Symphonie nº 5 (Prokofiev)

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Symphonie no 5
en si bémol majeur
Opus 100
Image illustrative de l’article Symphonie nº 5 (Prokofiev)
Prokofiev

Genre Symphonie
Nb. de mouvements 4
Musique Sergueï Prokofiev
Effectif Orchestre symphonique
Durée approximative 40 minutes
Dates de composition 1944
Création
Conservatoire Tchaïkovski de Moscou
Interprètes Orchestre symphonique de la fédération de Russie, Sergueï Prokofiev (direction)
Versions successives

La Cinquième symphonie en si bémol majeur, opus 100 (1945) de Sergueï Prokofiev est la plus vaste et par certains aspects la plus grandiose de ses sept symphonies. À l’instar de la Septième symphonie de Chostakovitch et de la Symphonie no 2 de Khatchatourian, c'est une œuvre « patriotique » et « de guerre ».

Structure[modifier | modifier le code]

De coupe classique et de caractère linéaire, l’œuvre est en quatre mouvements :

  1. Andante
  2. Allegro marcato
  3. Adagio
  4. Allegro giocoso

Histoire de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Composition[modifier | modifier le code]

La 5e symphonie a été écrite près de 14 ans après sa quatrième symphonie. Ses premières esquisses datent de l'été 1944.

Création et réception[modifier | modifier le code]

La symphonie a été créée le au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou par l'Orchestre symphonique de la fédération de Russie dirigé par le compositeur. La réception fut triomphale[1]. Prokofiev se vit attribuer le prix Staline en 1945 pour la seconde fois.

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

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Les mouvements centraux sont les plus personnels : l’allegro est du « pur Prokofiev » : sarcastique, mordant, puissamment rythmé ; l’adagio est quant à lui une longue plainte tantôt déchirante, tantôt glacée, quelquefois aux limites de la tonalité. C'est le plus mahlérien des mouvements jamais écrits par le compositeur. Le premier mouvement constitue un portail somptueux mais un peu pompeux[réf. nécessaire], plein de menace sourde et de résolution héroïque, faisant appel à d’impressionnants alliages de cuivres et de cordes, tandis que le dernier mouvement célèbre, avec une joie entraînante mais d'une légère vulgarité[réf. nécessaire] (dont il est impossible d'évaluer sincèrement le degré d'ironie), le triomphe des forces du Bien.

Le compositeur y accordait une grande importance, la concevant comme « la symphonie de la grandeur de l'esprit humain, comme un chant d'hommage à l'homme libre et heureux, en quelque sorte le point final de toute une phase créatrice »[2]

Andante[modifier | modifier le code]

Ce mouvement initial est bâti sur deux thèmes principaux et deux idées secondaires. Le premier thème est d'abord énoncé par les bois, puis repris par les violons, et ensuite étendu à l'orchestre entier. Puis le second thème, plus délicat, est d'abord joué par la flûte et le hautbois, puis repris par les violons.

Environ 13 minutes.

Allegro marcato[modifier | modifier le code]

Brillante toccata en fa majeur dans le style motoriste cher au compositeur, la clarinette expose le thème souvent paraphrasé selon des formules rythmiques variées avec accompagnement d'ostinato. Repris par les premiers violons, puis par le hautbois et ensuite la flûte, il laisse place à un deuxième thème legato en double croches aux violons. Le premier thème est ensuite repris par les bois et cors, puis les trompettes, en un crescendo irrésistible.

Environ 9 minutes.

Adagio[modifier | modifier le code]

Ce mouvement lent contraste avec les précédents par son lyrisme, aux accents tragiques.

Environ 15 minutes.

Allegro giocoso[modifier | modifier le code]

Le finale combine l'enjouement du second mouvement et le lyrisme du troisième. L'introduction évoque le thème principal du premier mouvement, confié aux violoncelles. Après cette gravité initiale, la clarinette entame un thème enjoué à la façon d'un rondo, qui conduit à la gaieté finale.

Environ 10 minutes.

Orchestration[modifier | modifier le code]

Instrumentation de la Symphonie no 5
Cordes
premiers violons, seconds violons, altos,

violoncelles, contrebasses, harpe

Bois
1 piccolo, 2 flûtes, un cor anglais, deux clarinettes (si bémol)
une clarinette piccolo, une clarinette basse, 2 bassons, 2 hautbois,
Cuivres
4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, un tuba
Clavier
Piano
Percussion
timbales, triangle, tambourin, tambour, cymbales, grosse caisse, tam-tam

Prokofiev à propos de la 5e symphonie[modifier | modifier le code]

« Elle couronne en quelque sorte toute une période de mon travail ; je l'ai pensée comme une œuvre glorifiant l'âme humaine. Dans la 5e Symphonie, j'ai voulu chanter l'homme libre et heureux, sa force, sa générosité et la pureté de son âme. Je ne peux pas dire que j'ai choisi ce thème : il est né en moi et devait s'exprimer[3]. » Le pianiste Sviatoslav Richter, dédicataire de la 9e sonate, trouve que la musique de Prokofiev est à son apogée dans la 5e symphonie. Prokofiev trouvait d'ailleurs qu'il s'agissait de sa meilleure œuvre[4].

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Claude Samuel, Prokofiev, mai 1995, Seuil. (ISBN 2-02-024580-9)
  • Simon Morrison The People's Artist. Prokofiev's Soviet Years Oxford University Press, 2009 :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ivry B, notice de l'enregistrement de l’œuvre par Dmitrij Kitajenko, éditions Phoebus
  2. Prokofiev, Mes Œuvres pendant la guerre
  3. (fr) Claude Samuel, Prokofiev, mai 1995, Seuil. (ISBN 2-02-024580-9)
  4. (fr) Richter - écrits et conversations, Bruno Monsaingeon, Actes Sud, 1998, (ISBN 2-7427-1981-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]