Stephen Harriman Long

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Stephen Harriman Long
Stephen Harriman Long portrait montage.jpg

Portrait de Stephen Harriman Long
par Charles Willson Peale

Biographie
Naissance
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Hopkinton (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Formation
Activités
Père
Moses Long
Mère
Lucy Harriman Long
Autres informations
Arme
Corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis
Grade militaire
Colonel
Œuvres réputées
Poutres en treillis Long

Stephen Harriman Long (1784-1864) était un explorateur de l'armée des États-Unis, un ingénieur topographe et un ingénieur des chemins de fer. En tant qu'inventeur, il s'est distingué dans ses développements de la conception des locomotives à vapeur. Il était l'un des explorateurs les plus actifs du début du XIXe siècle, bien que sa carrière d'explorateur a été relativement courte. Il a parcouru plus de 40 000 km au cours de cinq expéditions, notamment à travers les Grandes Plaines, qu'il décrivit comme un « Grand Désert », à l'origine de l'expression « Grand Désert américain » qui rebuta durant des décennies les colons. Le Longs Peak (4 346 m) au Colorado porte son nom.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Moses et Lucy (Harriman) Long. Il sort avec une licence ès lettres (Bachelor of Arts) du Dartmouth College en 1809 et une maîtrise ès lettres (Master of Arts) du même collège en 1812. Il enseigne dans le New Hampshire et la Pennsylvanie avant d'attirer l'attention du général Joseph Gardner Swift (en), alors chef des ingénieurs de l'armée américaine. En 1815 il le persuade de rejoindre l'armée comme sous-lieutenant. Il enseigne à West Point pendant un an. Il reçoit une commission de ingénieur-lieutenant du Corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis. Après la réorganisation de l'armée américaine, le 24 avril 1816 qui prévoit des ingénieurs topographes[1], il est nommé au grade de Major le 16 avril comme officier topographe dans la Division du Sud sous les ordres du Major général Andrew Jackson.

Expéditions de 1817 à 1823 : le haut Mississippi, le Missouri et la rivière Platte[modifier | modifier le code]

Le territoire de la Louisiane acheté par les États-Unis
Le bassin du Missouri avec ses affluents
Frontières entre les États-Unis et le la Vice-royauté du Mexique prévue au traité d'Adams-Onís de 1819
Carte des États-Unis de John Melish publiée en 1823 après la signature de la convention de 1818 signée entre la Grande-Bretagne et les États-Unis pour fixer la frontière avec l'Amérique du Nord britannique et le traité Adams-Onís de 1819 précisant la frontière avec la vice-royauté de Nouvelle-Espagne

En 1817, le Major Long est placé à la tête d'une expédition qui visite le haut Mississippi jusqu'aux chutes de Saint Antoine, près de la confluence avec le Minnesota. À la suite de cette expédition, il recommande la construction du fort Snelling pour protéger les colons du Haut-Mississippi contre les incursions des indiens. Il a fait le récit de cette expédition dans le livre « Voyage in a six-oared skiff to the falls of Saint Anthony in 1817 » publié en 1860.

En 1818 il est désigné pour organiser une expédition scientifique vers le haut Missouri et la rivière Yellowstone placée sous le commandement du colonel Henry Atkinson qui est protégée par des soldats. Long passe l'automne a préparer l'expédition et à expérimenter un bateau à vapeur, le Western Engineer, pour remonter les rivières.

En mars 1819 il s'est marié avec Martha Hodgkiss de Philadelphie, belle-sœur de John Norvell, sénateur du Michigan.

Rencontre de l'expédition du Major Long avec les Pawnees
Samuel Seymour

L'expédition a quitté Saint-Louis et remonte le Missouri en bateau à vapeur dans le territoire qui appartient aux États-Unis depuis la vente de la Louisiane. Lexpédition est arrivée le 17 septembre au fort Lisa appartenant à la Compagnie des fourrures du Missouri de William Clark et situé à 8 km au sud de Council Bluffs. L'expédition a installé ses cantonnements à proximité pour y passer l'hiver. Long retourne alors sur la Côte Est. Le but de l'expédition a changé. Au lieu de remonter le Mississippi, le président James Monroe a décidé que l'expédition devait remonter la rivière Platte jusqu'à sa source dans les Rocheuses puis revenir en suivant la frontière avec les territoires appartenant alors à l'Espagne tels que définis dans le traité d'Adams-Onís négacié par John Quincy Adams pour les États-Unis. La Major Long a été à la tête de la première expédition scientifique de la rivière Platte. Elle comprenait 19 hommes dont le peintre paysagiste Samuel Seymour, le peintre naturaliste Titian Ramsay Peale, le naturaliste et zoologiste Thomas Say et le médecin Edwin P. James (en) qui s'est intéressé à la botanique et à la géologie et a été le premier à escalader le Pic Pikes en 1820. Le 6 juin 1820, l'expédition a traversé la rivière Platte et a rencontré les indiens Pawnees et Otos. Le 14 octobre 1820, le Major Long a participé à une réunion avec 400 indiens Omahas et leur chef Big Elk. Après avoir reconnus les Pic Longs et les Rocheuses, l'expdition a descendu la Soutth Platte et parcouru la ligne de partage des eaux de l'Arkansas. Le groupe s'est alors scindé, et Long a pris la direction de la partie devant rejoindre la Red River mais qui, ayant rencontré des indiens hostiles, n'ont pu l'atteindre. Ayant dû manger leurs chevaux pour survivre, ils ont finalement retrouvé l'autre groupe à Fort Smith , en Arkansas.

C'est dans le rapport rédigé en 1820 à la suite de cette expédition que Stephen H. Long écrit que les plaines du Nebraska à l'Oklahoma sont impropres à la culture et inhabitables par des peuples dépendant de l'agriculture. Sur la carte qu'il fait de ses explorations il indique « Grand Desert ». Cette appellation pouvait aussi réduire les appétits territoriaux des Britanniques, Espagnols et Russes pour cette région qu'ils pouvaient disputer aux Américains.

Expédition de 1823 de la Rivière Rouge du Nord[modifier | modifier le code]

Plan fait à partir de l'expédition Lewis et Clark aux sources du Missouri et à travers les Rocheuses vers l'océan Pacifique en 1804-1806
Le bassin de la Rivière Rouge du Nord

Cette expédition a remonté la rivière Minnesota, alors appelée St.Peter's River, puis la Rivière Rouge du Nord vers Fort Garry, aujourd'hui Winnipeg, puis ensuite a traversé le Canada britannique pour rejoindre le Lac Huron. Cette expédition a été précédée dans la région de celle commandée par Lewis Cass en 1820, avec Henry Schoolcraft et David Bates Douglass (en). Cette expédition a été définie avec des objectifs scientifiques et commerciaux. Elle a favorisé l'ouverture des pistes de la rivière Rouge qui ont permis de relier Saint Paul avec la colonie de la rivière Rouge.

Ingénieur conseil[modifier | modifier le code]

En 1824, le Congrès des États-Unis passe une loi autorisant les ingénieurs de l'armée américaine d'assister les compagnies privées de chemin de fer ou de canaux à travers le pays[2].

Après ces expéditions, Stephen Long a été libéré de ses obligations militaires pendant plusieurs années. Il a alors été employé comme ingénieur conseil par plusieurs compagnies de chemins de fer sur des projets de lignes. Il a commencé à travailler pour la compagnie Baltimore and Ohio Railroad en 1827 pour laquelle il travaille sur le tracé des lignes de chemin de fer avec Jonathan Knight (en). Il trouve le temps de rédiger « Railroad manual or a brief exposition of principles and deductions applicable in the tracing the route of a railroad » en 1829, publié dans le Journal of the Franklin Institute en 1830.

Il a travaillé avec d'autres ingénieurs militaires dans la conception et la construction de lignes de chemin de fer.

Concepteur de locomotives[modifier | modifier le code]

En 1826 il a obtenu son premier brevet pour une locomotive à vapeur. Plusieurs autres brevets ont suivi.

En 1832, avec William Norris et plusieurs investisseurs, il crée l' American Steam Carriage Company, plus tard la Norris Locomotive Works (en), pour exploiter ses brevets de locomotives. Cette association s'est arrêtée en 1934 à cause des difficultés à réaliser les locomotives conçues suivant les plans de Stephen Long.

Concepteur de ponts en treillis en bois[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses études pour la production de locomotives, il a aussi conçu des plans de ponts en treillis en bois d'abord pour la réalisation de voies de chemin de fer. C'est lui qui a introduit dans la langue anglaise le mot « framework ». Il construit un premier pont en août 1829 sur la ligne vers Washington, le Jackson Covered Bridge pour lequel il a obtenu un brevet en 1830 et qu'il a décrit dans le Journal of Franklin Institute et un livre publié en 1830, réécrit et augmenté en 1836 et réimprimé en 1841 pour expliquer la conception de ses ponts. D'autres brevets de pont en treillis ont suivi jusqu'en 1858. Les brevets de pont à treillis de Stephen H. Long ont initié la conception de plusieurs poutres en treillis qui ont été brevetées.

En 1832, il a accepté de réaliser trois ponts pour la compagnie Baltimore and Susquehanna Railroad pour franchir la Jones Falls, dans le Maryland.

À la différence de Timothy Palmer, Theodore Burr et Lewis Wernwag, Stephne H. Long n'est pas un constructeur de pont, sauf peut-être ses premiers ponts, mais un concepteur. Pour exploiter ses brevets il a commissionné des agents commerciaux. En 1835, un de ses agents commerciaux, Thomas Hassard, que déjà 19 ponts ont été construits suivant les brevets de Stephen Long, dont plusieurs pour les lignes Boston and Worcester Railroad (en) et Boston and Providence Railroad (en).

Entre juin et novembre 1836 il a dirigé l'étude de la route entre les berges de la baie de Penobscot à Belfast (Maine) vers le Québec pour la compagnie Belfast & Quebec Railroad agrée par l'État du Maine le 6 mars 1836. Ce projet n'a pas été réalisé à cause de la panique financière de 1837.

Il a ensuite été employé par la Western and Atlantic Railroad (en) en Géorgie. Il a signé son contrat d'ingénieur en chef de la compagnie le 12 mai 1837. Elle est restée dans cette position jusqu'au 3 novembre 1840.

En 1838 il est nommé dans le nouveau Corps des ingénieurs topographiques qui est créé le 4 juillet 1838. Le Major Long est resté fidèle au gouvernement fédéral pendant la guerre de Sécession. Il a été nommé colonel en 1861 puis il revient dans le Corps des ingénieurs de l'armée américaine au moment de la fusion des deux Corps, en 1863.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Specifications of certain improvements in the Locomotive Engine, and in the mode of transferring loaded carriages from one level to another, in their passage upon rail-ways, p. 129-139, Journal of the Franklin Insitute of the State of Pennsylvania, volume 2, september 1826 (lire en ligne)
  • Description of an improved syphon, and a self-regulating water-gate, for obtaining a regular and equable supply of water, from reservoirs, for canals, and for others purposes, p. 350-352, Journal of the Franklin Insitute of the State of Pennsylvania, may 1827 (lire en ligne)
  • Description of a Steam-engine boiler, adapted to the usue of Anhracite, or bituminous coal, and particularly applicable to Locomotive-engine, p. 115-116, Journal of the Franklin Insitute of the State of Pennsylvania, volume 4, august 1827 (lire en ligne)
  • On the principles which should govern the location and construction of Rail-roads, p. 178-193, Journal of the Franklin Insitute of the State of Pennsylvania, september 1830 (lire en ligne)
  • Description of the Jackson Bridge, Together with Directions to Builders of wooden or frame bridges, Sands & Nielson, Baltimore, 1830 (lire en ligne)
  • Explosions of Steam Boilers : On the Structure and Management of Steam Engine Boilers, p. 244-247, Journal of the Franklin Insitute of the State of Pennsylvania, october 1831 (lire en ligne)
  • Description of Col. S.H. Long's Bridges: Together with a Series of Directions to Bridge Builders, WM. Geddes, Philadelphie, 1841 (lire en ligne)
  • Voyage in a six-oared skiff to the falls of Saint Anthony in 1817, Henry B. Ashmead, Philadelphie, 1860 (lire en ligne)

Brevets[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. U.S. Corps of Topographical Engineers : Henry P. Beers, A History of the U. S. Topographical Engineers, 1818-1863
  2. Frank Giggs, Jr., Stephen H. Long.
  3. Specification of a patent for certain improvements in the construction of Wooden or Frame Bridges. Granted to S. H. Long, p. 231-235, Journal of the Franklin Insitute of the State of Pennsylvania, april 1830 (lire en ligne)
  4. American Patents for December 1832 with Remarks : For an improvement in the Locomotive Steam Machine, p. 386-388, Journal of the Franklin Insitute of the State of Pennsylvania, june 1833 (lire en ligne)
  5. Specification of a patent for a Suspension Bridge. Granted to Stephen H. Long, p. 325-333, Journal of the Franklin Institute of the State of Pennsylvania, november 1839 (lire en ligne)
  6. A description of col. Long's composite bridge. Secured, March 10, 1845, and patented, november 13, 1847, p. 202-206, Journal of the Franklin Institute of the State of Pennsylvania, volume 45, march 1848 [ United States Patent and Trademark Office : Wooden-framed brace-bridge, Brevet no 1 398 à Stephen H. Long, du 7 novembre 1839] (lire en ligne)]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • William H. Keating, Narrative of an expedition to the source of St. Peter's River, Lake Winnepeek, Lake of the Woods, tome 1, H. C. Carey & I. Lea, Philadelphie, 1824 (lire en ligne)
  • William H. Keating, Narrative of an expedition to the source of St. Peter's River, Lake Winnepeek, Lake of the Woods, tome 2, H. C. Carey & I. Lea, Philadelphie, 1824 (lire en ligne)
  • Roger L. Nichols, Patrick L. Halley, Stephen Long and American Frontier Exploration, University of Oklahoma Press, 1995 (ISBN 978-0-8061-2724-8) (aperçu)
  • Kenneth Haltman, Looking Close and Seeing Far. Samuel Seymour, Titian Ramsay Peale, and the Art of the Long Expedition, 1818–1823, Penn State University Press, 2007 (ISBN 978-0-271-02982-5)
  • George J. Goodman, Cheryl A. Lawson, Retracing Major Stephen H. Long's 1820 Expedition. The Itinerary and Botany, University of Oklahoma Press, 1995 (ISBN 978-0806127033)
  • Dario A. Gasparini, Caterina Provost, Early Nineteenth Century Developments in Truss Design in Britain, France and the United States, p. 21-33, Construction History, Journal of the Construction History Society, volume 5, 1989 (ISSN 0267-7768) (lire en ligne)
  • Mark W. Kelley, The Yellowstone Expedition : The American Military on the Missouri River 1818-1820 - A Tale of Politics, Personalities, and Pettiness', p. 81-89, Journal of American's Military Past, no 27, spring/summer 2000
  • Frank Griggs, Jr., Steve H. Long, First American Structural Engineer, Structure magazine, juin 2005 (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]