Susan Meiselas

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Susan Meiselas, née le 21 juin 1948 à Baltimore dans le Maryland, est une photojournaliste américaine. Elle est membre de l'Agence Magnum depuis 1976[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Susan Meiselas fait ses études secondaires à Woodmere, New York, puis obtient un Master of Arts à l'université Harvard[2].

Sa première série photographique est un reportage sur les strip-teaseuses dans les foires de la Nouvelle Angleterre, alors qu'elle enseignait la photographie dans des écoles publiques de New York. À l'époque, aucun titre de presse ne souhaite publier ses clichés. Susan Meiselas publie tout de même son travail sous la forme de l'ouvrage Carnival Strippers, Strip-tease forain en 1976[3].

La même année, elle rencontre le photographe français Gilles Peress et rejoint l'agence Magnum Photos à New York, afin de se consacrer entièrement à la pratique du photojournalisme. En parallèle de ses commandes professionnelles, la photographe développe ses projets personnels[4].

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Après s'être attachée aux effeuilleuses de la Nouvelle-Angleterre, la photographe s'éprend de Roe, Jojo, Carol, Lisa, Dee, Frankie et Julia. Pendant deux ans, elle suit le quotidien de cette bande de jeunes filles du quartier de Little Italy à New York. Ce reportage donne vie à la série Prince Street Girls[5].

Dès 1978, Susan Meiselas s'intéresse aux Sandinistes qui commencent alors à s'organiser face à la dictature du Nicaragua. Elle part seule sans parler un seul mot d'espagnol. Elle est particulièrement connue pour ses reportages sur la révolution et sur les questions relatives aux droits de l'homme en Amérique Latine. En 1979, elle réalise l'une de ses photographies les plus célèbres, l'image d'un révolutionnaire aux faux airs du Che Guevara, un cocktail Molotov à la main prêt à être lancé depuis une barricade. Le livre Nicaragua édité en 1981, devient l'un des premiers ouvrages de photographies de guerre en couleur[5],[6].

Au début des années 1990, un ami réalisateur, Nick Broomfield, lui présente le Pandora's Box, club de strip-tease auquel il souhaite consacrer un documentaire pour la chaîne HBO. Fascinée par la théâtralité du lieu, la photographe renoue avec ses premiers amours, en utilisant désormais la couleur[7]. Un temps interrompu par son travail de photo-reporter, le projet est édité sous le Pandora's Box de Susan Meiselas chez Trebruk Éditeur en 2001[8].

En 1997, Susan Meiselas réalise un travail de reconstitution par l'image de l'histoire et de l'identité du peuple Kurde en associant ses propres photos à des photos anciennes, des coupures de presse et des témoignages glanés au cours de ses voyages dans la région. De ses voyages au Moyen-Orient naît le recueil collaboratif Kurdistan : In the Shadow of History[5].

En 2018, une grande rétrospective Susan Meiselas : Mediations, prend place au musée du Jeu de Paume à Paris[9],[10].

En 2019, elle est la première lauréate du Prix Women In Motion pour la photographie, décerné par les Rencontres d'Arles[11] et la Fondation Kering[12], présidée par François-Henri Pinault, pour mettre en évidence la place des femmes dans la photographie. Et cette même année, elle obtient en Allemagne le prix de la Fondation Deutsche Börse pour la photographie.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Années 1970

  • AM Sachs Gallery, New York, New York, USA), 1977

Années 1980

  • Galerie FNAC, France, 1981
  • Side Gallery, Newcastle-on-Tyne, Royaume-Uni, 1982
  • Camerawork, Londres, Royaume-Uni, 1982
  • Museum Folkwang, Essen, Allemagne, 1984

Années 1990

  • Art Institute of Chicago, Chicago, USA, 1990
  • Hasselblad Center, Göteborg, Suède, 1994
  • Leica Gallery, New York, USA, 1998

Années 2000

Collections[modifier | modifier le code]

  • Whitney Museum of American Art, USA
  • Library of Congress, Washington, USA
  • Hasselblad Center, Suède
  • Museum Folkwang, Allemagne
  • Birmingham Museum of Art, USA
  • Museum of Fine Arts, Houston, USA
  • San Francisco Museum of Modern Art, USA
  • Institut d'art de Chicago, USA
  • St. Louis Museum of Art, USA
  • Museum of Photographic Arts, USA
  • George Eastman House, Rochester, USA
  • Fogg Museum, Harvard University, USA
  • University of California, Riverside, USA
  • Baltimore Museum of Art, USA
  • Haverford College, Pennsylvania, USA
  • International Center of Photography, USA

Publications[modifier | modifier le code]

  • Learn to See, Polaroid Foundation, USA, 1975
  • Strip-tease forain, Éditions du Chêne, 1976
  • Carnival Strippers, Farrar, Strauss & Giroux, USA, 1976
  • Nicaragua, June 1978 - July 1979, Pantheon, USA, 1981, (ISBN 1597113832)
  • El Salvador : The Work of 30 Photographers, Pantheon, Writers and Readers Publishing Cooperative, USA, 180p, 1983, (ISBN 0863160646)
  • Chile From Within, W.W. Norton, USA, 156p, 1991, (ISBN 0393306534)
  • Kurdistan : In the Shadow of History, Random House, USA, 1997, (ISBN 0679423893)
  • Pandora’s Box, Magnum Editions/Trebruk, Danemark, 2001

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Susan Meiselas. Mediations », sur www.fundaciotapies.org, (consulté le 30 avril 2018)
  2. (en) Caroline Brothers, Edmundo Desnoes, Susan Meiselas : In History, Steidl, , 356 p. (ISBN 3865216854)
  3. « Photographie : Susan Meiselas capture le théâtre du monde | ARTE », sur ARTE, (consulté le 30 avril 2018)
  4. (en) Martine Franck, Eve Arnold, Susan Meiselas (Author), Inge Morath, Lise Sarfati, Marilyn Silverstone, Magna Brava : Magnum's Women Photographers, Prestel, , 240 p. (ISBN 3791321609)
  5. a b et c (en) Lucie Etchebers-Sola, « Le feu du monde », Grazia,‎ , p. 83-85 (ISSN 2104-5542)
  6. Magali Jauffret, « Exposition. Les photographies de Susan Meiselas défient le système », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le 3 mai 2018)
  7. Ange-Dominique Bouzet, « L'exploration intime de Susan Meiselas. », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 30 avril 2018)
  8. (en) « Pandora's Box by Susan Meiselas - Signed Book – Magnum Photos », sur shop.magnumphotos.com (consulté le 30 avril 2018)
  9. « Susan Meiselas », Le Jeu de Paume,‎ (lire en ligne, consulté le 30 avril 2018)
  10. Claire Guillot, « La vie des autres, obsession de Susan Meiselas », sur Le Monde.fr (consulté le 3 mai 2018)
  11. Annonce du prix sur le site officiel des Renconteres d'Arles
  12. Annonce du prix sur le site officiel de Kering
  13. Centenary Medal
  14. « La photographe Susan Meiselas, premier prix Women in Motion à Arles », sur www.lefigaro.fr, (consulté le 26 juin 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]