Suzanne Meloche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Suzanne Meloche
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
OttawaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
Marcel Barbeau (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Autres informations
Membre de

Suzanne Meloche, ou Suzanne Barbeau (Ottawa, 10 avril 1926 - Ottawa, 23 décembre 2009)[1], est une poétesse et plasticienne québécoise, membre du mouvement automatiste québécois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Suzanne Meloche, également connue sous le nom Suzanne Barbeau suite à son mariage avec le peintre Marcel Barbeau le 7 juin 1948, figure dans la marge du mouvement automatiste, bien qu'elle y ait participé pleinement. Selon l'historien de l'art François-Marc Gagnon, « La contribution la plus importante de Suzanne Meloche à l’automatisme québécois fut son recueil de poèmes Aurores fulminantes [2]». Le fait que son apport soit peu connu s'explique notamment par le fait que cet ouvrage n'a été publié pour la première fois qu'en 1980, bien après la dissolution du groupe gravitant autour de Paul-Émile Borduas. Son absence parmi les signataires du Refus global, le manifeste emblématique du mouvement, contribue également à rendre compte de sa relégation au second plan dans l'histoire de l'art et de la littérature du Québec : « les femmes ne durent qu’au fait d’avoir signé le Refus global d’être reconnues comme automatistes et, conséquemment, de passer à l’histoire[3] ».

Durant l'été 1952, Meloche rompt avec son mari : « Elle ne supportait plus ni sa jalousie, ni son amour exclusif, ni l’asservissement au devoir familial. (...) Elle avait soif de liberté et rêvait d’aventures et d’amours nouvelles[4] ». Les enfants du couple, Manon (née en 1949) et François (né en 1951)[5]sont confiés à la famille de Barbeau alors que ce dernier quitte Montréal pour Rouyn-Noranda, où il est embauché à l'École des arts et métiers pour y enseigner le dessin[6]. La trajectoire de Meloche, elle, est moins connue.

Durant les années 1957 et 1958, Meloche se rend en Europe, où elle habite Londres et Paris[7].

D'après les recherches de l'historienne de l'art Rose-Marie Arbour, Meloche « a complètement disparu de la scène artistique québécoise et canadienne depuis 1964, laissant quelques œuvres éparses chez des collectionneurs dont une seulement au Musée d’art contemporain de Montréal[8] ».

La femme qui fuit[modifier | modifier le code]

Suzanne Meloche est tirée de l'oubli par la publication de La femme qui fuit, un roman biographique dont elle est la principale protagoniste. Le livre, écrit par sa petite-fille, Anaïs Barbeau-Lavalette, est publié aux éditions du Marchand de feuilles en 2015 et reçoit depuis une réception critique favorable, en plus d'être un succès populaire. L'ouvrage est, notamment, considéré comme le roman québécois ayant été « l’événement littéraire qui a marqué 2015[9] ».

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Musée des beaux arts de Montréal, 1960, 19 février - 6 mars, «Paintings by Suzanne Meloche and Jean McEwen »[10].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Suzanne Meloche, Poèmes, Situations, volume 1, numéro 7, 1959, p. 89.
  • Suzanne Meloche, Aurores fulminantes, publication intégrale dans la revue des Herbes rouges, comprenant la reproduction de trois huiles sur toile de l'auteure, Montréal, janvier 1980, 44 pages.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rose Marie Arbour, Identification de l’avant-garde et identité de l’artiste : les femmes et le groupe automatiste au Québec (1941-1948), RACAR, Vol. 21, no. 1/2 (1994), 7-20.
  • Rose Marie Arbour, Le cercle des automatistes et la différence des femmes, Études françaises, Volume 34, numéro 2-3, automne-hiver 1998, p. 157-173. [lire en ligne]
  • Évelyne Voldeng, Les aurores fulminantes par Suzanne Meloche, in Gaétan Gervais et Jean-Pierre Pichette (dir.) Dictionnaire des écrits de l'Ontario français: 1613-1993, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 2010, 75-76. Accès via Google Books.
  • André-G. Bourassa, Surréalisme et littérature québécoise, Les herbes rouges, Montréal, 1986, 623 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Extrait de la notice de Suzanne Meloche dans le dictionnaire Bénézit sur le site Oxford Index. 2006, (ISBN 9780199773787)
  2. François-Marc Gagnon, Chronique du mouvement automatiste québécois. 1941-1954, Montréal, Lanctôt, , p. 629
  3. Rose-Marie Arbour, « Identification de l’avant-garde et identité de l’artiste : les femmes et le groupe automatiste au Québec (1941-1948) », RACAR, vol. 21, no 1/2,‎ , p. 16
  4. Carolle Gagnon et Ninon Gauthier, Marcel Barbeau le regard en fugue, Centre d'étude et de communication sur l'art, , 243 p., p. 22
  5. « Marcel Barbeau - 1950 », Documentation - Chronologie, sur Marcel Barbeau, 2015 (consulté le 10 août 2017).
  6. Marcel Barbeau, Gilles Lapointe et Johanne Tremblay, « Lettres à Paul‑Émile Borduas », Études françaises, vol. 34, no 2-3,‎ (ISSN 0014-2085 et 1492-1405, DOI 10.7202/036115ar, lire en ligne)
  7. The Third Biennal Exhibition of Canadian Art, 1959 = Troisième exposition biennale d'art canadien, 1959, Ottawa, National Gallery of Canada / Galerie Nationale du Canada, , 36 p.
  8. Rose-Marie Arbour, « Identification de l’avant-garde et identité de l’artiste : les femmes et le groupe automatiste au Québec (1941-1948) », RACAR, vol. 21, no 1/2,‎ , p. 18
  9. Josée-Anne Paradis, « Quoi lire après La femme qui fuit? », Les libraires,‎ (lire en ligne)
  10.  Jacinthe Blanchard-Pilon, Entre la fuite et l'exil : réception, circulation et reconnaissance des artistes non figuratifs du Québec au Musée des beaux-arts de Montréal, au Musée de la Province et à la Galerie nationale du Canada (1955-1960), mémoire de maîtrise, Université du QUébec à Montréal, 2016. URL du document: http://www.archipel.uqam.ca/8466/

Liens externes[modifier | modifier le code]