting hormones), comme la dopamine ou la somatostatine SRIF.

Ces ligands (en l'occurrence, ici, les hormones libérées par l'hypothalamus) sont transportés par le flux axoplasmique en direction des terminaisons des axones. Par l'intermédiaire des capillaires fenêtrés du plexus veineux, ils s'écoulent dans le sang, pauvre en dioxygène, est sont transportés dans les vaisseaux sanguins du système porte directement à l'anté-hypophyse. En ne passant pas dans la circulation sanguine générale, ils ne sont pas dilués, et leur concentration reste forte dans les vaisseaux du système porte[2].

Dans l'anté-hypophyse, les hormones hypothalamiques, selon le cas, soit stimulent la libération d'hormones spécifiques (libérines), soit inhibent la production de ces hormones (statines). Les hormones hypothalamiques sont ensuite inactivées et leurs résidus libérés à nouveau dans le flux sanguin.

Les hormones hypophysaires contrôlent pratiquement toutes les fonctions du système endocrinien (mais le pancréas et les glandes surrénales interviennent également). Parmi celles-ci, la somatotropine GH (stimulée par la somatolibérine et inhibée par la somatostatine) a des effets anabolisants et contrôle la synthèse des protéines. La thyrotropine TSH (libérée par la TRH et inhibée par la somatostatine) régule la croissance de la glande thyroïde et la production de sa principale hormone, la thyroxine. Les gonadotrophines, l'hormone folliculo-stimulante FSH et l'hormone lutéinisante LH, stimulées par la GnRH, régulent l'activité des gonades et la production des hormones sexuelles, mais aussi la maturation des gamètes, le cycle menstruel et les processus physiologiques. Enfin, les hormones corticotropiques ACTH, stimulées par la CRH, ciblent le cortex surrénal[3].

Ontogénèse[modifier | modifier le code]

Le développement du système vasculaire porte hypothalamo-hypophysaire est précoce chez les mammifères : il se forme au bout de 13 jours chez le rat, trois semaines chez le lapin, 45 jours chez le mouton et moins de 80 jours chez l'homme[4].

Inhibition[modifier | modifier le code]

Le système vasculaire porte hypothalamo-hypophysaire peut être inhibé par la dexaméthasone, analogue structurel du cortisol[5].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Alain Lockhart, Lauralee Sherwood, Physiologie humaine.
  2. Kevin D. Alloway, Thomas C. Pritchard, Neurosciences médicales: les bases neuroanatomiques et neurophysiologiques.
  3. [1]
  4. Marie-Claire Levasseur, Charles Thibault, La reproduction chez les mammifères et l'homme.
  5. [2]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibligraphie[modifier | modifier le code]

  • (en) G. Fink, G. L. Smith, « Ultrastructural features of the developing hypothalamus-hypophyseal axis in the rat » Zeitung für Zellforschung, no 119, p. 208-226, 1971.
  • (en) B. Halasz, « Pituitary gland, Overview », dans Encyclopedia of Reproduction, volume 3, p. 823-831, 1999.
  • (en) H. Z. Sheng, H. Westphal, « Early steps in pituitary organogenesis », dans Trends in Genetics, no 15, p. 236-240, 1999.

Liens externes[modifier | modifier le code]