Sylvina Boissonnas
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Sylvie Boissonnas (d) |
Sylvina Boissonnas, née le à Toulouse, est une mécène française. Réalisatrice, elle est à l'origine de nombreuses productions cinématographiques, de la création des éditions Des femmes et du journal L'Idiot international.
Biographie
[modifier | modifier le code]Sylvina Boissonnas naît le à Toulouse, de parents protestants[1]. Descendante de la famille Schlumberger par sa mère (Sylvie Schlumberger) et fille d'Éric Boissonnas, Sylvina Boissonnas a une sœur et deux frères[1]. Son enfance est perturbée par de nombreux allers-retours entre la France et les États-Unis, mais la famille s'installe pour de bon en France en 1958 au commencement de son année de Terminale[1]. Elle étudie ensuite l'histoire de l'art, puis la psychanalyse[1]. Elle reçoit, à 21 ans, un important héritage.[réf. souhaitée]
Après les événements de mai-juin 1968 où elle subit des coups de matraque de CRS alors qu'elle observait ce qui se passait au quartier latin, elle rompt avec sa famille bourgeoise[1] et devient une figure majeure de la culture underground parisienne[2]. Engagée dans le militantisme d'extrême gauche, elle décide alors de financer plusieurs projets à caractère artistique[3].
À la fin des années 1960, elle produit des films de jeunes réalisateurs dont Philippe Garrel, Daniel Pommereulle et Jackie Raynal, sous le label Zanzibar[4],[5],[6]. Elle apparaît alors comme une « productrice aux méthodes plus qu'atypiques qui ne demande de comptes à personne et laisse une totale liberté de création[7]. »
En 1969, elle finance la création de L'Idiot international, journal dirigé par Jean-Edern Hallier[8].
En 1970, elle réalise un long-métrage intitulé Un film, sélectionné par la quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes[9], qualifié de « chef-d'œuvre singulier et émotionnel » par Nicole Brenez[10], et que la réalisatrice décrit ainsi : « Le film, tout à fait autobiographique, met en scène une régression à la vie intra-utérine qui représente au moins trois états psychiques[11]. »
Au début des années 1970, elle renonce à la production cinématographique[12] et oriente son mécénat vers le mouvement de libération des femmes[13] après avoir rencontré des militants de Vive la révolution, et le collectif Psychanalyse et Politique dans lequel elle milite activement[1]. Aux côtés d'Antoinette Fouque, et en lien avec le MLF, elle participe à la direction des éditions Des femmes, qu'elle finance depuis leur lancement en 1974, et signe le Manifeste des 343[1].
En mars 1979, à Téhéran, elle coréalise un documentaire intitulé Mouvement de libération des femmes iraniennes, Année Zéro[14], sur les manifestations des femmes iraniennes contre le port obligatoire du voile imposé en Iran[15],[16].
En octobre 1979, Sylvina Boissonnas, Antoinette Fouque et Marie-Claude Grumbach déposent à la préfecture de police une association du nom de « Mouvement de libération des femmes - MLF », et enregistrent le MLF et son logo comme marque commerciale à l'Institut national de la propriété industrielle, ce qui suscite la polémique[17],[18].
Elle décide d'étudier l'architecture en 1985, et une fois son diplôme obtenu en 1996, elle passe un DEA en études féminines à Paris 8 avec pour thème « L'architecture de l'hôpital et l'hospitalité du corps maternel »[1].
Au printemps 1999, Sylvina Boissonnas est, avec Florence Prud'homme, en mission pour l'AFD (Alliance des femmes pour la démocratie) à Tirana pour rencontrer Silvana Miria dont l'association porte secours aux femmes kosovares réfugiées en Albanie[19]. En 2004, Sylvina Boissonnas dirige Depuis 30 ans des femmes éditent... Histoire de femmes 1974-2004, une anthologie historique consacrée aux éditions Des femmes.
Filmographie
[modifier | modifier le code]Réalisatrice
[modifier | modifier le code]- 1970 : Un film, long métrage 35 mm, scope, couleur, 60 min.
- 1979 : Mouvement de libération des femmes iraniennes, année zéro, documentaire 16 mm, couleur, 13 min.
Productrice
[modifier | modifier le code]- 1968 : Le Révélateur de Philippe Garrel
- 1968 : Ici et maintenant de Serge Bard
- 1968 : Home movie. Autour du lit de la vierge de Frédéric Pardot (court métrage)
- 1968 : La Concentration de Philippe Garrel
- 1968 : Fun and Games for Everyone de Serge Bard
- 1968 : Deux fois de Jackie Raynal
- 1969 : Vite de Daniel Pommereulle (court métrage)
- 1969 : Le Lit de la Vierge de Philippe Garrel
- 1969 : À quoi rêve le fœtus ? de Michel Fournier
- 1969 : Acéphale de Patrick Deval
- 1969 : Détruisez-vous de Serge Bard
- 1970 : Piège de Jacques Baratier
- 1970 : La Cicatrice intérieure de Philippe Garrel
- 1971 : No pincha de Tobias Engel (documentaire)
- 1972 : Faire la déménageuse de José Varela
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Christine Bard et Sylvie Chaperon (Notice rédigée par Bibia Pavard et Hélène Fleckinger), Dictionnaire des féministes : France, XVIIIe – XXIe siècle, Paris, Presses universitaires de France, , 1700 p. (ISBN 978-2-13-078720-4, OCLC 972902161, BNF 45220443, lire en ligne), p. 175 à 177
- ↑ Perrine Kervran et Anaïs Kien, Les Années Actuel. Contestations rigolardes et aventures modernes, éd. Le Mot et le reste, coll. « Attitudes », 2010, p. 22.
- ↑ Bibia Pavard, Les Éditions des femmes. Histoire des premières années, L'Harmattan, 2005, p. 66.
- ↑ Philippe Azoury, « Un zeste de Zanzibar », Libération, 6 juin 2001
- ↑ Sylvina Boissonnas, Unifrance Films International, consulté le 8 juillet 2013.
- ↑ Sylvina Boissonnas, quinzaine-realisateurs.com, consulté le 8 juillet 2013.
- ↑ Zanzibar : les films Zanzibar et les dandys de mai 1968, Bibliothèque du film, consulté le 8 juillet 2013.
- ↑ Collectif, L'Idiot International. Une anthologie, Albin Michel, 2005, p. 26 ; 109.
- ↑ Un film de Sylvina Boissonnas, quinzaine-realisateurs.com, consulté le 8 juillet 2013.
- ↑ Nicole Brenez, « A propos de Un Film par Sylvina Boissonnas », dans Jeune, dure, et pure. Une histoire du cinéma d'avant-garde et expérimental, sous la direction de Nicole Brenez et de Christian Lebrat, éditions Cinémathèque française, 2000, p. 297.
- ↑ opus cité.
- ↑ Art press, volumes 264 à 273, 2001, p. 53
- ↑ Anna Alter et Perrine Cherchève, La Gauche & le sexe, éd. Danger public, 2007, p. 84.
- ↑ Mouvement de libération des femmes iraniennes, Année Zéro, cinemasdiran.fr, consulté le 8 juillet 2013.
- ↑ Kate Millett, Going to Iran, photographies de Sophie Keir, Coward, McCann et Geoghegan, New York, 1982, 334 pages ; En Iran, Des femmes, Paris, 1979, 452 pages.
- ↑ Claudine Mulard, « Téhéran, mars 1979, avec caméra et sans voile, journal de tournage », Les Temps modernes, n° 661, nov-déc 2010, p. 161-177.
- ↑ Chroniques d'une imposture, Du Mouvement de libération des femmes à une marque commerciale, préface de Simone de Beauvoir, AMLF, Paris, 1981.
- ↑ François Picq, « MLF : 1970, année zéro », Libération, 7 octobre 2008.
- ↑ Sylvina Boissonnas (dir.), Depuis 30 ans des femmes éditent... (2004), éditions des femmes, 2006, p. 266.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Nicole Brenez et Christian Lebrat (dir.), Jeune, dure et pure. Une histoire du cinéma avant-garde et expérimental, Paris, éditions Cinémathèque française, 2000.
- Christophe Bourseiller et Olivier Penot-Lacassagne (dir.), « Zanzibar » Contre-cultures !, Paris, CNRS Éditions, 2013.
- Bibia Pavard, Les Éditions des femmes. Histoire des premières années, Paris, L'Harmattan, 2005.
- Sally Shafto, Zanzibar. Les films Zanzibar et les dandys de mai 68, Paris, Éditions Paris expérimental, coll. « Classique de l'avant-garde », 2006.
- Sylvina Boissonnas (dir.), Mémoire de femmes 1974-2004, Paris, éditions des femmes, 2006.
- « Le pari de la maturation », Sylvina Boissonnas, Génération MLF 1968-2008, Paris, éditions des femmes, 2008, p. 68-71.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- « Un zeste de Zanzibar » sur Libération.fr
- Mécène française
- Productrice française de cinéma
- Réalisatrice française de cinéma
- Féministe française du XXe siècle
- Féministe française du XXIe siècle
- Naissance en octobre 1942
- Naissance à Toulouse
- Membre du groupe Zanzibar
- Collaborateur de L'Idiot international
- Personnalité du Mouvement de libération des femmes