Symphonie nº 7 de Bruckner

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La symphonie n° 7 en mi majeur d'Anton Bruckner est la symphonie la plus exécutée du compositeur grâce, sans doute, à l'incomparable Adagio. Bruckner commence à écrire la Symphonie en septembre 1881. Le premier mouvement est terminé en juillet 1882. La Septième – souvent intitulée Symphonie des trémolos est la plus ardente des symphonies du compositeur.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Composition : du au

Dédicace : À Louis II de Bavière

Première audition : le sous la direction d'Arthur Nikisch (sans les tubas), succès mais critiquée.

La symphonie est écrite pour 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, 4 tubas wagnériens (2 tubas ténors, 2 tubas basses) et 1 tuba contrebasse, timbales, triangle, cymbales et les cordes.

La symphonie est en quatre mouvements :

  1. Allegro moderato
  2. Adagio : sehr feierlich und sehr langsam
  3. Scherzo : sehr schnell
  4. Finale : bewegt, doch nicht schnell

Durée d'exécution : 65-70 minutes

Mouvements[modifier | modifier le code]

Le thème principal du premier mouvement apparaît après un doux trémolo des cordes dit "Urnebel", qui est une des idées mélodiques les plus étendues et les plus riches de l'histoire de la musique. C'est de ce thème et dans son rapport que naissent et découlent non seulement les deux autres thèmes de cette partie mais aussi le développement de toute la composition. Le Scherzo qui regorge de sons, au thème fortement rythmé formé en octaves, quintes et quartes, est le mouvement le plus prisé . L’Adagio est considéré comme le morceau le plus important de cette symphonie. En l'honneur de Wagner, l'Adagio se construit autour de deux thèmes monumentaux, introduisant le chant du Te Deum (correspondant aux paroles "Non confundar in aeternum" : "Je n'aurai pas honte pour l'éternité") que Bruckner compose en même temps. Dans ce mouvement, Bruckner est le premier compositeur à utiliser, dans une partition autre que l'opéra, quatre des "Wagnertuben" (tubas de Wagner) que le maître de Bayreuth fait fabriquer spécialement pour l'exécution de sa Tétralogie. Le thème du finale découle du premier mouvement en étant plus rythmique, et avec le thème contrastant du choral, Bruckner utilise d'incessantes variations culminant en une éblouissante coda.

I - Allegro moderato[modifier | modifier le code]

Dès le début, les cors et violoncelles entonnent le long thème principal élégiaque avec des tremolos que reprennent les altos. A intervalle court, le hautbois et la clarinette introduisent le tranquillo du second thème : une généreuse extase dont les harmonies, le coloris et le remarquable doublé font penser à Wagner. Le développement est tout à fait sous le signe de l'envoûtement de l'Anneau du Nibelung. Quelques timides essais des cors pour esquisser une mélodie chorale mais couverts par des images de l'idée fondamentale et par le deuxième thème.

II - Adagio : sehr feierlich und sehr langsam (très solennel et très lent)[modifier | modifier le code]

La mort de Wagner obsède : "Je rentrais chez moi un jour, très triste ; je me disais il est impossible que le Maître vive longtemps encore. À ce moment précis, l'Adagio en ut dièse mineur me fut inspiré". Dans un tempo Misterioso e lente assai , quatre tubas wagnériens (Wagnertuben) et un tuba contrebasse modulent comme de belles orgues un thème d'une rare élévation que les violons reprennent avec une mélodie que l'on relève dans son Te Deum. Apprenant le décès de Richard Wagner, en fut extrêmement affecté et modifia la fin de l'Adagio, insérant un choral funèbre aux cors, tubas wagnériens et tuba basse juste avant la coda terminale. Cet adagio a été exécuté aux obsèques du compositeur dans un arrangement pour harmonie de Ferdinand Löwe. Il a également été diffusé sur la radio allemande au lendemain de la mort d'Adolf Hitler.

III - Scherzo : sehr schnell (très vite)[modifier | modifier le code]

Selon la légende, le thème de la trompette est suggéré au compositeur par le chant d'un coq qui le réveille chaque matin à Saint-Florian. Lorsque les bois et les cordes se mettent à marteler leurs gammes sur des rythmes inexorables, on ne peut qu'être saisi d'effroi. Le trio (en fa majeur) paraît, au départ, idyllique, grâce à son thème mélodieux et pastoral, mais les duolets apportent une légère angoisse qui se dissipe dans les dernières mesures pour laisser la place à une flûte donnant une mélodie. C'est l'un des plus beaux Scherzo des symphonies de Bruckner, avec celui de la 6e et de la 9e.

IV - Finale : bewegt, doch nicht schnell (animé mais pas rapide)[modifier | modifier le code]

L'idée fondamentale domine le finale. Particulièrement enjouée à l'excès, elle révèle vers la fin une tristesse profonde. Un contraste se présente avec un choral que l'on retrouve à la fin du développement mais qui se perd à la répétition du mouvement. La symphonie se termine sur un monumental retour de l'idée fondamentale du premier mouvement.

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Édition Gutmann (1885, révision par Schalke et Löwe)
  • Édition Haas (1944)
  • Réédition par Nowak en 1954 : quelques changements mineurs, notamment rétablissement du coup de cymbales et du tremolo de triangle et de timbale lors du climax de l'Adagio (que Haas avait supprimés)

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Édition Gutmann (1885)[modifier | modifier le code]

Édition Haas (1944)[modifier | modifier le code]

Édition critique de Nowak (1954)[modifier | modifier le code]

Arrangement[modifier | modifier le code]

Les compositeurs Karl Rankl et Hanns Eisler ont réalisé un arrangement de la symphonie pour orchestre de chambre.

Source[modifier | modifier le code]

  • Sommets de la Musique par C. Howeler, version française (Edition Flammarion en France).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'élément tragique et la grandeur du discours sont inégalés. C'est bien un disque pour une île déserte, à garder et chérir pendant toute la vie. Ironiquement, sa grandeur tragique n'a pas dissuadé les nazis de diffuser ce disque à la radio Berlin pour annoncer la mort de Hitler, bien après que Furtwängler ait fui l'Allemagne. Contentons nous de dire qu'aucun homme, aussi grand soit-il, ou a fortiori vil, n'est digne des dimensions de cette œuvre. » Sami Habra, CD Furtwängler « revisité », FURT 1099, Tahra,‎ , p. 5.
  2. a et b quatre étoiles dictionnaire des disques et compacts, Diapason, Bouquins/Laffont (ISBN 2-221-05660-4)

Liens[modifier | modifier le code]