Syndrome d'Ekbom

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Description du syndrome par le neurologue Karl-Axel Ekbom

Le syndrome d'Ekbom, également appelé délire dermatozoïque ou délire d'infestation cutanée ou délire de parasitose, est, au sein du groupe des psychoses, une forme particulière de délire chronique, apparaissant généralement à l'âge adulte et centré sur la conviction délirante d'être infesté de parasites corporels.

Ce syndrome de nature comportementale est généralement bien plus observé et découvert par les dermatologues que par les psychiatres[1]. Il affecte le plus souvent des personnes âgées (deux ou trois femmes pour un homme) vivant seules dans des conditions matérielles précaires.

Description[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un syndrome rare, touchant préférentiellement le sujet adulte ou âgé, les femmes plus souvent que les hommes.

Le diagnostic nécessite la collaboration du psychiatre et du dermatologue[2].

Le patient est convaincu de l'infestation parasitaire, mais il n'y a aucun signe objectif constatable. Il décrit des picotements cutanés, des sensations de grouillement, etc. Il existe parfois des lésions de grattage. Il pense amener des « preuves » au médecin, mais ce sont en général de petits bouts de laine, ou bien des squames qu'il montre victorieusement comme une preuve de la réalité de ses allégations. Le patient n'est pas accessible au raisonnement, et s'il a le sentiment de ne pas être cru, il va avoir tendance à consulter un autre médecin. Typiquement, il n'y a pas d'autre élément délirant, le patient est cohérent en dehors de cette conviction délirante très précise.

Pour la nosologie psychiatrique, il s'agit donc d'un trouble délirant non schizophrénique. Rarement, on peut l'observer au cours de la schizophrénie ou d'un épisode dépressif, mais il est le plus souvent isolé.

Historique[modifier | modifier le code]

Karl Axel Ekbom (1907-1977) neurologue suédois qui a décrit ce tableau clinique en 1938, n'est pas, en fait le premier à avoir isolé ce type de délire qu'Henri Ey intitulait « obsessions hallucinatoires zoopathiques ». C'est un dermatologue français, Georges Thieberge qui a donné la description la plus précise en 1894[3] , en différenciant les parasitophobies secondaires à une réelle parasitose cutanée, mais guérie et les parasitophobies primitives. Les critères cliniques constamment retrouvés depuis lors sont : apparition chez une femme, après 60 ans (rôle de la xérose cutanée ménopausique ?) de sensations de démangeaisons, de fourmillements superficiels ; la conviction inébranlable d'un parasitisme exogène ; la recherche constante de ces petites bêtes indésirables et des tentatives répétées pour les détruire. L'entourage peut participer à ces tentatives en adhérant ou pas au délire mais pour satisfaire affectueusement leur proche. De multiples prestataires de service peuvent être sollicités pour désinfecter la maison et l'environnement domestique, avec parfois des abus de prestations et de facturations auprès de personnes âgées vulnérables[4].

Traitement[modifier | modifier le code]

Le traitement, qui demande une étroite collaboration avec un dermatologue et un psychiatre, nécessite généralement un traitement médicamenteux. Un neuroleptique, tel que le pimozide est généralement le plus souvent recommandé actuellement[5], éventuellement associé à un antidépresseur.

Le traitement apporte généralement des rémissions suivies de rechutes. Il est également nécessaire de fournir à ces patients un appoint psychothérapique[5], et de favoriser les mesures sociales visant à réduire la solitude.

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Film[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Épisode de la série américaine dénommé « La Guerre des coprophages » de Kim Manners (scénario de Darin Morgan).
Épisode de la série américaine dénommé : «  Sous la peau » de Larry Teng,  qui relate de cette maladie. Celui-ci présente, sous la forme d'une fiction, ce syndrome sous la forme d'un délire psychopathologique pouvant conduire à des actes criminels. Cet épisode se déroule précisément à Atlanta et fait référence aux investigations du CDC.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Aït-Ameur, P. Bern, M.-P. Firoloni et P. Menecier, « Le délire de parasitose ou syndrome d'Ekbom », Revue de médecine interne, vol. 21, no 2,‎ , p. 182-186 (PMID 10703075).
  • (de) Ekbom K. « Der Praesenile Dermatozoenwhan » Acta Psych. et Neur. 1938;13:227-259.
  • Thibierge G. « Les acarophobes » Revue Générale de clinique et de thérapeutique 1894;32:373-376.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]