Suzanne Comhaire-Sylvain

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Suzanne Comhaire-Sylvain
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Stanford University Libraries, Department of Special Collections & University Archives (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Suzanne Comhaire-Sylvain, née le à Port-au-Prince et mort au Nigeria le , est la première femme anthropologue haïtienne.

Étudiante de Marcel Mauss puis de Bronisław Malinowski, elle est spécialiste du créole et du conte haïtien. En 1947-1949, elle participe au projet, mené par l'Unesco et dirigé par Alfred Métraux, sur l'éducation de base en Haïti. Elle mène ensuite diverses études sur la condition féminine et sur la littérature orale en Afrique. 

Biographie[modifier | modifier le code]

Née le 6 novembre 1898 à Port-au-Prince, en Haïti, elle est la fille d'Eugénie Malbranche et de Georges Sylvain, militant haïtien et symbole de la résistance contre l'Occupation américaine.

Elle étudie à Kingston et Port-au-Prince avant d'obtenir sa licence et de soutenir un mémoire de fin d'études à l'École pratique des hautes études à Paris sous la direction de Marcel Mauss[1]. Sa recherche porte d'abord sur le folklore haïtien, particulièrement les contes[2], et sur les origines de la langue créole, un idiome considéré comme mineur et sans valeur à l'époque[réf. nécessaire]. Ignoré par ses pairs, son travail suscite néanmoins l'intérêt de l'anthropologue polonais Bronislaw Malinowski. Ce dernier l'invite à Londres, où elle devient son assistante de recherche tout en étudiant à l'université de Londres et, plus tard, à la London School of Economics. Elle mène également des recherches au British Museum, à l'origine de son travail majeur concernant les racines africaines du créole haïtien[3].

À la demande d'Alfred Métraux qui dirige le projet pilote de l'Unesco sur l'éducation de base en Haïti, Comhaire-Sylvain effectue des recherches de terrain dans la vallée de Marbial, en Haïti, en compagnie de son mari, Jean Comhaire, anthropologue lui aussi[4]. Plus tard, elle mène des enquêtes à Kenscoff (Haïti), à Kinshasa (Congo), à Lomé (Togo) et à Nsukka (Nigeria). Elle a également enseigné à la New School for Social Research de New York et a été membre du conseil de tutelle des Nations unies pour le Togo et le Cameroun sous administration française.[réf. nécessaire]

Suzanne Comhaire-Sylvain vient d'une famille de notables. Son oncle Benito Sylvain était l'un des pères fondateurs du mouvement panafricain et son père George Sylvain (1866-1925) était une figure importante de la résistance contre l'occupation américaine en Haïti. Suzanne était l'aînée d'une famille de sept. Parmi ses frères et sœurs, on compte : Yvonne Sylvain (1907-1989), première femme médecin puis première gynécologue-obstétricienne de Haïti; Madeleine Sylvain (1905-1970) fondatrice de la Ligue féminine d'action sociale qui a combattu pour l'égalité des époux dans le contrat de mariage et pour le droit de vote féminin ; Normil Sylvain (1900-1929) poète et fondateur de La Revue indigène en 1827 ; Pierre Sylvain (1910-1991), botaniste, auteur de plusieurs rapports sur la production de café en Éthiopie.[réf. nécessaire]

Suzanne Comhaire-Sylvain meurt dans un accident de voiture au Nigeria le 20 juin 1975. En 2014, ses papiers ont été catalogués et mis à disposition par les Archives de Californie.

Publications[modifier | modifier le code]

Son travail (qui compte plus de 200 articles) a reçu de nombreuses distinctions, comme le Prix de l'Alliance française, la Médaille de l'Académie française, la Grande Médaille de l'Alliance française et la Médaille de la Société pour l'encouragement du progrès[5].

  • 1937 : Les Contes haïtiens (I-II), Paris, Wetteren (Belgique), imprimerie De Messter.
  • 1938 : À propos du vocabulaire des croyances paysannes, Port-au-Prince, Haïti.
  • 1938 : Contes du pays d'Haïti, Port-au-Prince, Haïti.
  • 1938 : Loisirs et divertissements dans la région de Kenscoff, Haïti (avec Jean Comhaire-Sylvain), Travaux Publics, Bruxelles.
  • 1940 : Le Roman de Bouqui, imprimerie du Collège Vertières, Port-au-Prince, Haïti.
  • 1952 : La alimentación en la región de Kenscoff, Haïti (avec Jean Comhaire-Sylvain), América Indígena, Mexico, D. F.
  • 1953 : Haitian Creole: Grammar, Texts, Vocabulary (avec Robert Anderson Hall, Alfred Métraux), American folklore society, Philadelphia ; American Anthropological Ass.: Menasha, Wis. (American Folklore Society, New York, Kraus Reprint, 1969)
  • 1959 : Naissance, mort, état-civil à Kenscoff, Haïti, (avec Jean Louis Léopold Comhaire), Bruxelles.
  • 1959 : Stratification urbaine en Haïti (avec J. Comhaire-Sylvain), Institut de recherche économique et sociale, université de West Indies, Kingston, Jamaïque, W. I.
  • 1962 : Considérations sur les migrations à Addis Abeba [préparé pour le Collège universitaire d' Addis Abeba], S. L. : S. N.
  • 1968 : Femmes de Kinshasa hier et aujourd'hui, Les Microfilms, Le Haye /Mouton, Paris.
  • 1970 : Le Nouveau Dossier Afrique. Situation et perspectives d'un continent (avec Jean Louis Léopold Comhaire), Verviers, Gérard & cie, 1970, ©1971 (avec Jean Comhaire, Fernand Bezy, Francis Olu Okediji, Pierre L. Van den Berghe, Amadou Mahtar m'Bow), Verviers, Marabout, 1975.
  • 1974 : Jetons nos couteaux ! : Contes des garçonnets de Kinshasa et quelques parallèles haïtiens, Centre d'études ethnologiques, Bandundu, Zaïre.
  • 1975 (?) : Contes haïtiens : Textes intégrales créole-français, CEEBA, Bandundu, Zaïre.
  • 1979 : Le Créole haïtien, Slatkine Reprints, Genève.
  • 1982 : Femmes de Lomé, CEEBA, Bandundu, Zaïre ; Steyler Verlag (distributeur) : Saint Augustin, Rép. féd. d'Allemagne.
  • 1982 : Maï-ndombe : Paysages, Histoire, Culture (Rép. du Zaïre), Suzanne Comhaire-Sylvain et coll.. CEEBA : Bandundu, Zaïre.
  • 1984 : Les Montagnards de la région de Kenscoff (Rép. d'Haïti), Une société Kongo au-delà des mers (avec Jean Comhaire), CEEBA, Bandundu, Zaïre.
  • 1991 : Société résidente ? Crac ! : Contes du pays d'Haïti (avec Casimir Maruzen Camarades et al.), Maruzen Contraintes, Tokyo.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vincent Debaene, « Les écrivains contre l'ethnologie? Ethnographie, ethnologie et littérature d'Afrique et des Antilles, 1921-1948 », Romanic Review, vol. 104, nos 3-4,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mars 2017)
  2. Kathleen Gyssels, « « Trésors de veillées » », Gradhiva. Revue d'anthropologie et d'histoire des arts, no 1,‎ , p. 243–248 (ISSN 0764-8928, DOI 10.4000/gradhiva.392, lire en ligne, consulté le 5 mars 2017)
  3. « Guide to the Suzanne Comhaire-Sylvan Papers M1835 » (consulté le 8 février 2016)
  4. Christine Laurière, « D’une île à l’autre », Gradhiva. Revue d'anthropologie et d'histoire des arts, no 1,‎ , p. 181–207 (ISSN 0764-8928, DOI 10.4000/gradhiva.359, lire en ligne, consulté le 5 mars 2017)
  5. Francesca Palli, « Potomitan - Suzanne Comhaire-Sylvain: A bibliography of Her Publications », sur www.potomitan.info (consulté le 8 février 2016)

Annexe[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

  • Yvonne Sylvain, sa sœur qui est la première femme médecine de Haïti

Liens externes[modifier | modifier le code]