Super-Kamiokande

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Super-Kamiokande
Caractéristiques
Type
Structure architecturale (d), institut de rechercheVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées

Super-Kamiokande est un observatoire de neutrinos. Il est situé au Japon près de la ville de Mozumi et consiste en un immense cylindre de 40 mètres de haut et 40 mètres de diamètre rempli de plus de 50 000 tonnes d'eau. Son emplacement dans une mine, en dessous d'une montagne, lui fournit une bonne protection au bruit de fond que constituent les rayons cosmiques (en majorité des muons au niveau du sol) qui sont arrêtés par cette grande quantité de matière. Le but de cette expérience est d'étudier des particules élémentaires appelées neutrinos et les oscillations qui les gouvernent. En 1987, l'expérience précurseuse Kamiokande s'était mise en évidence par la détection de neutrinos provenant de l'explosion d'une étoile (la supernova SN 1987A, dans le Grand Nuage de Magellan), confirmant la théorie gouvernant les explosions de supernovæ. Son nom provient de Kamioka, le village montagnard où se situe l'expérience, et de NDE, signifiant tour à tour Nucleon Decay Experiment (« expérience de désintégration du nucléon ») puis Neutrino Detection Experiment (« expérience de détection du neutrino »). Pour l'anecdote, ce changement de nom intervint seulement quelques mois avant cette détection.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Les neutrinos ont la particularité de très peu interagir avec la matière. C'est pourquoi une grande quantité de matière est nécessaire pour permettre de les détecter efficacement. Ainsi, 50 000 tonnes d'eau purifiée constituent la cible de ce détecteur. Le neutrino va interagir avec un nucléon du noyau d'oxygène. Un nucléon et un lepton seront produits selon une désintégration β. Ce dernier correspondra au type de neutrino incident. S'agissant d'une particule chargée allant plus vite que la lumière dans l'eau, il produira un cône de lumière Tchérenkov qui donnera des informations sur l'énergie, le type et la direction du neutrino incident. Cette lumière sera recueillie par des tubes photomultiplicateurs (PMT) qui amplifieront ce signal et le transformeront en signal électrique.

Résultats[modifier | modifier le code]

C'est en 1998 que Super-Kamiokande acquit sa renommée internationale en prouvant le phénomène d'oscillation du neutrino, et donc que ces particules possèdent une masse non nulle. Les neutrinos créés dans le Soleil changent de nature en se propageant jusqu'à la Terre. C'est d'ailleurs pour cette découverte que Masatoshi Koshiba reçut le prix Nobel de physique 2002. Jusqu'en 2005, ce détecteur constituait un élément de l'expérience K2K qui mesura plus précisément les paramètres d'oscillation de ces particules. Mais ce sont cette fois des neutrinos créés et donc contrôlés par l'homme grâce à un accélérateur de particules qui furent étudiés.

Incident[modifier | modifier le code]

En 2001, un incident provoqua l'explosion de la moitié des tubes photomultiplicateurs (PMT) de l'expérience (soit plus de 5000). Des échafaudages placés dans le détecteur vidé pour nettoyer les parois avaient provoqué une fragilisation du verre d'un PMT. Lorsque l'on remplit de nouveau le détecteur, à 20 mètres de pression d'eau au-dessus de lui, ce dernier implosa. L'onde de choc provoqua la casse de tous les PMT qui étaient sous le niveau de l'eau, une vraie catastrophe pour l'expérience. Par la suite, on redisposa les PMT survivants dans le cylindre mais en se contentant d'une surface de détection deux fois plus faible (20 % de la surface totale au lieu de 40 %). En juin 2006, la couverture initiale du détecteur en PMT a été rétablie, ouvrant ainsi la troisième période d'acquisition de l'expérience. Elle sert également de détecteur lointain à l'expérience à faisceau de neutrinos T2K, qui a débuté en 2010.

Évolution - Hyper-Kamiokande[modifier | modifier le code]

Depuis les années 2010 existe un projet appelé Hyper-Kamiokande. Ce projet est classé parmi les 28 grands projets prioritaires de l'État japonais. Treize États, de trois continents, participent à ce programme.

Outre les équipes « permanentes » de grandes réunions de coordination, voire d'inauguration ont lieu. A l'occasion de l'inauguration de 2017, le début de la construction est annoncé pour l'année 2018, avec mise en service vers le milieu des années 2020.

Le site officiel hyperk.org[1] donne des explications (et des schémas) sur ce programme. La taille de la cuve était passée de 4 millions de litres d'eau 'très' pure, dans le premier laboratoire Kamiokande, à 50 millions de litres pour Super-Kamiokande. Hyper-Kamiokande utilisera un double cylindre de 2 x 250 mètres de long (toujours de 40 m x 40 m, et toujours à 600 m de profondeur) pour réduire l'impact 'parasite' des rayonnements cosmiques. Sa capacité serait accrue, après un facteur 10 initial, de 20 fois, soit 100 millions de litres de cette eau de grande pureté, cette capacité s'accompagnant de la croissance proportionnelle du nombre de capteurs.

Enfin, pour donner un ordre de grandeur de la masse d'une barrière de plomb qui permettrait une captation 'neutrinale' classique, à au moins 68 % (sans les nombreuses approximations et 'astuces' déployées par ces labos), celle-ci est estimée à un chiffre de l'ordre de l'année lumière en épaisseur[réf. souhaitée].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]