Syracuse 3

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Données générales
Organisation Drapeau de la France DGA
Constructeur Drapeau de la France Alcatel Alenia Space
Domaine Satellites de télécommunications militaires
Nombre d'exemplaires 2
Lancement 3A : 13/10/2005
3B : 11/8/2006
Lanceur Ariane 5
Identifiant COSPAR 2005-041B
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 3 725 kg
Orbite Géostationnaire

Syracuse 3 (Syracuse signifiant SYstème de RAdioCommunication Utilisant un SatellitE) est une série de Satellite de télécommunications militaires protégées et sécurisées français. C'est la troisième génération du programme Syracuse, débuté en 1980 et mené par la Délégation générale pour l'Armement.

Le coût total (satellites et stations au sol) du programme se situe entre 2 et 3 milliards d'euros.

Particularités[modifier | modifier le code]

Véhicule de l'avant blindé ML (Moyen Léger/Satellite), station de télécommunications par satellite issue du programme Syracuse III du 8e régiment de transmissions en septembre 2011.

Syracuse III est le premier réseau de télécommunications militaires satellitaires français véritablement sécurisé. Auparavant, les télécommunications militaires étaient assurées par quatre satellites Telecom 2, du programme Syracuse II. Mais ce programme était cogéré par des organismes civil (France Télécom) et militaire (État-Major des Armées), contrairement à Syracuse III qui est exclusivement militaire. La confidentialité des données et la disponibilité des éléments du système sont donc assurées de manière plus complète.

Selon le type d'opération, les capacités de communications avec Syracuse III devraient être de 3 à 10 fois plus importantes.

NATO Satcom V - NATO NSP2K[modifier | modifier le code]

En mai 2004, l'offre conjointe des ministères de la Défense de la France, de l'Italie et du Royaume-Uni a été retenue dans le cadre du programme « NATO Satcom V encore appelée NSP2K », pour assurer la retransmission des communications supra-haute fréquence (SHF) et ultra haute fréquence (UHF) de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN).

La solution trilatérale s'appuie sur les satellites militaires nationaux Skynet, Sicral et Syracuse 3.

Les capacités SHF fournies à l'OTAN seront réparties dans les proportions suivantes :

  • 45 % Skynet (Royaume-Uni)
  • 45 % Syracuse 3 (France)
  • 10 % Sicral (Italie)

La capacité UHF sera assurée totalement par l'Italie sur les satellites SICRAL, avec la possibilité d'utiliser Skynet en cas de problème avec Sicral.

Les satellites[modifier | modifier le code]

Syracuse 3A[modifier | modifier le code]

La maîtrise d'œuvre est assurée par Thales Alenia Space France (pour le segment spatial) et Thales Communications ainsi que Thales Alenia Space France (pour le segment au sol). Sa mise à poste (autrement dit son arrivée à son altitude de travail) est assurée par Thales Alenia Space France). La Direction générale de l'Armement et l'État Major des armées sont les clients de ce système stratégique.

Réalisé dans l'établissement de Cannes, le lancement a été effectué le à 22h32 TU, par une fusée Ariane 5 GS (vol 168), depuis le Centre spatial guyanais. Il a ensuite été placé en orbite de transfert, pour ensuite gagner une orbite géostationnaire à 47° de longitude est.

D'une masse au lancement de 3 725 kilogrammes, Syracuse 3A se présente sous la forme d'un bloc de dimensions 2,3 × 1,8 × 3,7 mètres. Son envergure est de 30 mètres lorsque ses deux panneaux solaires sont déployés, lui fournissant 2 400 kW d'énergie et 5 640 W en fin de vie. La plateforme de télécommunication utilisée est un Spacebus 4000B3, durcie de manière à résister à un flash nucléaire conformément aux spécifications de l'OTAN.

Syracuse 3A assure une mission de télécommunications en bande SHF (comme Syracuse 1 et 2), mais également en bande extrêmement haute fréquence (EHF). Il doit remplacer les satellites de la famille Telecom 2, ainsi que le réseau Syracuse 2.

Les couvertures en SHF sont de trois types :

  • 1 couverture fixe globale, correspondant à la totalité de la Terre
  • 2 couvertures mobiles régionales de 4 000 km de diamètre
  • 2 couvertures mobiles théâtre de 2 000 km de diamètre

Et en EHF :

  • 2 couvertures mobiles théâtre de 600 km de diamètre

Le nombre de canaux est de neuf à 40 MHz pour la SHF et de six, toujours à 40 MHz, pour l'EHF.

Syracure 3A inclut comme principale innovation l'utilisation d'une antenne active en réception qui permet d'apporter de nouvelles capacités de protection contre les brouillages.

Selon divers rapports techniques de l'Agence nationale des fréquences (ANFR) et d'organismes liés aux transmissions militaires, le réseau Syracuse 3 utilise les bandes de fréquences suivantes :

  • 7 250,00 à 7 750,00 MHz (fréquences SHF émission satellite)
  • 7 900,00 à 8 400,00 MHz (fréquences SHF réception satellite)
  • 20,200 à 21,200 GHz (fréquences EHF émission satellite)
  • 39,500 à 45,500 GHz (fréquences EHF réception satellite)

Le matériel est durci contre les flashs IEM nucléaires et met en œuvre des protections contre les brouillages.

Les forces armées utilisent également le procédé d'évasion de fréquences pour empêcher toute interception des transmissions via le modem protégé SHF MDR-P produit par Thales Communications. La fréquence des canaux change très rapidement (saut de fréquences un peu comme le GSM) selon un rythme et une logique protégée par des algorithmes de chiffrement tenus secrets.

Sa durée de vie minimale opérationnelle est de 15 ans.

Son contrôle est son maintien à poste sont réalisés par Thales Alenia Space France dans les locaux du Ministère de la Défense en région parisienne. La charge utile est contrôlée par la DIRISI en ce qui concerne les missions télécommunication et sécurité.

L'ensemble des télécommandes envoyées au satellite et des télémesures qu'il reçoit sont chiffrées et protégées contre l'intrusion et le brouillage (protections TRANSEC et COMSEC). Cette fonctionnalité est réalisée à partir d'équipements développés spécifiquement par Thales Alenia Space France pour la partie bord et Thales Communications pour la partie sol.

La planification, la configuration ainsi que la surveillance du réseau sont réalisées par la DIRISI en région parisienne au sein du CMO (Centre de Mise en Œuvre) SYRACUSE aussi connu sous le nom de CNMO-MS (Centre Nationale de Mise en Œuvre des Moyens Satellitaires).

SYRACUSE 3 (les satellites) ne sont en fait qu'une partie d'un ensemble plus vaste, le programme SYRACUSE III qui englobe les satellites ainsi que toute l'infrastructure sol et réseaux nécessaires au déploiement des stations satellitaires du Ministère de la Défense.

Les SSU (Stations Sol Utilisateur)- fournies par Thales (Thales communications et Thales Alenia Space France) vont de la station portable à dos d'homme pour les opérations spéciales aux stations déployables à très haut débit de grand diamètre qui permettent de réaliser des hubs de théâtre destinées à recevoir l'ensemble des troupes déployées sur le terrain pour les agglomérer et les retransmettre à la métropole vers les réseaux d'infrastructure et enfin les états majors.

Syracuse 3B[modifier | modifier le code]

Syracuse 3B, clone de Syracuse 3A, a été lancé le par le vol V172, 24e vol commercial de la fusée Ariane 5 ECA, depuis le Centre spatial guyanais, pour être mis sur orbite à 22h48 GMT. Il a été livré aux armées le , soit un an jour pour jour après son aîné. Avec celui-ci, il va couvrir une zone allant de l'est des États-Unis à l'est de la Chine.

Syracuse 3C[modifier | modifier le code]

Le troisième satellite, qui est développé entre 2009 et 2014, est réalisé avec l'Italie et se dénomme Sicral 2[1]. Il est mis en orbite par Ariane 5 le 26 avril 2015.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Thales Alenia Space et Telespazio signent le contrat pour Sicral 2 », Communiqué de presse TAS, Rome, 7 mai 2010, Thales Alenia Space et Telespazio signent le contrat pour Sicral 2

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]