Super-Terre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne confondre ni avec exo-Terre ni avec méga-Terre.
Page d'aide sur les redirections « super-terre » et « superterre » redirigent ici. Pour les autres sens, voir Terre (homonymie).
Illustration de la taille de la super-terre GJ 1214 b (au centre) en comparaison avec la Terre et Neptune.
Article général : planète tellurique (ou rocheuse).

Une super-Terre[1], super-terre[2] ou superterre[3],[4],[5] est une exoplanète ayant une masse comprise entre celle de la Terre et celle d'une planète géante, avec une limite supérieure de dix fois la masse de la Terre[6], la limite inférieure variant entre un à cinq fois la masse de la Terre selon les sources.

Dans les médias, la présentation des super-Terres est souvent erronée, les confondant avec des planètes qui pourraient abriter une forme de vie ou possédant à sa surface des conditions proches de celles de la Terre, ce qui n'est pas le cas pour la grande majorité d'entre elles.

La planète μ Arae c est parfois présentée comme la première super-Terre à avoir été découverte[7], bien que sa masse soit estimée à 10,5 masses terrestres[8]. La planète CoRoT-7 b est la première super-Terre dont la nature tellurique (rocheuse) a été confirmée[9].

Plusieurs super-Terres ont été découvertes depuis celle de Gliese 876 d par l'équipe d'Eugenio Rivera en 2005. Le système solaire n'en contient aucune, ce qui serait dû à l'influence gravitationnelle de Jupiter et Saturne[10]. Toutes les planètes plus massives que la Terre sont des géantes gazeuses dotées d'une masse minimale de 14 masses terrestres.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Super-Terre vient de l'anglais super-Earth, qui a été introduit par l'astronome bulgare Dimitar D. Sasselov (en)[11]. Le premier article à l'employer est paru en [12]. D'après Cristina Nicolae et Valérie Delavigne [13], super-Terre serait apparu en français dans des revues de vulgarisation scientifique — d'abord par Science & Vie en [14] — puis aurait été repris dans des communications scientifiques — d'abord par François Bouchy en [15] — et des communiqués de presse scientifiques — tels ceux du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) depuis fin [16].

Définition[modifier | modifier le code]

Il existe quelques incertitudes au sujet de la fourchette de masse servant de critère à cette appellation : Valencia et al. (2007) définit une super-Terre comme une planète rocheuse dotée d'une masse comprise entre une et dix masses terrestres[17], tandis que Fortney et al. (2007) propose une fourchette comprise entre 5 et 10 masses terrestres[18], sans compter d'autres définitions pouvant apparaître dans la presse scientifique[19]' [20]' [21]. Dans le cas du télescope spatial Kepler, une super-Terre est définie comme ayant un rayon Rp compris entre 1,25 et 2 fois celui de la Terre (planète "de taille terrestre" [Earth-size] : Rp < 1,25 RT, "super-Terre" [super-Earth size] : 1,25 RT < Rp < 2 RT, planète "de taille neptunienne" [Neptune-size] : 2 RT < Rp < 6 RT, planète "de taille jovienne" [Jupiter-size] : 6 RT < Rp < 15 RT, planète "de très grande taille" [very-large-size] (jusqu'à deux fois la taille de Jupiter) : 15 RT < Rp < 22,4 RT, non-prises en compte [not considered] : Rp > 22,4 RT)[22]. De plus en plus, on distingue également les super-Terres, telluriques avec un sol bien défini, des « mini-Neptunes », d'une taille/masse comparable mais qui seraient couvertes d'une épaisse atmosphère gazeuse. Ils en questionnent également l'habitabilité[23].

Système solaire[modifier | modifier le code]

Le Système solaire ne contient pas de super-Terre.

D'après Konstantin Batygin, de l'Institut de technologie de Californie, et Greg Laughlin, de l'Université de Californie à Santa Cruz[24], l'absence de super-Terre au sein du Système solaire serait un des résultats du Grand Tack, une étape hypothétique de la formation de notre système planétaire qui a été proposée en 2011[25] afin notamment d'expliquer la petitesse relative de Mars[26] qui est une des pierre d'achoppement du modèle de Nice.

Autres systèmes planétaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Olivier Mousis (LAM), « Une super-Terre voisine faite de diamant ? » [html], sur INSU-CNRS,‎ mis en ligne le 11 octobre 2012 (consulté le 9 juin 2015)
  2. Anna Biazzi, « Deux nouvelles super-terres détectées à 54 années-lumière de la Terre » [html], sur Journal de la science,‎ mis en ligne le 30 avril 2015 (consulté le 9 juin 2015).
  3. Jean-François Haït, « Des superterres à perte de vue », La Recherche, no 460,‎ , p. 30 (lire en ligne [html])
  4. Entrée « superterre » [html] du Dictionnaire d'astronomie en libre accès sur Futura-Sciences (consulté le 9 juin 2015).
  5. Sébastien Balibar et Édouard Brézin (dir.), Demain, la physique, Paris, Odile Jacob, coll. « Science »,‎ [2de éd. revue et augmentée] (1re éd. 2004), 155 x 240 mm, 368 p. (ISBN 978-2-7381-2305-3, OCLC 690188754, notice BnF no FRBNF42122921, présentation en ligne), p. 36 (lire en ligne [html], consulté le 9 juin 2015).
  6. [1]
  7. Martin Steinacher et al., « 32 nouvelles exoplanètes découvertes » [html], sur Observatoire européen austral,‎ traduction en français du communiqué de presse scientifique no 0939 du (consulté le 10 juin 2015) : « L'équipe de Michel Mayor a découvert, entre autres, en 2004, la première super-Terre autour de µ Ara(e) ».
  8. (en) Francesco Pepe et al., « The HARPS search for southern extra-solar planets. VIII.– μ Arae, a system with four planets », Astronomy and Astrophysics, vol. 462, no 2,‎ , p. 769-776 (DOI 10.1051/0004-6361:20066194, Bibcode 2007A&A...462..769P, arXiv astro-ph/0608396, résumé, lire en ligne [PDF]).
  9. (en) Martin Steinacher et al., « La masse et la densité de la plus petite exoplanète connue enfin déterminée : elle est rocheuse ! » [html], sur Observatoire européen austral,‎ traduction en français du communiqué de presse no 0933 du (consulté le 10 juin 2015).
  10. [2]
  11. (en) Dimitar D. Sasselov, The life of super-Earths: How the hunt for alien worlds and artificial cells will revolutionize life on our planet, New York, Basic Books,‎ [1re éd.], XVI-202 p. (ISBN 978-0-465-02193-2 et 978-0-465-02340-0, OCLC 787844818, notice BnF no FRBNF42633826, présentation en ligne), partie I, chap. 4 : « Chasing transits », n. 18, p. 176-177 (lire en ligne [html], consulté le 10 juin 2015) et partie I, chap. 5 : « Super-Earth: A new type of planets », n. 2, p. 178 (lire en ligne [html], consulté le 10 juin 2015).
  12. (en) G. J. Melnick et al., « The Extra-Solar Planet Imager (ESPI): A proposed MIDEX mission », Bulletin of the American Astronomical Society, vol. 34,‎ , p. 559 (Bibcode 2001AAS...199.0910M).
  13. Cristina Nicolae et Valérie Delavigne (LiDiFra), « Naissance et circulation d'un terme : une histoire d'exoplanètes », Texte et Corpus, no 4 « Acte des sixièmes Journées de la linguistique de corpus (10, 11 et 12 septembre 2009, Lorient, France) »,‎ , p. 217-229 (lire en ligne [PDF]).
  14. Valérie Greffoz, « Exoplanètes : on est enfin tout près de les voir ! », Science et Vie,‎ , p. 72-75.
  15. François Bouchy, « Détection des exoplanètes par mesures de vitesses radiales », dans Jean-Louis Halbwachs, Daniel Egret et Jean-Marie Hameury (dir.), Formation planétaire et exoplanètes : Actes de l'École thématique du CNRS organisée par l'Observatoire astronomique de Strasbourg et la Société française d'astronomie et d'astrophysique (23-27 mai 2005, Goutelas, France), Strasbourg, Observatoire astronomique de Strasbourg,‎ , VIII-355 p. (OCLC 492820297), p. 27-53 (lire en ligne [PDF], consulté le 10 juin 2015).
  16. Laetitia Louis, « Une planète habitable à vingt années-lumière de la Terre », sur 2.cnrs.fr, Centre national de la recherche scientifique,‎ communiqué de presse du (consulté le 10 juin 2015).
  17. (en) Diana Valencia, « Radius and structure models of the first super-earth planet », The Astrophysical Journal, vol. 656, no 1,‎ , p. 545–551 (DOI 10.1086/509800, lire en ligne)
  18. (en) Fortney et al., « Planetary Radii across Five Orders of Magnitude in Mass and Stellar Insolation: Application to Transits », The Astrophysical Journal, vol. 659, no 2,‎ , p. 1661–1672 (DOI 10.1086/512120, lire en ligne)
  19. Peter N. Spotts. Canada's orbiting telescope tracks mystery 'super Earth', Hamilton Spectator, 2007-04-28
  20. Life could survive longer on a super-Earth - space - 11 November 2007 - New Scientist Space
  21. ICE - News Detail
  22. - Characteristics of planetary candidates observed by Kepler, II: Analysis of the first four months of data
  23. (en) Are super-Earths really mini-Neptunes?
  24. (en) Konstantin Batygin et Greg Laughlin, « Jupiter's decisive role in the inner Solar System's early evolution » [« Rôle décisif de Jupiter au début de l'évolution du Système solaire interne »], Proceeding of the National Academy of Sciences of the United States of America,‎ (DOI 10.1073/pnas.1423252112, résumé)
    L'article a été reçu par le , accepté le et mis en ligne le .
  25. (en) Kevin J. Walsh, Alessandro Morbidelli, Sean N. Raymond, David P. O'Brien et Avi M. Mandell, « A low mass for Mars from Jupiter's early gas-driven migration », Nature, vol. 475, no 7355,‎ , p. 206-209 (DOI 10.1038/nature10201, Bibcode 2011Natur.475..206W, arXiv 1201.5177, résumé)
    L'article a été reçu par la revue Nature le , accepté par son comité de lecture le et mis en ligne le .
  26. Benoît Rey, « La petite taille de Mars enfin expliquée », sur Ciel et Espace,‎ (consulté le 25 mars 2015)
  27. (fr) Première découverte d'une planète habitable hors du système solaire, dépêche de l'AFP du 25 avril 2007
  28. (en) Dennis Overbye, « New Planet May Be Able to Nurture Organisms », The New York Times,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]