Sursaut radio rapide

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Illustration du premier sursaut Lorimer détecté en 2007.

En astronomie, les sursauts radio rapides (fast radio burst, FRB), ou sursauts Lorimer (Lorimer burst), sont des sursauts d'ondes radio d'une durée de quelques millisecondes.

Le premier d'entre eux a été découvert par une équipe de chercheurs, menée par D. R. Lorimer, qui a analysé les données d'un relevé astronomique du Petit Nuage de Magellan[1].

Observations[modifier | modifier le code]

En 2007, dans un article de Lorimer et al.[1], le chercheur Duncan R. Lorimer annonce la découverte d'un sursaut radio de forte intensité[1],[note 1] dans les données d'un relevé astronomique de 1,4 gigahertz de la région du Petit nuage de Magellan effectué par l'observatoire de Parkes en Australie[2]. Le sursaut, d'une durée de moins de 5 millisecondes, est situé à 3° en dehors du nuage et n'aurait aucun lien avec ce dernier ni avec la Voie lactée[1]. Selon des analyses théoriques, le sursaut serait situé à une distance inférieure à 1 gigaparsec[1].

En 2010, 16 sursauts similaires, mais d'origine terrestre, ont été découverts[3]. L'observation de Lorimer et al. est demeurée unique jusqu'en 2013, alors que 4 nouveaux sursauts ont été découverts[4].

Le 2 novembre 2012, le radiotéléscope de l’Observatoire d'Arecibo de Porto Rico, le plus grand et le plus sensible au monde, rapporte avoir isolé à son tour un puissant signal radio[5]. « Les scientifiques se demandaient s'il ne s'agissait pas d'un dysfonctionnement de l'antenne de Parkes. Mais comme le sursaut de 2012 a été repéré par un radiotélescope différent de celui de Parkes, le vrai travail scientifique peut commencer. »[5]

Le 10 juillet 2014, dans un article publié dans la revue scientifique The Astrophysical Journal[6], l'équipe de l'observatoire d'Arecibo confirme que ces étranges phénomènes cosmiques se produisent en réalité 10 000 fois par jour dans le ciel[5]. A moins d'envisager la possibilité d'être bombardés de messages de la part d'extra-terrestres, qui seraient de surcroît présents dans tout l'univers, il faudra privilégier d'autres pistes[5].

Dans un article de la McGill University[7], les hypothèses envisagées pour expliquer ces signaux seraient des trous noirs qui s'évaporent, des étoiles à neutrons naissantes ou mourantes ou des pulsars d'un nouveau genre[2].

D'après les auteurs de l'étude du 10 juillet 2014, ces signaux radio semblent avoir été émis depuis une autre galaxie, à plusieurs millions d'années-lumière : « Selon toute vraisemblance, les ondes radios proviennent des confins de l’espace extragalactique - une perspective extrêmement intéressante »[5], indique l'astrophysicienne et co-auteur de la découverte, Victoria Kaspi, dans un article publié par l'Université McGill[5].

Théorie[modifier | modifier le code]

L'origine physique de ces sursauts est encore inconnue. L'une des hypothèses fait intervenir les blitzars[8], une autre les sursauts gamma. Certains chercheurs ont également évoqué la possibilité de détection de satellites militaires secrets ou d'une intelligence extra-terrestre quelconque. [9].

Erreur humaine ?[modifier | modifier le code]

À la suite d'une étude effectuée à l'observatoire de Parkes, il s'avère que la quasi-totalité des sursauts radio rapides détectés sur place seraient des perytons (sursauts radio rapides d'origine terrestre) et trouveraient leur origine dans l'utilisation d'un four à micro-ondes[10].

Toutefois, l'étude précise que ces perytons ne sont pas à l'origine du FRB 010724.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Intensité de 30 jansky.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) D. R. Lorimer, M. Bailes, M. A. McLaughlin, D. J. Narkevic et F. Crawford, « A Bright Millisecond Radio Burst of Extragalactic Origin », Science,‎
  2. a et b « Un signal radio venu de l'espace agite la communauté des astronomes », Gaël Lombart pour Le Parisien, sur le site www.leparisien.fr - 16 août 2014.
  3. (en) Sarah Burke-Spolaor, Matthew Bailes, Ronald Ekers, Jean-Pierre Macquart, Fronefield Crawford III, « Radio Bursts with Extragalactic Spectral Characteristics Show Terrestrial Origins », astro-ph.CO,‎
  4. (en) D. Thornton, B. Stappers, M. Bailes et al., « A Population of Fast Radio Bursts at Cosmological Distances », Science,‎ (lire en ligne)
  5. a, b, c, d, e et f « Un signal radio qui viendrait de l’espace intrigue les scientifiques », Le Nouvel Observateur, sur le site tempsreel.nouvelobs.com - 17 août 2014.
  6. (en) « Fast Radio Burst Discovered in the Arecibo Pulsar ALFA Survey » L. G. Spitler et al., sur le site de Astrophysical Journal, iopscience.iop.org - 10 juillet 2014.
  7. (en) « Radio-burst discovery deepens astrophysics mystery », sur le site de la McGill University, www.mcgill.ca - 10 juillet 2014.
  8. (en) (en) Heino Falcke et Luciano Rezzolla « Fast radio bursts: The last sign of supramassive neutron stars », version 21 janvier 2014, 2013.
  9. Jean-François Cliche, « E.T., est-ce bien toi ? - Sciences dessus dessous », sur Blogues de La Presse,‎ (consulté le 3 avril 2015)
  10. Victor Garcia, « Signaux radio dans l'espace : les extraterrestres étaient un micro-ondes », sur L'Express,‎ (consulté le 30 avril 2015)

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Lorimer burst » (voir la liste des auteurs).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]