Steven Hill

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Steven Hill
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Steven Hill dans Mission: Impossible, épisode n°2 Mémoire, septembre 1966

Nom de naissance Solomon Krakovsky
Naissance (93 ans)
Seattle, État de Washington
États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession Acteur
Adaptateur de pièces de théâtre
Auteur de théâtre
Films notables Mission: Impossible (Saison 1)
New York District
The Sacco-Vanzetti Story
Philco Television Playhouse
Un enfant attend
Trente minutes de sursis
Kiss Her Goodbye
Billy Bathgate
On Valentine's Day
L'Affaire Chelsea Deardon
La Brûlure
État de choc
À bout de course
À la recherche de Garbo
Alfred Hitchcock présente

Steven Hill, né le à Seattle, est un acteur américain de 1940 jusqu'à son retrait de la profession en 2000 à l'âge de 78 ans. Il est aussi un adaptateur de pièces de théâtre à l'Actors Studio et à quelques reprises un auteur de théâtre durant les années 1940 et 1950.

Il obtient ses premiers contrats d'acteur à l'après-guerre dans les stations de radios à New York, au théâtre à Broadway ainsi que dans les productions de l'Actors Studio, dont il est l'un des membres fondateurs, sur scènes et à la télévision de la fin des années 1940.

Acteur établi au théâtre et reconnu pour son talent, les studios d'Hollywood l'engagent à la télévision et à quelques reprises au cinéma dans les années 1950 et 1960. Il joue son premier film dans La Dame sans passeport (1950) de Joseph H. Lewis et ses premiers rôles importants dans les films dramatiques La Déesse (1958) de John Cromwell et Kiss Her Goodbye (1959) d'Albert Lipton. Dans les années 1960, John Cassavetes l'engage dans le drame social Un enfant attend (1962) et Sydney Pollack dans le thriller Trente minutes de sursis (1965).

Prolifique au petit écran, il joue le plus souvent des premiers rôles, entre autres pour des metteurs en scène de renoms comme Sidney Lumet, John Frankenheimer, Sydney Pollack, Arthur Penn ou Alfred Hitchcock, pour ce dernier en tant que producteur exécutif d'Alfred Hitchcock présente, durant l'âge d'or de la télévision américaine.

En 1966-1967, il connaît la notoriété mondiale à travers le rôle emblématique de Daniel Briggs dans la première saison de Mission: Impossible avant son éviction de la série et de son retrait d'Hollywood pendant dix ans. À son retour, il débute à l'âge de 55 ans une deuxième carrière au cinéma et à la télévision, avec une filmographie de seize longs métrages de 1980 à 1993. À la fin de sa carrière, il se distingue dans le rôle du procureur général Adam Schiff dans la série télévisée New York District de 1990 à 2000.

Il remporte un Sylvania Television Award pour le rôle dramatique de l'année 1954, dans la série jouée en direct à la télévision, le Philco Television Playhouse dans l'épisode Man of the Mountaintop du metteur en scène Arthur Penn.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse de Seattle à New York[modifier | modifier le code]

Steven Hill est né sous le nom de Solomon Krakovsky de parents d'origine russe[1]. Originaire de Seattle, sur la côte nord-ouest des États-Unis, il découvre le théâtre pendant son enfance lorsque sa sœur participe à un concours de talent[2] d'élocution sur scène.

West Seattle High School, université de la ville de Seattle, état de Washington, États-Unis.

Quelques décennies plus tard, à Chris Chase, un journaliste du New York Times, il déclare avec un regard amusé sur lui enfant et de son imaginaire d'alors :

« Cela ne me dérangerait pas que tous ces gens me regardent, que le projecteur brille sur moi. Cela pourrait être amusant[2]. »

C'est par le biais de sa sœur aînée, déjà bien impliquée dans le théâtre avant lui, qu'il fait ses débuts au théâtre. Elle encourage son frère et lui donne des conseils de ne pas faire une carrière d'acteur amateur tout en continuant notamment ses études[3].

Il étudie à la West Seattle High School, l'université de l'état de Washington, et en sort diplômé en 1940[4]. Il part ensuite travailler à Chicago pendant huit mois, et reste à New York pendant deux ans[3]. À New York, il connaît une période de labeur et de difficultés, il frappe à toutes les portes pour décrocher une pige dans un théâtre ou un petit contrat d'acteur[3]. De ses premières années d'acteur sans emploi, philosophe, il dit : « La caractéristique d'un acteur qui s'établit est la persévérance[3]. »

Il incorpore l'armée en 1942 et sert durant quatre ans la United States Navy Reserve (U.S.N.R.) qui est la réserve de volontaires de la Marine des États-Unis[5]. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, le jeune homme se destine toujours à devenir un acteur, un métier qu'il commence à partir de 1946 dans les stations de radios new-yorkaises puis sur les planches des théâtres de Broadway à New York[6].

Période Broadway[modifier | modifier le code]

Le jeune acteur Hill fait sa première apparition en 1946 sur la scène de Broadway dans le rôle du premier soldat dans A Flag is Born, signifiant en français La naissance d'un drapeau, dans une mise en scène de Ben Hecht avec dans la distribution le prometteur jeune acteur Marlon Brando et Paul Muni.

Durant cette époque, le metteur en scène américain Elia Kazan l'invite à rejoindre Marlon Brando, Montgomery Clift, Julie Harris et d'autres acteurs en tant que membre fondateur de l'Actors Studio. Un moment important pour Steven Hill : « C'était un autre sentiment de reconnaissance[6]. »

Broadway à Times Square, quartier des théâtres de New York. Lieu tournant de la carrière de Steven Hill.

Le premier tournant de sa carrière arrive à partir de 1948, dans le rôle de Stefanowski dans la pièce de théâtre Mister Roberts[6],[7] avec Henry Fonda dans le rôle principal du Lieutenant Roberts et Joshua Logan comme metteur en scène. Cette pièce de théâtre est reprise dans le film Permission jusqu'à l'aube en 1955, d'un trio de réalisateurs réputés qui sont John Ford, Mervyn LeRoy et, de nouveau présent dans ce projet, Joshua Logan et de stars du grand écran représentées par Henry Fonda, reprenant alors son rôle, James Cagney, William Powell et Jack Lemmon.

Au sujet de son travail d'acteur de théâtre dans Mister Roberts, Steven Hill raconte :

« Le metteur en scène, Joshua Logan, a pensé que j'avais certaine capacité et il m'a empêché de créer l'une des scènes. Alors j'ai improvisé un dialogue qui est allé dans le spectacle. C'était ma première adhésion à un projet. Cela m'a donné un énorme encouragement à rester dans le métier[6]. »

Tout en étant activement impliqué à l'Actors Studio, il joue dans plusieurs pièces et accumule de l'expérience entre autres avec Sundown Beach, une production de l'Actors Studio, mis en scène par Elia Kazan dans le rôle de Thaddeus Long en septembre 1948. Il prête aussi les traits au personnage de Lyndstrand dans la pièce dramatique The Lady from the Sea en août 1950. Les productions théâtrales de Times Square deviennent une étape importante dans le développement artistique de l'acteur[3].

À partir de la fin de l'année 1950 jusqu'à la mi-1951, le jeune acteur joue son premier rôle important à Broadway dans The Country Girl. La pièce traite du sujet des gens du théâtre et des drames en coulisses d'une star déchue qui tente un retour sur scène[8]. Le journal new yorkais Brooklyn Eagle du 11 novembre 1950 écrit dans ses colonnes à propos de l'acteur : « Steven Hill projette avec brio une image forte et pénétrante d'un jeune génie du théâtre lors de son interprétation sur scène[8]. » À travers ce premier grand rôle, il devient un acteur établi et acquiert une réputation solide à New York qui l'amène dès le début de la décennie 1950 vers la télévision et le cinéma.

Son dernier rôle important au théâtre est auprès du psychanalyste Sigmund Freud dans la pièce A Far Country en 1961. Toujours sur la scène de Broadway, il dépeint pendant huit mois la vie du découvreur de l'inconscient à l'âge de trente-cinq ans qui se prépare à quitter la ville de Vienne occupée par le danger nazi[9]. C'est une pièce qui décrit également la complexité des relations entre lui et sa patiente, jouée par Kim Stanley[10], qu'il tente de soigner en localisant la peur et le désir qui ont causé la paralysie de ses jambes[9]. À la suite de son interprétation de Freud, il remporte des critiques élogieuses sur Broadway[2] comme étant un acteur aux rôles difficiles à dimensions psychologiques[11].

Débuts télévision et cinéma[modifier | modifier le code]

À côté de ses activités au théâtre, il fait ses débuts à la télévision dans plusieurs épisodes de la série consacrée à l'Actors Studio en 1949. Produite par ABC télévision, cette série dramatique joue des pièces en direct, des écrivains comme Edgar Allan Poe ou James Thurber, avec les membres de l'Actors Studio présents qui sont Julie Harris, Cloris Leachman et de temps en temps, Marlon Brando et Steven Hill[12].

Actors Studio, quartier de Manhattan, New York, États-Unis.

Après la série télévisée Actor's Studio, il participe à de nombreux épisodes des différentes productions dramatiques qui sont jouées aussi en direct à la télévision, sans filet de sécurité, dans les conditions du théâtre. En 1949, il joue dans Suspense qui est une série dérivée de la série radiophonique à succès diffusée sur les ondes de la CBS Radio depuis les années quarante[13]. Il fait partie du casting de Danger en 1952, un drame policier psychologique, qui est l'une des premières séries à faire usage de la musique en fond sonore[14]. Il est présent entre autres dans la série appelée Lux Video Theatre en 1952 qui est une comédie dramatique diffusée sur NBC télévision.

Hill se souvient de cette époque révolue de la télévision, disant que : « C'était une période très inhabituelle de travail à la télévision pour les acteurs parce que, tout d'abord, il n'y avait pas d'arrêt une fois que le show a commencé. C'était tout du direct, et votre cœur était dans la bouche à chaque instant du temps. Si vous faisiez une erreur en face de millions de téléspectateurs - en plus des personnes du métier qui vous regarde - je veux dire, vous ne pouviez pas vous rétracter et refaire la scène encore... C'était éprouvant nerveusement[3]. »

En 1950, il débute sur grand écran auprès de la Metro-Goldwyn-Mayer qui l'engage pour le second rôle de Jack dans La Dame sans passeport de Joseph H. Lewis, un film appartenant au genre cinématographique dit du film noir[2]. Il rejoue un second rôle dans le même genre cinématographique en 1955 dans Les visiteurs maudits, ou Storm Fear en anglais[15]. Il décroche son premier rôle majeur en jouant le personnage de John Tower[2], le fils de Kim Stanley, au côté de Lloyd Bridges dans le film dramatique La Déesse en 1958, un long métrage librement inspiré de la vie de Marilyn Monroe[16].

Ses premières expériences au cinéma se révèlent artistiquement peu concluantes, il n'est pas satisfait des rôles qu'on lui propose et repart pour New York. En juin 1962, dans les colonnes du quotidien américain The Blade, au sujet de ses premiers pas sur grand écran, il raconte : « J'ai eu le sentiment que je ne voulais pas commencer ma carrière à l'écran en jouant des rôles inoffensifs[17]. »

Âge d'or de la télévision[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950 et 1960, c'est sous le pseudonyme parfois de Steve Hill qu'il tourne le plus souvent à la télévision qui connaît alors son âge d'or. Il joue dans tous les genres existants de l'époque, dans un ou plusieurs épisodes, dans une dizaine de drame tels que dans Starlight Theatre en 1950, Goodyear Television Playhouse en 1953 ou Studio One en 1957, des comédies dramatiques dans Schlitz Playhouse of Stars en 1952 et Playwrights '56 en 1956, des séries policières dans The Mask en 1954, en interprétant un jeune danseur, ou dans Kraft Suspense Theatre dans le costume d'un agent de police de la sécurité en 1965.

Il ajoute à son curriculum-vitae des séries d'aventure comme dans les Aventures dans les îles pour la Twentieth Century Fox en 1961[18] ou dans Route 66 en février 1962[19]. Route 66, librement inspirée du roman Sur la route de Jack Kerouac, est une série qui raconte les aventures de deux jeunes hommes sur la mythique Route 66 à travers les États-Unis qui tentent, le temps de l'épisode City of Wheels, d'unir les deux personnages, un paraplégique aigri et une infirmière, joués par Steven Hill et Bethel Leslie[19],[20].

Bartolomeo Vanzetti, Steven Hill interprète le militant anarchiste dans The Sacco-Vanzetti Story en 1961 pour la NBC télévision.

En plus des séries d'aventure, sa carrière évolue dans des séries, de science-fiction dans deux épisodes de Lights Out en 1952, de guerre dans Espionage dans une coproduction anglo-américaine d'ATV en octobre 1963, puis dans une série musicale The Seven Lively Arts en revêtant le rôle de Nick Adams en 1957.

L'acteur américain contribue aux importantes productions de la télévision de l'époque et il y rencontre le succès dans le show business[17]. Les metteurs en scène l'appellent généralement pour sa polyvalence dans les rôles les plus difficiles à jouer, dans la profondeur et la complexité des personnages[11], tels que dans Playhouse 90 en 1959, d'après une histoire de l'écrivain Ernest Hemingway, sous la direction de John Frankenheimer[11], ou autrement dans Goodyear Theater à la fin de la décennie 1950.

Le « maître du suspense » Alfred Hitchcock, producteur exécutif dans Alfred Hitchcock présente en 1957, recrute l'acteur qui enfile le costume de Joe Kedzie. Le personnage de Kedzie est un libéré de prison et le détenteur d'un gros butin caché au fond d'un puits d'une mine dans le désert, tout en étant l'objet de toutes les convoitises de ses proches qui vont tenter de l'éliminer[21]. L'acteur apparaît aussi dans les séries appréciées du grand public, dans Les Incorruptibles en 1960 avec Robert Stack dans le costume d'Eliot Ness qui combat un gangster flamboyant et trafiquant de drogues du nom de Jack "Legs" Diamond, interprété par Hill[22] ou en 1964 dans Le Plus Grand Chapiteau du monde avec Jack Palance portant les traits d'un directeur de cirque et Hill endossant le rôle de Frankie Santene le temps d'un épisode[23].

En juin 1960 pour l'émission spéciale du Sunday Showcase[24] sur la NBC, Steven Hill et Martin Balsam interprètent respectivement les deux figures historiques américaines de Bartolomeo Vanzetti et de Nicola Sacco[25] dans The Sacco-Vanzetti Story du metteur en scène Sidney Lumet. The Sacco-Vanzetti Story, qui offre une nomination aux Emmy Awards 1961 à son metteur en scène[26], est un téléfilm historique en deux parties sur le parcours et le procès retentissants des deux militants anarchistes Sacco et Vanzetti, reconnus coupables d'un meurtre qu'ils n'ont pas commis et condamnés à mort dans l'état de Massachusetts aux États-Unis pendant les « années folles ».

Quelques années plus tôt, il revêt un autre rôle important de sa carrière en incarnant Horace Mann Borden dans la série diffusée en direct à la télévision dans le Philco Television Playhouse, sous la direction d'Arthur Penn, dans l'épisode Man of the Mountaintop. De cette adaptation d'une pièce de Broadway, il remporte le prix du Sylvania Television Award de l'acteur dramatique de l'année[27] le 30 novembre 1954.

Hollywood et réputations artistiques[modifier | modifier le code]

À la suite de cette récompense, le président des studios Columbia, Harry Cohn appelle le nouveau lauréat des Sylvania Awards[17] à rejoindre la production d'un film biblique nommée Joseph et ses Frères, en anglais Joseph And His Brethren, qui ne se réalise pas. Néanmoins, pour Steven Hill, ce deuxième retour à Hollywood est positif : « Le film ne deviendra jamais réalité, mais mon expérience au studio était incroyable que j'ai été amené à écrire une pièce de théâtre autour de cela[17]. »

Sa pièce est passée à travers quatre réécritures successives par des différents auteurs dont les titres sont The Test, Get That Dough, The Great Unknown et Hang On, Ted Georgetown qui ne connaissent pas de suite[17]. En 1959, il joue dans une production à petit budget, dans le drame psychologique Kiss Her Goodbye d'Albert Lipton, d'après une histoire de Wade Miller. Hill endosse le rôle d'un mécanicien et d'un meurtrier malgré lui en essayant de protéger, avec l'aide d'Elaine Stritch, sa petite sœur, jouée par Sharon Farrell, à la fois une déficiente mentale et une femme fatale de dix-neuf ans en proie aux désirs d'hommes indélicats[28].

À la fin des années 1950, l'acteur américain se fait connaître aussi par un tempérament de jeune rebelle sur les plateaux de tournage ou de théâtre, se battant avec véhémence avec les metteurs en scène et les producteurs d'Hollywood[29]. Il est congédié de rôles vedettes dans quatre pièces de Broadway[29] et, en raison de coutumes religieuses, passe à côté de plusieurs rôles principaux au cinéma tels que dans La Canonnière du Yang-Tse en 1966 de Robert Wise avec Steve McQueen et Richard Attenborough en tête d'affiche[2]. Il refuse plusieurs séries dont notamment celui du pianiste de jazz reconverti en détective privé dans Johnny Staccato dans le rôle principal de Staccato, repris finalement par l'acteur John Cassavetes en 1959[11]. Steven Hill, en quête d'épanouissement artistique, déclare à la presse en avril 1960 au sujet de ses refus de séries télévisées :

Colline d'Hollywood, à Los Angeles, état de Californie, États-Unis.

« La principale raison est que je ne serais pas heureux. Et un acteur ne peut pas faire un bon travail quand il est malheureux. Les fois dans ma carrière quand j'ai pris part (à des projets) et que je n'étais pas complètement emballé, j'ai fait un mauvais travail[11]. »

Les relations de Hill avec les studios, notamment avec les producteurs sont difficiles, voire parfois ingérables au sujet de la mise en scène[29]. Il s'explique ainsi : « Le problème était... Je pensais que je savais toutes les choses au sujet du jeu d'acteur. C'était un long moment avant que je commence à réaliser qu'il y avait des gens aussi intelligents que moi[29]. »

Le perfectionnisme de l'acteur formé à l'Actors Studio lui attire des problèmes auprès de certains producteurs dont l'un d'entre eux dit que : « Il a grillé sa chance à Hollywood[29]. » Sa carrière en pâtit, un frein qu'il amène à faire de la vente de matériel et d'aller pointer au chômage afin de soutenir financièrement sa famille, notamment ses quatre enfants. À ce sujet, il dit : « Je suis passé par un tronçon de trois ans de chômage chronique[17]. », et poursuit : « Comme il n'y avait pas d'emplois en intérim pour moi, j'ai fait de l'écriture. J'ai écrit une pièce intitulée The Cool Cats, mais il n'a eu un essai que beaucoup plus tard. En attendant, j'ai eu des petits boulots et j'ai fait une émission de télévision de temps en temps[17]. »

Cependant, parmi les acteurs d'Hollywood, la réputation de Hill est excellente, Robert Duvall et Clint Eastwood portent en estime le travail de l'acteur[30]. Clint Eastwood évoque l'acteur dans la série télévisée Rawhide : « Steven était sérieux et méticuleux dans son art, il a fait une grande impression sur moi[30]. », et il ajoute : « Il n'a pas été comme tout le reste d'entre nous, il était un véritable artiste. Pourtant, il a pris le temps pour un jeune acteur comme moi[30]. »

L'acteur Farley Granger cite son ancien collègue avec qui il a fait une adaptation au théâtre des écrits de l'écrivain russe Dostoïevski : « Ceux d'entre nous qui ont eu la chance de le voir sur scène retiendront de lui comme un acteur d'une immense profondeur et de tessiture[31]. » et pour Lee Strasberg de l'Actors Studio dans un entretien au New York Times : « Steven Hill est considéré comme l'un des meilleurs acteurs que l'Amérique n'ait jamais produit[2]. »

Puis pour l'acteur et metteur en scène John Cassavetes souhaitant travailler avec un acteur de sa carrure, il déclare en octobre 1962 : « Il est l'un des meilleurs acteurs dans les années à venir[29]. », et complète au sujet de la défiance des studios sur Steven Hill : « J'ai attendu six ans pour obtenir la bonne partie d'engager Steve[29]. »

De Cassavetes et Pollack à Rawhide[modifier | modifier le code]

Cassavetes emploie Steven Hill durant l'automne 1962 dans le cadre de son troisième film appelé Un enfant attend avec Burt Lancaster et Judy Garland dans les premiers rôles. Un enfant attend est un drame social qui raconte l'histoire d'un jeune déficient mental dont le rôle des parents bouleversés est joué par Steven Hill et Gena Rowlands[32]. Le sujet controversé du film sur les enfants retardés intéresse l'acteur et défend le long métrage ainsi : « Les films osent affronter les réalités, le public est fatigué des plats en bouillie de la télévision. Ils se rebellent contre un tel maigre tarif en allant au cinéma, cela leur donnent de la nourriture mentale et émotionnelle[17]. »

En 1965, Sydney Pollack tourne son premier film avec Trente minutes de sursis, un thriller tourné dans la ville natale de Steven Hill. L'acteur est dans la distribution principale avec Sydney Poitier, Anne Bancroft et Telly Savalas, un film porté par une musique de Quincy Jones[33].

Affiche du film Un enfant attend de John Cassavetes avec Burt Lancaster, Judy Garland, Gena Rowlands et Steven Hill.

Inspiré d'une histoire vraie, Trente minutes de sursis est une course contre le temps, l'intrigue du film met en scène le personnage de Sydney Poitier qui reçoit un appel d'urgence d'une femme, déprimée et suicidaire, jouée par Anne Bancroft qui a pris une dose mortelle de somnifères. Le personnage de Poitier tente par des efforts désespérés de retrouver son psychiatre, Telly Savalas, et son mari méprisant, joué par Steven Hill[34]. À la sortie du film, Hill reçoit les faveurs du New York Times qui écrit :

« La description de Steven Hill en capitaine du bateau de pêche dont l'agréable existence domestique a explosé les limites, est purement trouble, de façon amer et maussade, d'un homme émotionnellement déchiré[35]. »

Peu employé et pratiquement banni du cinéma et du théâtre durant les années 1960, il est essentiellement présent à la télévision dans des rôles de guest star, parmi les séries populaires de l'époque telles que celles du Dr. Kildare en 1962 avec Richard Chamberlain. Il participe en 1963 aux deux séries, Ben Casey et Bob Hope Presents the Chrysler Theatre, du jeune metteur en scène Sydney Pollack, ou au printemps 1963 dans l'épisode Barefoot on a Bed of Coals[36] de la série policière Naked City[37], le jeune acteur débutant Dustin Hoffman, dans le rôle d'un braqueur, donne la réplique au faux policier joué par Steven Hill.

Il revient dans la célèbre production télévisée d'Hitchcock nommée Suspicion, une suite d'Alfred Hitchcock présente, au milieu des années soixante[6]. C'est un retour qui s'opère en 1964 dans le rôle hitchcockien d'un escroc financier nommé Charlie Osgood qui tente de maquiller sa propre mort avec l'aide du personnage de Joanna Moore contre son collègue et partenaire en affaires joué par Richard Anderson[38]. L'année suivante, il incarne un autre personnage hitchcockien en la personne de monsieur Manners, un suicidaire sauvé par les pompiers qui se retrouve au Thanatos Palace Hotel, un lieu de préparation à la mort. Il rencontre le personnage joué par Angie Dickinson qui trouve une raison de vivre lorsqu'elle est à son contact[39]. Début 1966, il participe à une autre série mondialement connue Le fugitif, dans le rôle d'un politicien sauvé d'un avion par David Janssen dans le rôle du fugitif, le docteur Richard Kimble[40].

La situation de l'acteur évolue sensiblement durant la production de la série western Rawhide dans lequel il joue le personnage de Marty Brown, au côté de Clint Eastwood dans le rôle principal, dans l'épisode The Gray Rock Hotel[41] diffusé au printemps 1965. Il y croise pendant le tournage Bruce Geller, le coproducteur délégué de cette série, qui apprécie le jeu introspectif de l'acteur et lui offre l'opportunité de rejoindre une future série en cours d'élaboration[2]. À partir de 1966, Steven Hill obtient le premier rôle de l'agent secret Daniel Briggs, de la série phénomène de la fin des années 1960 appelée Mission: Impossible.

Mission impossible[modifier | modifier le code]

En 1966, Bruce Geller, le producteur exécutif, démarre la production d'un pilote nommé Briggs Squad, renommé par la suite FMI durant le processus de développement. Finalement, la série est dotée du nom définitif de Mission: Impossible[6], tournée dans les studios Desilu et diffusée à partir de septembre 1966 sur le réseau de la chaîne CBS télévision.

L'I.M.F en action: (de gauche à droite) Steven Hill et Martin Landau dans le premier épisode de Mission: Impossible (1966)

Steven Hill a le rôle principal de l'agent secret Daniel Briggs, le chef de l'I.M.F. (Impossible Missions Force) dont le but est de recruter une équipe d'agents secrets capable d'intervenir dans des dictatures et de déjouer les plans ou les pouvoirs en place dans l'anonymat. La distribution comprend les acteurs Barbara Bain, Martin Landau, Greg Morris et Peter Lupus[6] constituant l'équipe de l'Impossible Missions Force.

Dans les coulisses de la production de Mission: Impossible, les cadres de Desilu Production et de CBS télévision sont au départ en désaccord au sujet du choix de Steven Hill dans le rôle principal, en raison de sa réputation d'acteur difficile à gérer auprès des producteurs et des réalisateurs[2]. Bruce Geller sûr de son choix, veut uniquement Hill pour le rôle du cerveau de l'équipe de l'IMF. Il réussit à convaincre les responsables de Desilu Studios de la crédibilité de l'acteur, dont les dirigeants sont les acteurs et producteurs, Lucille Ball, star de la chaîne CBS avec I Love Lucy ou The Lucy Show, et Desi Arnaz[2]. Herb Solow, le producteur exécutif en charge à Desilu, soutient aussi le choix de Hill : « Nous voulions obtenir le genre de gars que vous ne pensiez pas faire ce genre de rôle. »

De plus, Geller se retrouve aussi confronté à l'hostilité des cadres de CBS télévision, estimant entre autres que l'acteur n'est pas une idole de la télévision, ni une star assez vendeuse pour tenir le premier rôle d'une importante série[2].

Le conflit est sous-jacent entre l'acteur et la production au cours des premières semaines de tournages de la première saison. L'opposition débute à propos du calendrier de tournages. À de nombreuses reprises, les producteurs débordent dans le planning des tournages qui sont importants et chronophages, notamment le week-end. À chaque fin de semaine, la production travaille et retravaille les scènes techniques qui sont les plus onéreuses, certains épisodes coûtent des milliers de dollars en heures supplémentaires[42],[2]. Des heures supplémentaires qui obligent les acteurs à être présent notamment le vendredi soir ou le samedi, jour de chabbat, ou durant tout un week-end[2].

De confession juive orthodoxe et impliqué dans la pratique religieuse depuis son interprétation de Freud au théâtre en 1961[2], Steven Hill ne peut suivre les exigences des producteurs dans le prolongement des tournages notamment le week-end. Conformément à son contrat professionnel[2], il peut rentrer chez lui tous les vendredis soir à la fois pour se reposer et pratiquer son culte, quelles que soient les conditions de tournage.

Une partie de l'équipe de l'I.M.F: (de gauche à droite) Martin Landau, Barbara Bain et Steven Hill dans Mission: Impossible (1967)

En refusant toute forme de souplesse de son contrat, l'acteur irrite la production qui commence à lui en vouloir. De ces différences irréconciliables naissent des rapports conflictuels entre l'acteur et la production. C'est lors de l'épisode n°23, intitulé "Silence, on tourne", qu'une suspension des producteurs s'impose à Steven Hill. Ce dernier refuse au cours d'une scène d'action de monter les chevrons à travers un escalier sonore. Un refus n'ayant rien à voir avec le chabbat de l'acteur[2].

Cette décision de le suspendre a comme conséquence la disparition totale de l'acteur dans l'épisode "Silence, on tourne", la réduction considérable de la présence de son personnage dans les trois derniers épisodes de la première saison et de l'éviction de l'acteur de la série.

Ce sont dans les bureaux de CBS, entre les cadres de la chaîne, voulant la révocation de Hill, et Lucille Ball, productrice en chef de Desilu que le sort de l'acteur se joue. Lucille Ball soutient l'acteur en posant un ultimatum à CBS de retirer le programme phare de la chaîne avec le Lucy Show, si elle n'est pas suivie dans ses recommandations de le garder dans la série. Suite aux interventions de Ball, Perry Lafferty, le vice-président de CBS, initie une rencontre, sans la présence de Lucille Ball, entre les cadres des deux entreprises, Desilu Studio et CBS, portant uniquement sur le devenir de l'acteur dans la suite de la série[2]. Dès le premier épisode de la deuxième saison, Peter Graves obtient le rôle principal de Jim Phelps, le nouveau chef de l'I.M.F, et remplace définitivement Steven Hill.

Vingt ans après, en 1986, Steven Hill soutient dans le New York Times :

« Je ne pense pas qu'un acteur doit jouer chaque jour. Je ne pense pas que cela est bon pour le soi-disant processus créatif. Vous devez avoir des périodes lorsque vous quittez la jachère des terres, c'est pour la laisser se revitaliser[43]. »

Désert et retour artistiques[modifier | modifier le code]

Après son éviction de la série pendant le printemps 1967[44], l'acteur quitte Hollywood et connaît une longue traversée du désert durant près de dix ans. Les raisons de son départ : « J'ai quitté (Hollywood) parce que, même après ce genre d'expérience merveilleuse, je sentais que je voulais aller dans d'autres choses sur le plan de mes capacités, et aussi pour étendre mes ailes[3]. »

Il se retire avec sa famille pendant cinq-six ans auprès de la communauté juive de Monsey[45], dans le comté de Rockland, à une cinquantaine de kilomètres de New York[43]. Dans les années 1990, Steven Hill se souvient de ses années difficiles de ce qu'il appelle : « Une énorme période de chômage[6]... »

Afin de subvenir aux besoins de sa famille composée de neuf enfants, il s'investit professionnellement durant quelque temps en tant que vendeur dans l'immobilier, ou vendeur de programmes du niveau secondaire pour Bell & Howell[3]. Il est aussi un vendeur pour des entreprises et des écoles paroissiales, dans le commerce de désodorisants pour les salles de bains[3]. Des métiers bénéfiques humainement qui permet de dire à Hill : « J'ai donc eu ce genre d'expériences, ce qui a probablement développé, à mon insu, le coffre au trésor d'expériences de vie qu'un jour je pourrais probablement utiliser si je revenais dans le métier d'acteur[3]. »

Monsey, Maple Avenue, comté de Rockland, état de New York, États-Unis.

Il ajoute à ses activités la narration d'un film documentaire historique en 1970 dans Miracle of Survival[46], ainsi que quelques publicités télévisées en 1972[45], dont une sur un remède contre les maux de tête[42].

Le goût du jeu d'acteur le reprend au milieu des années 1970, il retrouve le chemin des plateaux de télévision pour la première fois en 1976 dans la série dramatique de CBS télévision, nommée The Andros Targets. Une série qui décrit le monde du journalisme confronté à la corruption dans la ville de New York, avec James Sutorius dans le rôle principal du journaliste d'investigation Mike Andros. Réalisé par Don Weiss et diffusé le 7 février 1977, l'épisode In The Event of my Death[47] met en lumière la découverte de Mike Andros sur la responsabilité du chroniqueur politique Ed Conway, interprété par Steven Hill, assailli par la foule de New York, lorsqu'un journaliste corrompu du New York Forum meurt dans l'explosion d'une voiture destinée alors à un autre journaliste[48]. L'année suivante en 1978, il joue le rôle de l'une des personnalités historiques du mouvement des droits civiques, celui de Stanley Levison, dans la mini-série appelée King basée sur la vie de Martin Luther King[49]. Levison est le conseiller et le proche ami du révérend King pour lequel il aide à écrire ses discours et à organiser ses manifestations publiques.

Jusqu'à son dernier projet artistique dans New York District, il ne participe qu'à quelques séries télévisées faisant preuve notamment de quatre contributions dans On ne vit qu'une fois en 1984, dans Génération Pub en 1988, d'une seule participation dans l'épisode Ombres et lumières du notoire inspecteur Columbo en 1989 et également d'une seule présence dans la série judiciaire Equal Justice[50] en 1990. Dans cette dernière série, l'épisode Goodbye, Judge Green est centré sur le juge Green, incarné par Hill, dont son comportement au prétoire amène à détruire une affaire de viol auquelle la victime et son avocate, respectivement Angela Bassett et Jane Kaczmarek, essayent d'avoir justice[51].

Cinéma dans les années 1980[modifier | modifier le code]

Approché pour le rôle du psychiatre Sam Loomis dans La Nuit des masques de John Carpenter en 1978[52],[4], il opère finalement son retour sur grand écran deux ans plus tard, dans la comédie romantique C'est ma chance dans un second rôle. Parmi les personnages, Jill Clayburgh joue le rôle de sa fille, Beverly Garland joue le rôle de la mère de Michael Douglas et de sa compagne, dans un film centré sur les relations humaines et amoureuses[53].

L'acteur retrouve de nouveau régulièrement les plateaux de tournage, avec une succession de rôles à dimension comique de 1981 à 1986, dans L'Œil du témoin, Le Contrat, Brighton Beach Memoirs et d'une petite participation dans Ras les profs !. Dans L'œil du témoin en 1981 avec Sigourney Weaver et William Hurt dans les rôles principaux, Steven Hill et Morgan Freeman forment un duo de détectives impitoyables, nommés Jacobs et Black, à la fois drôles et incompétents[54],[55].

En 1986, dans le film d'action Le Contrat de John Irvin, l'acteur américain propose un personnage comique d'un gangster de la mafia de Chicago, avec Arnold Schwarzenegger, Paul Shenar, Sam Wanamaker ou Robert Davi dans la distribution principale[56]. Puis dans Brighton Beach Memoirs[57] en 1986, réalisé par Gene Saks d'après une pièce de Neil Simon, l'acteur revêt le rôle de monsieur Stroheim, un fabricant de chapeau ayant des idées fortes sur l'éthique professionnelle[56].

La ville de New York, États-Unis, théâtre des films L'affaire Chelsea Deardon, La brûlure, À la recherche de Garbo, État de choc, Billy Bathgate.

La profession invite l'acteur expérimenté dans les grandes productions cinématographiques, sa filmographie se nourrit, rien que pour l'année 1986, de cinq longs métrages supplémentaires et d'un téléfilm. Dans l'ensemble de ses films, Hill se caractérise à travers différents types de personnages, d'un point de vue social et psychologique, le plus souvent en interprétant des figures parentales.

Après une participation dans le dernier film de George Cukor, il est présent en 1983 dans le rôle d'un rabbin dans Yentl avec et de Barbra Streisand. En 1986 dans L'Affaire Chelsea Deardon, le réalisateur Ivan Reitman l'engage dans le rôle du procureur général new-yorkais Bower, le supérieur hiérarchique de Tom Logan, joué par Robert Redford. Dans À la recherche de Garbo en 1984, l'histoire met en scène le personnage d'Anne Bancroft, touchée par une tumeur au cerveau, dont la dernière requête et de rencontrer son actrice préférée, Greta Garbo[58]. À l'occasion de ce film, Steven Hill propose un monologue émouvant auprès du personnage d'Anne Bancroft, de nouveau dans le rôle de sa compagne et déjà sa partenaire dans Trente minutes de sursis en 1965. Il retrouve aussi Sidney Lumet à la réalisation, vingt-quatre ans après The Sacco-Vanzetti Story[59].

Dans La Brûlure, adapté d'une nouvelle de Nora Ephron, Steven Hill joue le beau-père de Meryl Streep avec une histoire centrée sur la relation amoureuse et de l'infidélité de Mark vis-à-vis de Rachel, rôles joués par Jack Nicholson et Meryl Streep. En 1988, dans À bout de course il représente Donald Patterson, un père invisible et rancunier au sujet de sa famille distante, qui sont entre autres sa fille Christine Lahti et son petit-fils River Phoenix ; une famille recherchée par le FBI depuis une quinzaine d'année, suite à un attentat dans un laboratoire de recherche d'une université américaine[60].

La même année qu'À bout de course, il se produit dans le film dramatique État de choc dans lequel il incarne Max Sherman, un cadre d'une entreprise spécialisée dans la vente d'abris-fiscaux qui contribue également à l'ascension de Lenny Brown, joué par James Woods, un arnaqueur à la petite semaine et un as de la vente confronté aux dérives de l'argent et de la drogue dans le monde de la finance[61]. En 1986, On Valentine's Day propose à Steven Hill le personnage de George Tyler au début du vingtième siècle, un cousin mélancolique qui pleure la perte d'un amour de trente ans, un long métrage basé sur une nouvelle semi-autobiographique d'Horton Foote.

Finalement dans Billy Bathgate en 1991, inspiré du roman d'E. L. Doctorow, il prête les traits d'un authentique gangster, un expert-comptable du milieu[62] du nom d'Otto Biederman, pour son dernier rôle important dans une production hollywoodienne. Dans le long métrage, il s'appelle Otto Berman qui se sent une certaine responsabilité paternelle envers Billy Bathgate[63], joué par Loren Dean qui découvre la mafia, au côté de Dutch Schultz, le chef de la mafia new-yorkaise, personnifié par Dustin Hoffman[64].

Reconnaissances et New York District[modifier | modifier le code]

Les producteurs et les réalisateurs sollicitent l'acteur tout au long des années 1980. La critique salue son professionnalisme et sa qualité de jeu dans L'Affaire Chelsea Deardon[59], La Brûlure[65],[59], On Valentine's Day, À la recherche de Garbo[59], À bout de course ainsi que dans État de choc et Billy Bathgate. Dans le film de Mike Nichols, La Brûlure en 1986, le Boca Raton News cite son interprétation ainsi : « L'estimable Steven Hill offre un agréable égocentrique basé à Broadway, père de l'héroïne, qui de façon outrancière comprends le désir de s'égarer[65]. »

Dans le film d'Harold Becker, État de choc en 1988, Bob Thomas de l'Associated Press écrit à propos de son jeu et de sa constance : « Steven Hill réussit à ajouter de la substance à chaque film dans lequel il apparaît[61]. »

Fred Lutz, critique de cinéma pour le quotidien américain The Blade, évoque sa performance dans le drame familial On Valentine's Day :

« Le travail d'ensemble de tous ces acteurs est impressionnant, mais Hill, avec ses regards vides lointains, mérite une mention spéciale. Son portrait sensible d'un imprudemment bien attentionné cousin suicidaire est si brillamment convaincant qu'il devrait être félicité par une nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur acteur[59]. »

Titre du générique en anglais de la série télévisée New York District, dernier projet artistique de Steven Hill.

Dolores Barclay, conseillère artistique à l'Associated Press, apporte son avis sur son jeu d'acteur dans Billy Bathgate : « C'est Steven Hill qui vole le film en tant que Berman, le magicien des nombres. Il donne une perfomance solide et convaincante digne d'une nomination aux Oscars[66]. »

Alors qu'il tourne Billy Bathgate en 1990, l'occasion de participer de nouveau dans la distribution d'une série se présente avec New York District, ou de son titre original en anglais Law and Order[6]. Pour l'acteur américain c'est un déclic : « Le concept de ce titre m'a frappé[6]. »

Avant sa dernière participation au cinéma en 1993 dans La Firme en intégrant les habits du directeur du FBI, il fait partie de la distribution principale de New York District, créée par Dick Wolf, à partir de 1990 jusqu'à sa retraite du métier d'acteur en 2000, durant dix saisons.

Diffusée sur NBC télévision, il interprète le rôle du procureur général Adam Schiff à la fois un sage et un mentor auprès de ses collègues, un personnage d'une intégrité absolue[67]. Un procureur général qui prend des décisions finales pragmatiques et équilibrées sur les affaires les plus difficiles en cours, tout en ayant une connaissance profonde des rouages du système judiciaire américain. Il travaille avec ses collaborateurs joués entre autres par Sam Waterston ou Jill Hennessy, respectivement le premier substitut du procureur Jack McCoy et la substitut du procureur Claire Kincaid[68].

Au sujet de son personnage de procureur général dans la série, Steven Hill dit : « Schiff est le rôle le plus difficile que j'ai eu, en raison de tout le jargon juridique.[...] C'est comme travailler dans une deuxième langue[6]. » L'essayiste et romancier Martin Winckler le décrit ainsi dans le magazine français Génération Séries : « Ses apparitions sont souvent brèves seulement deux ou trois scènes d'une ou deux minutes, il n'en est pas moins très présent, par ses réflexions et son attitude didactique mais dénuée de complaisance[67]. »

Durant sa deuxième partie de vie professionnelle, Steven Hill a été à la recherche de rôles ayant un but social. Il pose un regard lucide, sans concession, sur sa carrière qui est : « Une histoire d'une profonde instabilité et de changement[6]. » Il a recherché aussi la réconciliation avec son métier d'acteur et notamment avec Hollywood[6], tout en reconnaissant en février 1996 lors d'un entretien au New York Times : « Plus tard, j'ai appris que le show-business est un milieu divertissant. J'ai donc eu à concilier mes sentiments idéalistes avec la réalité[6]. »

Théâtre[modifier | modifier le code]

Liste non-exhaustive des pièces de théâtre jouées.

  • 1946 : A Flag Is Born - Le premier soldat
  • 1948-1951 : Mister Roberts - Stefanowski
  • 1948 : Sundown Beach - Thaddeus Long
  • 1949 : The Smile of the World[69]
  • 1949 : Neglected[70]
  • 1950 : The Lady from the Sea - Lyngstrand
  • 1950-1951 : The Country Girl[71] - Bernie Todd
  • 1953 : Josephine - Anthony Harker
  • 1954 : Court Olympus[72]
  • 1959 : The Midnight Sun - Thad Tale
  • 1961 : A Far Country - Sigmund Freud

Filmographie[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Décennies 1940-1950[modifier | modifier le code]

Années 1940 :

  • 1949 : Actor's Studio, épisode The Three Strangers
  • 1949 : Actor's Studio, épisode Three O'Clock
  • 1949 : Actor's Studio, épisode Greasy Luck
  • 1949 : Actor's Studio, épisode A Trip to Czardis
  • 1949 : Theatre of Romance, épisode The Afternoon of a Faun
  • 1949 : Theatre of Romance, épisode The M.P. and the Mouse
  • 1949 : Suspense, épisode The Serpent Ring

Années 1950 :

  • 1950 : Suspense, épisode My Old Man's Badge - Dolph Romano
  • 1950 : Starlight Theatre, épisode The Afternoon of a Faun
  • 1950 : The Magnavox Theatre, épisode The Tale of the Wolf
  • 1951 : Danger, épisode High Wire, High Steel
  • 1952 : Danger, épisode The Hero
  • 1952 : Schlitz Playhouse of Stars, épisode The Man That I Marry
  • 1952 : Lights Out, épisode The Eyes from San Francisco
  • 1952 : Lights Out, épisode The Death's Head
  • 1952 : Lux Video Theatre, épisode Legacy of Love - Hank
  • 1953 : Goodyear Television Playhouse, épisode The Long Way Home
  • 1954 : The Mask, épisode The Young Dancer
  • 1954 : Goodyear Television Playhouse, épisode The Inward Eye - Monsieur Frank
  • 1954 : The Motorola Television Hour, épisode Nightmare in Algiers
  • 1954 : Goodyear Television Playhouse, épisode The Arena
  • 1954 : The Philco Television Playhouse, épisode Middle of the Night - George
  • 1954 : The Philco Television Playhouse, épisode Man on the Mountaintop - Horace Mann Borden
  • 1955 : Playwrights '56, épisode The Sound and the Fury - Stobin
  • 1956 : Playwrights '56, épisode Lost - Walter Uhlan
  • 1957 : Alfred Hitchcock présente, épisode Enough Rope for Two - Joe Kedzie
  • 1957 : The Seven Lively Arts, épisode The World of Nick Adams - Nick Adams
  • 1957 : Studio One, épisode The Traveling Lady - Slim Breedlove
  • 1958 : The DuPont Show of the Month, épisode The Bridge of San Luis Rey
  • 1958 : Pursuit, épisode The Silent Night
  • 1959 : Playhouse 90, épisode For Whom the Bell Tolls: Part 1-Part 2 - Agustin
  • 1959 : The Lineup, épisode The Strange Return of Amy Armitage - Joey

Décennies 1960-1970[modifier | modifier le code]

Années 1960 :

  • 1960 : Sunday Showcase, épisode The American - George Pitt
  • 1960 : Playhouse 90, épisode Journey to the Day - Docteur Edward Gutera
  • 1960 : Sunday Showcase, épisode The Sacco-Vanzetti Story en 2 parties - Bartolomeo Vanzetti
  • 1960 : Dillinger, téléfilm - Melvin Purvis
  • 1960 : Les Incorruptibles, épisode Pigeon d'argile - Jack 'Legs' Diamnond
  • 1961 : Aventures dans les îles, épisode Jeux de pirates - B.E. Langard
  • 1962 : Route 66, épisode City of Wheels - Frank Madera
  • 1962 : Les Incorruptibles, épisode La Déchéance - Joseph December Jr.
  • 1962 : The Eleventh Hour, épisode There Are Dragons in This Forest - Matk Tyner
  • 1962 : Ben Casey, épisode Legacy from a Stranger - Ollie Burdick
  • 1962 : Dr. Kildare, épisode The Cobweb Chain - Docteur Chandra Ramid
  • 1963 : Ben Casey, épisode I'll Be Alright in the Morning - Docteur Keith Bernard
  • 1963 : Naked City, épisode Barefoot on a Bed of Coals - Stanley Walenty
  • 1963 : Bob Hope Presents the Chrysler Theatre, épisode Something About Lee Wiley - Ruben Fare
  • 1963 : Espionage, épisode The Incurable One - Andrew Evans
  • 1964 : Le Plus Grand Chapiteau du monde, épisode Corsicans Don't Cry - Frankie Santene
  • 1964 : Suspicion, épisode Who Needs an Enemy? - Charlie Osgood
  • 1965 : Suspicion, épisode Thanatos Palace Hotel - Monsieur Manners
  • 1965 : Kraft Suspense Theatre, épisode The Safe House - Agent de sécurité de la police israélienne
  • 1965 : Rawhide, épisode The Gray Rock Hotel - Marty Brown
  • 1966 : Le fugitif, épisode The White Knight - Glenn Madison
  • 1966-1967 : Mission: impossible, dans 27 épisodes, 1 saison - Agent secret Daniel Briggs

Années 1970 :

  • 1970 : Miracle of Survival: Israel's Heroic Battle for Life (documentaire historique), de Larry Frisch - Lui-même, voix du narrateur
  • 1977 : The Andros Targets, épisode In The Event of my Death - Ed Conway
  • 1978 : King, téléfilm en 3 parties - Stanley Levinson

Décennies 1980-1990[modifier | modifier le code]

Années 1980 :

Années 1990 :

  • 1990 : Equal Justice, épisode Goodbye, Judge Green - Juge Stephen Green
  • 1990-2000 : New York District, dans 229 épisodes, 10 saisons - Procureur général Adam Schiff
  • 1995 : Where's the Money, Noreen?, téléfilm - Brian Olmsted

Cinéma[modifier | modifier le code]

Décennies 1950-1960[modifier | modifier le code]

Années 1950 :

Années 1960 :

Décennies 1980-1990[modifier | modifier le code]

Années 1980 :

Années 1990 :

Distinctions[modifier | modifier le code]

Sylvania Television Awards :

  • 1954 : Récompensé par un Sylvania Television Award pour le rôle dramatique de l'année dans le Philco Television Playhouse, épisode Man of the Mountaintop.

New York Film Critics Circle Awards :

  • 1991 : Nomination du meilleur acteur dans un second rôle : Classé deuxième pour le film Billy Bathgate.

National Society of Film Critics Awards :

  • 1992 : Nomination du meilleur acteur dans un second rôle : Classé deuxième pour le film Billy Bathgate.

Emmy Awards :

  • 1998 : Nomination du meilleur acteur dans un second rôle dans une série dramatique : Rôle du procureur général Adam Schiff dans New York District.
  • 1999 : Nomination du meilleur acteur dans un second rôle dans une série dramatique : Rôle du procureur général Adam Schiff dans New York District.

Screen Actors Guild Awards :

  • 1995 à 2001 : Nomination pour une performance exceptionnelle par un ensemble dans une série dramatique : Les acteurs principaux de New York District.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • The Complete 'Mission: Impossible' Dossier, par Patrick J. White, Avon Books (New-York, 1991)

Notes et références[modifier | modifier le code]

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