Stefano Delle Chiaie

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Stefano Delle Chiaie
Stefano Delle Chiaie.jpg
Stefano Delle Chiaie dans les années 1970.
Biographie
Naissance
Décès
(à 82 ans)
Rome (Latium, Italie)
Nom de naissance
Stefano Delle Chiaje
Surnom
Alfredo di Stefano
Alfa
Nationalité
Activité
Autres informations
Partis politiques

Stefano Delle Chiaie, alias ALFA, alias Alfredo di Stefano (né le à Caserte en Campanie et mort le à Rome[1]) est un militant néofasciste italien impliqué dans diverses opérations paramilitaires.

Il est d'abord membre du Mouvement social italien (MSI) puis du Centro Studi Ordine Nuovo, avant de fonder Avanguardia Nazionale. Après s'être exilé en Amérique latine, il a été impliqué dans l'opération Condor, en lien notamment avec le régime de Pinochet et celui des « colonels » argentins.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts au MSI et au Centro Studi Ordine Nuovo[modifier | modifier le code]

Stefano Delle Chiaie prend sa carte au Mouvement social italien (MSI) à l'âge de 14 ans - ce qui lui vaut son surnom de Caccola[2]. Après avoir participé à la fondation des Centri Studi Ordine Nuovo, avec des membres du MSI, dont notamment Pino Rauti, il crée, à la fin des années 1950, le petit Gruppi di Azione Rivoluzionari (GAR), afin de pouvoir mener des actions directes, souvent illégales, sans que la responsabilité n'en échoie à Ordine Nuovo [2]. C'est avec le GAR qu'il organise de nombreuses actions militantes, comme, par exemple, en protestation conter la visite d'Eisenhower en Italie, ou contre le Parti communiste italien. Partisan d'un nationalisme européen, il entretient alors des liens avec le néo-nazi autrichien Konrad Windisch, créateur du cercle de jeunesse Kameradschaftsring Nationaler Jugendverbände (KNJ)[3].

Avanguardia Nazionale Giovanile[modifier | modifier le code]

En 1959, alors qu'il est encore membre du Centro Studi Ordine Nuovo, Stefano Delle Chiaie, partisan d'une ligne activiste, entre en conflit avec Pino Rauti, qui privilégie le travail culturel. Il quitte alors le Centro Studi Ordine Nuovo pour fonder en 1960 son propre mouvement, Avanguardia Nazionale Giovanile (qui deviendra plus tard Avanguardia Nazionale)[4]. Le nouveau mouvement sera accusé de participation à de nombreux attentats lors des années de plomb (1969-1980), dont l'attentat de la piazza Fontana du .

Il a été accusé d'être à l'époque devenu membre de la loge maçonnique Propaganda Due (P2), dirigée par Licio Gelli, ce qu'il a toujours nié[5].

Malgré l'anti-parlementarisme radical de Delle Chiaie et d'Avanguardia Nazionale, raison de la prise de distance avec le MSI, jugé trop électoraliste, il décide de prendre part aux élections législatives de 1963 (remportées par la DC), pensant pouvoir s'en servir comme plate-forme de propagande. Mais au lieu de présenter une liste propre d'AN, comme envisagé, il finit par se rallier - pour d'obscures raisons[6]- à la liste du MSI, son groupe se chargeant de la communication du candidat Paolo Signorelli[2]. Au Congrès du MSI de Pescara, en 1965, il soutient la tendance « révolutionnaire », menée par Giorgio Almirante, contre le secrétaire général sortant, Arturo Michelini, figure de proue de la tendance modérée du parti - mais il se déclare floué lorsque les deux candidats s'accordent à la fin du congrès sur un compromis[2].

En 1965, Avanguardia Nazionale Giovanile s'autodissout. Les militants continuent leurs activités en soutenant d'autres groupes, tout en restant en contact[4].

La bataille de Valle Giulia[modifier | modifier le code]

Il participe activement aux événements de 1967-1968. Le premier , alors que commencent les manifestations étudiantes à Rome, Delle Chiaie participe avec son groupe au cortège des contestataires, auquel se joignent aussi le FUAN-Caravella (Front universitaire d'action nationale) et Primula Goliardica. Quand la route du cortège est coupée par un cordon de la police à la hauteur de Valle Giulia, la situation dégénère. Delle Chiaie mène l'assaut des étudiants contre la police. Ces événements resteront connus comme la bataille de Valle Giulia. La suite des événements voit l'occupation conjointe de la Faculté de droit par le groupe de Stefano Delle Chiaie et le FUAN, et celle de la Faculté des Lettres par les étudiants de gauche. Delle Chiaie écrira qu'il s'est agi d'une des rares occasions où une convergence anti-système a pu unir les radicaux de droite et les radicaux de gauche contre le capitalisme et l'État[7],[8].

Le , les Volontaires nationaux du MSI, guidés par Giorgio Almirante, se rassemblent près de l'université pour mettre un terme à l'occupation par la force. Les militants du FUAN, de Primula goliardica et le groupe de Delle Chiaie vont alors porter secours aux étudiants de gauche barricadés dans la Faculté des Lettres. Les incidents se terminent par l'intervention massive de la police. Delle Chiaie est arrêté, comme de nombreux étudiants[7].

Controverse sur le voyage en « Grèce des colonels »[modifier | modifier le code]

Certaines sources ont affirmé qu'il aurait fait partie d'un groupe d'une cinquantaine de militants italiens, invités en Grèce par le gouvernement militaire[9]. Toutefois, aussi bien devant la justice que dans son autobiographie publiée en 2012, Delle Chiaie nie avoir participé à ce voyage[3]. De plus, son nom ne figure pas sur la liste des participants au voyage établie par la magistrature au cours des procès[10].

Avanguardia Nazionale[modifier | modifier le code]

L'organisation se reconstitue en 1970, mais cette fois sous le nom d'Avanguardia Nazionale. Les responsables sont Sandro Pisano et Adriano Tilgher.

Le mouvement sera dissous le par un tribunal de Rome pour « reconstitution de parti fasciste » (loi Scelba)[4].

Exil en Espagne[modifier | modifier le code]

Après la tentative de coup d'État à Rome du (golpe Borghese) menée avec Junio Valerio Borghese, ancien commandant de la Decima MAS, un corps d'élite de la République sociale italienne, il s'enfuit en mars 1971 vers l'Espagne franquiste[11],[12], comme Vincenzo Vinciguerra. Il rencontre notamment José López Rega, l'éminence grise d'Isabel Peron, et aussi le fondateur de la Triple A, un escadron de la mort argentin[11].

Il serait plus tard revenu en Espagne post-franquiste pour appuyer les Groupes antiterroristes de libération, créés par le gouvernement de Felipe González (PSOE), pour lutter contre l'ETA basque. Toutefois, Delle Chiaie a toujours nié avoir eu le moindre lien avec cette organisation[13].

En Angola[modifier | modifier le code]

En 1976, il se rend en Angola pour soutenir la guérilla menée par l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola) de Jonas Sawimbi contre le gouvernement du MPLA (Mouvement populaire de libération de l'Angola) d'Agostinho Neto. En effet, le pays, qui est devenu indépendant le 11 novembre 1975, a vu le pouvoir confisqué par le MPLA qui instaure un régime à parti unique, la République populaire d'Angola, soutenu militairement par l'Union soviétique et Cuba[5].

En Amérique latine : opération Condor[modifier | modifier le code]

Le , il est en Argentine lors du massacre d'Ezeiza, le jour de l'arrivée de Perón à Buenos Aires après 18 ans d'exil en Espagne. En 1974, il quitte l'Espagne pour s'installer au Chili. Selon les déclarations à la justice de Vinciguerra et de Michael Townley, ex-agent de la CIA inculpé dans le cadre de l'assassinat d'Orlando Letelier, le ministre d'Allende, à Washington, il y rencontre, en à Santiago, et avec Valerio Borghese, Manuel Contreras, le chef de la DINA, la police politique de Pinochet[12]. Il prépare alors l'attentat contre le démocrate chrétien chilien Bernardo Leighton, et rencontre, à cet effet, en 1975 Michael Townley et le Cubain anti-castriste Virgilio Paz Romero (un proche de Luis Posada Carriles)[14]. Leighton et sa femme seront victimes d'une tentative d'assassinat le à Rome[réf. nécessaire].

Lors des funérailles de Franco, à Madrid, le , il rencontre à nouveau Manuel Contreras, ainsi que Pinochet[12],[15], afin de préparer un attentat contre Carlos Altamirano, le chef du Parti socialiste chilien[16]. Il croise aussi, lors de cet enterrement, Yves Guérin Sérac, le fondateur et animateur, dans le Portugal de Salazar, de l'Aginter Press, qui est officiellement une agence de presse mais qui a été accusée de nombreuses autres activités, et qui a émigré en Espagne après la « révolution des œillets » d'[15].

Selon Vincenzo Vinciguerra, un « repenti » d'Avanguardia Nazionale :

« Les rapports entre Avanguardia nazionale et Pinochet ont été instaurés par le prince Borghese, qui a présenté Stefano Delle Chiaie à Pinochet. C'était un rapport politique, en ce sens qu'Avanguardia nazionale apportait son appui à la Dina en Europe. Il pouvait s'agir de renseignements, de propagande et éventuellement d'actions d'un genre particulier. L'une d'entre elles a été la tentative d'assassinat de Bernardo Leighton[17]. »

Altamirano sera finalement averti par la DST, à sa descente d'aéroport à Roissy, des menaces pesant sur lui, mettant ainsi en échec la tentative d'assassinat[18].

Il se réfugie ensuite au Chili, où, avec d'autres Italiens, y compris Vinciguerra, ils sont hébergés par Michael Townley dans une résidence de Lo Curro que leur a accordée la DINA[19]. Utilisée par le chimiste de la DINA Eugenio Berrios pour fabriquer du gaz sarin (Operación Andrea[20]), la résidence de Lo Curro héberge aussi les militants anticommunistes cubains Orlando Bosch et Virgilio Paz, membres du Mouvement nationaliste cubain de Miami, ainsi que le français Albert Spaggiari, alias Daniel[19].

En 1976, Stefano Delle Chiaie aurait été présent lors de la fusillade de Montejurra contre des Carlistes auto-gestionnaires. Après la mise à l'écart du général Manuel Contreras à la suite des pressions exercées par les États-Unis sur le Chili, en raison de l'assassinat d'Orlando Letelier, Stefano Delle Chiaie s'installe en Argentine, alors dirigée par la junte militaire.

Selon le journaliste argentin Martín Sivak, la piste des assassins du général Joaquín Zenteno Anaya, ancien chef des forces armées boliviennes, tué à Paris le , remonterait à une agence de mercenaires installée à Valladolid et liée à Delle Chiaie et à des anciens de l'OAS[21].

Il participe, à Buenos Aires, en , au 4e congrès de la Confédération anticommuniste latino-américaine (CAL), affiliée à la Ligue anti-communiste mondiale (WACL), présidée par le Coréen Woo Jae-sung, qui est aussi dirigeant de la secte Moon[22]. Le congrès de Buenos Aires est alors présidé par le général Guillermo Suárez Mason, responsable du Bataillon d'intelligence 601[22], et réunit, à part Woo Jae-Sung et Delle Chiaie, le major Roberto d'Aubuisson et Luis Ángel Lagos, fondateurs des escadrons de la mort au Salvador[22], Mario Sandoval Alarcón, aussi chef d'un escadron de la mort au Guatemala[22], des membres du groupe terroriste anti-castriste Alpha 66[22].

Il participe ensuite, aux côtés de Klaus Barbie, au Cocaine Coup dirigé par Luis Garcia Meza Tejada en 1980 en Bolivie[23].

En 1982, il rencontre à Miami Abdullah Catli, le numéro deux des Loups gris, groupe nationaliste turc infiltré par Gladio[24].

Arrestation en 1989, procès et acquittement[modifier | modifier le code]

Stefano Delle Chiaie est arrêté en 1989 à Caracas, au Venezuela, et extradé en Italie dans le cadre des poursuites judiciaires pour l'attentat de la piazza Fontana en décembre 1969, qui a marqué le début des années de plomb. Il est acquitté en 1989 pour absence de preuves[25]. Plus tard, avec Licio Gelli, Francesco Pazienza, et d'autres, il sera soupçonné d'avoir participé au massacre de Bologne le (85 morts et 200 blessés), mais sera aussi acquitté en appel[26].

Stefano Delle Chiaie est aussi soupçonné d'avoir participé à l'assassinat du général chilien Carlos Prats à Buenos Aires le . Aux côtés de Vincenzo Vinciguerra, il témoigne à Rome en , devant le juge Servini de Cubria, affirmant que Enrique Arancibia Clavel, ancien membre de la DINA accusé de crimes contre l'humanité, et Michael Townley, sont directement impliqués dans le meurtre de Prats[27].

Durant une audition devant le sénateur Giovanni Pellegrino, il affirme avoir voulu contribuer à un « mouvement révolutionnaire mondial », réunissant des « groupes provenant de différents milieux culturels et qui cherchent à dépasser les deux dogmes de l'époque moderne : le marxisme et le capitalisme libéral »[5]. En revanche il nie l'existence d'une « internationale noire fasciste », qui ne serait qu'« une invention des médias »[23].

Mentionnant la Ligue anticommuniste mondiale (WACL), il prétend l'avoir quittée après un meeting au Paraguay, affirmant qu'il ne s'agissait que d'un paravent de la CIA[23]. Il admet en revanche avoir participé à l'organisation du Nouvel Ordre Européen. Il nie avoir travaillé avec l'International Anticommunist Alliance vers 1974[23].

En 2012, il publie une autobiographie, L'Aquila e il Condor[28].

Il décède à Rome le à l’hôpital Vannini à Rome[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (it) « E' morto il neofascista Stefano Delle Chiaie », sur Agi, (consulté le 13 septembre 2019)
  2. a b c et d Stefano Delle Chiaie, en coll. avec Massimiliano Griner et Umberto Berlenghini (2012), L'aquila e il condor, Sperling & Kupfer editori.
  3. a et b Stefano Delle Chiaie, Massimiliano Griner et Umberto Berlenghini, L'aquila e il condor, p. 17-18, 109-110, Sperling & Kupfer, 2012.
  4. a b et c (it) Nicola Rao, La fiamma e la celtica, Milan, Sperling & Kupfer, , p. 47, 54, 84, 101
  5. a b et c Bruno Larebière et Pierre Villedary, « Entretien avec Stefano Delle Chiaie, "chef de l'Internationale noire" », Le Choc du mois,‎ , p. 34-36
  6. Il prétendra, dans son autobiographie publiée en 2012, avoir alors été approché, de manière dissimulée, par le Grand Orient d'Italie, qui lui aurait proposé des subsides afin de financer la campagne de l'AN, affirmant qu'ils avaient intérêt à faire échouer le MSI. Le récit de la rencontre, à supposer qu'elle ait eu lieu, est étrange, dans la mesure où l'on imagine mal les francs-maçons annoncer noir sur blanc à Delle Chiaie que leur soutien visait à faire échouer ses anciens camarades, avec lesquels il continuait à entretenir de nombreux contacts.
  7. a et b Nicola Rao, La fiamma e la celtica, Milan, Sperling & Kupfer, , p. 126, 130-131
  8. Mario Caprara et Gianluca Semprini, Neri, la storia mai raccontata della destra radicale, eversiva e terrorista, Rome, Edizioni tascabili Newton, , p. 223
  9. Daniele Ganser, Les Armées Secrètes de l'OTAN : Réseaux Stay Behind, Opération Gladio et Terrorisme en Europe de l'Ouest, Paris, Editions Demi-Lune, , 400 p. (ISBN 978-2-917112-00-7), p. 304
  10. (it) « Elenco dei fascisti che fecero il viaggio in Grecia il 16 aprile 1968 – Quello che segue è l’elenco ufficiale, acquisito dalla Magistratura », sur 12 dicembre 1969 Piazza Fontana Strage di Stato, (consulté le 20 juin 2020)
  11. a et b Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p. 303.
  12. a b et c Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, chap. XXIII, p. 379.
  13. (it) « Intervista a Stefano Delle Chiaie », sur antonellaricciardi.it, (consulté le 20 juin 2020).
  14. Documents déclassifiés de la CIA, publiés par l'ONG National Security Archive
  15. a et b Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p.381
  16. (es) « Las Relaciones secretas entre Pinochet, Franco y la P2 - Conspiración para matar », Projet Nizkor (es)
  17. Karl Laske, Une police politique relayée en Europe, Libération, 23 juillet 2001
  18. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p. 384. Robin cite aussi, en note, John Dinges, The Condor years (New York Press, 2004), p. 130 et Francisco Martorell, Operación Condor. El vuelo de la muerte (Editorial LOM, Santiago, 1999), pp. 124-125
  19. a et b Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p. 382
  20. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p. 383
  21. Martín Sivak, El Asesinato de Juan José Torres, Ediciones del Pensamiento Nacional, Buenos Aires, 1999, cité par Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], p. 385
  22. a b c d et e Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p.390
  23. a b c et d Audition de Stefano Delle Chiaie le 22 juillet 1997 devant la Commission italienne parlementaire sur le terrorisme présidée par le sénateur Giovanni Pellegrino (it)
  24. « La Turquie, plaque tournante du trafic de drogue », Le Monde diplomatique de juillet 1998
  25. Two Acquitted of Organizing Terror Attack, Associated Press, 1989-02-21
  26. Four Convicted Of Mass Murder In Italian Bombing That Killed 85, Associated Press, 1988-07-11
  27. (es) Arancibia, « clave » en la cooperación de las dictaduras, La Jornada, 22 mai 2000 (es)
  28. Stefano Delle Chiaie, L'aquila e il condor. Memorie di un militante nero, Sperling & Kupfer, , 341 p. (ISBN 978-8-8200-5187-7)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]