Peuples indigènes d'Amérique du Sud

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Représentations de peuples indigènes d'Amérique du Sud (1914)

Les peuples indigènes d'Amérique du Sud ou peuples amérindiens d'Amérique du Sud sont les peuples autochtones d'Amérique du Sud et leurs descendants actuels.

Amérique centrale[modifier | modifier le code]

Chibchas[modifier | modifier le code]

Art autochtone colombien

Les Chibchas occupaient un territoire s'étendant de l'actuel Guatemala à l'actuelle Colombie. C'est du peuple chibcha qu'est né le mythe de l'Eldorado. Celui-ci avait un art très élaboré de fabrication de bijouterie en or, en fournissait notamment aux Incas, et avait pour coutume de recouvrir de poussière d'or certains de ses morts et de les jeter au fond des lacs.

Amérique du Sud[modifier | modifier le code]

Nations quechuas[modifier | modifier le code]

Le Machu Picchu, cité inca

Les Quechuas sont les dépositaires de la civilisation inca. L'empire inca s'étendait à son apogée sur la partie occidentale de l'Amérique du Sud, entre l'océan Pacifique et la cordillère des Andes. Cela représente un territoire long de 4 000 km et couvrant une superficie de plus de trois millions de kilomètres carrés. La capitale était Cuzco, située au Pérou.

La civilisation inca se développe du XIe au XVIe siècle. Leur règne sur l'Empire inca s'achève avec l'exécution d'Atahualpa, lors de la Conquête espagnole en 1533. La mort de l'Inca ne signifie pas la disparition du peuple quechua. Bien que la caste inca ait été dévastée, la langue quechua fut utilisée comme langue d'évangélisation et elle prit le pas sur d'autres langues autochtones. De ce fait, de nombreuses populations, très diverses culturellement se revendiquent aujourd'hui de la nation quechua. À l'heure actuelle, la langue quechua est bien vivante, on la retrouve principalement dans les provinces du Pérou (Sierra et Altiplano), de Bolivie (Chuquisaca, Cochabamba, Potosi) et d'Équateur.

Nation aymara[modifier | modifier le code]

La nation aymara est présente principalement sur le haut plateau bolivien (départements de La Paz, Oruro, Potosi) et également au sud du Pérou (Puno) et au nord du Chili (Iquique). Cette nation est unie par sa langue et sa culture originale trouve ses racines dans la culture Tiwanaku qui disparut au début du second millénaire de notre ère. Cette nation amérindienne compte environ 1,5 million de locuteurs principalement en milieu rural des régions citées.

Avant la révolution bolivienne de 1952, les indigènes étaient soumis à une stricte ségrégation. Les quartiers aisés des villes du pays leur étaient interdits : quiconque en croisait un était en droit de le déshabiller, de le frapper et de l'expulser. Ils étaient en outre privés du statut de citoyen et du droit de vote[1].

Mapuches[modifier | modifier le code]

Le terme « Mapuches », littéralement « Peuple de la Terre » en mapudungun, désigne les communautés aborigènes de la zone centre-sud du Chili et de l'Argentine, connues également sous le terme tombé en désuétude d'« Araucans ». Selon le recensement de 2002[réf. nécessaire], ils représentent 4 % de la population chilienne, soit un peu plus de 600 000 personnes, et on estime à environ 300 000 le nombre de Mapuches en Argentine.

Originaires de la cordillère des Andes chiliennes, ils ont propagé leur culture jusqu'à la Patagonie argentine, en passant par la Pampa, entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Ni les Incas ni les Conquistadors ne réussirent à les soumettre. Cette formidable résistance a inspiré le fameux poème épique La Araucana (1569, 1578 et 1589) d'Alonso de Ercilla. Au Chili, ce n'est qu'en 1882, après une longue série de campagnes militaires, que Cornelio Saavedra réussit à les soumettre. Des groupes ont poursuivi la lutte armée jusqu'à la fin du XXe siècle.

La langue mapuche, le mapudungun, est uniquement orale. Elle a servi à transmettre des techniques agricoles, une religion animiste (sans panthéon comme c'est le cas dans les autres civilisations d'origine andine), une fête rituelle nommé guillatún, un sport assez proche du hockey connu sous le nom de palín (ou chueca) ainsi qu'un système d'autodéfense appelé kollellaullin.

La société mapuche s'organisait autour d'un lonko, chef de tribu qui soumettait son autorité en cas de guerre importante à un commandant (toqui).

Peuples d'Amazonie[modifier | modifier le code]

Peuples patagons et fuégiens[modifier | modifier le code]

Répartition géographique des peuples sud-amérindiens en Terre de Feu

Part des populations indigènes et métisse en Amérique du Sud[modifier | modifier le code]

Indigènes, métis et leur part cumulée dans la population du pays :[réf. nécessaire]

  • Bolivie : 55 % d'indigènes et 30 % de métis, soit 85 % de la population
  • Pérou : 45 % d'indigènes et 37 % de métis, soit 82 % de la population
  • Équateur : 25 % d'indigènes et 55 % de métis, soit 80 % de la population
  • Guyane, Guyana et Suriname : entre 5 et 20 % et [?]
  • Paraguay : 5 % d'indigènes et 93,3 % de métis, soit 98,3 % de la population
  • Venezuela : 2 % d'indigènes et 69 % de métis, soit 71 % de la population
  • Colombie : 2 % d'indigènes, 60 % de métis
  • Chili : 3,2 % d'indigènes et 44 % de métis[2]
  • Uruguay 0 % d'indigènes et 8 % de métis, soit 8 % de la population
  • Argentine : 2,5 % d'indigènes soit 1 million sur 41 millions d'habitants
  • Brésil : indisponible

Selon Lizcano 2005[modifier | modifier le code]

Dans une étude de 2005[3], Francisco Lizcano donnait pour sa part les chiffres suivants pour les différentes ethnocultures des pays ibéroaméricains :

Ibériques
Pays Population Européens[4] Métis Mulâtres Amérindiens Afrodescendants Créoles & Garifunas Orientaux Dominante
Brésil 170 406 000 53,8% 39,1% 0,4% 6,2% 0,5% Afroeuropéen
Colombie 42 105 000 20,0% 53,2% 21,0% 1,8% 3,9% 0,1% Afrométis
Argentine 37 032 000 85,0% 11,1% 1,0% 2,9% Européen
Pérou 25 662 000 12,0% 32,0% 9,7% 45,5% 0,8% Indométis
Venezuela 24 170 000 16,9% 37,7% 37,7% 2,7% 2,8% 2,2% Afrométis
Chili 15 211 000 52,7% 39,3% 8,0% Européen
Équateur 12 646 000 9,9% 41,0% 5,0% 39,0% 5,0% 0,1% Indométis
Bolivie 8 329 000 15,0% 28,0% 2,0% 55,0% Indométis
Paraguay 5 496 000 20,0% 74,5% 3,5% 1,5% 0,5% Métis
Uruguay 3 337 000 88,0% 8,0% 4,0% Européen
Amérique ibérique 502 784 000 36,1% 30,3% 20,3% 9,2% 3,2% 0,2% 0,7%

Lizcano regroupe les différents pays selon cinq dominantes de population : afroeuropéenne, afrométisse, européenne, indométisse, et métisse.

Il rassemble Européens, métis et mulâtres dans une catégorie Ibérique, ces populations partageant largement les mêmes cultures.

Le total Amérique ibérique comprend également les pays ibériques d'Amérique centrale et des Caraïbes, ainsi que le Mexique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Lemoine, Les enfants cachés du général Pinochet : Précis de coups d'États modernes et autres tentatives de déstabilisation, Don Quichotte, , p. 392.
  2. Composición Étnica de las Tres Áreas Culturales del Continente Americano al Comienzo del Siglo XXI.
  3. Francisco Lizcano Fernández, Composición Étnica de las Tres Áreas Culturales del Continente Americano al Comienzo del Siglo XXI, México, Convergencia, 2005, lire en ligne (consulté le 4 novembre 2021), p. 218.
  4. En espagnol, le terme utilisé par Lizcano est criollo : blanc natif du pays, qu'il distingue de creole : afrodescendant origine des Caraïbes. Pour la clarté, criollo est ici traduit par européen et creole par créole.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]