Sylvain L'Espérance

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Sylvain L'Espérance est un réalisateur québécois né à Montréal en 1961 connu notamment pour ses documentaires au cinéma direct[1], tels Un fleuve humain (2006) et Combat au bout de la nuit (2016)[2],[3],[4],[5],[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Sylvain L'Espérance naît en 1961 à Montréal. Diplômé de l'Université Concordia en arts plastiques et en cinéma, il commence sa carrière en filmant Les écarts perdus (1988), un documentaire expérimental combinant vidéo et film Super 8[7]. Le film, qui lui coûte 4 000 $, explore notamment le contraste entre les gestes du travail et les lieux où ils se produisent[8], et lui vaut une sélection aux Rendez-vous du cinéma québécois, en 1989[9].

Pendant quatre ans, il travaille dans la coopérative de production Main Film. En 1991, il fonde les Films du tricycle en collaboration avec la productrice Lucie Lambert[3]. La société promeut le documentaire d'auteur. En 1992, il atteint une certaine notoriété avec le documentaire Les printemps incertains, qui propose « une méditation sur le dépérissement des quartiers industriels du sud-ouest de Montréal et sur ce qui s’y joue »[10].

Il s'emploie à faire du documentaire un cinéma à part entière[4], et est peu tenté par la fiction[5]. Il dit s'identifier au réalisateur néerlandais Johan van der Keuken, dont le cinéma s'autorise expérimentations et même mise en scène[3].

L'Afrique est un thème récurrent dans son œuvre, qu'il commence d'explorer avec La main invisible tourné en Guinée en 2002[3]. Ses explorations du delta du fleuve Niger donnent les films Un fleuve humain en 2006 puis Intérieurs du delta en 2009, dans lesquels L'Espérance montre entre autres choses comment le delta est confronté à la mondialisation[11]. Intérieurs du delta remporte le prix de la meilleure réalisation pour le film le plus novateur au 51e Festival dei Popoli, à Florence, en 2010[12]. La critique salue notamment comment le réalisateur permet à ses sujets de s'exprimer, et montre comment ceux-ci ne sont pas en marge de la société mais bien au centre de la crise à laquelle le monde fait face[13].

Il participe aux manifestations étudiantes de 2012, au Québec[14].

En 2013, Sur le rivage du monde montre la réalité des immigrants clandestins au Mali. Le documentaire vaut à son réalisateur le prix Viktor au Festival du film de Munich[2].

En 2016, son film-fleuve de presque 5 heures Combat au bout de la nuit donne une voix aux Grecs aux prises avec les difficultés créées par les politiques néolibérales et par la troïka européenne[15]. Le documentaire est diffusé notamment dans la section Panorama de la Berlinale 2017.

Dans une entrevue accordée à Champ ContreChamp en 2017, il révèle « S'il y a une chose au coeur de mes intentions, une constante de tous mes films, c'est comment inventer un monde commun, en donnant la parole aux gens pour parler des luttes qu'ils ont vécues. »[16]. Dans Le Devoir, au sujet de Combat au bout de la nuit, il déclare « [...] la meilleure manière de respecter le réel, c’est d’être dans un rapport conflictuel avec lui, de ne pas simplement être témoin attentif, mais actif. »[14].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Sylvain L'Espérance a réalisé ou collaboré aux films listés ci-dessous.

  • 1988 : Les écarts perdus
  • 1992 : Les printemps incertains
  • 1995 : Un film de cinéastes (collectif)
  • 1996 : Pendant que tombent les arbres
  • 1997 : Le temps qu'il fait
  • 2002 : La main invisible
  • 2006 : Le fleuve humain
  • 2009 : Intérieurs du delta
  • 2012 : Sur le rivage du monde
  • 2014 : Bamako temps suspendu
  • 2016 : Combat au bout de la nuit

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Sylvain L'Espérance - Festival Scope: Festivals on Demand for Film Professionals World Wide », sur pro.festivalscope.com (consulté le 25 juillet 2017)
  2. a et b « Sylvain L'Espérance », sur IMDb (consulté le 25 juillet 2017)
  3. a b c et d Cinéma.TV - La référence du cinéma québécois, « Accueil », sur cinemaquebecois.telequebec.tv (consulté le 25 juillet 2017)
  4. a et b « Sylvain L'Espérance poursuit son «Combat au bout de la nuit» à la Berlinale », sur Huffington Post Québec, (consulté le 25 juillet 2017)
  5. a et b « Portrait de Sylvain L'Espérance | Mario Cloutier | Plus de nouvelles », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le 25 juillet 2017)
  6. « | Berlinale | Archive | Annual Archives | 2017 | Programme - Combat au bout de la nuit | Fighting Through the Night », sur www.berlinale.de (consulté le 26 juillet 2017)
  7. Jean, Marcel, 1963- et Coulombe, Michel, 1957-, Le dictionnaire du cinéma québécois, Boréal, (ISBN 2764604270 et 9782764604274, OCLC 1006893527, lire en ligne)
  8. « ENTRETIEN AVEC SYLVAIN L'ESPÉRANCE - Hors Champ », sur www.horschamp.qc.ca (consulté le 5 août 2017)
  9. « Les printemps incertains et Bamako temps suspendu | Revue 24 Images », sur Revue 24 Images (consulté le 5 août 2017)
  10. « Les films du tricycle - Les printemps incertains », sur lesfilmsdutricycle.com (consulté le 25 juillet 2017)
  11. « Sylvain L'Espérance: «le documentaire, c'est du cinéma» | Chantal Guy | Entrevues », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le 25 juillet 2017)
  12. « Intérieurs du delta primé à Florence | Nouvelles », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le 26 juillet 2017)
  13. (it) « Festival dei Popoli », sur www.festivaldeipopoli.org (consulté le 26 juillet 2017)
  14. a et b « L’odyssée poétique de Sylvain L’Espérance », sur Le Devoir (consulté le 18 février 2018)
  15. Le Devoir, « Sylvain L’Espérance a son ticket pour Berlin », Le Devoir,‎ (ISSN 0319-0722, lire en ligne, consulté le 25 juillet 2017)
  16. DOC-Cévennes, « Interview de Sylvain L'Espérance, réalisateur de Combat au bout de la nuit », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne, consulté le 25 juillet 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]