Svend Hammershøi

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Svend Hammershøi, né le à Copenhague et mort le dans la même ville, est un céramiste danois. Il tient une place à part dans l’histoire de l’art danois. Svend Hammershøi s’est fait connaître pour son œuvre de céramiste principalement, mais il est aussi peintre, comme son frère Vilhelm Hammershøi. Très vite célèbre dans le milieu artistique danois, il remporte des prix dans les capitales européennes, pour les expositions internationales comme à Paris en 1900 et 1925, à Berlin, à Stockholm, et à Londres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une génération de grands céramistes[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, on voit apparaitre, au Danemark, une génération de grands céramistes : Carl Halier, Karl Hansen Reistrup, Jais Nielsen (en), Thorvald Bindesbøll, Bode Willumsen, Nils Thorsson, Axel Salto, Jens Thirslund et Knud Kyhn.

En 1888, âgé seulement de 15 ans, le jeune Svend commence à travailler dans des ateliers de Copenhague. Mais c’est en 1893 que sa carrière commence vraiment, quand il intègre l’atelier du potier Herman Kähler dans la ville de Næstved. Une collaboration fructueuse s’en suivra, jusqu’à sa mort.

Le rêve du clocher gothique[modifier | modifier le code]

Svend Hammershøi est d’une nature mélancolique que reflète son art. Il vit avec sa mère et sa sœur ainée, Anna, et garde toute sa vie une relation très forte avec son frère Vilhelm et avec sa belle sœur, qui vivent à Frederiksberg, prés de Copenhague.

Pendant la période qui va de 1907 à 1933, hormis pendant la Première Guerre mondiale, Svend passe chaque année plusieurs mois en Angleterre. Les bâtiments, le climat et l’atmosphère britanniques correspondent à son état d’âme. À l’âge de 11 ans il avait fait un rêve : par un jour de brouillard épais, il marche dans une rue étroite ; dans cette brume dense la silhouette d’un clocher à la flèche pointue lui apparait ; de ces flèches il n’y en a pas au Danemark. Il pense alors qu’il a eu une autre vie en Angleterre, peut-être au cours du XIIIe ou XIVe siècle. Pendant toute sa vie il va rechercher ce rêve d’enfant, ce clocher, qu’il ne trouvera pas. L’Angleterre restera le pays de son imaginaire et lui apportera l’inspiration. La campagne anglaise prés d'Oxford lui inspirera plus d’une centaine de toiles, tandis que, dans son œuvre céramique de cette époque, on reconnait nettement l’influence gothique[1].

L'atelier des frères Kähler[modifier | modifier le code]

Au Danemark c’est dans l’atelier des frères Kähler qu’il travaille et qu’il crée. Il en est l’artiste le plus en vue. Il s’y sent libre et estimé.

À cette époque, les artistes les plus réputés étaient recherchés par les ateliers qui avaient pignon sur rue. L'artiste pouvait y exercer son art de designer laissant souvent la partie de fabrication aux tourneurs. Ainsi Svend Hammershøi créait les dessins de ses œuvres et en réalisait les moules. Les ateliers, se faisaient un nom grâce aux grands artistes qu’ils payaient bien. Les ateliers célèbres comme celui de Kähler pouvaient être présents dans les expositions internationales et exposer leurs meilleurs artistes.

C’est ainsi qu’à l'exposition universelle de Paris en 1925, Svend Hammershøi obtint une médaille d’or et put vendre certaines de ses œuvres au Musée de Sèvres[1].

La double glaçure[modifier | modifier le code]

La plupart des œuvres céramiques de Svend Hammershøi sont dans le style cendré des années 1930.

Ce procédé fut inventé en 1926 par Jens Thirslund, le maitre glaceur de Kähler, qu’on appelle la « double glaçure » et que va utiliser désormais Svend Hammershøi.

Le style cendré est créé par une glaçure à l’oxyde d’étain. Le problème avec une seule cuisson est que s’il y a des irrégularités pendant la réduction de l’émail il y a une suroxydation et l’effet de la couleur d’étain disparaît. L’objet devient blanc. Pour contrer cet effet on étale une matière carbonique entre deux cuissons : un mélange de suie de pin, de caoutchouc et d’un peu de soude caustique. Après une deuxième cuisson à une température de 750 degrés, la couleur gris foncé apparaît sur les endroits avec peu de glaçure. Après la deuxième cuisson on plonge les pots dans une dissolution d’acide hydro fluosilicique. Ce bain corrode les résidus de la matière carbonique et dépolit l’objet. Pour avoir des pots vert cuivré, on asperge l’objet avec une glaçure verte avant la deuxième cuisson[2].

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Copenhague : Den Frie Udstilling 1895, 1900-02, 1904, 1906-07, 1909
  • Paris : Exposition Universelle 1900, 1925 (ou il a reçu la médaille d’or)
  • Glasgow : Exposition Universelle 1901
  • Copenhague : Design Museum 1904, 1916, 1925, 1939
  • Göteborg : 1905, 1926
  • Kristiania (Oslo): 1907
  • Berlin : 1907
  • Copenhague: Charlottenborg 1910, 1912, 1914-17, 1922-29, 1933, 1935, 1938-39, 1941, 1944, 1946-48
  • Malmö : 1914
  • Rio de Janeiro : - The Independence Centenary International Exposition - 1922-23
  • Londres : 1929, 1931
  • Oxford : 1930
  • Kolding, Danemark : Koldinghus Museum 1930 et retrospective 1990
  • Copenhague : « Den Permanente » 1933 et 1943
  • Berlin : 1936
  • Copenhague : Statens Museum for Kunst 1940
  • Stockholm : 1942
  • Copenhague : retrospective Nikolaj Kunsthal 1990
  • Danemark : Skovgaard Museum, Næstved Museum 2008
  • Paris : Galerie Anders hus 2014

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Iben Overgaard: Svend Hammershøi - en kunstner og hans tid - 2008 Skovgaardmuseets Forlag - (ISBN 9788787191159)
  2. Ane Maria Holst Schmidt: Kähler & keramikken - 2001 Rhodos - (ISBN 9788772458212)