Studiolo italien

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Marqueteries du studiolo de Frédéric III de Montefeltro.

Le studiolo italien est un ancêtre du cabinet de curiosités de la Renaissance italienne, il se différencie de celui-ci par l'absence de « curiosités » (Artificialia, Naturalia, Exotica, Scientifica[1]) et par son utilisation principale comme cabinet d'étude.

Plusieurs exemples significatifs de ce genre de cabinet privé ou intime ont existé dans l'Histoire ; il pouvait être public (ouvert à tous), privé (ouvert aux invités et proches) ou intime (réservé au destinataire seul). L'environnement créé par les propriétaires de ces studiolo pouvait être didactique, scientifique, symbolique, allégorique ou encyclopédique, et permet de saisir aujourd'hui la personnalité de ces individus éclairés. Les plus nombreux sont les souverains à avoir fait décorer leurs cabinets par les meilleurs artistes de leur temps, les studiolo participant ainsi à l'établissement d'une Histoire du Goût.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'idée d'une petite pièce vouée à la réflexion intellectuelle, lieu de solitude et de tranquillité, trouve son origine chez les auteurs latins comme Cicéron et Pline le Jeune. Elle ne disparait pas complètement au Moyen Âge, métamorphosée en cabinet d'écriture des Pères de l'Église et des moines. Les rois de France ont aussi leur cabinet, comme Charles V au Louvre[2].

Influence de Pétrarque[modifier | modifier le code]

Pétrarque insiste dans son De Vita solitaria sur la nécessité qu'a l'humaniste de s'aménager une retraite au sein de sa demeure, calme et solitaire, où il peut communiquer avec Dieu et cultiver le dialogue avec les muses. Il réalise ce projet dans sa maison de Padoue où il réside sous la protection des della Carrara. Son portrait dans son cabinet de travail, peint par un élève d'Altichiero dans la Sala Virorum Illustrium du palais de Francesco Carrara et le Saint Jérôme de Jan van Eyck, conservé alors dans la collection des Médicis à Florence et qui a servi de modèle au Saint Jérôme de Ghirlandaio ainsi qu'au Saint Augustin de Botticelli à Ognissanti vers 1480, ont fourni une image du studiolo à l'aube de la Renaissance[2].

Studiolo de Lionel d'Este à Belfiore[modifier | modifier le code]

Lionel d'Este est le premier prince connu pour avoir son studiolo dans son château de Belfiore. Il le fit aménager sous l'influence de son maître et humaniste Guarino da Verona. C'est sans doute ce dernier qui a imaginé le programme décoratif de la pièce, ornée à sa base de marqueteries, surmontées d'une série de peintures figurant les Muses. La touche chrétienne, voulue par la tradition pétrarquienne, était apportée par la présence du triptyque de la Déposition de la Croix du peintre flamand Roger van der Weyden. Cet ensemble avait été conçu pour inspirer le prince[2].

Principaux studiolo italiens[modifier | modifier le code]

Dans le reste de l’Europe[modifier | modifier le code]

En France, il en existe au château du Lude (Sarthe), au château de Blois, et au château de La Vigne (Cantal). Ce dernier a été découvert à l'occasion de la restauration de ses peintures murales datées de 1530. Un studiolo est également présent à la Maison Renaissance de Langres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Super User, « Spécialité - Naturalia et collections », sur www.ffcr.fr (consulté le 13 décembre 2017)
  2. a b et c Sophie Cassagnes-Brouquet, Bernard Doumerc, Les Condottières, Capitaines, princes et mécènes en Italie, XIIIe-XVIe siècle, Paris, Ellipses, , 551 p. (ISBN 978-2-7298-6345-6), De la cité idéale au studiolo (page 399)
  3. Notice du MET