Startup Studio

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Un startup studio est une entreprise qui crée des startups en s’appuyant sur des ressources partagées et une équipe multidisciplinaire. Les startups studios sont aussi appelés startup factory (usine de startups), company builder ou venture builder[1],[2].

Définition du modèle[modifier | modifier le code]

Fondamentaux[modifier | modifier le code]

Les fondamentaux d’un startup studio sont[3]:

  • la création de startups;
  • l’apport de capital humain et financier à chaque projet;
  • une répétition du processus de création.

Création de startups[modifier | modifier le code]

Les startups studios s’impliquent dans la création de startups dès leur début (« from scratch ») et de manière très opérationnelle.

Capital humain et financier[modifier | modifier le code]

Les startup studios apportent à chaque projet du capital humain et du capital financier.

  • Capital humain : en plus d’un espace de travail et de différents outils techniques ou de management, le studio met à la disposition des startups des designers, des développeurs à temps plein et des entrepreneurs en résidence qui travaillent sur les différents projets. L’utilisation des ressources est optimisée car plusieurs projets sont construits en parallèle.
  • Capital financier : un capital d’amorçage est alloué à chaque projet en fonction de ses besoins.

Répétition[modifier | modifier le code]

La création de startups à la chaîne permet d’accumuler du savoir et de l’expérience ainsi que de mutualiser les ressources pour les prochains projets. Cela permet aussi d’accélérer la croissance des startups et d’éviter les échecs tout en profitant d’effets de réseaux.

Positionnement[modifier | modifier le code]

Les startup studios sont des structures d’amorçage. Ils se positionnent de manière particulière parmi les acteurs de l’entrepreneuriat « early stage » même s’ils sont souvent confondus avec des incubateurs, des excubateurs, des accélérateurs ou des investisseurs[4].

Les incubateurs et les accélérateurs apportent aux startups du capital humain. Ils sélectionnent des projets et leur offrent un espace de travail ainsi que du coaching pour une durée déterminée. Ils peuvent accueillir des projets à des stades de développement différents. Quant aux excubateurs, ils apportent à la fois du capital humain et toute l'expertise nécessaire (dont le coaching) avec son équipe expérimentée.

  • Exemples d'accélérateur : Y Combinator, NUMA Sprint (ex-Le Camping), The Family, Upperlife, L’Accélérateur.
  • Exemples d'incubateur : 104Factory, Agoranov, incubateurs des écoles de commerce.
  • Exemples d'excubateur : x3Fab, excubate.

Les fonds d’investissement en capital risque apportent du capital financier. Ils entrent au capital d’une startup qui a besoin de capitaux propres pour financer sa phase d’amorçage. Ils restent le plus souvent minoritaires.

Le startup studio construit un projet dès sa genèse apportant à la fois, et de manière très opérationnelle, du capital humain et du capital financier. En échange de ces apports, le studio prend une participation, parfois majoritaire, dans les jeunes entreprises.

Différents types de startup studios[modifier | modifier le code]

On peut distinguer trois types de startup studios[5].

Les startup studios qui s’appuient sur le modèle des incubateurs ou des accélérateurs[modifier | modifier le code]

De la même manière qu’un incubateur ou qu’un accélérateur, ces studios sélectionnent des projets mais leur offre est plus large qu’un espace de travail et du coaching. Les équipes en résidence sont très impliquées opérationnellement dans chaque projet et suivent de près les décisions ainsi que les orientations prises.

  • Exemples : Spook Studio, Founder.org.

Les startup studios qui s’appuient sur le modèle du capital risque[modifier | modifier le code]

Ces studios vont plus loin que les fonctions habituelles de contrôle ou d’orientation stratégique des investisseurs. En plus de capitaux propres, ils accompagnent étroitement les projets et interviennent de manière opérationnelle dans la vie des startups qu’ils soutiennent. Les ressources partagées mises à disposition des projets sont limitées.

  • Exemples : Orevon, BTWinz Ventures, Faber ventures

Les « builders »[modifier | modifier le code]

Les « builders »[6] ont pour objectif principal de créer et de développer des startups, le plus souvent grâce à des idées trouvées en interne à l'exception des excubateurs qui ont vocation à porter des idées soumises et financées par des grands groupes. Dans ces studios, les dirigeants-fondateurs et les entrepreneurs en résidence réfléchissent et valident de nouvelles idées de startups, puis recrutent un directeur général et/ou un directeur technique pour le diriger. C’est le modèle le plus authentique de startup studio.

  • Exemples : Rocket Internet, Betaworks[7], EFounders, MAKEIT, Science Inc, Idealab, Barefoot, x3Fab, Orevon[8]

Histoire et émergence du modèle des startup studios[modifier | modifier le code]

La première entreprise basée sur le modèle de startup studio est Idealab, fondée par Bill Gross en 1996 en Californie[9]. Depuis sa création, Idealab teste différentes idées simultanément et transforme celles qui ont le plus de potentiel en startups, tout en attirant le capital humain et financier nécessaires pour une entrée réussie sur le marché[10].

La tendance des startup studios s’est accélérée à partir de 2007/2008, avec la création de Betaworks à New York et de Rocket Internet à Berlin, deux autres pionniers du modèle.

Les startup studios aujourd’hui[modifier | modifier le code]

En 2015, moins de 70 startup studios sont recensés à travers le monde, dont 17 qui ont été créés après 2013[11]. Une étude récente menée sur 51 startup studios a montré que le nombre de startups créées par des startup studios augmentait de 15% par an depuis 2011 et que les fonds alloués à ces projets augmentaient de 48% par an[12].

Expérience entrepreneuriale des fondateurs de startup studios[modifier | modifier le code]

Ils sont souvent créés par des entrepreneurs qui ont réussi dans leurs précédentes aventures entrepreneuriales :

  • Archimede Labs, co-crée en 2005 par Keith Teare, fondateur d’Easy Net vendu à B sky B pour 375 millions de dollars et co-fondateur de TechCrunch[13];
  • Rocket Internet, créé en 2007 par les frères Samwer, Olivier, Marc et Alexandre, après avoir vendu Alando à Ebay pour 50 millions de dollars[14];
  • Monkey Inferno, créé en 2011 par Michael Birch, co-fondateur de Bebo, vendu à AOL pour 850 millions de dollars[15];
  • eFounders, créé en 2011 par Thibaud Elzière, co-fondateur de Fotolia, vendu à Adobe pour 800 millions de dollars[16];
  • Science.Inc, créé en 2011 par Michael Jones, ancien CEO de Myspace;
  • Expa, créé en 2013 par Garrett Camp, co-fondateur de StumbleUpon et Uber;
  • HVF Labs, créé en 2013 par Max Levchin, co-fondateur de PayPal.
  • Orevon, créé en 2013 par Olivier Locufier, fondateur de Xelios vendu à Safran en 2004.
  • MAKEIT, créé en 2014 par Alexis Bedoret, Nicolas Bernier et Sanawar Syed

Spécialisation des startup studios dans un domaine particulier[modifier | modifier le code]

Les startup studios sont souvent spécialisés dans un domaine particulier :

Cela permet d’apprendre un maximum de méthodes et de bonnes pratiques pour les réutiliser lors des prochaines créations et ainsi d’augmenter les chances de réussite d’un projet.

Entreprises notables créées par des startup studios[modifier | modifier le code]

Certains startup studios ont créé des entreprises à succès :

  • Rocket Internet a créé, parmi d’autres: Zalando fondée en 2008 avec une capitalisation boursière actuelle de près de neuf milliards d'euros[17]; Zalora en 2011 (site de vente en ligne de prêt-à-porter en Asie) qui a levé 100 millions de dollars en 2013 et réalise 117 millions d’euros de recettes nettes en 2014 ; Jumia en 2012 (premier site de vente en ligne en Afrique) qui a fait 62 millions d’euros de résultat net en 2014[18];
  • Idealab a créé Picasa (logiciel de gestion d’images) en 2002 et l’a revendu à Google en 2004;
  • Betaworks a créé le jeu mobile Dots en 2013, ils ont levé 10 millions de dollars en décembre 2014 et compte aujourd’hui près de 55 millions de téléchargements[19]; le studio a aussi créé Giphy (moteur de recherche de gifs animés) en 2013 qui a levé 17 millions de dollars en janvier 2015[20];
  • eFounders a créé Mailjet (service d’envois d’emails tout-en-un) en 2011 qui a levé 11 millions de dollars en juillet 2015[21] et Textmaster créé la même année qui a levé 4 millions de dollars en juin 2015[22].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The next big thing you missed: Tech superstars build "Startup factories" », sur Wired (magazine),
  2. « Envie de piloter une startup? Pensez à la franchise », sur Industrie et Technologies,
  3. (en) « The rise of company builders », sur TechCrunch,
  4. « Lexique sur les startups de Maddyness », sur Maddyness,
  5. (en) « WTF is a startup studio anyway? », sur Medium (site internet)
  6. « Le "start-up studio", nouveau phénomène dans la Tech », sur Les Échos,
  7. (en) « Betaworks Uses Creative Methods to Find and Fund the Next Big Idea », sur entrepreneur.com,
  8. (en) « Home », sur Orevon (consulté le 1er avril 2016)
  9. « The world’s most creative business model », sur necrophone.com,
  10. (en) « About Idealab », sur idealab.com,
  11. (en) « Human Ventures names CEO as startup studios proliferate », sur WSJ,
  12. (en) « The Big Startup Studio Study », sur studio.vc,
  13. « BSkyB achète Easynet pour 311 millions d'euros », sur L'Obs,
  14. « Comment Rocket Internet copie les sites de e-commerce qui cartonnent aux Etats-Unis », sur Challenges,
  15. « AOL rachète le réseau social Bebo pour 850 millions de dollars », sur Le Monde,
  16. « Thibaud Elzière et Oleg Tscheltzoff, la "french touch" à 800 millions de dollars », sur L'Opinion (journal, 2013),
  17. « ZAL.DE : Summary for ZALANDO - Yahoo Finance », sur finance.yahoo.com (consulté le 16 août 2016)
  18. (en) « 2015 Q1 Proven Winners Update », sur Rocket Internet,
  19. (en) « After 55 million downloads, Dots gets a major upgrade », sur TechCrunch,
  20. (en) « Giphy is excited to announce raising a 17 million dollars series B round », sur Giphy,
  21. « E-mailling pour les PME: Mailjet lève 10 millions d'euros », sur IT expresso,
  22. « Le service de traduction B2B Textmaster lève 4 millions d'ueors », sur Le Journal du Net,

Liens externes[modifier | modifier le code]