Suprématie quantique

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La suprématie quantique, aussi appelée avantage quantique, désigne le nombre de qbits au-delà duquel aucun superordinateur classique n'est capable de gérer la croissance exponentielle de la mémoire et la bande passante de communication nécessaire pour simuler son équivalent quantique. Les superordinateurs de 2017 peuvent reproduire les résultats d'un ordinateur quantique de 5 à 20 qubits, mais à partir de 50 qubits cela devient physiquement impossible[1].

Le seuil d'environ 50 qubits correspond à la limite de la suprématie quantique. D’après Harmut Neven, responsable des recherches en calcul quantique chez Google, son équipe est sur le point de construire un système de 49 qubits d’ici à la fin de l’année 2017[1].

En novembre 2017, IBM réussit à faire fonctionner un calculateur quantique de 50 qbits pendant 90 microsecondes atteignant donc le seuil théorique de la suprématie quantique[2]. Cependant, une équipe de recherche d'IBM a montré en octobre 2017 que ce seuil n'était pas aussi fixe que pensé dans un premier temps et qu'il est possible de modéliser le comportement d'un ordinateur quantique avec des ordinateurs conventionnels au-delà de 49 qbits grâce à des techniques mathématiques[3],[4].

C'est Intel qui en premier présentera un processeur quantique frôlant le seuil quantique lors du CES 2018 avec un processeur de 49 qbit.[5]

Pour certains chercheurs notamment chez IBM, le nombre de qubits seul ne permet pas de capturer la complexité inhérente aux calculateurs quantiques et ils suggèrent que la puissance d'un calcul quantique sur un appareil donné soit exprimée par un nombre appelé « volume quantique », qui regrouperait tous les facteurs pertinents, à savoir, le nombre et la connectivité des qubits, la profondeur de l'algorithme utilisé ainsi que d'autres mesures telles que la qualité des portes logiques, notamment le bruit du signal[6].

L'utilisation du mot « suprématie » est également mise en cause en raison de ses connotations raciales et politiques[6].

En octobre 2019, une publication dans la revue Nature [7] établit la validité du franchissement d'une étape majeure dans le calcul quantique, et d'une certaine forme de suprématie quantique. Toutefois la suprématie est contestée, puisque le même calcul aurait été réalisé par IBM en 2 jours et demi[8]. John Preskill explique[9] que son équipe d'IBM a pu développer un algorithme classique et le faire tourner sur le supercalculateur Summit, non-quantique, invalidant ainsi la supposée réussite de Google[10].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Russ Juskalian, « You might not know what to do with it, but it’s time to save up for a quantum computer », MIT Technology Review,‎ (lire en ligne, consulté le 5 avril 2017)
  2. (en) Will Knight, « IBM announces a trailblazing quantum machine », MIT Technology Review,‎ (lire en ligne, consulté le 20 novembre 2017)
  3. (en) Will Knight, « New twists in the road to quantum supremacy », MIT Technology Review,‎ (lire en ligne, consulté le 20 novembre 2017)
  4. Edwin Pednault, John A. Gunnels, Giacomo Nannicini et Lior Horesh, « Breaking the 49-Qubit Barrier in the Simulation of Quantum Circuits », arXiv:1710.05867 [quant-ph],‎ (lire en ligne, consulté le 20 novembre 2017)
  5. 01net, « CES 2018 : Intel frôle la suprématie quantique avec un processeur 49 qubits », sur 01net (consulté le 20 février 2019)
  6. a et b (en) « The Era of Quantum Computing Is Here. Outlook: Cloudy | Quanta Magazine », Quanta Magazine,‎ (lire en ligne, consulté le 7 février 2018)
  7. (en) Frank Arute, Kunal Arya, Ryan Babbush et Dave Bacon, « Quantum supremacy using a programmable superconducting processor », Nature, vol. 574, no 7779,‎ , p. 505–510 (ISSN 1476-4687, DOI 10.1038/s41586-019-1666-5, lire en ligne, consulté le 24 octobre 2019)
  8. Ordinateur quantique : Google a-t-il atteint la suprématie quantique ? Futura-Science
  9. [1]
  10. [2]