Statuts Schaw

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William Schaw (1549/50-1602) était Maître des Travaux du roi Jacques VI d'Écosse ( Master of Work to the Crown of Scotland. Il succéda en 1583 à sir Robert Drummond en tant « Surveillant général des maçons d'Écosse »[1], devenant ainsi responsable de la construction, de la réparation et de l'entretien des palais royaux, des châteaux et de toute autre propriété du royaume d'Écosse.

Les Statuts Schaw[modifier | modifier le code]

William Schaw est surtout connu pour être l'auteur des Statuts Schaw, deux écrits souvent présentés comme précurseurs de la structuration de la franc-maçonnerie moderne, qui furent retrouvés en 1860, au château d'Eglington[2], proche de Kilwinning.

Il y met au point pour toute l'Écosse une réglementation de la profession de maçon "opératif", distincte des guildes de métier et une réglementation fonctionnelle et hiérarchique des Loges maçonniques à trois niveaux: Apprentis-entrés, Compagnons et Surveillant de la Loge (« interit prenteiss, fallow of craft, warden »). Le terme de maître maçon (maister maissoun) y est également employé, mais il désigne alors un état d'artisan et non pas une fonction dans la loge[1].

Ces deux textes sont rédigés en langue écossaise, le Scots, en non pas en vieil anglais. Bien qu'on y retrouve d'assez nombreuses ressemblances, en particulier au niveau de la terminologie, avec les usages des premières loges maçonniques « symboliques », rien dans ces textes ne démontre une filiation directe entre les deux types de structures. Certes, et pour la première fois, l'existence de loges de maçons, distinctes des structures de la corporation, y sont attestées, mais on n'y trouve aucune trace du « mot de maçon » ou des autres pratiques symboliques attestées par les manuscrits maçonniques écossais de la fin du XVIIe siècle[3].

Premiers Statuts Schaw de 1598[modifier | modifier le code]

Ils sont datés du 28e jour de décembre 1598 (jour des Saints Innocents et lendemain de la Saint Jean). Ils s’intitulent exactement "Statuts et Ordonnances que doivent observer tous les Maîtres Maçons de ce royaume", arrêtés par William Schaw, Maître des travaux (Maistir of Wark ) et Surveillant Général (Generall Wardene) dudit Métier.

On y apprend, entre autres, que les jeunes hommes devaient commencer leur apprentissage pendant sept ans avant d'être reçus dans la loge, en tant qu'apprentis-entrés, pendant sept années supplémentaires au terme desquelles ils pouvaient devenir compagnons, ou « frères dans le métier » (Fallow of craft).

Le registre original, composé de 6 volumes, est toujours en possession de la Loge Mary's Chapel d'Édimbourg à laquelle il appartenait. Cette loge maçonnique, indépendante des Guildes de métier, était originellement appelée "The Lodge of Edinburgh". Elle prit son nom actuel et le Numéro 1 en 1688, lorsque la Grande Loge d’Écosse confirma sa charte[4].

Seconds Statuts Schaw de 1599[modifier | modifier le code]

Un an après, le 28 décembre 1599, paraissent les seconds « Statuts » qui complètent ceux de 1598 et sont presque entièrement consacrés à la place et au fonctionnement de la loge de Kilwinning.

Ce nouveau texte déclare dans son premier article que la loge de Kilwinning est « la principale et seconde loge d'Écosse » (« the heid and secund ludge of Scotland [5]»). Cette formulation pour le moins ambiguë confirme l'ancienneté de son conflit de préséance avec la Loge d'Edimbourg n°1 (Mary's Chapel) d'Édimbourg. La première partie de cette phrase (« Heid [...] ludge of Scotland ») est encore utilisée de nos jours par la loge Kilwinning n°0 à l'appui de ses revendications [2].

Toutefois, ce même texte confirme à plusieurs reprises l'ordre des préséances au profit de la loge d'Édimbourg, comme par exemple dans son article III:

«  Il a été jugé nécessaire, par Monsieur le Surveillant général, qu'Édimbourg soit, pour toujours, comme elle l'était auparavant, la première loge d'Écosse, que Kilwinning soit la seconde, comme elle l'était auparavant, ce qui est absolument clair dans nos anciens écrits, et que Stirling soit la troisième loge, conformément à ses anciens droits[6]. »

Cette dispute se poursuivit jusqu'en 1807, date à laquelle la Grande Loge d'Écosse et la « Grande Loge de Kilwinning » se réunirent à Glasgow. La préséance que réclamait la loge de Kilwinning lui fut alors reconnue par l'attribution du numéro "0" lui permettant d'apparaître en tête des loges de la Grande Loge d'Écosse, devant la Loge d'Edimbourg n°1 (Mary's Chapel). En échange, la loge de Kilwinning accepta de renoncer à son indépendance et de mettre fin à sa séparation d'avec la Grande Loge d'Écosse[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Cahier de L'Herne n° 62 : La franc-maçonnerie (dirigé par F.Tristan) , Editions de L'Herne (ISBN 2-85197-071-2)
  • Stevenson, David The Origins of Freemasonry - Scotland's century 1590 - 1710, Cambridge University Press, 1988.
  • Stevenson, David The First Freemasons - Scotland's early, Aberdeen University, 1988.
  • Stevenson, David LES PREMIERS FRANC-MACONS. Les loges Ecossaises originelles et leurs membres, IVOIRE-CLAIR, 2008 (ISBN 9782913882027)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Langlet 2006, p. 35
  2. a, b et c (en) History Of The Mother Lodge (consulté le 6 mars 2008)
  3. Langlet 2006, p. 43
  4. (en) David Murray Lyon, History of the Lodge of Edinburgh (Mary's Chapel) no.1., Edinburgh, London, William Blackwood and sons, 1873
  5. Langlet 2006, p. 58
  6. Traduction Philippe Langlet, Langlet 2006, p. 59

Sources[modifier | modifier le code]