Stigmatisation sociale

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Un juif allemand portant « la rouelle » sur la poitrine, un petit anneau jaune considéré comme forme de stigmatisation antisémite.

La stigmatisation sociale est un processus qui, à terme, marque l'individu ou le groupe d'un opprobre : les stigmatisés sont ceux et celles qui subissent une réprobation sociale parce qu'ils auraient contrevenu à une loi ou une norme sociale; ils sont vus comme étant déviants.

Origine[modifier | modifier le code]

la stigmatisation vient de Stigma qui signifie marques de supplice du Christ apparaissant sur les gens, il signifie donc qu'il s'observe et qu'il est vu de tous ce mot signifie donc une présentation très négative.

Conception en sciences[modifier | modifier le code]

Selon Erving Goffman, la stigmatisation d'un individu intervient lorsqu'il présente une variante relative par rapport aux modèles offerts par son proche environnement[1].

Il existe trois formes de stigmatisation reconnues par Eving Goffman[2] :

Les maladies telles que l'herpès, le VIH/SIDA, l'illégitime, l'orientation sexuelle, l'identité de genre[3], la couleur de la peau ou affiliation avec une nationalité spécifique, la religion (ou son abscence[4]), se proclamer être supérieur à une autre ethnie sont également des formes de stigmatisation sociale. Les enfants hyperactifs ou dits difficiles sont souvent stigmatisés[5]. La perception ou attribution, qu'elle soit vraie ou fausse, d'une criminalité, est une forte stigmatisation sociale.

Selon Howard Becker, les stigmatisés peuvent choisir de cacher l'identité socialement vue comme étant déviante, ou encore de se l'approprier. Il mentionne quatre étapes[6]:

  • Exposition : à une pratique ou une culture jugée déviante
  • Apprentissage : des normes et valeurs dans une sous-culture vue comme déviante
  • Dissimulation du stigmat : Pratiques visant à ne pas faire connaitre l'identité jugée déviante
  • Adhésion à la culture déviante : Adoption du stigmat, réappropriation

La déviance est d'après l'approche proposée par Becker, le résultat d'un processus d'apprentissage social, qui passe par une redéfinition de l'identité sociale.

Les ouvrages de Goffman et Becker posent les premiers jalons d’une réflexion d’envergure sur le discrédit et la déviance comme qualifications socialement construites, c’est-à-dire des étiquettes dont il faut faire l’histoire pour comprendre les effets. Ils mobilisent à cet effet un savoir-faire méthodologique spécifique, qui veut observer au ras du sol ce que Goffman a appelé les « comportements mineurs ».

Ils continuent de faire l'objet d'appropriations nombreuses dans le champ des sciences humaines et sociales[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Nettleton, Sarah, The sociology of health and illness, Polity Press, , 95 p. (ISBN 0-7456-2827-3).
  2. (en) Erving Goffman, Stigma: Notes on the Management of Spoiled Identity', Prentice-Hall, (ISBN 0-671-62244-7).
  3. Les Principes de Jogjakarta, le Préambule.
  4. (en) « globeandmail.com ».
  5. Kühni, K., « Prévenir, prédire ou proscrire les discriminations ? », Revue petite enfance, no 118,‎ (32-39).
  6. « The Labeling Tradition », sur deviance.socprobs.net (consulté le 29 novembre 2018)
  7. Clyde Plumauzille et Mathilde Rossigneux-Méheust, « Le stigmate ou « La différence comme catégorie utile d'analyse historique » », Hypothèses,‎ , p. 215-228 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]