Syndrome de Münchhausen par procuration

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Syndrome de Münchhausen par procuration
Description de cette image, également commentée ci-après

L'enfant mineur est statistiquement la principale victime d'un SMPP développé par l'adulte qui en a la charge
Tableau de G. Carpenter Hudson : « Anxious Moments »

CIM-10 F68.12
CIM-9 301.51
DiseasesDB 33167
MedlinePlus 001555
eMedicine med/3544 
MeSH D016735
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Syndrome de Münchhausen par procuration[1] (SMPP), parfois syndrome de Meadow (qu'il ne faut pas confondre avec le syndrome de Meadows[2]), est un nom utilisé pour décrire une forme grave de sévices à enfant au cours de laquelle un adulte qui a la charge d'un enfant provoque à son égard, de manière délibérée, des problèmes de santé sérieux et répétés avant de le conduire auprès d'un médecin ou d'un service de soins médicaux. Le but est d'attirer l'attention et la compassion à travers la maladie de l'enfant, s'agissant d'une forme de pathomimie par procuration.

Cette affection mentale est découverte et définie en ces termes en 1977 par le pédiatre anglais Roy Meadow. Également expert dans différentes affaires judiciaires en Grande-Bretagne, Roy Meadow prétend avoir examiné 400 cas[3], mais il avait falsifié ses données, des mères condamnées après son témoignage ayant été innocentées[4],[5].

Il est impossible de quantifier l'ampleur réelle et la prévalence du SMPP à l'échelle mondiale. Aux États-Unis, 1 000 cas annuels sont répertoriés grâce à l'autopsie systématique des morts subites du nourrisson. Le syndrome de Munchhausen par procuration est considéré comme une maltraitance à enfant[6] et relève juridiquement de la prise en charge de l’ « enfance en danger »[7].

La définition, le diagnostic et les conséquences liées au diagnostic de ce syndrome, notamment le risque d'erreurs judiciaires, ont entraîné de vives contestations et des polémiques revendiquées par des associations, notamment françaises et américaine, et relayées par la presse .

Étymologie[modifier | modifier le code]

Origine du terme « Syndrome de Münchhausen »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Syndrome de Münchhausen.
C'est en se référant aux aventures autant fictives qu'extraordinaires du baron de Münchhausen que le Dr Asher a créé cette appellation.(Gravure de August von Wille)

Le nom de ce syndrome dérive du baron de Münchhausen (1720-1797), militaire allemand, mercenaire engagé dans l'armée russe, auquel sont attribués des exploits invraisemblables rapportés par Rudolph Erich Raspe. Le baron de Münchhausen est aussi connu en France sous le nom de « Baron de Crac » en tant que simple traduction de ses aventures mais aussi dans des pastiches, tel que celui écrit par l'humoriste Pierre Henri Cami.

En 1951, le Dr Richard Asher, médecin endocrinologue et hématologue britannique, fut le premier à décrire un schéma d'automutilation, où les patients s'inventaient des histoires de maladie, le but étant d'attirer l'attention des membres du corps médical sur elles et de les convaincre de l'existence de cette pseudo-maladie[8]. Se souvenant des affabulations du baron de Münchhausen, le Pr Asher a dénommé cet état le « syndrome de Münchhausen ».

À l'origine, ce terme était employé pour tous les troubles fictifs. De nos jours, le corps médical spécialisé considère qu'il existe toute une gamme de troubles fictifs, et le diagnostic de « syndrome de Münchhausen » est réservé aux formes les plus graves, où la simulation de la maladie est l'activité centrale dans la vie du patient.

Origine du terme « Par procuration »[modifier | modifier le code]

En 1977, le Dr Roy Meadow, pédiatre anglais[9] a décrit, à son tour, une forme de sévices à enfant dans laquelle des parents induisent ou décrivent faussement des maladies chez leurs enfants. Il a nommé ce comportement « Munchhausen syndrome by proxy » en anglais, ce qui, une fois traduit en français, signifie « syndrome de Münchhausen par procuration ». Les termes « proxy » ou « procuration » ont la même signification dans les deux langues et sont tous les deux issus du latin procuratio, terme qui signifie « le pouvoir que quelqu’un donne à une autre personne pour agir en son nom ». Dans le cas de cet aspect du syndrome, Roy Meadow effectue une certaine forme d'abus de langage car, en réalité, le diagnostic révèle que le parent concerné prend ce pouvoir de lui-même, sans demander l'avis de l'enfant dont il a la charge, que cet enfant soit en âge de comprendre ou pas, restant ainsi une victime directe de l'attitude déviante de son parent.

Étiologie[modifier | modifier le code]

Description et définition[modifier | modifier le code]

Les individus atteints du syndrome de Münchhausen par procuration, dépositaire d'une autorité sur une tierce personne, généralement un enfant mineur, présentent des caractéristiques principalement définies selon les quatre critères suivants[10].

  • Une maladie chez un enfant qui est simulée, voire simplement produite par le parent ou le responsable de l'enfant;
  • La présentation de l'enfant pour des investigations et des traitements, de façon persistante ou inhabituelle par le parent auprès d'un service de soins;
  • La négation par le parent ou le responsable abuseur de l'origine exacte de la maladie de l'enfant;
  • Le syndrome et les signes aigus de la dite maladie qui disparaissent lorsque l'enfant est séparé du parent ou du responsable abuseur.

Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux connu dans le milieu médical sous l'acronyme DSMIV, le SMPP est classé comme « trouble factice » présenté selon trois critères diagnostiques [11]:

  • A - Production ou feinte intentionnelle de signes ou de symptômes physiques ou psychologiques.
  • B - La motivation du comportement est de jouer le rôle du malade.
  • C - Absence de motifs extérieurs sérieux à ce comportement.

Causes[modifier | modifier le code]

Les causes exactes du syndrome de Münchhausen (simple ou par procuration) n'étant pas connues, les spécialistes en sont à développer des hypothèses : certains psychanalystes attribuent ce trouble comportemental à un mécanisme de défense contre des pulsions sexuelles et agressives et d'autres présument que le syndrome de Münchhausen serait une manière de se punir pour des raisons généralement inconscientes. En outre, la présence de conflits familiaux et de troubles de la personnalité peuvent être aussi mis en cause dans cette pathologie. De surcroit, une expérience professionnelle en milieu médical peut être un facteur de risque[réf. insuffisante][12].

Manifestations cliniques[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il y a une « pathologie récidivante avérée » ayant nécessité de multiples hospitalisations, des examens complémentaires négatifs et des traitements sans succès, cela peut impliquer une manifestation de ce syndrome chez le responsable parental qui en émet les demandes. De plus, le fait qu'une éventuelle fratrie puisse avoir subi le même type de demandes de la part du responsable parental dans le passé ou dans le présent peut aussi être un indice de cette manifestation[13].

L'absence d'une réelle symptomatologie quand l'enfant est séparé du parent est un élément majeur lorsque certains types de symptômes ont été constatés (et qui peuvent avoir été provoqués), tels que :

La mère biologique est le parent responsable dans la grande majorité des cas. Elle travaille souvent dans les milieux sanitaires (hôpital ou services paramédicaux). L'ensemble des couches sociales semblent concernées et la mère présente un comportement stéréotypé car particulièrement attentionnée, elle passe de longues heures au chevet de son enfant, tout en ne semblant pas forcément aussi inquiète que le personnel soignant. Ces femmes s'épanouissent dans ce rôle d'aide aux soins et sont souvent, par leur attitude, l'objet d'une admiration de la part du personnel soignant et des autres mères. Selon une estimation, 30 à 40% d'entre elles souffriraient déjà d'un syndrome de Münchausen simple[réf. insuffisante][14].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Fréquence[modifier | modifier le code]

Ce syndrome est rare.

En Grande-Bretagne, d'après une étude de Roy Meadow et de son équipe publiée en 1996, 128 cas ont été rapportés sur deux ans, avec 8 décès[15]. Pietro Ferrara et son équipe citent une prévalence beaucoup plus élevée dans une étude sur 751 patients d'une unité de pédiatrie à Rome publiée en 2013, estimant que 0,53 % d'entre eux rencontrent les critères d'un SMPP, la mère étant citée pour responsable dans les trois quarts des cas[16].

Selon le journaliste santé Thomas Coucq, qui a interrogé le psychiatre Michel Botbol et le Dr Ivan Godfroid, « la forme la plus fréquente de SMPP consiste généralement à rechercher pour l’enfant un diagnostic psychiatrique, généralement établi sur l'interrogatoire du ou des parents qui peuvent facilement donner des réponses non conformes ou fausses »[17].

Risques de confusions avec l'autisme[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, Michel Botbol, le Dr Ivan Godfroid et la fédération française de psychiatrie estiment qu'il arrive qu'« une mère atteinte de ce syndrome pousse son enfant à se renfermer pour essayer d’obtenir un diagnostic d’autisme, au point que l’enfant finit par développer des signes qui miment réellement ce trouble »[17].

Cette allégation est contestée, entre autres, par Judith Gould, une éducatrice britannique spécialiste des enfants autistes, qui signalait en 1998 de nombreuses accusations infondées de SMPP contre des parents d'enfants autistes. L′Autism Research Institute cite le syndrome de Münchhausen par procuration comme « l'une des plus grandes injustices perpétrées contre les parents d'enfants malades », aux côtés de la théorie de la mère réfrigérateur[18].

Aspect légal[modifier | modifier le code]

Reconnue comme une maltraitance, toute conséquence qui se baserait sur une éventuelle manifestation de ce syndrome, dûment diagnostiquée par une autorité médicale compétente, repose donc sur la législation française liée à la protection des enfants victimes de sévices. Elle entraine, à la suite d'un signalement, l'action et l'intervention des autorités administratives telles que les services de protection maternelle et infantile, les services départementaux d'Aide sociale à l'enfance et les service Sociaux de secteur, sans oublier les services judiciaires (DPJJ)[19].

L'affaire Garnett-Spears[modifier | modifier le code]

Une Américaine de 27 ans a été condamnée, en avril 2015 dans un tribunal de l'État de New York, à 20 ans de prison, pour avoir tué son fils de cinq ans en lui faisant ingérer d'énormes quantités de sel. Suite aux avis des experts, le juge a estimé que la condamnée souffrait d'une maladie mentale, connue comme étant l'expression d'un cas de Syndrome de Münchhausen par procuration[20].

Le rappeur Eminem[modifier | modifier le code]

Le chanteur Eminem a déclaré avoir été la victime d'une mère atteinte du MSbP

Dans deux de ses chansons, le chanteur et rappeur américain Marshall Bruce Mathers III, plus connu sous le nom de Eminem, évoque le fait que sa mère lui inventait des maladies et lui administrait des médicaments non prescrits pour le « soigner ».

Il se déclare donc ouvertement victime du syndrome de Münchhausen. Dans la chanson Cleanin' Out My Closet[21], il relate cette fausse maladie inventée par sa mère et dans My Mom il relate l'administration de médicaments qui l'auraient empoisonné doucement durant son enfance[22].

Quelques affaires françaises[modifier | modifier le code]

En juillet 2002, la cour d'assises du Pas-de-Calais de Saint-Omer prononce une peine de huit années d'emprisonnement à l'encontre d'une mère qui a empoisonné par trois fois deux de ses plus jeunes enfants, jusqu'au décès de l'un d'eux. Durant le procès le syndrome de Münchhausen a été évoqué par les experts pour expliquer le comportement de cette mère[23].

En octobre 2011, une femme de 42 ans, accusée d'avoir attenté à la vie de ses trois enfants en leur administrant de la morphine, a été acquittée par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône au bénéfice du doute, cependant, selon l'avis de certains psychiatres, cette mère aurait pu souffrir du syndrome de Münchhausen[24].

En novembre 2014, le tribunal correctionnel de Thionville en Moselle a condamné une infirmière à deux ans de prison avec sursis et obligation de soin pour avoir injecté trois doses d'insuline à son bébé âgé d'un an. Le syndrome de Münchhausen a été évoqué par des experts lors du jugement[25].

Polémiques et controverses[modifier | modifier le code]

Controverses médicales[modifier | modifier le code]

Dés sa découverte, ce syndrome a été la source d'une certaine confusion qui s'est exprimée de différentes façons : multiples définitions, voire multiples interprétations et une réelle incapacité pour la communauté scientifique d'établir de façon satisfaisante une définition relativement précise parce que l'affection n'est pas en elle-même du domaine de la pédiatrie. Le Professeur canadien Jean Labbé, du département de pédiatrie de l'université Laval du Québec, cite en exemple, dans un de ces cours, le malentendu qui s'est mis en place pour définir réellement ce qu'est le syndrome de Münchhausen par procuration, suite aux désaccords évidents entre spécialistes « historiques » tels que les Pr Masterson et Rosenberg qui ne tirent pas les mêmes conclusions que le Pr Meadow, pourtant créateur de ce concept. Le désaccord tient aussi au développement de la maltraitance qui peut en découler[26].

La pédopsyschiatre Caroline Eliacheff, psychanalyste française qui se réfère souvent, de façon personnelle, au Dr François Dolto dans ses écrits[27], estime, quant à elle, qu'il s'agit d'un diagnostic très difficile à poser, et considère donc que des erreurs existent. [28].

Polémiques sociales et judiciaires[modifier | modifier le code]

Contestations du diagnostic du SMPP[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Des mouvements d'opposition ont été créés aux États-Unis sous la forme de groupes de soutien, pour venir en aide aux parents considérés comme faussement accusés de maltraitance. Le plus actif de ces mouvements se dénommant sous l'acronyme M.A.M.A (Mothers Against Munchausen by proxy Allegations) nie l'existence de ce syndrome[29].

En France[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Affaire Rachel.

200 associations françaises du domaine de l'autisme[30], en particulier Autisme France, estiment des confusions ont existé et existent encore, au niveau de l'établissement du diagnostic, entre le syndrome de Münchhausen par procuration (accusant généralement la mère), et des cas d'autisme, y compris de syndrome d'Asperger. Pour Danièle Langloys, « C’est ainsi que se développe en France, et seulement dans ce pays, une épidémie unique au monde de Syndrome de Münchhausen par procuration, dont sont accusées principalement des femmes seules : la littérature scientifique internationale n’a recensé que 277 cas dans le monde de personnes qui créent des troubles somatiques chez leurs enfants en les intoxiquant par exemple »[31],[32]. Ces associations de parents, ainsi que des personnes elles-mêmes autistes, dénoncent, devant l'opinion publique, ce qu'elles estiment être une « dérive » du corps médical pédopsychiatrique français, influencé par des théories psychanalytiques considérées comme obsolètes, et tentent de contester la séparation mère-enfant devant les tribunaux[33],[30].

Témoignages en faveur du diagnostic du SMPP[modifier | modifier le code]

Dans un cadre différent, d'autres personnes, telles que Julie Gregory aux États-Unis ou Delphine Paquereau en France, toutes deux victimes de sévices et auteures d'ouvrages de témoignage autobiographique, désirent porter à la connaissance du public les formes de maltraitance graves que peuvent entraîner l'existence d'un tel syndrome chez une mère et des conséquences pour les enfants lorsque le SMPP n'est pas diagnostiqué à temps et que ceux-ci restent confiés à leurs familles, sans bénéficier d'aucune protection judiciaire[34][35]

Représentations[modifier | modifier le code]

Le thème est récurrent dans la plupart des séries de fiction médicale, comme Urgences ou La Vie avant tout, ou policière — comme Bron (saison 2) ou True Detective (saison 1 épisode 6). Cependant, il ne faut pas oublier l'aspect fictionnel et largement romancé de ce type d'œuvre.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Récits autobiographiques[modifier | modifier le code]

  • Julie Gregory, Ma mère mon bourreau, Paris : Éditions l'Archipel, 2006, 275 p.
  • Delphine Paquereau, Câlins assassins, Paris : Max Milo Éditions, 2015, 256 p.

Nouvelles et romans[modifier | modifier le code]

  • Chrystine Brouillet, Soins intensifs, Montréal, La Courte échelle, 2000, 250 p. (OCLC 43710764).
  • Claire Castillon, Insecte : nouvelles, Paris, Fayard, 2005, 160 p. (OCLC 470164484)
  • Thierry Jonquet, Moloch[36],[37]
  • Patricia Cornwell, La Séquence des corps, Paris, Éditions des Deux Terres, 2006, 487 p.
  • Sebastian Fitzek, Thérapie, Paris Archipel, Montréal, Québec Édipresse, 2008, 277 p. (OCLC 312703745)
  • Marie Neuser, Un petit jouet mécanique, Marseille, l'Écailler, impr. 2012 ; 157 p. (OCLC 812517363)

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Andrea H. Japp (scénario) et Berndard Katou (dessins) : Le Syndrome de Munchaüsen, Paris, EP Éditions, 2003, 70 p. (Petits meurtres)

Au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Le cinéma et la télévision ont inspiré des films de niveaux divers, dont certains ont eu tendance à tomber dans le sensationnalisme sans trop de rapport avec la réalité. La liste, ci-dessous, bien que non exhaustive, présente les principaux films et les téléfilms diffusés en France, aux États-Unis et au Canada, par ordre chronologique, sur le sujet[38].

L'actrice Helen Slater joue le rôle d'une mère atteinte de ce syndrome dans ce téléfilm dénommé "The Good Mother".
  • A Child's Cry for Help, téléfilm, (1994)
Ce petit téléfilm américain, très respectueux de la définition du syndrome, reste peu connu hors de son pays d'origine. C'est en outre, historiquement, la première œuvre de fiction filmée basée sur les méfaits de ce syndrome, alors que celui-ci n'avait été défini pour la première fois que 17 ans avant sa diffusion.
Ce premier téléfilm sur le syndrome, interprété notamment par Pam Dawber et Veronica Hamel, qui se termine sous la forme d'un « Happy end » typique de l'époque, a été diffusé sous le titre « Un enfant en danger » dans certains pays francophones[39].
Dans ce film, un des enfants décédés (et ressenti en vision par le jeune héros) a été empoisonné progressivement par sa mère qui désirait ainsi attirer la compassion de son entourage lors de son deuil.
Dans cet épisode de cette série qui fut très populaire en France, la commissaire Julie Lescaut devra gérer la disparition d'un enfant. Au fil de l'enquête, après diverses pistes, dont celle d'un pédophile, le dénouement révélera que l'enfant a été tué « accidentellement » par sa mère. Le terme « syndrome de Münchhausen par procuration » sera prononcé une seule fois durant cet épisode par la commissaire pour expliquer le geste de la mère, sans qu'aucun autre commentaire n'y soit ajouté.
Dans ce film, même si le mauvais traitement des enfants de la part des dépositaires de l'autorité parentale est évident, il est difficile d'admettre une franche manifestation du Syndrome de Münchhausen par procuration, par la nature même d'un scénario très romancé et plutôt avide de sensations fortes[40]
Film japonais qui servira de base à un remake américain dénommé « One missed call », cinq ans plus tard.
Cette série française avec Philippe Caroit présente une vision particulière du SMPP. Cette fois-ci, il s'agit d'un père qui maltraite son enfant de 10 ans, le rendant malade en lui administrant des anticoagulants mais qui tente, pour se disculper, de faire accuser la mère de ce mauvais traitement. Le nom du syndrome est prononcé plusieurs fois pour accuser de la mère, mais les enquêteurs ne seront pas dupes de la duplicité du père et finiront par le faire déférer au parquet.
Suite du film précédent tout aussi romancé.
Film fantastique américain, remake d'un film japonais plus ancien, qui utilise comme trame le syndrome de Munchhausen par procuration afin de servir de cadre à une vengeance impitoyable. Le scénario est fort en rebondissements très classiques des films hollywoodiens, mais reste sans grand intérêt si on veut bien comprendre le syndrome.
Film fantastique américain qui évoque le syndrome de façon très secondaire et surtout très romancée.
Bien que le titre du film français contredise paradoxalement le titre anglais, ce téléfilm américain réalisé par Richard Gabai et diffusé en 2013 à la télévision reste très hollywoodien par sa nature romancée. C'est une œuvre qui présente de façon assez conventionnelle mais réaliste les dérives d'une mère visiblement atteinte de ce syndrome[41].
  • Bron, série télévisée scandinave, saison 2 épisode 6 (2013)
  • True Detective, série télévisée américaine, saison 1 épisode 6 (2014)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Également orthographié Münchausen avec un seul « h » ou Munchausen sans Umlaut.
  2. Encyclopédie Vulgaris Médical : Syndrome de Meadows
  3. Site psychoweb, page sur le syndrome de Münchhausen
  4. https://books.google.fr/books?id=qmdjCgAAQBAJ&pg=PT32
  5. Site de libération, page sur la contestation des expertises du Dr Meadow
  6. Site de la faculté de médecine de Toulouse, page sur "la maltraitance et l'enfance en danger"
  7. Site de l'ARPD, page sur la maltraitance
  8. Site onmeda.fr page sur le syndrome de Munchhausen
  9. (en) Meadow R, « Munchausen syndrome by proxy. The hinterland of child abuse » Lancet 1977;2:343–345
  10. Site de l'université de Laval, département de Pédiatrie, page sur le SMPP
  11. F68.1 [300.19] Trouble factice non spécifié, page 597
  12. Site onmeda, page sur les cause du syndrome de MUnchhausen
  13. Site Esculape, page sur le SMPP
  14. [Site psychoweb, page sur le syndrome de Münchhausen]
  15. (en) R. J. McClure, P. M. Davis, S. R. Meadow et J. R. Sibert, « Epidemiology of Munchausen syndrome by proxy, non-accidental poisoning, and non-accidental suffocation », Arch. Dis. Child.,‎ , p. 57–61.
  16. (en) Pietro Ferrara, Ottavio Vitelli, Giorgia Bottaro, Antonio Gatto, Pio Liberatore, Paola Binetti et Achille Stabile, « Factitious disorders and Munchausen syndrome: the tip of the iceberg », J. Child Health Care,‎ (ISSN 1741-2889), p. 366–374.
  17. a et b Thomas Coucq, « Münchhausen par procuration : un syndrome rare », E-santé,‎ (consulté le 3 janvier 2017).
  18. « Le “Docteur Münchhausen” n’exercera plus », ARRI, Autism Research Institute, no 2,‎ (lire en ligne).
  19. Site de médecine UPS, page sur la protection de l'enfance
  20. Site de France-Info, page sur l'affaire Garnett-Spears
  21. http://www.lacoccinelle.net/242745.html Site de la coccinelle.net, traduction de la chanson d'Eminem "Cleaning out my closet
  22. Site de la Presse, page sur le jugement Garnett-Spears et le rappeur EMINEM
  23. Site de Libération, page sur l'affaire de la mère empoisonneuse du Pas-de-Calais
  24. Site d'Europe 1, page sur l'affaire de la mère empoisonneuse des Bouches du Rhône
  25. Site de Métronews, page sur l'affaire de l'empoisonneuse de la Moselle
  26. Site de l'université de Laval, page sure notes de cours du Pr Jean Labbé
  27. Site de l'Express sur http://www.lexpress.fr/informations/caroline-eliacheff_646957.html
  28. Caroline Eliacheff, « Le syndrome de Münchausen par procuration psychique », Figures de la psychanalyse, vol. no 12, no 2,‎ , p. 149–164 (ISSN 1623-3883, lire en ligne)
  29. « Site de msbp ».
  30. a et b AFP, « Grenoble: les trois enfants autistes de Rachel restent placés », France Télévision,‎ (consulté le 19 janvier 2016).
  31. Danièle Langloys Autisme France, « Rapport de Autisme France sur les dysfonctionnements de l'aide sociale à l'enfance », AFPSSU,‎ .
  32. « Chronique sur un scandale ordinaire », Autisme France,‎ .
  33. Elsa Maudet, « Les placements abusifs d'enfants autistes : le scandale qui monte », Libération,‎ .
  34. Site de MaxMilo Éditions, page sur le livre "Calins assassins"
  35. site l'info de la Réunion, page sur les victimes sur le SMPP
  36. Henry Michel, « Le syndrome de Münchhausen frappe deux fois. Deux mères ont été accusées d'avoir empoisonné leur fille par des injections d'insuline. », Libération,‎ (lire en ligne)
  37. Marc Pivois, « L'affaire des poisons en famille. Caroline faisait d'étranges crises d'insulinisme. Qui est responsable ? Sa mère perturbée, décédée dans des conditions mystérieuses ? son beau-père chirurgien ? Retour sur une enquête à tiroirs. », Libération,‎ (lire en ligne)
  38. Site de revistamedinaciné sur le SMPP
  39. site allocine, page sur "A child'scry for help"
  40. site d'allociné, page sur le film "La prison de verre"
  41. site d'allociné, page sur le film "une mère indigne"

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Binet 2001] Éric Binet, « Le Syndrome de Münchhausen Par Procuration : », Devenir, vol. 13, no 2,‎ , p. 29–39 (ISSN 1015-8154, lire en ligne)
  • [Éliacheff 2005] Caroline Éliacheff, « Le syndrome de Münchausen par procuration psychique », Figures de la psychanalyse, vol. 12,‎ , p. 149-164 (lire en ligne)
  • [Pernot-Masson 2004] Anne-Catherine Pernot-Masson, « Psychothérapie d'une maman trop attentionnée : un syndrome de Münchhausen par procuration », La psychiatrie de l'enfant, vol. 47,‎ , p. 59-101 (lire en ligne)