Syndrome Trinity

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Le Trinity syndrome, ou syndrome Trinity qualifie un personnage féminin fort qui s'efface dans une fiction au profit du héros masculin, nommé en référence au personnage de Trinity dans la série de films Matrix.

Description[modifier | modifier le code]

Inventée par la critique Tasha Robinson en 2014[1], l'expression désigne un personnage féminin fort qui s'efface au profit d'un homme souvent ordinaire[2],[3] voire à moitié incompétent[4]. L'idée sexiste sous-jacente est qu'« une femme a beau être extraordinairement compétente, intelligente, forte, etc., elle sera toujours moins digne d'intérêt qu’un homme[2] ».

S'il permet de sortir du cliché de la demoiselle en détresse[4], un « personnage féminin fort », cliché par ailleurs critiqué[5],[1],[6], n'est donc pas considéré comme un gage de féminisme[1].

Exemples[modifier | modifier le code]

L'expression s'inspire du personnage de Trinity dans la série de films Matrix[7]. Dans l'article original, Tasha Robinson donne également l'exemple de Valka, la mère d'Harold dans Dragons 2 ou de Wyldstyle dans La Grande Aventure Lego[1],[2].

Le cas Trinity[modifier | modifier le code]

Trinity possède de nombreux talents : elle maîtrise des arts martiaux (dans la première scène du film, elle neutralise seule tout un groupe de policiers), elle court sur les murs et réalise des bonds extraordinaires, elle est une hackeuse légendaire[2]… Neo est présenté comme un homme ordinaire sans talent, mais c'est pourtant lui qui est désigné comme « l'Élu »[2],[8].

Dans la mécanique scénaristique, elle finit par être cantonnée au rôle d'intérêt amoureux du héros[2]. Elle se retrouvera d'ailleurs dans la position de « damoiselle en détresse »[2].

Autres exemples[modifier | modifier le code]

Outre l'exemple de Trinity, qui donne le nom au concept, on peut citer :

Contre-exemples[modifier | modifier le code]

À la suite de l'article de Tasha Robinson, l'écrivaine Nina Munteanu (en) dresse une liste de livres faisant figure de contre-exemples : Hunger Games (Suzanne Collins), Divergent (Veronica Roth), Contact (Carl Sagan), L'une rêve et l'autre pas (Nancy Kress), À la croisée des mondes (Philip Pullman), La Servante écarlate (Margaret Atwood)[9]etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) Tasha Robinson, « We’re losing all our Strong Female Characters to Trinity Syndrome », sur thedissolve.com, (consulté le ).
  2. a b c d e f g h i j k l et m Paul Rigouste, « 10 films pour comprendre le « syndrome Trinity » », sur lecinemaestpolitique.fr, (consulté le ).
  3. Zoé Keunebroek, « Episode 2 – L’arc narratif en valeur: Le test de Mako-Mori », sur mozaique-media.fr, (consulté le ).
  4. a b et c (en) Constance Grady et Javier Zarracina, « Every semi-competent male hero has a more talented female sidekick. Why isn’t she the hero instead? », sur Vox, (consulté le ).
  5. (en) Sophia McDougall, « I hate Strong Female Characters », sur newstatesman.com, (consulté le ).
  6. Mirion Malle, « Les personnages féminins forts : bagarre mais pas seulement », sur mirionmalle.com, (consulté le ).
  7. « #JamaisSansElles: au cinéma, la mixité c'est encore… du cinéma », L'Express, (consulté le ).
  8. a b c d e et f Priscilla Brégeon-Minos,, « Le syndrome de Trinity, ou quand les femmes sont reléguées à des rôles de bras droits au cinéma », sur peaches.fr, (consulté le ).
  9. (en) Nina Munteanu (en), « Women Heroes in Literature, Movies and Pop Culture », sur ninamunteanu.me, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brigitte Rollet, « Réflexions sur les féminismes au cinéma (chantier en cours) », Diogène, vol. 3-4, nos 267-268,‎ , p. 102 à 116 (DOI 10.3917/dio.267.0102).

Articles connexes[modifier | modifier le code]