Sylvia Earle

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Sylvia Earle
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S.A.EarleVoir et modifier les données sur Wikidata
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Sylvia Earle, née le à Gibbstown (en) (New Jersey), est une océanographe, exploratrice, autrice et conférencière américaine. Depuis 1998, elle est « exploratrice à demeure » pour le National Geographic. Elle est aussi la première femme à occuper un poste de direction scientifique au sein de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Sylvia Earle est née en 1935 à Gibbstown, dans le New Jersey. Ses parents, Alice Freas Earle and Lewis Earl, passionnés des sports de plein air, encouragent leur fille à explorer la nature dès son plus jeune âge[1].

Durant son enfance, la famille déménage à Dunedin, sur la côte ouest de la Floride[2],[3].

Sylvia Earle obtient un Associate degree en 1952 au St. Petersburg College (en), un baccalauréat universitaire en sciences (licence) de l'université d'État de Floride en 1955. En 1956, elle obtient sa Maîtrise universitaire en sciences (master) puis son doctorat en phycologie en 1966 à l'Université Duke. Son travail de thèse porte sur les Phaeophyceae du Golfe du Mexique[4]. Travaillant sur sa thèse, elle visite le Laboratoire Marin de Cape Haze. Elle y rencontre Eugenie Clark, et l'assiste dans la création d'un Herbier de référence pour le laboratoire[5].

Carrière[modifier | modifier le code]

Après l'obtention de son doctorat en 1966, Sylvia Earle travaille un an en tant que chargée de recherche à l'Université Harvard, travaillant sur l'herbier Farlow[4]. Elle retourne ensuite en Floride et devient directrice résidente du Laboratoire Marin de Cape Haze, Florida (en)[6]. En 1970, elle dirige la première mission composée uniquement de femmes du projet Tektite II (en)[4], un habitat sous-marin situé à 15 mètres de profondeur au large des îles Vierges. Cette installation permet aux scientifiques de rester en profondeur durant des semaines. Durant deux semaines de mission sous-marine, Sylvia Earle étudie l'effet de la pollution sur les récifs coralliens.

En 1979, elle établit le record féminin de plongée en profondeur lors d'une descente à 381 mètres de profondeur[7]. La même année, elle débute comme conservatrice des collections de phycologie à l'Académie des sciences de Californie[4], poste qu'elle occupe jusqu'en 1986.

De 1980 à 1984, elle est membre du Comité national américain sur les océans et atmosphère (National Oceanic and Atmospheric Administration)[4].

En 1982, elle cofonde Deep Ocean Engineering avec son futur époux Graham Hawkes, ingénieur naval. Deep Ocean Engineering travaille à l'élaboration et la conduite de systèmes autonomes sous-marins[8]. En 1985, l'équipe conçoit et construit le Deep Rover, un sous-marin de recherche capable d'opérer à 1000 mètres de profondeur[9],[10]. Dès 1986, le Deep Rover est opérationnel et Sylvia Earle rejoint l'équipe d'opérateurs dans les Bahamas[9].

Sylvia Earle quitte Deep Ocean Engineering en 1990, lorsqu’elle devient directrice scientifique du National Oceanic and Atmospheric Administration. Elle est la première femme à ce poste, qu’elle occupe jusqu’en 1992. Durant cette période, vu son expertise sur l’impact des pollutions marines, elle est appelée à mener plusieurs expéditions scientifiques dans le golfe Persique lors de la guerre du Golfe. Ses expéditions avaient pour objectif d’évaluer l’impact écologique de la destruction des puits pétroliers au Koweït[11].

En 1992, Sylvia Earle fonde Deep Ocean Exploration and Research (DOER Marine), entreprise d’ingénierie marine[12]. En 1998, Sylvia Earle devient « Exploratrice à demeure » pour le National Geographic. Elle y est parfois surnommée "Her Deepness" ou "the Sturgeon General"[13],[14].

De 1998 à 2002, elle mène les expéditions "Sustainable Seas", programme de 5 ans sponsorisé par la National Geographic Society pour l’étude de l'aire marine protégée U.S. National Marine Sanctuary (en). À la même période, Sylvia Earle dirige également les expéditions « Sustainable Seas » pour National Geographic, durant lesquelles le submersible DeepWorker 2000 (en) est utilisé pour le suivi de plusieurs espèces de poissons au sein du Stellwagen Bank National Marine Sanctuary (en)[15].

Elle siège également au conseil scientifique du Harte Research Institute for the Gulf of Mexico Studies, ainsi qu’au conseil pour l’océan à Google Earth.

En 2012, Sylvia Earle codirige avec Mark Patterson une expédition au laboratoire sous-marin Aquarius, situé au large de Key Largo en Floride. Cette expédition étudiant les récifs coralliens célébrait le 50e anniversaire du projet Conshelf I dirigé par le commandant Jacques-Yves Cousteau[16],[17].

Elle est engagée dans le groupe Ocean Elders (en), visant à protéger les océans et la biodiversité sous-marine[réf. nécessaire].

Mission Blue[modifier | modifier le code]

Avec le support des conférences TED, Sylvia Earle lance la « Mission Blue » visant à créer des aires marines protégées autour du globe (appelées « hope spots », un jeu de mot sur « zone d’espoir »)[18]. L’objectif est d’atteindre 30% des océans protégés d’ici 2030. Plus de 200 organismes (petites et grandes compagnies et laboratoires de recherches) soutiennent Mission Blue et son objectif[19],[20]. Plusieurs expéditions ont été menées à Cuba en 2009[21], Belize et les îles Galápagos en 2010[22], Costa Rica, Amérique centrale et la côte Sud-Africaine en 2014[23],[24],[25]. En 2018, la mission Blue avait créé 94 Hope Spots autour du monde[26].

En , un documentaire sur la Mission Blue est disponible sur Netflix[27]. Le documentaire retrace la carrière de Sylvia Earle et la mission Blue[28].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Elle déclare dans le documentaire Seaspiracy être végétarienne, et donc ne pas manger de poissons.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marguerite Holloway, « Fire in Water », Scientific American, vol. 266, no 4,‎ , p. 37–40 (ISSN 0036-8733, DOI 10.1038/scientificamerican0492-37, lire en ligne, consulté le )
  2. (en) Gale Research Inc., Encyclopedia of world biography., Détroit, Gale Research, (ISBN 0-7876-2221-4)
  3. (en) « Legendary ocean scientist to speak at Gulf coas community fondation luncheon », sur gulfcoastcf.org
  4. a b c d et e (en) « Sylvia Earle | American oceanographer and explorer », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )
  5. Clark, Eugenie., The lady and the sharks, Peppertree, , 336 p. (ISBN 978-1-936051-52-6 et 1-936051-52-4, OCLC 827020753, lire en ligne)
  6. « Earle, Sylvia - sea, oceans, plants, marine, human, Pacific », sur www.waterencyclopedia.com (consulté le )
  7. (en) Kesling, DE, « Atmospheric Diving Suits – New Technology May Provide ADS Systems that are Practical and Cost-Effective Tools for Conducting Safe Scientific Diving, Exploration, and Undersea Research », American Academy of Underwater Sciences,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. (en-US) William J. Broad, « SCIENTIST AT WORK: Graham Hawkes; Racing to the Bottom Of the Deep, Black Sea », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  9. a et b (en) Balestra, C, « Dive Computer Use in Recreational Diving: Insights from the DAN-DSL Database », Proceedings of the American Academy of Underwater Sciences Annual Scientific Diving Symposium 31 October – 1 November 1987 Seattle, Washington, USA.,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. (en) Griffin. JJ et Sharkey, PI, « Design of the next generation of research vessels », American Academy of Underwater Sciences,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. Marguerite Holloway, « Fire in Water », Scientific American, vol. 266, no 4,‎ , p. 37–40 (ISSN 0036-8733, DOI 10.1038/scientificamerican0492-37, lire en ligne, consulté le )
  12. (en-US) « About Us « DOER Marine » (consulté le )
  13. a et b (en-US) Roger Rosenblatt, « SYLVIA EARLE : Call Of The Sea », Time,‎ (ISSN 0040-781X, lire en ligne, consulté le )
  14. (en) Wallace White, « HER DEEPNESS », sur The New Yorker (consulté le )
  15. (en) Auster, PJ et Lindholm, J, « The Ecology of Fishes on Deep Boulder Reefs in the Western Gulf of Maine (NW Atlantic). », American Academy of Underwater Sciences,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. « Celebrating 50 Years Of Living Beneath The Sea | NOAA’s Aquarius Reef Base », sur aquarius.uncw.edu, (version du 2 juin 2012 sur l'Internet Archive)
  17. « Mission Blog | Mission & Project Info | NOAA’s Aquarius Undersea Laboratory », sur www.nurc.net, (version du 21 juillet 2012 sur l'Internet Archive)
  18. « Arquivo.pt », sur m.arquivo.pt (consulté le )
  19. (en-US) « Our Partners », sur Mission Blue (consulté le )
  20. (en-US) « Expeditions », sur Mission Blue (consulté le )
  21. (en-US) Marco V. De et A. Says, « Cuba », sur Mission Blue, (consulté le )
  22. (en-US) « Belize - Mesoamerican Reef », sur Mission Blue, (consulté le )
  23. « TED Prize : Wishes Big Enough to Change the World » The Mission Blue Voyage – a project of the TED Prize », sur www.tedprize.org, (version du 5 décembre 2011 sur l'Internet Archive)
  24. (en-US) « Central American Dome – Playa Grande, Costa Rica Expedition », sur Mission Blue, (consulté le )
  25. (en-US) « South Africans Unite Around Hope Spots », sur National Geographic Society Newsroom, (consulté le )
  26. (en-US) « Hope Spots », sur Mission Blue (consulté le )
  27. (en-US) « Mission Blue Film Goes Global on Netflix », sur Mission Blue, (consulté le )
  28. Mission Blue (lire en ligne)
  29. a b et c « Sylvia Earle - Oceanographer », sur www.literati.net (consulté le )
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  43. « Sylvia A. Earle », sur www.sigmaxi.org (consulté le )
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  47. (en-US) « About Mission Blue - Mission Blue », sur mission-blue.org (consulté le )
  48. « Ocean record-breaker to visit NMMU », sur www.peherald.com, (version du 14 avril 2013 sur l'Internet Archive)
  49. « In Her Words: Sylvia Earle on Women in Science », sur video.nationalgeographic.com, (version du 21 janvier 2015 sur l'Internet Archive)
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  54. (es) Desarrollado con webControl CMS por Intermark IT, « Sylvia A. Earle - Premiados - Premios Princesa de Asturias », sur Fundación Princesa de Asturias (consulté le )
  55. (en) « Honorary Graduates in 2020 », sur The University of Edinburgh (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]