Syndrome myéloprolifératif
Les syndromes myéloprolifératifs ou néoplasies myéloprolifératives dans la 5ᵉ édition de la classification de l’Organisation mondiale de la santé des tumeurs des tissus hématopoïétiques et lymphoïdes de 2022[1] sont un groupe rare d’affections clonales dérivant des cellules souches hématopoïétiques myéloïdes caractérisée par une activation de façon constitutive les voies de signalisation physiologiques responsables de l’hématopoïèse consécutive à des altérations génétiques.
Ils sont globalement classés en deux catégories : la leucémie myéloïde chronique avec gène de fusion BCR::ABL1-positive et les syndromes myéloprolifératifs avec gène de fusion BCR::ABL1-négatifs:
- La leucémie myéloïde chronique se caractérise par une production excessive de neutrophiles et de leurs précurseurs
- les syndromes myéloprolifératifs BCR::ABL1-négatifs sont principalement liés à des mutations des gènes Janus-kinase 2 (JAK), Calréticuline (CALR) ou MPL [2]. Ces derniers incluent : la polyglobulie de Vaquez, la thrombocytémie essentielle , la myélofibrose primitive , la leucémie neutrophile chronique , la leucémie éosinophile chronique et les syndromes myéloprolifératifs inclassables appelés syndromes myéloprolifératifs sans précision.
Jusqu’à 10 % des cas de thrombocytémie essentielle, de myélofibrose primitive ou de polyglobulie de Vaquez peuvent être triple négatifs (c’est-à-dire sans mutation JAK2, CALR ni MPL).
Évolution
[modifier | modifier le code]Dans ces hémopathies malignes chroniques, le principal risque à court terme est la survenue d’une thrombose, mais un sous-ensemble de patients peut également évoluer vers une myélofibrose secondaire, un syndrome myélodysplasique ou une leucémie myéloïde aiguë à long terme. Cependant, le risque d’évolution à long terme est hétérogène entre les différents sous-types de syndromes myéloprolifératifs : des études rétrospectives récentes suggèrent qu’une proportion élevée de patients atteints de maladie de Vaquez (jusqu’à 75 % en 13 ans) peut présenter une progression vers une myélofibrose secondaire ou une leucémie myéloïde aigue[3], tandis que dans la thrombocytémie essentielle seule une minorité de patients présente une évolution clonale et une aggravation de la maldie. L’évolution clinique des syndrome myéloprolifératif est donc caractérisée par une hétérogénéité inter-patient encore incomplètement comprise et non prédite avec précision.
Classification
[modifier | modifier le code]La prolifération prédomine sur un secteur médullaire selon la maladie.
| Gène de fusion BCR::ABL1 positif | Gène de fusion BCR::ABL1 négatif |
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Chaque sous-type de syndrome myéloprolifératif BCR::ABL1 négatif présente des caractéristiques hématologiques et moléculaires distinctes. Les progrès du séquençage de nouvelle génération et de la réaction en chaîne par polymérase ont considérablement amélioré notre compréhension du paysage mutationnel des syndromes myéloprolifératifs en identifiant des variants génétiques à l’échelle du génome et en mesurant la fréquence allélique des variants. La 5ᵉ édition de la classification de l’Organisation mondiale de la santé des tumeurs des tissus hématopoïétiques et lymphoïdes (WHO-HEM5) ainsi que la classification internationale consensuelle (ICC 2022) accordent une importance accrue aux caractéristiques génétiques par rapport à la classification de 2016 [1],[4].
Enfin, il existe des formes mixtes de syndromes myéloprolifératifs-syndromes myélodysplasiques : on peut citer notamment la leucémie myélomonocytaire chronique, les leucémies myéloïdes chroniques atypiques BCR-ABL négatives.
Sources
[modifier | modifier le code]- A Maslah, N., Benajiba, L., Giraudier, S. et al. Clonal architecture evolution in Myeloproliferative Neoplasms: from a driver mutation to a complex heterogeneous mutational and phenotypic landscape. Leukemia 37, 957–963 (2023). https://doi.org/10.1038/s41375-023-01886-0 paru sous license Creative Commons Attribution (CC BY)
- C Mahmud, M.; Vasireddy, S.; Gowin, K.; Amaraneni, A. Myeloproliferative Neoplasms: Contemporary Review and Molecular Landscape. Int. J. Mol. Sci. 2023, 24, 17383. https://doi.org/10.3390/ijms242417383 paru sous license Creative Commons Attribution (CC BY)
Références
[modifier | modifier le code]- (en) Joseph D. Khoury, Eric Solary, Oussama Abla et Yassmine Akkari, « The 5th edition of the World Health Organization Classification of Haematolymphoid Tumours: Myeloid and Histiocytic/Dendritic Neoplasms », Leukemia, vol. 36, no 7, , p. 1703–1719 (ISSN 1476-5551, PMID 35732831, PMCID 9252913, DOI 10.1038/s41375-022-01613-1, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Le Wang, Julie Li, Leah Arbitman et Hailing Zhang, « Current Advances in the Diagnosis and Treatment of Major Myeloproliferative Neoplasms », Cancers, vol. 17, no 11, , p. 1834 (ISSN 2072-6694, PMID 40507313, PMCID 12153907, DOI 10.3390/cancers17111834, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Ghaith Abu-Zeinah, Spencer Krichevsky, Tatiana Cruz et Gabriela Hoberman, « Interferon-alpha for treating polycythemia vera yields improved myelofibrosis-free and overall survival », Leukemia, vol. 35, no 9, , p. 2592–2601 (ISSN 1476-5551, PMID 33654206, PMCID 8410882, DOI 10.1038/s41375-021-01183-8, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Daniel A. Arber, Attilio Orazi, Robert P. Hasserjian et Michael J. Borowitz, « International Consensus Classification of Myeloid Neoplasms and Acute Leukemias: integrating morphologic, clinical, and genomic data », Blood, vol. 140, no 11, , p. 1200–1228 (ISSN 0006-4971 et 1528-0020, PMID 35767897, PMCID 9479031, DOI 10.1182/blood.2022015850, lire en ligne, consulté le )