Strip-tease (émission de télévision)

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Strip-tease
Genre Documentaire
Création Jean Libon
Marco Lamensch
Réalisation Variable
Présentation Voix off du générique :
Manault Deva
Martine Matagne
Thème du générique Batumambe par Combo Belge
Slogan Strip-tease vous déshabille
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de la France France
Langue Français
Nombre d’émissions 418 (2012) (liste)
Production
Durée Variable
Société de production V.F. Films
RTBF Bruxelles
Avec la participation de France Télévisions
Diffusion
Diffusion RTBF1/La Une (1985-2002)
France 3 (1992-2012)
Date de première diffusion 1985
Date de dernière diffusion Juillet 2012
Public conseillé Accord parental
Chronologie

Strip-tease est une émission de télévision documentaire belge créée sur RTBF1 en 1985, puis belgo-française depuis le [1] et sa diffusion sur France 3.
D'après ses créateurs, elle a pour but de traiter des sujets « pris dans les faits de société »[2].

L'émission[modifier | modifier le code]

Titre[modifier | modifier le code]

Jean Libon et Marco Lamensch voulaient sortir des titres originaux comme Actuel, Envoyé spécial, Reportages, Zoom, Le Droit de savoir, etc. Kipkap ayant été un temps envisagé mais jugé trop bruxellois, ils trouvent finalement l'idée par hasard en voyant l'inscription « strip-tease amateur » sur une cassette[3].

Plus précisément, parmi les premiers sujets de l’émission[4] il y avait le portrait d’une jeune strip-teaseuse candidate à un concours de strip-tease amateur organisé à Bruxelles par Bernard Schol. L’affiche annonçant cet évènement avait été apposée sur la porte de la salle de montage par l’équipe chargée de la réalisation de ce reportage. Les producteurs, à l’époque toujours en recherche d’un titre générique pour leur projet d’émission, ont trouvé que « Strip-tease » correspondait parfaitement au concept de « magazine qui vous déshabille » qu’ils voulaient développer.

« Nous avons parié sur l'intelligence du téléspectateur. Et puis nous avons conçu un emballage : musique, générique, etc. qui donne un minimum de pistes et un ton. L'ambiguïté en définitive ne dure qu'une heure. Une fois qu'on a vu Strip-tease, on sait de quoi ça parle. Mais c'est vrai que le titre a beaucoup déplu, au départ. Avec des journalistes qui écrivaient : “Cette émission qui vaut mieux que son titre” ou “Strip-tease, la meilleure émission de la télévision actuelle, hélas !”[3]. »

— Jean Libon, 2004

Principe de l'émission[modifier | modifier le code]

Strip-tease a été créée par Jean Libon et Marco Lamensch. L'objectif des créateurs était de réaliser des documentaires d'un genre nouveau dans lesquels les commentateurs s'effaceraient pour laisser parler les protagonistes. L’émission aborde essentiellement des passages de la vie de tous les jours (repas de famille, séance de vaisselle, la vie d’une fermière). Le spectateur peut ainsi se reconnaître dans son intimité quotidienne : « Strip-tease : l’émission qui vous déshabille ».

Les réalisateurs belges Benoît Mariage et Philippe Dutilleul y ont fait leurs premiers pas.

L'émission tire son nom du terme « strip-tease », également appelé « effeuillage », qui consiste à se déshabiller progressivement face à un public, en musique, évoquant ainsi l'attitude de sujets filmés, qui finissent par se dévoiler devant la caméra, laissant les spectateurs découvrir leur intimité. En revanche, des spectateurs se sont plaints que certains épisodes tournaient les sujets en dérision à leur insu.

Tout ça (ne nous rendra pas le Congo) est en fait une reprise de cette émission mais avec un format 52 minutes. Certains épisodes ressortent sous le nom de Strip-tease sur France 3.

Musique du générique[modifier | modifier le code]

Le générique de l'émission, Batumambe, est une reprise d’un groupe malien, l’Orchestre régional de Ségou[5], par la fanfare Combo Belge[3]. Ce thème a été adapté pour des jouets musicaux, par Chapi Chapo et les petites musiques de pluie sur l’album Chuchumuchu en 2009.

Documentaires notables[modifier | modifier le code]

Personnalités contrastées[modifier | modifier le code]

La soucoupe et le perroquet[modifier | modifier le code]

Dans ce documentaire de 1993, Jean-Claude, un cultivateur, construit une soucoupe volante, afin de s'envoler dès l'automne...

Chaud business[modifier | modifier le code]

Ce documentaire, fait référence au docteur Martinot, qui avait cryogénisé son épouse, morte depuis 1984, dans l'espoir qu'elle y survive. À la suite de ce reportage : en 2006, le docteur Martinot a mis fin à cette expérience[6].

Au pays des merveilles - Les Dieux de l'Informatique[modifier | modifier le code]

Ce documentaire, de 2002, évoque la difficulté - à cette époque - de s'adapter au monde de l'informatique.

Tiens ta droite[modifier | modifier le code]

Ce documentaire, de 1995, évoque le néo-nazisme, chez une famille ayant une vision très arrêtée de l'Histoire, et ayant des idées racistes et préconçues.

Multiculturels[modifier | modifier le code]

À la poursuite de Madame Li[modifier | modifier le code]

Parmi les documentaires qui ont marqué l'émission, on peut citer À la poursuite de Madame Li (2005), de Anne-Marie Avouac, relatant les éventuelles difficultés - dont culturelles - dans le début des années 2000, pour des entreprises Européennes, de travailler avec la Chine[7].

Délégation de très haut niveau[modifier | modifier le code]

Délégation de très haut niveau (2000) relate le voyage officiel d'une délégation parlementaire belge de différentes sensibilités politiques en Corée du Nord qui a provoqué d'importants remous dans le monde politique lors de sa diffusion. Cette délégation était présidée par Willy Burgeon, les autres parlementaires étant Georges Dallemagne, Alain Destexhe, Michiel Maertens, Patrick Moriau, Vincent Van Quickenborne et Ferdy Willems.

La caméra, très proche des membres de la délégation, enregistre leurs réflexions et réactions diverses lorsqu’ils réalisent que tout écart par rapport au programme officiel et toute relation avec la population et la réalité du pays leur sont interdits. Ils se retrouvent à faire du tourisme, baladés entre monuments à la gloire de Kim Il-sung, avec dépôt de gerbe, et visite d’une bibliothèque monumentale ne contenant que les œuvres de Kim Jong-il, ou d’une école où ils assistent à la récitation par des enfants endoctrinés de l’histoire et de la liste des bienfaits du dirigeant[8].

Willy Burgeon, président honoraire du parlement wallon et échevin de l’instruction publique de la ville de Binche, y montre son enthousiasme face aux « bienfaits » du régime, notamment la « qualité » de l’enseignement. Les autres membres sont partagés entre le tourisme bon enfant, l'agacement face aux refus des autorités de leur laisser visiter ne serait-ce qu'un marché et l'effarement face au régime et à sa propagande. Willy Burgeon sera démis de ses fonctions à la suite de l’émission, et certains membres de la délégation déclareront s’être fait piéger.

La chinoise[modifier | modifier le code]

Dans ce documentaire de Dominique Fischbach, réalisé en 2002, une jeune chinoise est invitée par au pair dans une famille Française. Tout semblait bien se dérouler, mais, du fait des différences culturelles, elle aura des difficultés d'intégration et devra se débrouiller toute seule pour survivre.

De société[modifier | modifier le code]

Restons zen[modifier | modifier le code]

Dans ce documentaire de Antoine Gallien, réalisé en 2009, une proviseur essaye de gérer au mieux un établissement scolaire.

Adopte un père.com[modifier | modifier le code]

Dans ce documentaire de 2012, une jeune adolescente de 16 ans, enceinte, doit en discuter avec son père et son petit ami, afin de se faire une projection sur le futur.

Des épisodes qui voyagent dans le temps[modifier | modifier le code]

Plusieurs épisodes de Strip-tease ont une suite tournée des mois ou des années plus tard, ce qui donne l'occasion intéressante de découvrir ce qu'ont pu devenir certains protagonistes.

  • Martha (1988) a pour suite Martha a cent ans (1995, 7 ans plus tard)
  • La guerre du Golfe (1991) a pour suite Mon Pierre (1999, 9 ans plus tard)
  • 500 lignes (1992) a pour suite Pétard nuptial (2002, 10 ans plus tard).
  • Les petites filles modèles (1993) a pour suite Un petit couple modèle (2002, 10 ans plus tard).
  • Tiens ta droite (1995) a pour suite Tiens-toi droite (2000, 5 ans plus tard).
  • Tout salaire mérite travail (1999) a pour suite Né cassé (2003, 5 ans plus tard)
  • Il était une fois dans l'ouest (2001) est un épisode dont les 4 premières minutes se passent en 1991, 10 ans plus tôt.
  • Mon prince charmant (2002) a pour suite Putain, qu'il a grandi ! (2003, 7 mois plus tard).

Liste de tous les épisodes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des épisodes de Strip-tease.

Fin de l'émission en 2012[modifier | modifier le code]

En 2012, sort le reportage "Recherche bergère désespérément" de Véronique Houth, qui raconte l'histoire de Damien, agriculteur célibataire, dont les grands-parents veulent rompre la solitude. Ils font appel à une agence matrimoniale afin de le mettre en relation avec une jeune Roumaine.

Regardée par près de 900.000 téléspectateurs, ce reportage a vite été l'objet d'une polémique et d'abord sur les réseaux sociaux (twitter)[9]. Ce reportage a provoqué un scandale[10],[11] pour les téléspectateurs du fait que l'émission ne fixe pas de limite par rapport à ce qu'elle montre.

L'émission s’arrête donc en 2012.

Il existe un livre d'un réalisateur sur les coulisses de l'émission Strip-Tease : Mes plus belges années.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Fiche Ina.fr », sur ina.fr France 3 03.10.1992 23:25:00 00:58:00 Strip tease Magazine Reportage Magazine d'origine belge, à périodicité variable, composé de quatre reportages sans commentaire, dont trois sont tournés en France et un en Belgique, voulant rendre compte de la vie quotidienne et de ses travers. Par un ton volontairement humoristique et distancié, les reportages dressent un portrait de la société au quotidien et des comportements humains.
  2. Stéphane Benassi, « Strip-tease : Quand le documentaire refuse de devenir reportage », CinémAction, no 84,‎ , p. 140 à 148
  3. a, b et c Karin Tshidimba, « En trois soirs, Strip-tease intégral », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne)
  4. « La double vie de Jessica | SONUMA » (consulté le 29 juin 2016)
  5. « Strip Tease - L'effet Combo Belge », sur cramique.org (consulté le 24 août 2008)
  6. « La fin du rêve du docteur Hibernatus », sur ladepeche.fr,
  7. Sophie ROSTAIN, « Les lois du business selon Madame Li », sur liberation.fr,
  8. Délégation de très haut niveau sur le site de la Sonuma.
  9. « Come-back de "Strip-Tease" : retour sur une polémique », sur huffingtonpost.fr,
  10. Bruno Roger-Petit, « "Strip-tease" sur France 3 : du trash pour bourgeoisie en mal de domination sociale », sur leplus.nouvelobs.com,
  11. Daniel Schneidermann, « La disgrâce de «Strip-tease» », sur liberation.fr,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]