Suzanne Meloche

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Suzanne Meloche
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Suzanne Meloche, ou Suzanne Barbeau (Ottawa, 10 avril 1926 - Ottawa, 23 décembre 2009)[1], est une poétesse et plasticienne québécoise, membre du mouvement automatiste québécois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Suzanne Meloche, également connue sous le nom Suzanne Barbeau suite à son mariage avec le peintre Marcel Barbeau le 7 juin 1948, figure dans la marge du mouvement automatiste, bien qu'elle y ait participé pleinement. «C'est Claude Gauvreau qui présenta Suzanne Meloche à Marcel Barbeau (...) à la fin de l'hiver 1948, dans la fièvre des dernières préparations du manifeste Refus Global.» Suzanne Meloche est une des premières femmes à se livrer à une écriture automatiste au Québec. Selon l'historien de l'art François-Marc Gagnon, « La contribution la plus importante de Suzanne Meloche à l’automatisme québécois fut son recueil de poèmes Aurores fulminantes [2]» écrit en 1942 et publié pour la première fois en 1949 chez Mithra-Mythe. Suzanne, peintre et poète, participe au Salon du Printemps dont la section «moderne» était organisée par la C.A.S./S.A.C. Les membres du jury en étaient Paul-Émile Borduas, Fritz Brandtner et Marian Scott. Des oeuvres de Mousseau et de Riopelle s’y trouvaient également présentées. De 1944 à 1947 elle entretien une correspondance avec le poète Claude Gauvreau. Son absence parmi les signataires du Refus global, le manifeste emblématique du mouvement, contribue à rendre compte de sa relégation au second plan dans l'histoire de l'art et de la littérature du Québec : « les femmes ne durent qu’au fait d’avoir signé le Refus global d’être reconnues comme automatistes et, conséquemment, de passer à l’histoire[3] ». De 1947 à 1948 elle travaille comme éditrice chez Serge Brosseau.

Durant l'été 1952, Meloche rompt avec son mari : « Elle ne supportait plus ni sa jalousie, ni son amour exclusif, ni l’asservissement au devoir familial. (...) Elle avait soif de liberté et rêvait d’aventures et d’amours nouvelles[4] ». Sa fille, Manon (née en 1949) est confiée à la famille de Barbeau alors que François (né en 1951)[5],[note 1] est confié à la famille Meloche qui le place en adoption. Marcel Barbeau quitte Montréal pour Rouyn-Noranda, où il est embauché à l'École des arts et métiers pour y enseigner le dessin dans le cadre d'un remplacement temporaine de quelques mois[6]. Le divorce est prononcé en son absence, après plusieurs années de recherches infructueuse de Claude-Armand Sheppard, avocat de Marcel Barbeau, à la cour supérieures de Montréal. le 3 juin 1974.

François Hébert, l'éditeur qui a publié la réédition du recueil Aurores Fulminante en 1980 raconte que « Suzanne Meloche elle est allée vivre à New York en 1956 pour pratiquer l’action painting.» Durant les années 1957 et 1958, Meloche se rend en Europe, où elle habite Londres et Paris[7].

Au début des années 1960 elle vivra à Brookline Village, une petite ville en banlieue de Boston, en compagnie d’un homme prénommé John. Quatre lettres envoyées à cette époque à Michel Lortie en témoignent, ainsi que la vente d’une toile à un musée montréalais. En 1961 elle expose sa toile MÉTRONOME au salon du printemps de Montréal.

D'après les recherches de l'historienne de l'art Rose-Marie Arbour, Meloche « a complètement disparu de la scène artistique québécoise et canadienne depuis 1964, laissant quelques œuvres éparses chez des collectionneurs dont une seulement au Musée d'art contemporain de Montréal[8] ».

La Femme qui fuit[modifier | modifier le code]

Suzanne Meloche est tirée de l'oubli par la publication de La Femme qui fuit, un roman dont elle est la principale protagoniste. Le livre, écrit par sa petite-fille, Anaïs Barbeau-Lavalette, est publié aux éditions du Marchand de feuilles en 2015 et reçoit depuis une réception critique favorable, en plus d'être un succès populaire. L'ouvrage de fiction est inspiré de lettres, de notes et de manuscrits laissés par Suzanne Meloche en héritage à la famille Barbeau à sa mort, de témoignages de plusieurs proches de la poète ainsi que de conversations avec Marcel Barbeau et ses soeurs. Une détective privée engagée par l'auteure a produit un document de recherche de plus de 200 pages qui porte sur les liens entre Suzanne Meloche et les membres du mouvement automatiste. Le roman est considéré comme le roman québécois ayant été « l’événement littéraire qui a marqué 2015[9] ».

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Musée des beaux arts de Montréal, 1960, 19 février - 6 mars, «Paintings by Suzanne Meloche and Jean McEwen »[10].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

Suzanne Meloche, Aurores fulminantes, édition originale miméographiée illustrée par Marcel Barbeau, Éditions Mithra-Mythe, 1949, 42p.[11]

  • Suzanne Meloche, Poèmes, Situations, volume 1, numéro 7, 1959, p. 89.
  • Suzanne Meloche, Aurores fulminantes, réédition intégrale de l'ouvrage publié en 1949, comprenant la reproduction de trois huiles sur toile de l'auteure, Revue des Herbes Rouges, Montréal, janvier 1980, 44 pages[12].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rose Marie Arbour, Identification de l’avant-garde et identité de l’artiste : les femmes et le groupe automatiste au Québec (1941-1948), RACAR, Vol. 21, no. 1/2 (1994), 7-20.
  • Rose Marie Arbour, Le cercle des automatistes et la différence des femmes, Études françaises, Volume 34, numéro 2-3, automne-hiver 1998, p. 157-173. [lire en ligne]
  • Évelyne Voldeng, Les aurores fulminantes par Suzanne Meloche, in Gaétan Gervais et Jean-Pierre Pichette (dir.) Dictionnaire des écrits de l'Ontario français: 1613-1993, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 2010, 75-76. Accès via Google Books.
  • André-G. Bourassa, Surréalisme et littérature québécoise, Les herbes rouges, Montréal, 1986, 623 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Contrairement à ce qui est parfois affirmé à tort sur le web, ce François Barbeau, né en 1951, est différent de l'homme de théâtre François Barbeau, né en 1935.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Suzanne Meloche », Extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit, sur Oxford Index, (ISBN 9780199773787)
  2. François-Marc Gagnon, Chronique du mouvement automatiste québécois. 1941-1954, Montréal, Lanctôt, , p. 629
  3. Rose-Marie Arbour, « Identification de l’avant-garde et identité de l’artiste : les femmes et le groupe automatiste au Québec (1941-1948) », RACAR, vol. 21, nos 1/2,‎ , p. 16
  4. Carolle Gagnon et Ninon Gauthier, Marcel Barbeau le regard en fugue, Centre d'étude et de communication sur l'art, , 243 p., p. 22
  5. « Marcel Barbeau - 1950 », Documentation - Chronologie, sur Marcel Barbeau, 2015 (consulté le 10 août 2017).
  6. Marcel Barbeau, Gilles Lapointe et Johanne Tremblay, « Lettres à Paul‑Émile Borduas », Études françaises, vol. 34, nos 2-3,‎ (ISSN 0014-2085 et 1492-1405, DOI 10.7202/036115ar, lire en ligne, consulté le 2 mars 2017)
  7. The Third Biennal Exhibition of Canadian Art, 1959 = Troisième exposition biennale d'art canadien, 1959, Ottawa, National Gallery of Canada / Galerie Nationale du Canada, , 36 p.
  8. Rose-Marie Arbour, « Identification de l’avant-garde et identité de l’artiste : les femmes et le groupe automatiste au Québec (1941-1948) », RACAR, vol. 21, nos 1/2,‎ , p. 18
  9. Josée-Anne Paradis, « Quoi lire après La femme qui fuit? », Les libraires,‎ (lire en ligne, consulté le 2 mars 2017)
  10.  Jacinthe Blanchard-Pilon, Entre la fuite et l'exil : réception, circulation et reconnaissance des artistes non figuratifs du Québec au Musée des beaux-arts de Montréal, au Musée de la Province et à la Galerie nationale du Canada (1955-1960), mémoire de maîtrise, Université du QUébec à Montréal, 2016. URL du document: http://www.archipel.uqam.ca/8466/
  11. nomad411, « 1949 », sur Fondation Marcel Barbeau, (consulté le 14 février 2019)
  12. laurentiana.blogspot.com

Liens externes[modifier | modifier le code]